Ski de vitesse

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Le ski de vitesse ou kilomètre lancé (abrégé en KL) est un sport d'hiver de la famille du ski alpin qui consiste à descendre une piste enneigée le plus vite possible à l'aide de skis. Le règlement sportif n’a pour objet que d’assurer la sécurité du skieur ou « KListe » et l’équité sportive. Le ski de vitesse est le sport non-motorisé où les pointes de vitesses sont les plus hautes après le parachutisme.

Sport de démonstration lors des Jeux olympiques d'hiver de 1992, il n'est plus depuis au programme olympique. Le ski de vitesse, géré par la fédération internationale de ski, s'articule autour de deux compétitions internationales : les championnats du monde de ski de vitesse qui se déroulent tous les deux ans et la coupe du monde de ski de vitesse qui se déroule chaque année. Il existe 2 catégories dans cette discipline,l'une qui rassemble le plus de participants est la SDH (Speed down hill) ou l'équipement est un équipement de "série" combinaison, skis,chaussures et casque.l'autre la S1 ou tous les "artifices" sont autorisés. Il existe également des compétitions nationales, ponctuelles et/ou entre professionnels pour battre les records du monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le ski de vitesse trouve ses racines sur les pentes du Telemark (Norvège) lors des toutes premières compétitions de ski autour de skieurs qui se lançaient des défis entre eux. Avec l'arrivée du ski alpin au début du XXe siècle, le ski de vitesse renaît. Il faut cependant attendre les années 1930 en Suisse (dans les stations de Mürren et Saint-Moritz) pour les premières compétitions de ski de vitesse avec des tests chronométrés. C'est ainsi que l'Autrichien Gustav Lantschner établit le premier record du monde (105,675 km/h) suivi de son compatriote Leo Gasper avec 136,600 km/h en 1931.

Le kilomètre lancé[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la fin des années 1970, le ski de vitesse devient une histoire italienne avec en tête l'épreuve annuelle du « Kilometro Lanciato » de Cervinia où se réunissaient les fabricants, coureurs et aventuriers du ski. la station est alors considérée comme « La Mecque » du kilomètre lancé où chaque année les compétiteurs établissaient des records à l'occasion du trophée Rivetti de KL (l'Italien Zeno Colò en 1947 avec 159,292 km/h, l'Italien Alfred Pranger en 1963 avec 168,224 km/h, le Japonais Masaru Morishita en 1970 avec 183,392 km/h et l'Américain Steve McKinney en 1977 avec 185,975 km/h) sous l'égide de la fédération internationale de ski (FIS), seules les pentes de Portillo dans la cordillère des Andes en Amérique du Sud est un terrain propice pour des records, c'est d'ailleurs là-bas que la mythique barre des 200 km/h est atteinte avec Steve McKinney en 1978 (200,222 km/h) bien qu'à ce dernier ce record ne lui parlait pas, préférant viser les 130 miles/h (environ 209 km/h). La même année, la piste de Cervinia connaît un drame sans précédent avec deux accidents tragiques. La FIS décide alors en raison de ces accidents et de la vitesse atteinte par les skieurs de se retirer complètement du ski de vitesse.

Le relais est alors pris dans les années 1980 par des organes professionnels qui se disputaient la paternité de la discipline et son organisation avec d'un côté l'International Speed Skiing (ISS) et de l'autre la Fédération Internationale de Ski de Vitesse (FISV) créant une confusion. Les compétitions ont lieu uniquement entre l'Amérique du Nord (Silverston) et l'Europe (La Clusaz et les Arcs). Cela n'empêche pas les records d'être battus chez les hommes par L'Autrichien Franz Weber (203,916 km/h en 1982 puis 208,092 km/h en 1984) et chez les femmes par les sœurs française Catherine Breyton (169,332 km/h en 1980) et Annie Breyton (175,353 km/h en 1982) puis par les Américaines Marti Kuntz (190,375 km/h en 1983) et Melissa Dimino (200,780 km/h en 1984).

Ces différents records et l'accent mis sur la sécurisation des pistes permettent à la discipline de réintégrer la FIS en 1987 sous le nom de « Ski de vitesse et nouvelles disciplines » au même moment que la désignation d'Albertville comme ville-hôte des Jeux olympiques d'hiver de 1992. La piste des Arcs devient la nouvelle référence mondiale pour établir des records (le Français Michael Prufer avec 223,741 km/h et la Finlandaise Tarja Mulari avec 214,413 km/h en 1988) et accueille les épreuves olympiques de ski de vitesse de 1992 lorsque celui-ci y est présenté comme sport de démonstration.

Jeux olympiques de 1992[modifier | modifier le code]

Pour la première fois de son histoire, le ski de vitesse est présent à des olympiades. L'épreuve télévisée se déroule dans la station savoyarde d'Arc 2000 et permet à des millions de téléspectateurs de découvrir ce sport. Le président du comité international olympique Juan Antonio Samaranch et le coprésident du Comité d'Organisation des JO d'Albertville Jean-Claude Killy assistent aux épreuves. L'épreuve masculine est la deuxième meilleure audience télévisée de ces JO après la descente masculine de ski alpin. Le Français Michael Prufer gagne l'épreuve avec une vitesse de 229,299 km/h.

L'après-JO[modifier | modifier le code]

Malgré le succès remporté par le ski de vitesse, celui-ci n'est pas reconduit aux prochaines olympiades et retourne peu à peu à l'anonymat malgré le fait que les records tombent. D'autres disciplines sont greffées au ski de vitesse telles que le monoski de vitesse, le snowboard de vitesse, le VTT de vitesse etc...

Depuis, il existe trois types de compétitions distinctes de ski de vitesse.

Tout d'abord le circuit FIS avec la coupe du monde de ski de vitesse qui est une compétition annuelle autour de plusieurs épreuves entre l'Amérique du Nord et l'Europe, pour éviter de graves accidents, la vitesse est limitée à 200 km/h. Tous les deux ans sont organisés les championnats du monde de ski de vitesse dont la prochaine édition se tient à Vars en janvier 2009 (et où pour la première fois, il n'y aura pas de limite de vitesse).

Ensuite le circuit « Pro » ou « Speed Master », ce circuit contrairement au circuit FIS n'a aucune limite de vitesse. C'est à l'occasion de ces rendez-vous que la plupart des records sont battus. Il se déroule généralement sur des pistes avec un potentiel de vitesse très élevé comme Vars, les Arcs ou Verbier (Suisse).

Enfin il existe le circuit « POP » qui est ouvert aux professionnels et aux amateurs. Ce circuit a pour but de faire découvrir la discipline aux néophytes sur des pistes très sécurisées.

Les records du monde sont aujourd'hui portés par l'Italien Simone Origone (252,454 km/h) chez les hommes, établi en 2014 à Vars et par la Suédoise Sanna Tidstrand (242,590 km/h) chez les femmes, établi en 2006 aux Arcs.

Équipement[modifier | modifier le code]

L'équipement d'un skieur de vitesse se compose :

  • de skis dont la longueur est comprise entre 2,20 et 2,40 mètres dont le poids de la paire de skis ne doit excéder 15 kg (fixations comprises).
  • de fixations équipées de stop skis en état de fonctionnement.
  • de bâtons d'au moins un mètre à la corde dont le poids de la paire ne doit excéder 2 kg.
  • d'une combinaison plastifiée réalisée uniquement pour cette discipline couvrant les cuisses et les bras au 3/4.
  • d'une protection dorsale et de gants.
  • de chaussures dont le poids ne doit excéder 6 kg.
  • d'un casque de protection recouvrant la totalité de la tête du skieur et disposant d'une protection faciale non amovible. Son poids ne peut excéder 2 kg.
  • d'ailerons aux mollets dont le poids n'excède pas 1 kg, réalisés en matériau souple et d'une longueur qui ne doit excéder les 30 cm. Cela optimise l'aérodynamisme (ailerons interdits aux épaules ou dans le dos)

Tout autre accessoire est interdit (bracelets métalliques, montres, chaînes au cou, boucles d'oreilles...).

Piste[modifier | modifier le code]

Le ski de vitesse se pratique sur des pentes très raides mesurant de 400 mètres à plus d'un kilomètre de long. Le nombre de pistes homologuées est seulement de 32 dans le monde et nombre d'entre elles se trouvent en altitude pour réduire la résistance à l'air. Parmi les plus rapides, se trouvent les pistes : de l'Aiguille Rouge (Les Arcs), où a eu lieu l'épreuve lors des Jeux olympiques d'Albertville en 1992, de Vars les Claux (Hautes-Alpes), de Verbier (Piste du Mont Fort), de Cervinia (Italie), de Sun Peaks (Canada) ou de Hundfjället (Suède). La piste de Vars les Claux a une pente au départ de 98 %.

La piste de Vars a la particularité d'avoir permis d'établir divers autres records hors du ski de vitesse :

  • Record du monde vitesse en VTT (Christian Taillefer puis Éric Barone)
  • Record du monde en surf (Sébastien Jaubert)
  • Record du monde en monoski (Xavier Cousseau)

Les dimensions de la piste varient selon la vitesse maximale, pour les épreuves dont la vitesse maximale est inférieure à 150 km/h, la largeur de la piste doit être de 18 mètres, pour les épreuves dont la vitesse maximale est supérieure à 150 km/h la largeur est de 30 mètres.

La piste est divisée en trois zones :

  • la zone d'élan de 300 à 400 mètres utilisée pour prendre le plus de vitesse possible ;
  • la zone de chronométrage de 100 mètres ;
  • la zone de ralentissement et d'arrêt de 500 à 600 mètres.

Compétition[modifier | modifier le code]

Le ski de vitesse ne compte qu'une seule présence aux Jeux olympiques d'hiver, ce fut lors des édition 1992 à Albertville (France) en tant que sport de démonstration. Cela ne convainc pas le comité international olympique de l'incorporer dans le programme olympique des éditions suivantes.

Le ski de vitesse dont l'organe directeur est la fédération internationale de ski s'appuie sur deux grandes compétitions internationales organisées par cette dernière. Tout d'abord les championnats du monde de ski de vitesse qui ont lieu tous les deux ans (avant l'édition 2007, les vitesses étaient limités à 200 km/h), ensuite la coupe du monde de ski de vitesse qui se déroule annuellement et dont le vainqueur reçoit le globe de cristal de la discipline.

Enfin, la France Ski de Vitesse organise depuis 1993 des compétitions nationales et internationales dites « professionnelles », sans limites de vitesses, durant lesquelles tous les records ont été établis depuis 1992 sur les pistes des Arcs et de Vars.

Records[modifier | modifier le code]

Hommes[modifier | modifier le code]

Femmes[modifier | modifier le code]

Juniors[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]