Marie Marvingt

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Marie Marvingt

alt=Description de l'image Marie Marvingt.jpg.
Alias
fiancée du danger
Naissance 20 février 1875
Aurillac, France
Décès 14 décembre 1963 (à 88 ans)
Laxou, France
Nationalité Drapeau : France Française
Profession Aviatrice
Autres activités
Alpinisme, ski, athlétisme

Marie Félicie Élisabeth Marvingt, née à Aurillac (Cantal) le 20 février 1875 et morte à Laxou (banlieue de Nancy en Meurthe-et-Moselle) le 14 décembre 1963, surnommée « la fiancée du danger », est une pionnière de l’aviation en France et l'une des meilleures alpinistes du début du siècle dernier[1]. Licenciée en lettres et parlant sept langues – dont l’espéranto –, elle était titulaire de trente-quatre décorations dont la Légion d'honneur et la Croix de guerre avec palmes[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1880, ses parents déménagent à Metz. En 1889, à la suite du décès de sa mère, Élisabeth Brusquin[3], elle et son père s'installent à Nancy, au numéro 8 de la place de la Carrière. Elle reste, toute sa vie, attachée à la Lorraine.

C'est une grande sportive dont l'une des devises est « Je décide de faire mieux encore et toujours » – lui permettant d’être détentrice de dix-sept records mondiaux et de devenir la femme la plus décorée.

Elle est parmi les premières femmes titulaires du permis de conduire, qu'elle obtient dès 1899. Elle passe également quatre brevets de pilote (ballon en 1909, avion et hydravion en 1910, hélicoptère en 1961 ainsi que celui de dirigeable). Elle établit de nombreux records dont celui du plus grand nombre de vols sans le moindre accident.

Effectuant son premier vol accompagné dès 1901, elle effectue son premier vol en solo le 19 juillet 1907.

Le 26 octobre 1909, elle devint la première femme à piloter un aérostat à travers la mer du Nord et la Manche de l'Europe continentale vers l'Angleterre. Son ballon portait pour nom L'Étoile filante et décolla du parc de la Pépinière à Nancy.

Elle gagna nombre de prix de Hot air ballooning (en) de 1909 à 1910, et passa son brevet d'aérostière (#145 en 1910).

En 1908, elle a posé sa candidature pour participer au Tour de France cycliste. Les organisateurs ayant refusé, elle fait le même parcours que les hommes, en prenant le départ plus tard qu'eux. Elle invente l' aviation sanitaire en 1910. En 1960, âgée de quatre-vingt-cinq ans, elle pilote le premier et seul hélicoptère à réaction du monde, le Djinn[4].

La presse la surnomme « la reine de l’air », « Marie casse-cou », « l'infatigable globe-trotteuse », « l’éternelle curieuse », « la femme la plus extraordinaire du siècle », « la femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d'Arc », « la femme la plus décorée au monde » : elle reste un modèle de dynamisme et de foi en l’être humain. Elle pratique de nombreux sports à une époque où l'image de la femme française était tout simplement celle d'une bonne maîtresse de maison. Elle pratique la natation, le cyclisme, l’alpinisme, l’aéronautique, l’aviation, l’équitation, la gymnastique, l’athlétisme, l’escrime, les jeux d’adresse : tir, tennis, golf, polo. Dans tous les sports, elle brille et au premier rang. Elle aime le risque, la lutte et l’effort.

L'aviatrice[modifier | modifier le code]

Elle est titulaire du brevet de pilote no 281 de l'aéroclub de France, obtenu le 8 novembre 1910, sous la direction d'Hubert Latham sur aéroplane monoplan Antoinette, faisant d'elle la 3e femme de l'histoire à obtenir son brevet de pilote à l'échelle mondiale et la seconde sur monoplan, juste après celui de Marthe Niel et l'unique sur le difficile à maîtriser Antoinette, effectuant malgré cela le record inégalé de 900 vols sans casser du bois[5].

Le 27 novembre 1910, elle signe une belle performance en établissant un premier record de durée, cette dernière tenant l’air durant 53 minutes[6].

Le 13 décembre 1913, elle subit un accident grave sur la commune de Machault (Ardennes)[7].

Dessin d'Émile Friant de Marie Marvingt et de son ambulance aérienne, 1914

Un dessin d’Émile Friant en 1914 montre Marie Marvingt assistée d'un médecin militaire avec au second plan, un avion sanitaire.

Faits de guerre[modifier | modifier le code]

Déguisée en homme, elle participe sur le front, les armes à la main, à plusieurs actions militaires dans les tranchées aux côtés des poilus, notamment dans le 42e bataillon de chasseurs à pied. Finalement découverte, elle est renvoyée dans ses foyers. Opiniâtre, elle demande, et est autorisée, avec l'aval même du maréchal Foch, à rejoindre le 3e régiment de chasseurs alpins dans les Dolomites italiennes, et à œuvrer pour l'évacuation et la prise en charge des soldats blessés, en terrain montagnard. Intervenante volontaire pour la Croix-Rouge, elle assume les fonctions d'infirmière de guerre et d'aide-chirurgicale de campagne.

Elle reçoit la croix de guerre en 1915, après avoir effectué la première opération de bombardement d'une cible militaire en territoire occupé en bombardant une caserne allemande à Metz, faisant d'elle la première femme au monde engagée dans l'aviation militaire et à effectuer des missions de combat aérien.

Aviation sanitaire[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-guerres, elle devient journaliste, correspondante de guerre et officier de santé des armées avec les forces française d'Afrique du Nord, notamment au Maroc où elle invente des skis métalliques permettant aux aéroplanes de décoller et se poser sur le sable en limitant ainsi les risques de mise en pylône.

Donnant plus de 3 000 conférences portant sur l'aviation sanitaire, elle crée en 1931 le Challenge Capitaine-Écheman, récompensant le meilleur design d'avion sanitaire.

En 1934, elle se voit décerner la médaille de la Paix du Maroc pour sa création d'un service sanitaire aérien et du service des infirmières de l'air, devenant elle-même de facto la première diplômée dans cette activité en 1935. Écrivant, réalisant et apparaissant dans le même temps, dans deux documentaires relatant l'histoire, le développement et les usages de l'aviation sanitaire : Les Ailes qui sauvent et Sauvés par la Colombe, lui valant d'être faite le 24 janvier 1935, chevalier de la Légion d'honneur ayant comme parrain le médecin Charles Pichon.

En 1939, elle créait un centre de convalescence pour les aviateurs blessés. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle officie en tant qu'infirmière de l'air et invente un nouveau type de suture chirurgicale.

Le 30 janvier 1955, elle reçoit le grand prix Deutsch de la Meurthe de la Fédération nationale d'aéronautique à la Sorbonne pour son œuvre dans l'aviation sanitaire.

Aviatrice octogénaire[modifier | modifier le code]

Le 20 février 1955, pour son 80e anniversaire, Marie Marvingt accompagnée par un officier de l'U.S. Air Force vole au-dessus de Nancy à bord d'un chasseur supersonique américain, le McDonnell F-101 Voodoo[2], depuis la base aérienne 136 Toul-Rosières, alors utilisée par l'US Air Force dans le cadre de l'OTAN.

La même année, elle passa enfin son brevet de pilote d'hélicoptère sur un SNCASO SO-1221 Djinn, unique hélicoptère à réaction opérationnel, ayant piloté nombre de voilures tournantes tout au long de sa vie sans jamais en avoir passé le brevet auparavant. En 1961, à l'âge de 86 ans, elle fit la boucle de Nancy à Paris.

Commémorations[modifier | modifier le code]

Nancy : plaque commémorative, Place de la Carrière, Nancy

À Nancy et dans sa banlieue, plusieurs bâtiments publics portent son nom, notamment une école primaire à Vézelise, une école maternelle à Saint-Nicolas-de-Port, un gymnase et un lycée à Tomblaine ainsi qu'un gymnase à Ludres. À Aurillac, une rue, un gymnase et un aéro-club portent son nom.

À Issy-les-Moulineaux, ville pionnière de l'aviation, une école maternelle porte son nom.

Des rues portent son nom à Reims, à Aurillac, à Strasbourg et à Epinal.

À Angers, une rue porte également son nom.

À Tallard (05), un collège (situé à côté de l'aérodrome) porte son nom.

En 2004, la Poste française a édité un timbre postal en hommage à Marie Marvingt.

Sa devise : « Savoir vouloir c'est pouvoir ».

Elle est inhumée au cimetière de Préville à Nancy.

La 41e promotion (2014-2015) des élèves-stagiaires de l'Institut régional d'administration de Metz a choisi de porter le nom de Marie Marvingt.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Classée numéro 5 des alpinistes françaises en 1910
  2. a et b Actualité de l'histoire, n°84, mai 2006, page 64
  3. extrait d'acte d'état-civil
  4. SNCASO SO-1221 Djinn
  5. http://www.vieillestiges.com/Historique/html/BrevetsPA-04.html
  6. Armand Rio, Lecture pour tous - Octobre 1911 - Numéro 1, éditions Lecture pour tous
  7. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/01/03/01016-20140103ARTFIG00305-la-fiancee-du-danger.php

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives de l'aéroclub Marie-Marvingt à Aurillac, Cantal Auvergne
  • Marcel Cordier et Rosalie Maggio, Marie Marvingt, la femme d’un siècle, Pierron, Sarreguemines, 1991, 261 p. (ISBN 2708500929)
  • Marie Marvingt, Les Ailes qui sauvent, 1949
  • Marie Marvingt, Sauvés par la Colombe, 1950

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]