Robert Wilhelm Bunsen

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Robert Wilhelm Bunsen

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Robert Wilhelm Bunsen

Naissance 30 mars 1811
Göttingen (Royaume de Hanovre)
Décès 16 août 1899 (à 88 ans)
Heidelberg (Prusse)
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemand
Champs Chimie
Institutions Université de Cassel
Université de Marbourg
Université de Heidelberg
Université de Breslau
Diplôme Université de Göttingen
Renommé pour Découvertes du césium et du rubidium
Travaux en spectroscopie
Le Bec Bunsen nommé en son honneur
Distinctions Médaille Copley (1860)
Médaille Davy (1877)

Robert Wilhelm Bunsen (30 mars 1811 à Göttingen en Allemagne - 16 août 1899 à Heidelberg en Allemagne) est un chimiste allemand.

Il est connu pour ses travaux en spectroscopie et, bien qu'il n'ait pas directement contribué à l'amélioration de cette invention, pour avoir donné son nom au bec Bunsen[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Statue à Heidelberg

Il est le plus jeune des quatre fils de Christian Bunsen (1770-1837), responsable de la bibliothèque de l'Université de Göttingen et professeur de philologie moderne. C'est à Göttingen qu'il fait ses études et obtient son doctorat de chimie.

À partir de 1830, il voyage beaucoup entre Paris, Vienne et de nombreuses universités allemandes. Il établit des contacts avec les plus grands chimistes de son temps, tels que Friedlieb Ferdinand Runge, Justus von Liebig à Giessen et Alexander Mitscherlich à Bonn.

En 1834, il obtient un poste de professeur à Göttingen, où il étudie les sels métalliques arsénieux, ce qui lui donne l'occasion de sa première découverte : l'oxyde de fer hydraté, qui est un antidote encore utilisé contre l'empoisonnement à l'arsenic.

En 1836, il succède à Friedrich Wöhler comme professeur de chimie à l'École polytechnique de Kassel, mais quitte son poste deux ans plus tard pour la Philipps-Universität de Marbourg (entre Francfort et Kassel). Il étudie en profondeur les dérivés du cacodyl (CH3)2As—As(CH3)2, des composés organo-métalliques à la fois très inflammables, d'une odeur épouvantable et mortels. L'une de ses expériences se termine par une forte explosion et il y perd un œil. Il manque même de s'empoisonner à l'arsenic[réf. nécessaire].

Bunsen s’intéresse aux hauts-fourneaux, dont il cherche à optimiser le rendement par recyclage des gaz et valorisation de sous-produits.

En 1841, il perfectionne la pile de Grove en remplaçant l’électrode en platine par une électrode en carbone. Cette pile qui porte son nom sera à nouveau perfectionnée par Georges Leclanché.

En 1852, après un bref séjour à Breslau, il succède à Leopold Gmelin à la chaire de chimie de l'Université de Heidelberg, qu'il occupe toute sa vie. Il se concentre sur l'amélioration des piles, ce qui lui permet de préparer par électrolyse plusieurs métaux : aluminium, baryum, calcium, chrome, lithium, magnésium, manganèse, sodium.

Il invente et met au point un calorimètre à glace avec lequel il peut déterminer la chaleur spécifique de ces métaux et donc leur masse atomique.

Lors de l'éruption de l'Hekla, il effectue un voyage en Islande, lequel est financé par le gouvernement danois dont dépendait l'Islande à l'époque. Il en tire surtout une analyse du fonctionnement des geysers dont il fabrique un modèle dans son laboratoire afin de convaincre ses contemporains, persuadés pour beaucoup que leur eau venait du centre de la Terre.

À partir de 1860, il travaille sur la spectroscopie avec Gustav Kirchhoff, qui introduisit l'utilisation du prisme pour étaler le spectre, et participe à la mise au point de ce que nous nommons aujourd'hui le bec Bunsen[1]. Ils identifient ainsi le césium et le rubidium. Leur démarche de spectroscopie ouvre la voie à la découverte de cinq autres éléments : le thallium, l’indium, le gallium, le scandium et le germanium. Enfin, l’hélium est découvert dans le spectre du Soleil par Jules Janssen et Joseph Norman Lockyer[2] en 1868.

Il prend sa retraite en 1889 et meurt dix ans plus tard à Heidelberg.

Élèves[modifier | modifier le code]

Il eut de nombreux élèves auxquels il donna une grande liberté de recherche, parmi lesquels Georg Ludwig Carius, Adolph Wilhelm Hermann Kolbe, Adolf Lieben, Henry Enfield Roscoe, Carl Ludwig, Viktor Meyer, qui lui succéda à la chaire de chimie de Heidelberg, et Adolf von Baeyer, qui obtient le Prix Nobel de chimie en 1905.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Méthodes gazométriques (Gasometrische Methoden), 1857 Texte en ligne

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il reçut notamment la médaille Copley, la médaille Davy en 1877, et la médaille Albert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) William B. Jensen, « The Origin of the Bunsen Burner », Journal of Chemical Education, vol. 82, no 4,‎ avril 2005 (lire en ligne)
  2. Bernard Valeur, Lumière et luminescence : Ces phénomènes lumineux qui nous entourent, Belin,‎ 2005, 208 p. (ISBN 978-2-7011-3603-5), p. 48

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georg Lockemann: Robert Wilhelm Bunsen, Wissenschaftliche Verlagsgesellschaft m.b.H., Stuttgart 1949
  • (de) Georg Lockemann, Bunsen, Robert Wilhelm dans Neue Deutsche Biographie 3, 1957, S. 18-20
  • (en) Robert Wilhelm Bunsen, onzième édition de l'Encyclopedia Britannica

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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