Léon Bakst

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Léon Bakst
Леон Бакст

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Autoportrait réalisé en 1893

Nom de naissance Lev Samoïlovitch Rosenberg
Naissance
Grodno
Décès (à 58 ans)
Paris
Activités Peintre, décorateur, costumier
Formation Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg
Académie Julian
Mouvement artistique Mir iskousstva, Ballets russes

Lev Samoïlovitch Rosenberg, dit Léon Bakst (Леон Николаевич Бакст), né à Grodno (Biélorussie) le et mort à Paris le , est un peintre, décorateur et costumier russe. Bakst est un pseudonyme tiré du nom de famille de sa grand-mère, Bakster (ou Baxter).

Marcel Proust, dans une lettre à Reynaldo Hahn, le , lui écrit : « Dites mille choses à Bakst que j’admire profondément, ne connaissant rien de plus beau que Schéhérazade ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Bakst est né à Grodno dans une famille de la bourgeoisie juive.

Après avoir accompli des études au Gymnase de la capitale impériale, il étudie, de 1883 à 1886, à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.

En 1891, il voyage en Italie, en Allemagne et en France où il se lie avec Alexandre Benois et ses amis. Il fréquente l'atelier de Jean-Léon Gérôme, suit des cours de l’Académie Julian et travaille à Paris avec Albert Edelfelt entre 1893 et 1896.

A cette époque, l'Etat russe lui commande une grande toile qu'il exécute à Paris d'après nature : L'Arrivée de l'amiral Avelane et des marins russes à Paris.

En 1898, il est l’un des fondateurs avec Diaghilev, du mouvement Le Monde de l’Art (Mir Iskusstva).

Il fait dès ce temps plusieurs portraits comme celui de Filipp Malyavin (1899), Vassili Rozanov (1901), Andreï Biély (1905), Zinaïda Hippius (1906). Il devient également le professeur des enfants du grand-duc Vladimir Alexandrovitch, et, en 1902, il reçoit des commandes du tsar Nicolas II.

À l’occasion de la révolution russe de 1905, il participe à de très nombreux journaux en Russie (Le Monde de l’Art, Trésors artistiques de Russie, Apollon, Zolotoe Runo, Satyricon, etc.). Il dessine aussi des cartes postales restées célèbres.

Il expose à Paris, à la Galerie nationale, et est chargé de l'aménagement décoratif de l'exposition russe au Salon d'automne en 1908, cependant qu'il monte en Russie une série de spectacles antiques comme Hippolyte d'Euripide ou Oedipe à Colonne de Sophocle.

Sur le plan familial, Léon Bakst est le beau-frère du pianiste et compositeur Alexandre Siloti, lui-même cousin et professeur de Serguei Rachmaninov.

Les Ballets russes[modifier | modifier le code]

Comme peintre, portraitiste et dessinateur, Léon Bakst affirme une personnalité puissante et raffinée : d’une part grâce à une diversité d'inspiration - puisée tour à tour en Orient, dans la vieille Russie ou la Grèce archaïque comme dans le romantisme français ou l’Italie de Carlo Goldoni -, d’autre part grâce au désir de participer de façon originale au renouveau de l’art contemporain, tout en refusant la dissociation de la forme humaine pratiquée par le cubisme.

Il devient, dès leur naissance, le collaborateur privilégié des Ballets russes, pour lesquels il réalise costumes et décors entre 1909 et 1921.

Véritables tableaux finis, ses oeuvres et ses dessins, où l'audace chromatique se conjugue avec le jeu subtil des plumes et des joyaux, du dissimulé et du dévoilé, mettent en valeur la présence physique des danseurs. Quant à ses décors, somptueux et sensuels, ils mêlent érotisme et violence. Parmi ses réalisations, on compte Schéhérazade, L'Oiseau de feu, Jeux, Daphnis et Chloé, La Valse, Le Spectre de la rose ou L’Après-midi d’un faune.

Léon Bakst peint aussi, en parallèle, de nombreux paysages et des portraits d’artistes du monde des lettres et des arts dont ceux de Ivan Bounine, Vaslav Nijinski, Anna Pavlova, Blaise Cendrars, Claude Debussy, Alexandre Benois, Léonide Massine, Ida Rubinstein ou Michel Fokine.

Lui-même a été l’objet de portraits peints par Boris Koustodiev, Jean Cocteau, Amedeo Modigliani ou Pablo Picasso.

Son élève devenu le plus célèbre est Marc Chagall. Il eut également pour élève (1922-1924) Jean Reschofsky (1905-1998).

Les dons exceptionnels de Léon Bakst comme coloriste et graphiste se sont déployés librement sur la scène jusqu’à sa mort prématurée, en raison d'un oedème du poumon : ils ont contribué au triomphe des Ballets russes - influençant même la mode à travers, notamment, les grands couturiers Worth, Paul Poiret ou Jeanne Paquin, avec qui il collabora -, ainsi qu’à une nouvelle conception du décor de peintre et de la mise en scène, en opposition avec l'esthétique de Jacques Copeau.

Le premier, Léon Bakst a osé des coloris éclatants, un mélange de fantaisie et de symétrie qui, par l’audace des lignes et des plans, élargissaient le plan scénique et prolongeaient les perspectives. Ainsi a-t-il marqué de son empreinte la peinture, les arts décoratifs et scénographiques de son temps.

Principales créations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arsène AlexandreL'Art décoratif de Léon Bakst, suivi de Jean CocteauNotes sur les ballets, Maurice de Brunoff, Paris, 1913.
  • André LevinsonL'œuvre de Léon Bakst pour La Belle au bois dormant, Maurice de Brunoff, Paris, 1922.
  • André LevinsonHistoire de L.Bakst, H.Reynaud, Paris, 1924.
  • Louis Réau, Denis Roche, Inedited works of Léon Bakst, Brentano's, New-York, 1927.
  • André BarsacqBakst, Intermède, no 2, septembre, Paris, 1946.
  • Léon Bakst, The Fine Art Society, Londres, 1976.
  • Dominique Carson, Bakst, Flammarion, Paris, 1977.
  • Irina Proujan, Bakst, Théâtre, Ballets, Décors, Costumes, Éditions Aurora, Léningrad, 1986.
  • Alexandre Schouvaloff, Léon Bakst, Éditions Scala, Paris, 1991.
  • Diana Souhami, Bakst, The Rothschild Panels of The Sleeping Beauty, Philip Wilson Publishers, Londres, 1992.
  • Bakst, Sensualism Triumph, Dansmuseet, Stockholm, 1993.
  • Charles Spencer, Léon Bakst and the ballets russes, Academy Éditions, Londres, 1995.
  • John Bowlt, Theater of Reason / Theater of desire, The Art of Alexandre Benois and Léon Bakst, Thyssen-Bornemisza Fondation / Skira, Milan, 1998.
  • Elisabeth Ingles, Bakst, L'Art du théâtre et de la danse, Parkstone Press, Londres, 2000.
  • Charles Spencer, Bakst in Greece, Gema Publications, Athènes, 2009.
  • Carlo Santoli, Le théâtre français de Gabriele D'Annunzio et l'art décoratif de Léon Bakst, PUPS, Paris, 2009.
  • Stéphane BarsacqUne écriture sur les pointes. Jean Cocteau, Léon Bakst et les Ballets russes, Europe, octobre 2011.
  • Sjeng Scheijen (dir.), The Big Change. Revolution in Russian Painting 1895-1917, Bonnefantenmuseum Maastricht, 2013, 188 p.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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