Ataman

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Ataman Krasnochtchekov, par Alexeï Antropov, 1761

Ataman (en russe : атаман, en ukrainien : отаман - otaman[1]) était un titre de chef remplissant des fonctions politiques et militaires chez les Cosaques. Il en fut de même chez les haïdamaks.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot ataman (et ses variantes otaman, wataman et vataman) vient du turco-tatar Ata qui signifie « père », auquel s’ajoute le suffixe augmentatif man.

Hetman / Ataman[modifier | modifier le code]

Il ne faut pas le confondre avec hetman, issu de l’allemand Hauptmann (capitaine) - Haupt signifiant « principal » ou « tête », Mann signifiant « homme ».

Hetman (qui contrairement à ataman ne se rencontre pas en Russie) remplaça le titre de Starchyï (ancien) en Ukraine. Même si hetman et ataman se ressemblent phonétiquement il ne faut pas les confondre. La différence au-delà de l’origine du nom est subtile : historiquement, ataman désigne le titre des chefs cosaques tandis que hetman est le titre du chef suprême des cosaques enregistrés aux XVIIe et XVIIIe siècles (en Ukraine).

Ce titre d’origine germanique fut emprunté dès le XVIe siècle aux généraux en chefs des armées du Grand-duché de Lituanie et du Royaume de Pologne (ainsi qu’à l’entité née de leur union, la République des Deux Nations). Le terme hetman devint prépondérant (notamment avec l’avènement du Hetmanat cosaque) et supplanta le titre otaman, même chez les cosaques zaporogues.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1917[modifier | modifier le code]

Les Cosaques établis aux marches de la Moscovie sont le produit d’un mélange de populations slaves et de la steppe, dont des groupes turcophones. Ces dernières ont donné le titre des chefs cosaques élus à intervalle régulier, les atamans. L’ataman était chargé de veiller à l’application des décisions prises par l’assemblée des cosaques et ne disposait pas de pouvoir personnel.

En 1718 l’élection par les cosaques d’un ataman (appelé войсковой атаман ou ataman des forces armées) fut supprimée par le pouvoir impérial. Piotr Romazanov, élu en 1708 et confirmé par Pierre le grand, est le dernier ataman choisi par les cosaques du Don. Pendant près de deux siècles les cosaques sont alors dirigés par un ataman désigné (наказной атаман) choisi par Saint-Pétersbourg.

Les 11 communautés cosaques (Don, Oural, Terek, Kouban, Orenbourg, Astrakhan, Sibérie, Transbaïkalie, Amour, Semiretchensk, Oussouri) existant avant la révolution étaient toutes gouvernées par un ataman.

Après la révolution de février 1917 les cosaques du Don gouvernés par l’ataman provisoire Evgeni Volochinov réunissent de nouveau leur assemblée et élisent à leur tête l’ataman Alexeï Kaledine. Les autres communautés désignent également leurs propres atamans, marquant ainsi leur autonomie par rapport au gouvernement provisoire.

Pendant la Guerre civile russe[modifier | modifier le code]

Voiture blindée Austin portant l’inscription du nom de l’ataman Bogaïevski, qui dirigeait l’armée du Don, 1919.

Les atamans jouèrent un rôle important dans la Guerre civile russe, leurs troupes collaborant généralement de façon plus ou moins étroite avec les Armées blanches.

Conservant leur autonomie certains d’entre eux organisèrent des pogroms en Ukraine, comme l’ataman Hrigoriyv et Daniil Terpilo (dit l’ataman Zelenyi)[2] et se livrèrent à diverses exactions en Sibérie, comme Boris Annenkov, Grigori Semenov et Ivan Kalmykov.

Leur défaite de 1920 a inspiré un chant soviétique : Les Partisans, dont le dernier couplet dit :

Écrasant les armées blanches
Et chassant les atamans
Ils finirent leur campagne
Sur les bords de l’océan. (bis)

(Les Partisans, chant soviétique)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Iaroslav Lebedynsky, 2004, Les Cosaques : Une société guerrière entre libertés et pouvoirs. Ukraine 1490-1790, Paris, Errance, p. 40 et lexique p. 245 - 246.
  2. Nicolas Werth, Crimes et violences de masse des guerres civiles russes (1918-1921), Online encyclopedia of mass violence, Sciences Po, avril 2008 (www.massviolence.org)

Voir aussi[modifier | modifier le code]