Jugement de Pâris

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Jugement de Pâris, mosaïque de sol, v. 110-150, villa de l'Atrium (Antioche)
Raphaël Mengs, Le Jugement de Pâris, 1757, musée de l'Ermitage

Dans la mythologie grecque, le jugement de Pâris ou jugement du mont Ida est un épisode important qui met en compétition les déesses Héra, Athéna et Aphrodite, et préfigure la guerre de Troie.

Mythe[modifier | modifier le code]

Le premier récit du jugement de Pâris se trouve dans les Chants cypriens, une épopée perdue du Cycle troyen dont les évènements prennent place avant ceux de l’Iliade[1]. Aux noces de Pélée et Thétis sur l'Olympe, tous les dieux sont invités sauf Éris, déesse de la Discorde. Pour se venger, elle leur jette une pomme d'or avec la mention : « Pour la plus belle » — c'est la « pomme de discorde ». Trois déesses revendiquent alors le fruit, Héra, Athéna et Aphrodite. Afin de mettre un terme à la dispute, Zeus ordonne à Hermès d'emmener les déesses sur le mont Ida, à charge pour Pâris de désigner la gagnante. Le jeune homme accorde finalement le prix à Aphrodite (déesse de l'amour), qui lui a promis l'amour d'Hélène. Ce premier récit, dont seul un résumé nous est parvenu grâce à la Chrestomathie de Proclos, ne précise pas si Athéna et Héra offrent elles aussi quelque chose au jeune homme[1]. Des ouvrages plus tardifs, dont la Bibliothèque d'Apollodore, font toutefois état de telles promesses (Athéna offre la victoire à la guerre et Héra, la souveraineté sur tous les hommes). Il ne précise pas non plus si l'épisode se passe avant ou après sa reconnaissance par Priam[2]. Le fait que Pâris soit occupé à garder les troupeaux quand arrivent Hermès et les déesses n'est pas une indication, puisque l’Iliade présente Énée gardant lui aussi les moutons sur le mont Ida[3].

Homère ne fait allusion au jugement de Pâris que de manière indirecte :

« …Héra et la Vierge aux yeux pers.
Ceux-là gardaient toute leur haine à la sainte Ilion,
À Priam et aux siens, depuis que Pâris aveuglé
Leur avait fait injure, en osant, dans sa bergerie,
Opter pour celle qui lui offrit l'amère luxure[4]. »

Les deux derniers vers sont athétisés (refusés comme inauthentiques) par Aristarque de Samothrace, au motif qu'Homère parlerait bien davantage du Jugement s'il connaissait l'histoire.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Timothy Gantz, Mythes de la Grèce archaïque, Belin,‎ 2004 [détail de l’édition], p. 567.
  2. Gantz, p. 570.
  3. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] XX, 89-93.
  4. Iliade, XXIV, 26-30 ; extrait de la traduction de Frédéric Mugler pour Actes Sud, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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