Alexis Apokaukos

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Portrait du grand duc Alexis Apokaukos, 1340

Alexis Apokaukos (grec : Ἀλέξιος Ἀπόκαυκος) (mort le 11 juin 1345) est grand duc et dignitaire de l'empereur byzantin Andronic III Paléologue, puis principal ministre d'Anne de Savoie, régente de Jean V Paléologue.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine humble, Alexis Apokaukos se fait remarquer de Jean VI Cantacuzène, qui lui accorde sa confiance et le rallie au complot qui, en 1320, s'organise autour d'Andronic III lorsque son grand-père Andronic II Paléologue lui retire ses droits au trône.

En 1328, lorsqu'il devient seul empereur, Andronic III confie à Apokaukos la charge de superviser le secrétariat impérial, le trésor et l'administration fiscale. Durant le règne d'Andronic III, Apokaukos amasse d'importantes richesses et se fait même construire une forteresse sur la Mer de Marmara, à Epibatai.

Il est finalement nommé grand duc, c'est-à-dire amiral en chef et commandant de la flotte byzantine.

Apokaukos demeure cependant un fidèle de Jean Cantacuzène, qu'il pousse à conserver le pouvoir lorsque Andronic III meurt, en 1341, espérant ainsi conserver lui-même le pouvoir en se faisant nommer premier ministre. Devant le refus de Cantacuzène de se faire couronner empereur, Apokaukos se retourne contre lui et se rallie à la régente Anne de Savoie, mère de l'empereur Jean V Paléologue.

Il regroupe alors autour de lui un groupe de partisans résolus à écarter Jean Cantacuzène du pouvoir, parmi lesquels le patriarche Jean XIV Kalékas et parvient à se faire nommer préfet de Constantinople par l'impératrice Anne. Apokaukos soulève le peuple byzantin contre Cantacuzène, déclenchant ainsi une guerre civile qui dura six ans, jusqu'en 1347.

Durant cette période, afin d'affermir les pouvoirs de l'impératrice régente, il nomme son fils Manuel Apokaukos comme gouverneur d'Andrinople et son fils cadet Jean Apokaukos comme gouverneur de Thessalonique.

En 1343, face à la menace sans cesse croissante des armées turques, Apokaukos cherche une alliance avec les États latins, proposant même sa soumission et celle de sa famille au pape Clément VI.

Les victoires militaires successives de Jean Cantacuzène changent alors la situation, notamment lorsque les deux fils d'Apokaukos se rallient à lui. Il se dote alors d'une garde personnelle et arme un navire dans la Corne d'Or, prêt à appareiller en cas de nécessité.

Le 11 juin 1345, il décide de faire une inspection du nouveau donjon qu'il faisait construire près de son palais et à la construction duquel était employé un grand nombre de prisonniers. L'un d'eux se saisit alors d'un morceau de bois et l'assomme, tandis que les autres le massacrent à coups d'outils. Son cadavre est décapité et sa tête suspendue aux grilles de la prison.

Scandalisée par ce geste, l'impératrice Anne autorise les serviteurs d'Apokaukos à venger la mort de leur maître ; ils massacrent alors presque tous les prisonniers, bien que la grande majorité d'entre eux n'ait pas participé au meurtre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]