Flixecourt

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Flixecourt
Entrée dans Flixecourt en venant d'Amiens.
Entrée dans Flixecourt en venant d'Amiens.
Blason de Flixecourt
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Picquigny
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Nièvre et environs
Maire
Mandat
René Lognon
2014-2020
Code postal 80420
Code commune 80318
Démographie
Gentilé Flixecourtois(es)
Population
municipale
3 246 hab. (2011)
Densité 274 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 00′ 49″ N 2° 04′ 55″ E / 50.0136, 2.0819 ()50° 00′ 49″ Nord 2° 04′ 55″ Est / 50.0136, 2.0819 ()  
Altitude Min. 6 m – Max. 105 m
Superficie 11,84 km2
Localisation

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Flixecourt

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Flixecourt

Flixecourt est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située à mi chemin entre Abbeville et Amiens sur la RN1 (actuelle RD 1001), Flixecourt est une ville-rue édifiée sur les deux coteaux de la Nièvre, affluent de la Somme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Age[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Flixecourt fut au XIIe siècle un fief de la châtellenie d'Amiens. En 1205, une maladrerie est ouverte à Flixecourt pour permettre aux lépreux, en route pour l'hospice des Frères du Val, de passer la nuit. Par alliance, le fief de Flixecourt fut ensuite partagé entre la famille de Louvencourt, puis (1276) la famille de Fieffes. Ces derniers y firent construire un prieuré, dont il confièrent la gestion, comme il était d'usage, au vidame de Picquigny Le village qui s'établit à cet endroit comptait 140 feux à l'aube de la guerre de Cent Ans.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1548, Flixecourt ne comptait plus que de 40 feux. En 1545, Charles d'Ailly obtient du roi la création d'un marché hebdomadaire ; privilège reconduit au bénéfice de son successeur, Louis d'Ailly, en 1567. On a retrouvé les vestiges d'un château près de l'emplacement actuel de l'église : le fait qu'en 1603, un grave incendie ait pu détruire la moitié du village donne à penser que les maisons devaient être mitoyennes et serrées à l'intérieur des fortifications. Ce château est mentionné dans un acte notarial de 1618, par lequel le seigneur, Philibert-Emmanuel d'Ailly, accorde l'édifice en viager à un certain Louis de la Massonière, à charge pour lui de financer les réparations. L'église, que l'on peut voir aujourd'hui, a été édifiée en 1721. À la veille de la Révolution, le château appartient aux Croquoison de la cour de Fieffes.

Vers cette époque, une proto-industrie existe : on exploite la tourbe, et on travaille au peignage de la laine.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1815, on dénombre deux moulins à eau et deux moulins à vent.

Mais c'est la découverte d'une fibre nouvelle, le jute, qui change le destin de la ville et par delà, de toute la région. Vers 1840, les Saint, négociants en toile d'emballage établis à Rouen, découvrent cette toile importée des Indes, et procèdent à des essais de tissage mécanique (1855-56). La machine, une fois mise au point, est installée à Flixecourt, et les patrons font venir des ouvriers écossais pour démarrer l'exploitation. En quelques décennies, le nombre d'employés, de quelques dizaines au début, explose.

Année Ouvriers et salariés Nb broches produites
1900 7 200 46 000
1913 14 000 65 000
1938 7 000 85 000
1952 5 000 174 500
Ancienne manufacture des frères Saint.

L'usine est électrifiée dès 1907. La ville appartient dans les faits à la famille Saint, qui organise l'habitat des employés (premiers lotissements vers 1870), installe l'eau courante, propose l'électricité aux habitants, et met en place des commerces coopératifs (La Prévoyance), une « école industrielle » et des services sociaux (pharmacie, crèche en 1935, maternité en 1938). Les usines connaîtront divers mouvements sociaux, particulièrement au moment de la crise de 1934-36, mais conservent une compétitivité jusqu'en 1952. Cette année-là, la toile industrielle connaît une crise de débouchés avec le développement des emballages en polymère, qui fait s'effondrer en quelques années la demande en Europe. Les Saint mettent en vente les logements ouvriers. Les primes de compensations octroyées par les gouvernement successifs ne permettront pas une reconversion des emplois, et de reventes (acquisition par la famille Willot en 1969, rachat de nouveau par Boussac-Saint Frères en 1982) en dépôts de bilan (banqueroute d'Agache-Willot en juin 1981), l'industrie poursuit son déclin jusqu'en 2004, date à laquelle débute la production de l'usine DEFIAL (aujourd'hui BIGARD) de Flixecourt, qui fabrique des produits élaborés à base de viande (steak haché, viande sous vide, tomates farcies) et emploi en 2008 près de 250 personnes.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1965 mars 1989 Roger Godard PCF  
mars 1989 en cours
(au 6 mai 2014)
René Lognon PCF Conseiller général du Canton de Picquigny depuis 1994
Réélu pour le mandat 2014-2020[1]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'installation de l'industrie textile à Flixecourt, avec les « Éts Saint Frères », a marqué la ville de façon indélébile, et la démographie traduit la croissance et le déclin de cette activité. Les habitants de Flixecourt sont des Flixecourtois ou Flixecourtoises[2].

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Flixecourt, cela correspond à 2004, 2009[3], etc. Les autres dates de « recensements » (comme 2006, etc.) sont des estimations légales.

En 2011, la commune comptait 3 246 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 218 1 167 1 427 1 499 1 640 1 714 1 729 1 774 1 704
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 615 1 803 1 881 1 953 2 007 2 091 2 155 2 386 2 892
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 264 3 454 3 731 3 091 3 100 2 950 2 822 2 961 3 137
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
3 285 3 459 3 546 3 276 2 931 2 978 3 079 3 105 3 222
2011 - - - - - - - -
3 246 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église, malgré son absence de clocher classique, peut être aperçue depuis certaines rues de la localité.

La ville possède un patrimoine architectural remarquable, typique de la première révolution industrielle. Malheureusement, l'entretien de tous les édifices n'est pas à la hauteur des finances publiques et les dégradations sont inévitables. Quelques constructions ont pu être préservées en les convertissant en édifices publics.

  • L'imposant Château Saint, avec son parc arboré, est une demeure industrielle privée mais qui propose des horaires d'ouverture au public.
  • Les bâtiments de La Prévoyance, près de la voie ferrée (transformée en magasin d'électro ménager).
  • L'église Saint Léger, datant à l'origine du XIVe siècle et refaite au XVIIIe. Le clocher a été reconstruit en 1940 dans un style exogène (« clocher à peigne »).
  • La gare date de 1875 (détruite par un incendie début du XXIe siècle).
  • Le Château rouge qui abritait l'Ecole ménagère.
  • La Villa " Mon Abri ", aujourd'hui la mairie.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hector Malot, En famille
  • R. Collier, D. Clerentin, Une fibre, des hommes - Vals de Nièvre et de Somme, Abbeville, Éditions François Paillart, 2000.

Liens[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 10 avril 2014, p. 14.
  2. habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises - Flixecourt » (consulté le 30 novembre 2008)
  3. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 9 mars 2012)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011