Sains-en-Amiénois

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Sains-en-Amiénois
Image illustrative de l'article Sains-en-Amiénois
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Boves
Intercommunalité Communauté d'agglomération Amiens Métropole
Maire
Mandat
Pierre Lepoètre
2014-2020
Code postal 80680
Code commune 80696
Démographie
Population
municipale
1 164 hab. (2011)
Densité 117 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 49′ 04″ N 2° 19′ 08″ E / 49.8178, 2.318949° 49′ 04″ Nord 2° 19′ 08″ Est / 49.8178, 2.3189  
Altitude Min. 49 m – Max. 117 m
Superficie 9,92 km2
Localisation

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Sains-en-Amiénois

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Sains-en-Amiénois

Sains-en-Amiénois est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sains-en-Amiénois, village dont la proximité d'Amiens explique partiellement son appartenance à l'intercommunalité d’Amiens Métropole, se situe à une distance de 10 km au sud de cette capitale départementale et régionale, juste à mi-chemin vers Ailly-sur-Noye.

Histoire[modifier | modifier le code]

Nommé à l'origine Sama, le village existe avant l'occupation romaine. Il est situé sur la voie Agrippa Senlis- Amiens- Boulogne. Le martyre des trois Saints "Fuscien, Victoric et Gentien" au IIIe siècle amène un changement du nom Sama (Villa de Sanctis - 1105) en Sains.
Au moyen-âge, il dépend de la seigneurie de Boves. Dreux de Boves est seigneur de Coucy et comte d'Amiens. Engerrand de Boves fait construire le tombeau des trois martyrs (XIIe siècle) et donne la moitié du village à l'abbaye de St Fuscien. L'église avec ce monument devient un lieu de pélerinage. La famille du Gard possède un fief à Sains et y construit son château en 1749.

Lors du concours régional de mai 1875 auquel l'harmonie de Sains est conviée, il a fallu composer des armoiries à Sains. On a donné : de gueules aux trois bustes des martyrs représentés sur le tombeau de l'église et en pointe, d'une croix accompagnés en sautoir, d'une épée et d'une palme d'or.

Le 3 juillet 2006, le Conseil Municipal vote la représentation du blason officiel qui désormais est le seul valable (ci-dessus).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Sains-en-Amiénois Blason De gueules à trois bustes de martyr accompagnés en pointe d'une croisette surmontée d'une épée et d'une palme passées en sautoir, le tout d'or.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2008 mars 2014 Daniel Wartelle NC  
mars 2014[1] en cours
(au 6 mai 2014)
Pierre Lepoetre    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 164 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
631 606 686 691 745 813 845 806 827
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
829 779 791 777 766 701 700 617 633
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
637 674 623 525 507 506 509 500 462
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
445 453 605 936 1 054 1 075 1 226 1 237 1 183
2011 - - - - - - - -
1 164 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


C'est surtout depuis l'an 2000 que la commune a vécu une véritable explosion démographique. En effet, le développement des nouveaux lotissements à l'est de la commune, l’aménagement du parc, des terrains de tennis et la rénovation du terrain football ont sûrement contribué à augmenter la population (en fin 2006, Sains-en-Amiénois comptait environ 1250 habitants).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église : Dédiée aux trois saints (Fuscien et Victoric, évangélisateurs, et Gentien, habitant les ayant aidé) arrêtés sur place puis martyrisés dans le village ou à proximité, elle date du XVe siècle. Contre la face nord de la nef fut ajouté un bas-côté au XVIe siècle. Vers 1900, le clocher était « surmonté d'une flèche aiguë »[4].
L'église abrite le tombeau des 3 saints (XIIe siècle). Il s'agit d'une pierre plate sculptée, soutenue par 6 petits piliers, à l'endroit où leurs 3 corps reposèrent jusqu'au IXe siècle. Longue de 2,36 m, cette dalle est divisée en 2 parties sur son dessus. La zone supérieure représente, à taille réelle, un peu comme des gisants, les 3 saints (portant cheveux longs et barbe) côte à côte. Celui à gauche et celui à droite ont le visage légèrement tourné vers celui du centre. La zone inférieure illustre leur exécution, réalisée à l'épée par un bourreau et en présence d'un homme à cheval, le gouverneur romain, Rictiovare. Large de 1,10 m, son épaisseur de 20 centimètres[5] est ornée sur les 4 faces d'une guirlande végétale.
La cuve baptismale date aussi du XIe siècle.
Quant à la Vierge en grès blanc (XIIIe siècle) et le maître-autel (XVIIIe siècle), ils étaient à l'origine dans l'abbaye de Selincourt.
  • La Roseraie : « La Roseraie » a été construite en 1866 à Sains-en-Amiénois par Bénoni Vagniez-Fiquet (1800-1873), riche marchand de rouenneries et étoffes en gros à Amiens. À l’époque, M. Vagniez réalise un placement financier : La Roseraie est une gendarmerie concédée à l’État français.

On remarque : la maison principale, dotée d’une tour d’observation (sans toit), les écuries face à la maison, et les 3 prisons dans la cour. La Roseraie restera une gendarmerie pratiquement jusqu'à la première guerre mondiale.

Début 1900, La Roseraie appartient à sa fille, Jeanne Vagniez-Renon, sœur de Marie-Louise Vagniez-Renon (1884-1944) qui épousera André Bouctot (1882-1972), rentier rouennais, le 11 juillet 1906. André Bouctot construit une luxueuse résidence principale à Amiens, avec l’architecte Duthoit, situé rue des Otages : l’Hôtel Bouctot-Vagniez. Aujourd’hui, cet hôtel abrite la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie d’Amiens. Il est probable que les aménagements du parc de la Roseraie, invisibles sur les cartes postales de 1903, ont été réalisés vers 1906 pour Jeanne par les mêmes artisans : un bassin est creusé avec des canaux, au centre du parc. Une grotte, au fond du parc, abrite des jets d’eau. Il y a aussi un labyrinthe de verdure, avec un kiosque (toujours présent), au centre du parc. Le parc, à cette époque, couvre plus de 4 hectares. Après le décès de Jeanne, sans descendance, André Bouctot rachète La Roseraie aux héritiers Vagniez en 1930 et quitte définitivement son hôtel particulier pour s'y installer avec son épouse en 1936.

En 1940, La Roseraie héberge le P.C. du commandant Junin (cf. plaque sur la maison) pendant quelques jours. Grâce à la vision panoramique offerte par la tour, les artilleurs ajustent les tirs de 5 batteries sous les directives d'un observateur haut placé, et mettront hors de combat une vingtaine de chars allemands avant de se replier. À partir de 1942, la Roseraie est occupée par les Allemands, et ce jusqu’à la libération. Ce sont les allemands, certainement échaudés par les faits de guerre du commandant Junin, qui ont démonté la tourelle d'observation…

À la mort de Marie-Louise Vagniez en 1944, André Bouctot – ivre de chagrin – se retire à la Roseraie et laisse la propriété à l’abandon. Il se referme sur lui-même et devient un « original », avec de longs cheveux blancs et une grande barbe. On le voit errer dans les bois avec ses chiens. Il vit dans la cuisine et dans une pièce. Le charbon est entreposé près de l’escalier. Il pleut dans le grand salon sur les meubles anciens…

André Bouctot meurt en 1972 sans héritiers directs. La maison est entièrement vidée, et quasiment ouverte à tous vents. En 1975, Béatrice Lecomte-Vagniez (1936-1983) et son époux, Pierre Lecomte (1928-2008) achètent, puis entreprennent la restauration de la maison, en très mauvais état. Ils redonnent aussi vie au parc qui était devenu une jungle. La Roseraie appartient aujourd'hui à leur fils cadet, un descendant direct de Bénoni Vagniez-Fiquet, 6e génération.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Saint Lupicin (VIe siècle) : ce pieux personnage nous est connu par la découverte qu’il fit, en 555, des reliques des saints Fuscien, Victoric et Gentien.
La tradition qualifie S. Lupicin de curé de Sains, tandis que le récit de l’invention des reliques des trois Saints lui donne le titre de prêtre amiénois ( ambianensum urbis presbyter).

C’était à l’époque de Saint Honoré, évêque d’Amiens, que Lupicin creusa la crypte sur un terrain boisé situé à Sains et aperçu les ossements des saints martyrs. Il entonna un hymne d’allégresse qui se fit entendre par St Honoré qui célébrait la messe à Amiens, à deux lieues de là.

  • S. Geoffroy, évêque d’Amiens, procéda à l’élévation du corps de Lupicin le 28 juillet 1113 et le renferma dans une chasse convenable. (Sanctus Geofridus Ambianensis episcopus e terra levavit corpus beati Lupicini presbyteri). Saint Lupicin est représenté sur le portail de la Vierge Dorée de la Cathédrale d'Amiens, tenant une houe (sorte de bêche).
  • André Bouctot (1882-1972) : riche rentier rouennais, il épouse Marie-Louise Vagniez-Renon (1884-1944) le 11 juillet 1906.
André et Marie-Louise Bouctot-Vagniez ont fait édifier un remarquable Hôtel particulier, situé rue des Otages à Amiens (Somme), qui abrite aujourd'hui la Chambre Régionale de Commerce et d'Industrie de Picardie. L'architecte Louis Duthoit a réalisé la construction en 1907. Remarquable par son architecture originale et sa décoration somptueuse, ce bâtiment témoigne de la richesse économique amiénoise au début du XXe siècle.
En 1930, après le décès de Jeanne Vagniez, André Bouctot rachète la Roseraie, et s’y installe avec son épouse en 1936. Il s'agit d'une ancienne gendarmerie à cheval, située à la sortie du village, construite en 1966 par Bénoni Vagniez-Fiquet (1800-1873), grand-père de Marie-Louise. Après le décès de son épouse en 1944, très éprouvé par le chagrin, André Bouctot reste à La Roseraie et vivra en ermite à Sains-en-Amiénois jusqu'à son décès, en 1972.
  • Marie-Louise Vagniez (1884-1944) : née en 1884, elle épouse le 11 juillet 1906 André Bouctot. Pendant la première guerre mondiale, elle s’est engagée comme infirmière bénévole à la Croix-Rouge, et elle est décorée de la légion d’honneur (JO du 31/10/1920) pour son courage et son dévouement aux malades. Marie-Louise Vagniez est une femme pieuse et généreuse qui soutient des œuvres de bienfaisance. Elle accueille de nombreux enfants dans le parc de la Roseraie, à Sains-en-Amiénois, avec le regret de n’avoir jamais pu enfanter. Elle éprouve aussi une passion des chiens Epagneuls Papillons – dits « Xivette des Bégonias ». Présidente d’une association qu’elle a créée, elle organise des concours canins au niveau national.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  4. G. de Witasse et A. Graire - « Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie », Tome I, Canton de Boves, page 237 (1909, reprint Éditions Culture et Civilisation, Bruxelles, 1979)
  5. Petite documentation d'une feuille (au format A4 plié en deux, datée de décembre 2006) disponible lors de la visite chaque samedi matin de 10 à 12 heures.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]