Roye (Somme)

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Roye
L'hôtel-de-ville de Roye.
L'hôtel-de-ville de Roye.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Montdidier
Canton Roye
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Roye
Maire
Mandat
Jacques Fleury
2014-2020
Code postal 80700
Code commune 80685
Démographie
Gentilé Royens
Population
municipale
6 255 hab. (2011)
Densité 402 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 42′ 03″ N 2° 47′ 28″ E / 49.7008333333, 2.79111111111 ()49° 42′ 03″ Nord 2° 47′ 28″ Est / 49.7008333333, 2.79111111111 ()  
Altitude Min. 67 m – Max. 96 m
Superficie 15,55 km2
Localisation

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Liens
Site web site officiel de la Mairie

Roye est une commune française située dans le département de la Somme et la région Picardie.

Les habitants s'appellent les Royens et les Royennes[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Roye est située dans les riches plaines du Santerre, accessible par la sortie 12 de l'autoroute A1, à 110 km de Paris et à 120 km de Lille et à 45 km d'Amiens. L'Avre, un affluent de la Somme, la traverse.

Géographie physique[2][modifier | modifier le code]

Natures du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol des plateaux qui environnent la commune au nord et au sud est formé de couches argileuses du limon des plateaux. Au-dessous, le sous-sol est composé de la craie blanche qui affleure sur toutes les pentes des vallées. En surface, la terre végétale très fertile est perméable à l'infiltration des eaux. Les terrains de la vallée de l'Avre sont composés d'alluvions modernes formés de mauvaises tourbes et de dépôts terreux amenés par les eaux des coteaux voisins.

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le plateau est coupé d'est en ouest par la vallée de l'Avre et du nord au sud jusqu'à cette rivière par le ruisseau de Saint-Firmin. Une colline s'incline vers l'Avre au sud et à l'ouest vers le ruisseau de Saint-Firmin. Sur le bord opposé de ces deux cours d'eau, prennent naissance d'autres collines qui dominent la vallée marécageuse.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La nappe aquifère se situe à 25 mètres de profondeur environ. La commune est arrosée par deux cours d'eau. L'Avre qui prend sa source à 7 km de Roye, près d'Avricourt. Ce ruisseau se trouve grossi des eaux descendant des "montagnes de Lagny" et celles provenant de la forêt de la Bonveresse. Cette rivière serpente dans un lit étroit creusé sur la partie déclive des collines. Elle longe les marais de Roiglise et arrive au hameau de Saint-Georges. À la sortie de la ville, l'Avre coule dans un lit de 4 mètres de large et reçoit les eaux du ruisseau de Saint-Firmin.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et équipements[modifier | modifier le code]

La ville de Roye est construite en amphithéâtre sur une colline qui descend au sud vers l'Avre. Le Faubourg Saint-Gilles a été construit au su sud et le faubourg Saint-Médard à l'ouest. En matière d'habitat, on peut considérer que Roye est la ville majoritairement constituée de logements en briques apparentes la plus au Sud de France.

Activités économiques et de services[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville de Roye est surtout liée à l'agro-industrie et aux services.

  • L'industrie-agro-alimentaire est représentée par la sucrerie du Groupe Saint-Louis et la conserverie Bonduelle.
  • La position carrefour de Roye et la sortie de l'autoroute du Nord ont développé les services automobiles.
  • Le tissu commercial, artisanal et bancaire de Roye est assez étoffé en centre ville, les moyennes surfaces se situant à la périphérie.
  • Les services éducatifs sont représentés par les écoles maternelles, collèges et lycée professionnel publics et privés. Les services de santé par les cabinets médicaux et paramédicaux, le centre hospitalier et la maison de retraite.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Roye
Goyencourt Gruny
Villers-lès-Roye Roye Carrépuis
Saint-Mard Verpillières, Laucourt et
Beuvraignes
Roiglise

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

D’après le recensement Insee de 2007, Roye compte 6 233 habitants (soit une diminution de 5 % par rapport à 1999). La commune occupe le 1 557e rang au niveau national, alors qu'elle était au 1 405e en 1999, et le 7e au niveau départemental sur 782 communes.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués à Roye depuis 1793. Le maximum de la population a été atteint en 1982 avec 6 650 habitants.

En 2011, la commune comptait 6 255 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 112 3 176 3 273 3 300 3 636 3 670 3 727 3 944 3 775
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 736 3 797 3 993 3 915 3 973 4 028 3 888 3 931 4 304
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 349 4 381 4 515 4 372 5 309 5 352 4 956 4 390 4 635
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
4 912 5 211 6 265 6 650 6 333 6 529 6 268 6 199 6 255
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (23,1 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (21 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,8 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 48,2 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,7 %, 15 à 29 ans = 19,9 %, 30 à 44 ans = 20,2 %, 45 à 59 ans = 19,6 %, plus de 60 ans = 19,6 %) ;
  • 51,8 % de femmes (0 à 14 ans = 18,4 %, 15 à 29 ans = 18 %, 30 à 44 ans = 18,7 %, 45 à 59 ans = 18,5 %, plus de 60 ans = 26,4 %).
Pyramide des âges à Roye en 2007 en pourcentage[5]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,4 
7,0 
75 à 89 ans
11,5 
12,3 
60 à 74 ans
13,5 
19,6 
45 à 59 ans
18,5 
20,2 
30 à 44 ans
18,7 
19,9 
15 à 29 ans
18,0 
20,7 
0 à 14 ans
18,4 
Pyramide des âges du département de la Somme en 2007 en pourcentage[6]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,3 
90 ans ou +
1,0 
5,9 
75 à 89 ans
9,1 
12,1 
60 à 74 ans
13,3 
20,6 
45 à 59 ans
20,0 
21,0 
30 à 44 ans
19,8 
20,6 
15 à 29 ans
19,3 
19,5 
0 à 14 ans
17,5 

Culture, fêtes, sport et loisirs[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Bibliothèque municipale[modifier | modifier le code]

7, boulevard du général Leclerc

Jumelages[modifier | modifier le code]

Les premiers liens entre la ville de Roye et la ville allemande de Wedemark ont lieu en 1978, le jumelage sera officialisé en 1984 [7].

Sports[modifier | modifier le code]

  • Football :
  • Tennis :
    • le Roye Tennis Club, évoluant en Championnat de France Nationale 2.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Avant de prendre son nom actuel, la localité a été successivement mentionnée sous les formes suivantes[8] :
Rodium sur la table de Peutinger reproduction d'une ancienne carte romaine, Rodrina sur le Manuel de géographie de Ptolémée vers 150, Roudium sur l'itinerarium de Tongres, Rauga en 933, Rogia, Regia et Rugia vers 1190, Roya en 1103, Roga en 1149, Roye en 1175, Roie en 1196, Roae en 1256, Ruya en 1278, Villa Royensis en 1280, Roye-en-Vermandois en 1373, Roye-en-Santerre en 1420, puis Roye-sur-l'Avre, Raga dans le dictionnaire de Vosgien et Avre-Libre en l'an III de la République.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

De gueules à la bande d'argent, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.

Ce sont les armes de la famille de Roye qui possédait la ville et le château jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Ornements extérieurs

  • Citation à l'ordre de l'armée du 3 novembre 1920 : "Envahie dès le début de la guerre, a été en grande partie détruite par les nombreux bombardements, et à la suite des violents combats de 1914-1918, dont elle a été témoin, a stoïquement supporté les pires rigueurs de l'ennemi sans avoir vu ébranler la foi de sa vaillante population dans le triomphe final de la France."
  • Citation à l'ordre de la division du 11 novembre 1948 : " Carrefour important, violemment bombardé du 18 mai au 5 juin 1940, s'est trouvé dans l'axe de l'attaque de deux divisions blindées allemandes. Témoin des furieux et durs combats menés à ses lisières les 6 et 7 juin 1940 par la 29e D.I.A. vu les 2/5 de ses immeubles détruits, huit de ses fils tués et vingt autres touchés. Bourg vaillant et courageux, au cœur magnifique et au patriotisme exemplaire, qui a dignement surmonté sa douleur et s'est remis avec foi et ardeur à l'ouvrage[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 en cours
(au 6 mai 2014)
Jacques Fleury PS député honoraire
Réélu pour le mandat 2014-2020[10], [11]
1953 1977 André Coël SFIO puis PS conseiller général
1947 1953 Bodin RPF  
1944 1947 André Coël SFIO  
1935 1944 P. Mercusot    
1932 1935 Louis Daudré    
1925 1932 G. Varez    
1917 1925 Ernest Mandron    
1912 1917 P. Jaillant    
1886 1912 L. Vasseur    
1884 1886 D. Douay    
1878 1884 E. Cauvin    
1875 1878 A. Bellanger    
1871 1875 Henri Bertin    
1870 1871 Masurier    
1870 1870 E. Duquesnel    
1858 1870 Henri Bertin    
1848 1858 Servatius    
1846 1848 Grégoire    
1844 1846 Berthout    
1839 1844 C. Graval    
1838 1839 Leleu    
1831 1838 T. Fouquier    
1830 1831 A. Seret    
1808 1830 A. Graval    
1805 1808 Nicolas Larabit    
1800 1805 Dumesnil    
1795 1800 Lequeux    
1792 1795 Marc Florent Prevost   député aux États généraux
1791 1793 Lefebvre d'Hedancourt    
1790 1791 J.B Longuecamp    
1789 1790 L.C. Billecoq    
Les données manquantes sont à compléter.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • En 486, Clovis traverse Roye en se dirigeant sur Soissons.
  • En 891, après avoir pillé Balâtre, les vikings sèment la terreur dans la région puis arrivant sur Roye, incendient la chapelle Saint-Firmin et le faubourg de Thoule puis Roiglise et se dirigent ensuite sur Noyon.

Moyen Âge classique[modifier | modifier le code]

  • En 1030 une terrible famine décime la population.
  • À la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, Barthélemy de Roye conseiller du roi de France Philippe II Auguste embellit la cité.
  • En 1214, le seigneur de Roye et les milices royennes s'illustrent lors de la bataille de Bouvines, mais y perdent 6 chevaliers.
  • Le roi Philippe le Long avait épousé Jeanne II de Bourgogne, la fille d’Othon IV de Bourgogne et de la fameuse comtesse Mahaut d'Artois. À la mort de Mahaut, la reine Jeanne – par ailleurs rendue célèbre dans l’affaire dite de la tour de Nesle – se rendant en Artois pour prendre possession de son comté, fit étape à Roye, dans une hostellerie fort en renom qui se situait sur la place du Marché. La Reine se fit servir un splendide festin et se mit à boire, peut-être outre mesure, d’une liqueur sucrée faite de vin et d’épices appelée « claré » ou « clairet » que lui versait son « bouteiller » Huppin. Elle passa la nuit à se divertir et le lendemain, 21 janvier 1330[13], elle expirait soit par l’excès de libation soit par le poison. Si l’on en croit l’auteur de la Chronique de Flandre, il semblerait plutôt que ce soit le poison : « Tantôt que la Reine fut en son lit, il luy prit la maladie de la mort et assez tôt rendit son esprit et coula du venin par la bouche, par les yeux, par le nez et par les oreilles et devint son corps tout tâché de blanc et de noir. » On soupçonna Robert d’Artois d’être l’auteur de cet empoisonnement[14].
Organisation ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle et XIIIe siècle, les paroisses de la ville de Roye et de ses faubourgs formaient un doyenné particulier[8].
Outre la collégiale de Saint-Florent, la ville possédait 4 paroisses : Saint-Pierre dans l'enceinte de la cité, Saint-Georges dans le faubourg Saint-Georges, Saint-Médard de Toulle et Saint-Gilles dans les faubourgs de même nom.

Collégiale de Saint-Florent[modifier | modifier le code]

Le Chapitre de la collégiale fut fondé en 990 par Herbert III comte de Vermandois et sa femme Hermengarde, sous le vocable de Saint-Georges pour 25 chanoines. La fondation fut confirmée en mai 1184 par une bulle du pape Luce III.
Au XIe siècle, la collégiale adopta le nom de Saint Florent, prêtre solitaire en Anjou, lorsque le corps de ce saint y fut transféré le 25 mai 1077 par Hugues-le-Grand comte de Vermandois qui l'avait enlevé à l'abbaye Saint-Florent de Saumur au cours d'une expédition militaire.

Bas Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Temps modernes[modifier | modifier le code]

  • En 1634, des réfugiés illuministes originaires de Séville tentent de s'établir en France. Deux religieuses rejoignent l'Abbaye de Maubuisson au début de 1628, mais leur prosélytisme les désigne à l'attention de la mère supérieure, Angélique Arnauld, qui les fait arrêter. Poursuivant leur route, ces Alumbrados convertissent Pierre Guérin, curé de la paroisse Saint-Georges. Se prétendant directement inspiré par des messages célestes, Guérin fait de nombreux disciples, appelés les Guérinistes. Systématiquement recherchés, ils seront finalement tous exécutés en 1635.
  • Pendant la Guerre de Trente Ans, en 1636, les Impériaux et les Espagnols commandés par Thomas de Savoie, Jean de Werth et Jean de Nassau s'emparent de la ville. Elle est reprise l'année suivante par les troupes françaises.
  • Le 7 août 1653 la ville est investie par les Espagnols conduit par Condé, qui envahissent la Picardie[17].
  • Jusqu’en 1659, année de la signature du Traité des Pyrénées, Roye était très proche de la frontière, qui passait par Marché-Allouarde. Elle était donc en première ligne lors des guerres de l’ancien Régime.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Révolution française[modifier | modifier le code]

Gracchus Babeuf, un royen célèbre[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Gracchus Babeuf.

Né à Saint-Quentin le 23 novembre 1760, François Noël Babeuf se fera appeler plus tard Gracchus Babeuf en hommage aux Gracches, les deux tribuns de Rome qui avaient proposé une réforme agraire et payé de leur vie cette audace. Après avoir travaillé au creusement du canal de Saint-Quentin, il était devenu clerc chez Me Hullin, notaire à Flixecourt, puis « feudiste » chez le seigneur de Damery, une commune voisine de Roye. C’est là qu’il rencontre sa future femme, Marie Anne Victoire Lenglet, au service du châtelain de Damery. Il l’épouse en 1782.

Il s’installe à Roye, d’abord au 80, rue de Paris et, plus tard, au 11, rue Saint-Gilles. Il est alors « feudiste » et « commissaire à terrier » (géomètre). Son rôle, comme « feudiste » est de recenser pour le compte des seigneurs qui l’emploient, les droits et privilèges liés à leur condition seigneuriale et dont certains sont tombés en désuétude.

C’est ce qui l’amènera à imaginer un « cadastre perpétuel » sur lequel serait fondé, sans contestation possible la perception des droits. Dans son métier, il acquiert une bonne connaissance des questions foncières et fiscales et de leurs conséquences humaines dans les usages de l’époque. D’origine modeste, mais autodidacte passionné Babeuf s’intéresse à tout, l’aérostation, la vaccination, le magnétisme, l’électricité,… et entretient des relations avec les esprits éclairés de son époque, avec l’Académie d’Arras à laquelle appartiennent Robespierre et Carnot.

Dès 1785, il préconise l’exploitation des terres en fermes collectives, le travail en commun et la répartition des fruits du travail. Il demande que la dîme soit payée par tous. Il propose de remplacer les gabelles et les aides par un impôt unique proportionnel aux revenus. Le 17 juillet 1789, peu après la prise de la Bastille, il se trouve à Paris où il cherche à éditer son « cadastre perpétuel ». Les événements révolutionnaires l’enthousiasment mais il déplore, dans une lettre à sa femme, la cruauté exercée par le peuple contre les défenseurs de la Bastille. En abolissant les privilèges, la Révolution réduit à néant le métier de Babeuf ! Qu’importe, il se reconvertit un temps dans le journalisme puis il revient à Roye le 18 octobre 1789.

Ce jeune homme de 29 ans va se heurter à la municipalité modérée de Roye. Les cabaretiers de Roye s’opposent au versement des impôts d’ancien régime. Babeuf, à son retour de Paris, se montre solidaire du combat des cabaretiers des tanneurs, des tisserands, dénonçant l’injustice des anciens impôts. Il adresse un libelle à la municipalité de Roye. Il adresse un message de félicitations à l’Assemblée Nationale qui a supprimé les gabelles, message qui est qualifié de « libelle incendiaire » par l’Assemblée nationale. Babeuf est emprisonné une première fois à Paris le 19 mai 1790. Il n’est libéré quelques semaines plus tard qu’à la suite d’une campagne de soutien du révolutionnaire Marat. Mais Longuecamp, le maire de Roye, profitera de cette condamnation pour faire annuler l’élection de Babeuf au « conseil général » de la commune.

Après un accueil triomphal à Roye, Babeuf récidive. Devant la municipalité de Roye, il défend à nouveau les cabaretiers et l’idée que « tous les impôts doivent être répartis sur chaque citoyen en proportion de ses facultés ».

Lorsqu'en juillet 1791, le maire Longuecamp organise l’élection du juge de paix, il mobilise la garde pour empêcher Babeuf d’accéder à la salle de vote, de peur qu’il soit candidat et qu’il soit élu !.

À partir d’octobre 1790, Babeuf rédige et imprime le « Correspondant Picard », dont il fait une tribune politique. Il y réclame le suffrage universel, la suppression de droit de déshériter les enfants, celle du droit de champart qui permettait aux seigneurs de prélever une partie des récoltes.

Pour l’abolition effective des privilèges, Babeuf se rend, à la tête de quelques patriotes, au château de Champien pour y brûler les papiers de famille. A Roye, il fait dresser un bûcher de tous les actes féodaux de la noblesse locale. Il soutient les habitants de la commune de Davenescourt contre leur châtelaine, la comtesse Philipinne de la Myre.

En février 1791, il se lance dans un nouveau combat tendant à faire reconnaître les marais de Bracquemont qui appartenaient aux Célestins d’Amiens, comme propriété communale. À la tête d’un groupe de citoyen, il occupe la mairie jusqu’à ce que soit signé un écrit déclarant que les marais sont « propriété communale appartenant au peuple » ; Babeuf est à nouveau arrêté, incarcéré à Montdidier le 8 avril, libéré le 13 et accueilli triomphalement à Roye.

Il est élu conseiller général de la Somme en 1792 par un électorat pourtant modéré. Mais, pour peu de temps, car devenu administrateur du district de Montdidier, il est poursuivi pour un faux commis dans un acte de procédure. Il s’enfuit à Paris.

Arrêté en 1793, élargi grâce aux Jacobins, il est libre quand tombe Robespierre. Il conspire contre le Directoire avec des hommes comme Drouet – l’homme qui avait reconnu Louis XVI à Varennes - et Buonarroti. Il est l’animateur de ce qu’on appellera la « Conjuration des Égaux » et mourra guillotiné le 28 mai 1797 à Vendôme.

Cet homme aux idées avancées et généreuses - on parlera de « babouvisme » - idées qui le feront désigner comme le premier « communiste » est à ce titre connu dans le monde entier.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Panzer allemand à Roye, 21 mars 1918 (photo d'archive allemande).

Roye est durement touchée par les combats de l'été 1914, en 1916 et surtout en 1918, au cours de la Bataille du Kaiser et de l'Offensive des Cent-Jours.

Pendant la Bataille de la Somme et le repli allemand sur la Ligne Hindenburg, selon l'abbé Calippe, alors que la bataille n'a causé que des dégâts réparables, les Allemands organisent la ruine systématique de toutes les industries. Ils pillent tout ce qui peut être envoyé en Allemagne, saccageant les arbres et détériorant tout le matériel[18].

Carte partielle de l'offensive alliée des Cent-jours.

Le 21 mars 1918, au début de la Bataille du Kaiser, l'armée allemande pénètre dans Roye.

La ville de Roye est libérée de l'occupation allemande par la grande offensive des Alliés dite Offensive des Cent-Jours entre Amiens et Mons qui commence le 8 août 1918.

Dans le secteur de Roye, c'est la 56e division d'infanterie (DI) commandée par le général Demetz qui est chargée de mener l'offensive contre les forces allemandes. Le 16 août, le 65e bataillon de chasseurs à pied (BCP) s'empare de Villers-lès-Roye.

Le 20 août 1918, « la 56e DI ayant reçu l'ordre d'attaquer dans la direction de Roye — d'où on suppose que l'ennemi va se replier — le 65e BCP reçoit la mission de suivre la progression et d'assurer le nettoyage de Roye. L'attaque, déclenchée à 14 heures, échoue [...]. La 3e compagnie (Le Couppey) du 65e BCP occupe durant toute la nuit les rives nord de l'Avre en première ligne devant les ponts de Saint-Mard[19] ».

La ville de Roye, durement bombardée, est libérée dans les jours suivants après de terribles combats.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Roye est sévèrement bombardée du 18 mai au 5 juin 1940, étant dans l'axe d'attaque de deux divisions blindées allemandes. Les deux cinquièmes des immeubles de la ville sont détruits.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre.

Église Saint-Pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Église Saint-Pierre de Roye.

Elle fut reconstruite partiellement en béton en 1930, après les destructions de la Première Guerre mondiale mais elle a conservé son chœur du XVIe siècle[20], [21]. Logo monument historique Classé MH (1908, 1924, 1997)

Église Saint-Gilles[modifier | modifier le code]

Édifice en brique du XVe siècle qui succéda à une première église de la fin du XIIIe siècle incendiée en 1475. En 1490, on entreprit sa reconstruction.

A la Révolution, déclarée Bien national, elle devait être démolie mais la population s'y opposa.

Elle subit de graves dommages pendant la Grande Guerre mais fut restaurée en 1926 par les architectes Charles Duval et Emmanuel Gonse. Elle a gardé son clocher à toit à quatre pans caractéristique de la Picardie. Jean Gaudin réalisa les vitraux et les mosaïques du chemin de croix.

Les remparts et la tour Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Les remparts à l'époque de la Première Guerre mondiale.

La construction des remparts de la ville remonte au XIe siècle. Ils ont été remaniés au XVe siècle. Les vestiges sont encore imposants. Sept tours et trois portes fortifiées donnant accès à la ville complétaient le dispositif. La Tour Saint-Laurent porte encore les traces des boulets lancés par l'artillerie du Grand Condé lors du siège de Roye de 1653. Cette tour ainsi que les vestiges de l’enceinte ont été  Inscrit MH (1992)[22].

Chapelle Notre-Dame de la Paix[modifier | modifier le code]

La chapelle actuelle en brique et pierre dont la construction serait antérieure à 1600 était située dans un cimetière qui fut déplacé. Vers le milieu du [XIXe siècle, la chapelle reçut un pavage en marbre. En 1994, le clocheton et sa croix de fer a été refait de même que la plaque en marbre sur laquelle a été gravé: "Passants qui passez, priez pour les trespassez." La Vierge en mosaïque de l'oculus du fronton a été rénovée de même que les deux vantaux de la porte d'entrée ornés d'ancres marines[23].

Hôtel de ville[modifier | modifier le code]

  • De l’hôtel de ville édifié entre 1775 et 1777 par l'architecte Pierre Dercheu, il ne reste plus rien au matin du 17 mars 1917 après qu’il eut été dynamité dans la nuit par les Allemands battant en retraite.
  • C'est l'architecte royen Arthur Régnier qui est chargé de la construction d’une nouvelle maison commune, achevée en 1932, et verra son travail récompensé par la médaille du Concours d'architecture régionale et municipale en 1936. Ce nouvel édifice n'est plus situé au bord de la rue de Paris mais à l'intérieur de la place d'Armes, qui deviendra plus tard la place de l'Hôtel de Ville, et si de par sa silhouette il rappelle la Maison commune de Pierre Dercheu (le beffroi est placé au même endroit), son traitement et son aspect extérieur sont typiques de l'architecture de l'entre-deux-guerres et du style régionaliste issu de la Renaissance nordique.
  • À l’extérieur, plusieurs bas reliefs ornent les façades (armes de la ville, allégories du Commerce et de l’Industrie…).
  • L’intérieur, dans la salle des mariages, des fresques d’Henri Marret, qui mêlent scènes de repos en famille et de travail dans les champs (Roye, capitale du Santerre, doit beaucoup à l'agriculture) ornent les murs de la Salle du Conseil et des mariages et des vitraux représentent les armes de différentes villes de la Somme.
  • Dans la montée de l'escalier, P. Pasquier, maître-verrier d'Amiens, réalisa en 1952 le vitrail monumental où se dresse fièrement, au lendemain du second conflit mondial, un immense coq gaulois surplombant les armes de la ville. D’autres verreries au niveau du beffroi représentent différentes armes de corps de métiers tels que le chapelier et l’orfèvrerie, le charpentier, le drapier et le chirurgien. Dans la salle du conseil.

Musée d'histoire locale[modifier | modifier le code]

Installé dans une maison jouxtant le Parc Demouy

  • Reconstitution d'une salle de classe sous la IIIe République.
  • Exposition permanente d'archéologie, fruit des fouilles effectuées à Beuvraignes et à Roye lors des travaux de construction du TGV Paris-Lille.

Le parc Demouy[modifier | modifier le code]

Espace de détente et de promenade d'environ un hectare, ouvert au public grâce à l'achat par la ville de Roye de la propriété de Monsieur Demouy. Traversé par un bras de l'Avre, le parc est composé de plusieurs îlots sur lesquels on pénètre par des ponts de bois. On peut y observer diverses essences d'arbres feuillus et résineux, des oiseaux palmipèdes, canards, oies, etc.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Situé place des Combattant, le monument aux morts fut réalisé en pierre de Romanèche par Jules Déchin et l'architecte Rubin. La composition sur deux côtés opposés représente deux allégories de la guerre ( la veuve et l'orphelin) et de la paix (la ville de Roye reconstruite). Le monument fut inauguré en 1927 par Édouard Herriot.

Cimetière militaire allemand[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Guérin (1596-1654), curé de Saint-Georges de Roye, fondateur de la communauté des Filles de la Croix. Après deux arrestation en 1630 et 1634,il fut lavé de la grave accusation d'avoir créé une secte hérétique, les « Guérinets », en relation avec les Illuminés ou Illuminati.
  • François-Lucien Fourment né en 1788 à Paris, d'une famille royenne, décédé à Frévent (Pas-de-Calais) en 1864. Baron d'Empire en 1814, sous-préfet de Château-Thierry (Aisne) et de Rethel (Ardennes), il devient industriel dans le textile et met au point des techniques de filage innovantes. Il se soucie des problèmes sociaux et ouvre, près de son hôtel particulier de Roye, une salle d'asile. Il crée une "société de musique populaire". Il est inhumé au cimetière de Roye dans une chapelle imposante qu'il avait fait construire.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Coët : Histoire de Roye - Paris, Champion Éditeur, 1880
  • Jean Bruhat : Gracchus Babeuf et les Egaux ou le premier communiste agissant - Librairie académique Perrin
  • Robert Legrand : Babeuf et ses compagnons de route - Paris Sté des études des antiquaires de Picardie 1971

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises » (consulté le 12 juillet 2008)
  2. Notice géographique et historique sur la commune de Roye, rédigée par Monsieur Souverain, instituteur, 1899, Archives départementales de la Somme
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  5. « Évolution et structure de la population à Roye en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 3 novembre 2010)
  6. « Résultats du recensement de la population de la Somme en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 3 novembre 2010)
  7. Jumelage sur le site de la ville
  8. a et b Dictionnaire historique et archéologique de la Picardie T5
  9. Jacques Estienne et Mireille Louis, Armorial du Département et des Communes de la Somme, préface de Pierre-Marcel Wiltzer, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Abbeville, 1972, Imprimerie F. Paillart
  10. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 9 juin 2008 (consulté le 12 juillet 2008)
  11. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  12. Lorsque les Huns d'Attila traversèrent le Clermontois
  13. Foundation for Medieval Genealogy, « Jeanne de Bourgogne » (consulté le 12 juillet 2008)
  14. E. Coët, Histoire de Roye, éditions Champion 1880
  15. a et b Histoire de la ville de Roye, département de la Somme par Grégoire d'Essigny
  16. Henri Martin, Histoire de France, Volume 7, Furne,‎ 1856 (lire en ligne)
  17. Henry Méchoulan, L'État classique : Regards sur la pensée politique de la France dans le second XVIIe siècle, Vrin,‎ 1996 (ISBN 9782711612758, présentation en ligne)
  18. Charles Calippe, La Somme sous l'occupation allemande - 27 août 1914-19 mars 1917, 1994, office de diffusion et d'édition du livre d'histoire, Chaulnes, p. 214
  19. Journal des marches et des opérations (JMO) du 65e BCP en date du 20 août 1918.
  20. Source : quotidien Le Courrier picard (édition de la Somme) du 4 novembre 2007.
  21. « L'église Saint-Pierre de Roye », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Les anciens remparts de Roye », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, 2003, F. Paillart Éditeur
  24. Brantôme, (7e discours du 2nd recueil des Dames) et E. Coët (Histoire de Roye)