Grand-Laviers

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Grand-Laviers
La salle communale de Grand-Laviers.
La salle communale de Grand-Laviers.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Arrondissement d'Abbeville
Canton Canton d'Abbeville-Nord
Intercommunalité Communauté de communes de l'Abbevillois
Maire
Mandat
Christophe Mennesson
2014-2020
Code postal 80132
Code commune 80385
Démographie
Population
municipale
332 hab. (2011)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 07′ 51″ N 1° 47′ 05″ E / 50.1308, 1.7847 ()50° 07′ 51″ Nord 1° 47′ 05″ Est / 50.1308, 1.7847 ()  
Altitude Min. 2 m – Max. 67 m
Superficie 9,5 km2
Localisation

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Grand-Laviers est une commune française, située dans le département de la Somme en région Picardie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Grand-Laviers, situé sur l'ancienne route commerciale d'Abbeville à Rue, et surplombant naguère le fond de l'estuaire de la Somme, a perdu de son importance avec le recul de la mer lié à l'ensablement de la baie. Village construit à flanc de coteau au nord du fleuve, il est bordé :

  • à l'ouest par les collines du Bois de Bonance, ancienne forêt d'Abbeville,
  • au sud, par la ligne de chemin de fer d'Abbeville au Tréport, et au-delà par le canal maritime de la Somme,
  • à l'est par les faubourgs d'Abbeville.

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Rose des vents Port-le-Grand Sailly-Flibeaucourt Buigny-Saint-Maclou Rose des vents
Saigneville N Drucat
O    Grand-Laviers    E
S
Cambron Abbeville

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le village est mentionné en 881 en latin médiéval : Latverum[1] ou Laverum[2] dans les Annales de l’Abbaye Saint-Vaast.

Les formes anciennes font penser à celle de Louviers (Lotvers 1025), dont le même élément final -viers se retrouve également dans Reviers (Calvados) et Verviers (Belgique). On identifie l'élément celtique var / ver dans les noms de la Vire, du Var et dans les noms de cours d'eau du type Varenne. Son sens serait donc hydronymique. Il n'est pas interdit d'y voir la signification de « bras de rivière », Louviers est situé au bord d'un bras de l'Eure. Il est certain qu'au IXe siècle, cet endroit est encore au fond de l'estuaire de la Somme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les annales de l'Abbaye Saint-Bertin rapportent qu'en 882, tandis que les Normands pillaient l'abbaye de Saint-Quentin, Carloman II, après diverses manœuvres stériles, établit son camp près de Laviers pour leur barrer le passage vers la mer.

Article détaillé : Bataille de Saucourt-en-Vimeu.

Au XIe siècle, une motte castrale est construite vers le haut de la côte de Laviers, « au-dessous du bois et de la ferme de Tofflet[3], sur un petit cap qui s'avance vers la baie ». En 1137, la charte accordée à Abbeville par le comte de Ponthieu mentionne « Laveriœ », et en 1177, une donation faite par Jean de Ponthieu à la léproserie des frères du Val, à Abbeville, mentionne le don d'une forêt, généralement identifiée comme le bois de Bonance. Le défrichement d'une forêt située dans l'actuel « Val aux Lépreux », entre Laviers et Buigny-Saint-Maclou aurait démarré dès 1164.

Peu après les débuts de la Guerre de Cent Ans, en 1349, le comte de Ponthieu confisque le fief de Laviers à la famille de Nivi et le vend aux Chartreux. Ce fief s'étend de Millencourt (près de Saint-Riquier) à Cambron, et commande la route d'Abbeville à Rue, où est extrait le sel. En 1416, le fief est attribué à Raoul le Sage, conseiller du roi d'Angleterre. En 1451, Charles VII confisque le fief et l'attribue à Jean de Belleval, maréchal de Ponthieu. En 1455, une escarmouche autour de Laviers empêche les navires de Philippe le Bon de débarquer sur la rive sud de l'estuaire de la Somme. En 1480, Louis XI achète la seigneurie de Laviers et en fait don à la Chapelle du Saint Esprit de Rue. Le chapitre de Saint-Vulfran d'Abbeville rachète une partie de la seigneurie de Laviers en 1618 et, en 1696, ferme définitivement la maladrerie du Val des Lépreux.

En 1777, à la suite de l'obstruction d'un bras de la Somme à Saint-Valery-sur-Somme, les autorités envisagent la réalisation d'un canal maritime entre Abbeville et l'estuaire, à Saint-Valery même. Les travaux commencent en 1786 mais doivent être interrompus dès 1793 devant les difficultés techniques (impossibilité de fonder les écluses dans le lit d'alluvions) et surtout la réaction des propriétaires de Bas-Champs, éleveurs de bétail de prés salés. Les travaux ne reprennent que sur ordre de Bonaparte en 1802, qui envisage de faire de Saint-Valery-sur-Somme un port de guerre. Les travaux se poursuivent en 1810, avec emploi de prisonniers de guerre espagnols aux travaux de terrassement, et le canal maritime est inauguré en 1827.

En 1840, Laviers prend le nom de Grand-Laviers, et de 1845 à 1850, on construit la ligne de chemin de fer d'Abbeville à Étaples, tronçon constitutif de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville. À Grand-Laviers, le lit de la vieille Somme est remblayé pour poser la voie. La Première Guerre mondiale épargne relativement le village, qui héberge des troupes d'auxiliaires coloniaux indiens, mais en mai 1940, le village partage le triste sort d'Abbeville. Il est libéré par les troupes canadiennes le 1er septembre 1944.

En 1953, une école primaire est construite à Grand-Laviers, et l'année suivante, l'Œuvre des Pupilles de l'École Publique hérite de la famille de Jusancourt un château qui abrite depuis cette date un institut médico-pédagogique bien connu dans la région.

Le 2 mai 1976, la commune de Petit Laviers est rattachée à la commune de Grand-Laviers.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

Porte d'or à trois bandes d'azur qui est de Ponthieu. A un drakkar d'argent brochant en abîme, au chef d'azur chargé d'une rose, accostée de deux fleurs de lys d'or[4].

Politique[modifier | modifier le code]

Grand-Laviers est un village traditionnellement de gauche qui a longtemps connu une forte implantation du parti Chasse Pêche Nature et Traditions, due au nombre important de chasseurs dans la commune. Toujours ancré à gauche, le village connaît une poussée du vote Front National, comme l'ensemble du département.

Résultats élections présidentielles 2007 :
1er tour :
Olivier Besancenot (LCR) 11 voix 4,06 %
Marie-Georges Buffet (PCF) 5 voix 1,85 %
Gérard Schivardi (PT) 0 voix 0 %
François Bayrou (UDF) 32 voix 11,81 %
José Bové (DVG) 2 voix 0,74 %
Dominique Voynet (Verts) 5 voix 1,85 %
Philippe de Villiers (MPF) 2 voix 0,74 %
Ségolène Royal (PS) 77 voix 28,41 %
Frédéric Nihous (CPNT) 20 voix 7,38 %
Arlette Laguiller (LO) 8 voix 2,95 %
Nicolas Sarkozy (UMP) 23,99 %
Jean-Marie Le Pen (FN) 44 voix 16,2 %

Ce 1er tour se traduit par un bon score du PS et un score largement inférieur à la moyenne nationale pour l'UMP. Le FN et le CPNT obtiennent un résultat nettement supérieur à la moyenne nationale mais cependant faible comparé aux élections passées.

2e tour :
Ségolène Royal (PS) 148 voix 56,27 %
Nicolas Sarkozy (UMP) 115 voix 43,73 %

Ce deuxième tour se traduit par une large victoire du PS qui devance l'UMP de 13 points.


L'attachement à gauche de la commune est encore plus frappant en vue des résultats des élections législatives de 2007. Le député sortant UMP Joël Hart fut très largement battu dans la commune par Gilbert Mathon, éléphant socialiste local. 1er tour :
M. Pierre Brissy PRG 2,6 %
Mme Alexandra Meriguet FN 4,8 %
M. Gilbert Mathon PS 34,2 %
M. Joël Hart UMP 20,8 %
M. Paul Palacio LO 0,4 %
M. Francis Hammel DVG 6,1 %
M. Laurent Van Elslande LCR 3 %
M. Alex Hembert ExG 1,7 %
M. Grégoire Demay ExD 0,4 %
M. Jean-Claude Monflier Comm 1,7 %
M. Renaud Blondin CPNT 12,6 %
Mme Anne-Marie Mardyla MPF 1,3 %
M. Jean-Louis Greau DVD 0,4 %
M. Frank Moncomble VEC 1,7 %
M. Patrick Sellier Comm 2,2 %
M. François Vasseur MoDem 6,1 %
Ce 1er tour marque l'avance du candidat socialiste loin devant Joel Hart, le candidat de la majorité. Le CPNT fait également un très bon score, lié au nombre important de chasseurs dans la commune. En revanche, le FN chute et divise par 4 le score de Jean-Marie Le Pen au 1er tour des présidentielles.

2e tour :
M. Gilbert Mathon PS 69,4 %
M. Joël Hart UMP 30,6 %
Avec près de 70 % des suffrages, le candidat socialiste l'emporte largement dans la commune, un désaveu sévère pour le député sortant.

Les élections présidentielles de 2012 ont confirmé l'ancrage à gauche de la commune. En effet, François Hollande réalise un score de 31,4 % (81 voix) contre 25,97 % (67 voix) pour Nicolas Sarkozy, 20,54 % (53 voix) pour Marine Le Pen et 12,02 % (31 voix) pour Jean-Luc Mélenchon. Au second tour, M. Hollande a réuni 61,6 % (154 bulletins) des suffrages exprimés, un score nettement plus élevé que celui réalisé par Ségolène Royal en 2007. Il est intéressant de constater que le score de Mme Le Pen est supérieur de 4 points à celui réalisé par son père il y a cinq ans mais reste inférieur à la moyenne des communes environnantes (y compris Abbeville). Par ailleurs, les votes accordés à l'extrême droite au premier tour se sont peu reportés sur Nicolas Sarkozy qui améliore peu son score du premier tour. Les électeurs de Grand-Laviers ont également accordé une confiance massive à la candidate du Parti Socialiste, Pascale Boistard, qui l'a emporté dans la commune avec 60,51 % des suffrages face à son adversaire de l'UMP Stéphane Decayeux. Ce score est cependant moindre que celui réalisé aux législatives de 2007 par Gilbert Mathon qui avait réuni près de 70 % des suffrages, ce qui s'explique probablement par le parachutage de Mme Boistard tandis que M. Mathon était très implanté dans la région.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1836  ? Henri Queux    
1860 1888 Pierre Trancart    
1888 1900 Louis Line    
1900 1904 Eugène Line    
1905 1919 Oswald Rocque    
1919 1936 Louis Rocque    
1936 1942 Paul Carton    
1942 1944 Julien Firmin    
1944 1953 Lucien Tellier    
1953 1959 Clotaire Deneux    
1959 1989 Gabriel Bouly    
mars 1989 février 2001 Daniel Roger   agriculteur
mars 2001 2008 Jean-Michel Mouret   ingénieur météorologue
mars 2008 5 avril 2014 Serge Letellier   retraité
5 avril 2014[5] en cours
(au 6 mai 2014)
Christophe Mennesson    

Démographie[modifier | modifier le code]

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour Grand-Laviers, cela correspond à 2006, 2011[6], etc. Les autres dates de « recensements » (2009, etc.) sont des estimations légales.

En 2011, la commune comptait 332 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
245 203 191 220 243 252 283 293 310
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
306 304 281 267 301 277 271 223 227
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
244 235 245 256 275 255 283 259 269
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
352 252 246 395 423 372 348 332 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le bois de Bonance constitue un des principaux attraits de la commune.
  • L'église date du XVe siècle, son clocher a été reconstruit en 1844.
  • Les ruines d'une chapelle du XIIIe siècle, appartenant à l'ancienne maladrerie des Frères du Val, sont visibles.
  • Le Rond-point Saint-Nazare, lié à des événements curieux de la fin du XVIIIe siècle, est un lieu de pèlerinage local.
  • La Réserve ornithologique de Grand-Laviers, inaugurée en juin 2014, est ouverte au public du mardi au dimanche depuis juillet 2014.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

Les anciens bassins de décantation de la sucrerie d'Abbeville (désormais fermée) situés sur la commune constituent un site intéressant pour l'avifaune notamment aquatique : Cygne tuberculé, Tadorne de Belon, Canard chipeau, Canard colvert, Canard souchet, Canard pilet, Sarcelle d'hiver, Grèbe à cou noir, Avocette élégante, Vanneau huppé... Une réserve ornithologique y a été érigée en 2012.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Sanson (Père Ignace de Jésus Maria), Histoire généalogique des comtes de Ponthieu et maïeurs d'Abbeville, Paris, éd. Clouzier, 1657.
  • François César Louandre, Histoire d'Abbeville et du comté de Ponthieu jusqu'en 1789, tome I, éd. Joubert 1844, 477 p. ; tome II, éd. Joubert, 1847, 553 p. ; rééd. A. Alexandre, 1884.
  • François César Louandre, Histoire ancienne et moderne d'Abbeville et son arrondissement, imp. A. Boulanger, Abbeville, 1834, 605 p.
  • Ernest Prarond, Histoire de 5 villes et 300 villages, rééd. G. Montfort, Brionne, 1981
  • Ernest Prarond, "Cartulaire du comté de Ponthieu"[9]
  • Ernest Prarond, Chronique de l'abbaye de Saint-Riquier
  • Gérard Bacquet, Le Ponthieu, 1992, édit. G. Bacquet, imp. Paillart, Abbeville
  • Florentin LeFils, Le Crotoy, volume 1348 de Monographies des villes et villages de France, Paris, Office d'édition du livre d'histoire, 1994, 184 p. (ISBN 2-8412-6077-1 et 978-2841260775).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. selon E. Prarond, cf. les réf.
  2. selon F. Fossier
  3. auj. bois de Bonance.
  4. Grand Laviers et ses deux mille ans d'histoire, décembre 2000, p. 71
  5. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 7 avril 2014, p. 11.
  6. « Calendrier de recensement », sur Insee (consulté le 9 mars 2012)
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k220693z/f5.image


  • Ernest Prarond - « Quelques faits de l'histoire d'Abbeville tirés des registres de l'échevinage » (1867), éd. Main.
  • « Grand Laviers et ses deux mille ans d'histoire » (décembre 2000), éd. F. Paillart, Abbeville

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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