Fouquet's

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Fouquet's
Fouquet's Paris - brasserie et hotel de luxe sur les Champs-Élysées.jpg
Façade du Fouquet's.
Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
Commanditaire
Louis Fouquet
Propriétaire
Patrimonialité
Site web
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées

Le Fouquet's est un restaurant situé 99 avenue des Champs-Élysées dans le 8e arrondissement de Paris[1]. La salle du rez-de-chaussée est inscrite à l'inventaire des monuments historiques depuis 1990[2]. Le restaurant dispose de deux terrasses, l'une côté Champs-Élysées et l'autre côté George V.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Selon la légende, ce serait en 1899 que le limonadier Louis Fouquet achète « The Criterion », un estaminet pour cochers de la célèbre avenue parisienne, qu'il transforme en bar de luxe rebaptisé « The Criterion-Fouquet's Bar », à la mode anglo-américaine de l'époque, à l'instar de son célèbre confrère parisien Maxim's de la rue Royale.

Monographies[modifier | modifier le code]

L'histoire du Fouquet's a fait l'objet de publications et de légendes diverses. Raymond Castans publie dans l'objectif de l'inscription du lieu à l'inventaire des monuments historiques l'ouvrage Parlez-nous du Fouquet's[3]. Ce livre reprend principalement des entretiens avec les clients du lieu et répond à la commande d'un matériel pour la commission d'attribution. Puis les éditions du Cherche Midi publient Fouquet's, légende du siècle, dix ans plus tard[4]. L'ouvrage présente plusieurs clichés de la vie de l'établissement. Dans chacun de ses ouvrages, les sujets traités demeurent ceux colportés (un estaminet pour cocher, un restaurant pour l'univers du spectacle). En 2019, l'historienne Marion Godfroy-Tayart de Borms s'attèle à un autre travail, 99 Champs-Elysées, une histoire inédite du Fouquet's[5]. Spécialiste de l'histoire des arts culinaires, prix Antonin Carême, elle s'appuie sur des sources de première main et cite dans son travail de nombreux documents inédits découverts en archives (Archives nationales de Paris, Minutier central, Archives de la ville de la Paris, et fonds d'archives privées). Le journal Le Parisien recense les avancées de ce travail dans un article en date du . Elle retrouve la véritable date de naissance du lieu et indique qu'il n'a jamais été un estaminet[6]. Au lieu d'un succession d'anecdotes, son travail s'inscrit au contraire dans la question historiographique du restaurant[7] et sa compréhension par les historiens des arts culinaires comme un fait d'histoire social total[8].

Propriétaires successifs[modifier | modifier le code]

En 1913, Léopold Mourier gère l'établissement au décès de Louis Fouquet. Au décès de Léopold Mourier, son associé Louis Barraya reprend l'établissement, puis Maurice Drouant.

Maurice Canova investit l'établissement au milieu des années 1970. Son association avec Georges Cravenne lui permettra d'affermir les liens du restaurant avec l'industrie du cinéma.

En 1998, Diane Barrière-Desseigne, héritière du groupe Barrière, acquiert le Fouquet's, auquel son époux Dominique Desseigne ajoute en 2006 l'hôtel Fouquet's Barrière, réalisé par les architectes décorateurs Édouard François et Jacques Garcia.

Le groupe Barrière a acheté la marque, qu'il a déclinée à travers des brasseries dans ses différents hôtels (Le Majestic, Courchevel, La Baule, Marrakech, Toulouse, Enghien-les-Bains, Montreux, Abu Dhabi). Une ouverture est en cours à New York.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Restaurant de la vie mondaine parisienne, plusieurs clients célèbres l'ont fréquenté comme Raymond Poincaré, Theodore Roosevelt, Aristide Briand, Paul Poiret, Alberto Santos-Dumont, Ettore Bugatti, Pierre Brasseur, Colette, Liane de Pougy, l'Aga Khan III[9].

La proximité avec les maisons de productions du quartier explique également la popularité du restaurant dans l'industrie du cinéma français, chez ses acteurs comme ses producteurs. Il est ainsi logique d'y trouver Raimu (qui vit 17 rue Washington et qui fait du Fouquet's voisin sa cantine et son « bureau »), Marcel Pagnol, Fernandel, Tino Rossi, Marcel Carné, Sacha Guitry, Maurice Chevalier, Henri-Georges Clouzot, Joséphine Baker, Marlene Dietrich, Sophia Loren, Jeanne Moreau, Michèle Morgan, Jean Gabin, Lino Ventura, Alain Delon, Gene Kelly, Orson Welles, Yves Montand et Simone Signoret, Catherine Deneuve, Marcello Mastroianni, Michel Galabru, Charles Aznavour, Kirk Douglas ou encore Gérard Depardieu, François Truffaut, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol.

Cesar[modifier | modifier le code]

En 1976, le restaurateur Maurice Casanova achète le lieu. Avec Georges Cravenne, il initie l'organisation du déjeuner des nommés aux César du cinéma, de la Nuit des Molières, des illuminations de Noël de l'avenue des Champs-Élysées, de l'émission radiophonique Le Pop-Club de José Artur (sur France Inter), du prix Louis-Delluc, du prix Roger-Nimier et de nombreux dîners parisiens de premières théâtrales et de cinéma. Chaque année depuis 1979, le restaurant accueille le traditionnel dîner de gala à la suite de la cérémonie des César[10].

Entièrement rénovée en 2017, la brasserie expose une importante galerie de photographies de stars du cinéma français habitués des lieux, avec des plaques aux noms des tables d’habitués. Par ailleurs, environ 200 clients réguliers y possèdent leur rond de serviette en argent, marqué à leur nom.

Monument historique[modifier | modifier le code]

En 1988, à la suite de l’expiration du contrat de bail, le consortium koweïtien propriétaire des murs donne congé au restaurateur pour ouvrir une galerie marchande ou de peinture d'art. Un comité de soutien mené par José Artur, Roger Hanin, Christine Gouze-Rénal, Jean-Paul Belmondo, Jacques Chancel, Robert Hossein, Robert Sabatier, Odette Ventura, Henri Verneuil, Léon Schwartzenberg et Jean-Michel Folon sauve les lieux en le faisant inscrire à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le , par le ministre de la Culture Jack Lang. Sont inscrits par arrêté du la « salle du rez-de-chaussée, salle et salons de l'entresol, avec leur décor, de la partie de l'immeuble abritant le restaurant Le Fouquet's » (Cad. 08 : 01 AS 8)[11]. En effet, cette salle avait été décorée par Jean Royère en 1958.

Évènements[modifier | modifier le code]

Le Fouquet's saccagé lors de l'acte XIX du mouvement des Gilets jaunes le .
  • Les frères et sœur Lina, Pierre et Michel Renault, trois modestes retraités bourguignons, se sont battus aux tribunaux pendant des dizaines d'années jusqu'en 1992, pour faire valoir sans succès leur héritage présumé du Fouquet's. Héritage de la comtesse Octavie de Coëtlogon, décédée en 1865 sans héritiers, qui avait légué sa fortune à son mari et à son cousin germain Joseph-Paul Mauprivez, qui avait lui-même transmis son héritage aux grands-parents des frères et sœur Renault[12],[13].
  • Le , au soir de sa victoire à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy fête l'événement au Fouquet's en compagnie d'une centaine de personnes, famille et amis, dont nombre de grandes fortunes et de personnalités du monde des affaires. Cette soirée sera par la suite largement médiatisée et apparaîtra comme un des symboles « bling-bling » du sarkozysme[14].
  • Le , au cours d'une manifestation des Gilets jaunes, le restaurant est saccagé et un début d'incendie se déclare ensuite dont la cause n'est pas clairement identifiée[15]. À la suite de ces détériorations, la direction annonce que le restaurant sera fermé plusieurs mois pour procéder à des travaux afin de réparer des « dégâts considérables »[16]. Il rouvre le [17].

Prix remis au Fouquet's[modifier | modifier le code]

Photo de l'équipe de la brasserie (César 2016).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur lemonde.fr.
  2. « Fouquet's », notice no PA00088881, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Raymond Castans, Parlez moi du Fouquet's, JC Lattes, .
  4. Fouquet's, Légende du siècle, .
  5. Marion Godfroy Tayart de Borms, 99 Champs Elysées, une histoire inédite du Fouquet's, 2019.
  6. Éric Le Mitouard, « Paris : le Fouquet’s fête ses 120 ans avec gourmandise », leparisien.fr, .
  7. Lang Rebecca, The invention of the Restaurant, Harvard University Press.
  8. Mauss Marcel, Le fait d'histoire social total, PUF.
  9. Philippe Couderc, « La vérité sur le Fouquet's », Challenges,‎ (lire en ligne).
  10. « César 2018 : dans les coulisses du Fouquet's avec Pierre Gagnaire », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  11. « archives monuments historiques », sur archives-ouvertes.fr.
  12. « Monopoly – Lina Renault n’est pas propriétaire du Fouquet’s, elle ne paie pas 30 000 euros », sur Le Monde.fr, .
  13. « Trois modestes retraités officiellement propriétaires », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  14. Ariane Chemin et Judith Perrignon, La Nuit du Fouquet's, Fayard, (ISBN 978-2213635453 et 2213635455).
  15. « Acte XVIII : les forces de l'ordre ont-elles réellement mis le feu au Fouquet's avec des grenades lacrymogènes ? », Libération,‎ (lire en ligne).
  16. « "Gilets jaunes" : le Fouquet's, restera fermé "plusieurs mois" », sur Le Figaro.fr, .
  17. « La brasserie le Fouquet's, dévasté lors des manifestations “gilets jaunes”, rouvrira pour le défilé du 14 juillet », sur Francetvinfo.fr, .
  18. « Le dîner des César au Fouquet's : on y était », sur Le Figaro, .
  19. Hadrien Gonzales, « Les César se régalent au Fouquet's », Le Figaro.fr, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Castans, Parlez moi du Fouquet's, JC Lattes, .
  • Fouquet's, légende du siècle, Le Cherche Midi, 1999 (collectif).
  • Marion Godfroy-Tayart de Borms, 99. Champs-Élysées, une histoire inédite du Fouquet's, Barrière, 2019 (présentation).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]