Raymond Bussières

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Raymond Bussières
Description de cette image, également commentée ci-après
Raymond Bussières et son épouse, l’actrice Annette Poivre. 1948, Cannes.
Naissance
Ivry-la-Bataille, Eure (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Décès (à 74 ans)
Paris, France
Profession acteur, scénariste, producteur
Films notables Les Portes de la nuit
Casque d'or
Porte des Lilas
Taxi, Roulotte et Corrida

Marcel Raymond Bussières est un acteur, scénariste et producteur français, né le à Ivry-la-Bataille (Eure) et mort le à Paris dans le 18e arrondissement de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Raymond Bussières est le dernier enfant de parents originaires de Corrèze qui tenaient un bar-tabac à Ivry-la-Bataille (ville où il est né). Son père avait été instituteur et s'était présenté à la députation de la Corrèze sous l'étiquette socialiste[1]

Raymond Bussières est élève au collège Rotrou de Dreux de 1920 à 1925 où il se lie d'amitié avec le futur peintre Maurice Buffet (1909-2000)[2], il loge chez les parents de son ami Maurice Bernard qui est au collège avec lui[3].

Théâtre[modifier | modifier le code]

À Dreux, il monte des petites pièces au Cercle laïque, notamment une parodie du Cid où il joue Rodrigue[4].

Il veut faire des études de médecine, mais sa mère n'a pas les moyens de les lui payer. Il travaille chez un métreur qui l'incite à passer le concours de dessinateur à la ville de Paris qu'il réussit.

Il monte avec des amis un groupe de théâtre : « On y faisait de la propagande révolutionnaire. On avait appelé ça “le groupe Octobre” du nom de la Révolution soviétique. Il y avait une grève quelque part, hop, on débarquait avec notre répertoire politique[4]. » Dans le cadre de ce groupe, sur la suggestion de Paul Vaillant-Couturier, il rencontre Jacques Prévert pour lui demander des textes à jouer. Quelque temps après, devenu son ami, celui-ci lui propose de faire de la figuration dans un film dont il a écrit le scénario : Ciboulette (1933).

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Le poète et scénariste Jacques Prévert fut un ami de Raymond Bussières

Raymond Bussières est un des fondateurs du groupe Octobre pour lequel Jacques Prévert a écrit de nombreux textes d'agitprop dans les années 1930. Le nom de ce groupe a été proposé par Lou Bonin/Tchimoukow en hommage à la Révolution d'Octobre. Membre du Parti communiste français Raymond part, en 1936, pour l'Espagne où il rencontre des communistes des Brigades internationales. À son retour, il démissionne du Parti communiste « car on souffrait déjà du stalinisme »[4]. Il sera par la suite militant syndicaliste actif du syndicat des comédiens.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Il obtient quelques petits rôles au cinéma tout en restant fonctionnaire à la ville de Paris. En 1936, il faillit obtenir le rôle de Jacques, l'un des personnages du quatuor, aux côtés de Jean Gabin, Charles Vanel et Aimos, dans le fameux film de Julien Duvivier La Belle Équipe, mais il sera finalement remplacé par un autre comédien, du même âge que lui, Charles Dorat. Bussières, alors très engagé dans les événements du Front populaire de 1936, regrettera toujours de ne pas avoir participé à ce film qu'il adorait.

En 1941, il obtient un rôle un peu plus consistant dans Nous les gosses de Louis Daquin. Embauché chez Pathé, il démissionne de la fonction publique.

Très vite surnommé Bubu[5], l'acteur apparaît alors dans des films comme L'assassin habite au 21 en 1941 et Quai des Orfèvres en 1947 d'Henri-Georges Clouzot, ainsi que Casque d'or en 1951 de Jacques Becker, Les Belles de nuit en 1952 et Porte des lilas en 1956 de René Clair. À la suite de ces rôles, il acquiert une certaine célébrité, notamment en Italie où il s'essaie dans quelques films, sans grand succès.

Sa gouaille, son accent de titi parisien font de lui un des acteurs les plus populaires des années 50 et 60, toujours employé en brillant second rôle. À la fin de sa carrière, dans Les Sous-doués, il interprète un vieil homme qui a comme rêve d'avoir son bac, dans L'aile ou la cuisse il est le chauffeur de Louis de Funès, avec qui il avait déjà joué dans Taxi, roulotte et corrida, ces rôles lui redonnent un regain de popularité.

En , quelques semaines avant sa mort, il déclare : « On commence à se tasser mais la tête marche. On n'est pas des vieux cons. Je dois tout au hasard... Quand on était môme on était raide, il fallait marner. Moi j'ai grandi au milieu des prolos. Je leur dois beaucoup car c'est au contact de ces parigots qui réinventaient la langue française que j'ai créé mon personnage. C'est du mimétisme[4]. »

Amateur de pêche et de chasse, Raymond Bussières est marié avec l’actrice Annette Poivre, qu'il surnommait "Poivron", rencontrée en 1943 sur la scène du théâtre où ils répétaient "Une femme qu'a le cœur trop petit" de Fernand Crommelynck[6]. Son épouse joue très souvent dans les mêmes films que lui. Raymond Bussières est le père adoptif de la comédienne Sophie Sel née d'un premier mariage d'Annette Poivre avec Jean-Marie Cassel. Ils vivaient dans le 17e arrondissement de Paris, au 27 rue Cardinet.

Il meurt à l'hôpital Bichat, le , dans le 18e arrondissement de Paris après trois semaines de coma, d'un arrêt du cœur. Il est inhumé à Marchenoir dans le Loir-et-Cher.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Années 1930[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]


Hommage[modifier | modifier le code]

Raymond Bussières est né à proximité de la Maison Henri IV à Ivry-la-Bataille

L'association Les marches normandes consacre à l'acteur une exposition dans l'ancienne distillerie d'Ivry-la-Bataille pour ensuite faire procéder à la pose d'une plaque commémorative sur la façade de sa maison natale, située non loin de la maison Henri IV, dans cette même commune, le [7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Préface[modifier | modifier le code]

  • Fernande Bussières, Paul Vaillant-Couturier ou Histoire d'une amitié, préfacé par Raymond Bussières. Subervie Ed. 1979

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Barrot et Raymond Chirat, Noir et Blanc - 250 acteurs français du cinéma français 1930-1960, Paris, Flammarion, 2000, pp. 112-114

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Une plaque pour Raymond Bussières, grand nom du cinéma né à Ivry-la-Bataille », sur paris-normandie.fr, (consulté le 2 novembre 2019)
  2. Journal L'Action Républicaine du 20 octobre 1981 : « La IIIe biennale d'Arts 28. “Bubu” était là... il y a soixante ans, il prêtait ses tubes de peinture à Maurice Buffet. »
  3. Journal L'Action républicaine du mardi 22 septembre 1981 : "Raymond Bussières et son "frangin" de Saint-Germain-sur-Avre"., portrait-interview de Raymond Bussières. Une amitié qui durera 60 ans. Les deux amis vivant dans le même immeuble parisien.
  4. a b c et d Journal L'Action républicaine du mardi 22 septembre 1981 : "Raymond Bussières et son "frangin" de Saint-Germain-sur-Avre", portrait-interview de Raymond Bussières.
  5. Site encinematheque.fr, fiche sur Raymond Bussière, consulté le 2 novembre 2019
  6. Paris-Presse, L'Intransigeant, 24 août 1969, p.15
  7. Site de l'office de tourisme de Dreux, page "Hommage à l'acteur Raymond Bussières", consulté le 2 novembre 2019.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :