Damia (chanteuse)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Damia.
Damia
Damia 1920.jpg

Marie-Louise Damien, dite Damia, en 1920.

Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activités
Autres informations
Maître
Genre artistique

Marie-Louise Damien, dite Damia ou Maryse Damia, est une chanteuse et actrice française née le dans le 13e arrondissement de Paris et morte le à La Celle-Saint-Cloud[1]. Réputée pour ses chansons et rôles tragiques, elle est très célèbre dans les années 1930.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents sont originaires des Vosges : son père vient de Nonville, sa mère, de Bleurville. Marie-Louise va souvent en vacances chez ses grands-parents maternels à Darney, où ils possèdent une ferme, avant que ses parents ne s'installent à Paris, où son père devient agent de police.

À l'âge de 15 ans, Damia fugue de la maison paternelle et trouve un rôle de figuration au théâtre du Châtelet. Elle est remarquée par le mari de la « grande » Fréhel, Roberty, qui lui donne des cours de chant et avec qui elle aura beaucoup plus tard une liaison. Dès 1908, elle se produit sur la scène de café-concerts tels que la Pépinière-Opéra, le Petit Casino et l'Alhambra. Elle est la vedette d’un spectacle du « caf' conc' » de Félix Mayol. Sacha Guitry prétend qu'il lui a conseillé le fourreau noir, dessiné sa silhouette et imposé un style aux chanteuses réalistes qui lui succèderont, telles Édith Piaf et Juliette Gréco. Mais dans une entrevue radio, elle dit que l'idée de la robe noire est venue de Max Dearly.

Elle fréquente très tôt le cercle littéraire féminin et lesbien autour de la poétesse et salonnière Natalie Barney. Elle y côtoie Romaine Brooks, Gabrielle Bloch, Loïe Fuller et, dans ce contexte, fait la rencontre de l'architecte, décoratrice et designer Eileen Gray, avec laquelle elle noue une relation amoureuse. Gray crée pour la chanteuse son premier fauteuil dit “à la sirène[2]”.

Parallèlement, elle tient quelques rôles marquants au cinéma.

Damia enregistre la chanson suicidogène Sombre Dimanche le 28 février 1936. Cette chanson Szomoru Vasarnap, signé Laszlo Javor et Rezső Seress est interdite d'interprétation au public dès sa création[3].

Adulée par le public durant l'entre-deux-guerres, elle est occultée après l'Occupation par de plus jeunes idoles, notamment Édith Piaf[4]. Elle triomphe cependant dans un récital à Pleyel en 1949 et fait une tournée au Japon en 1953. Elle remonte sur les planches à Paris en 1954, à l’Olympia, avec en première partie Jacques Brel, alors débutant, et en 1955.

Baptisée « la tragédienne de la chanson », elle est aussi admirée par des écrivains de tous bords, de Jean Cocteau à Robert Desnos. Plus tard, des cinéastes comme Jean Eustache, Aki Kaurismäki ou Claude Chabrol refont entendre ses chansons. Damia meurt le 30 janvier 1978, à La Celle-Saint-Cloud. Elle est inhumée au cimetière de Pantin.

Postérité et hommages[modifier | modifier le code]

Plaque du jardin Damia dans le 11e arrondissement de Paris. Le prénom Louise-Marie reprend l'ordre retrouvé dans l'acte de naissance de Damia. La date de naissance sur la plaque est incorrecte : Damia naît en 1889.

Dans les années 1930, Damia est connue pour sa robe noire et son refus d'avoir un décor peint derrière elle, ce qui est nouveau à cette époque[5].

Sa modernité a influencé de nombreux artistes de la deuxième moitié du XXe siècle, tels Édith Piaf[5], Jacques Brel, voire Serge Gainsbourg[6].

En 1997, est créé dans le 11e arrondissement de Paris un jardin labellisé « Espace vert écologique », dénommé Jardin Damia en hommage à la chanteuse[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chansons (répertoire sélectif)[modifier | modifier le code]

1926

  • Hantise

1927

1928

  • La chaîne
  • Dis-moi
  • Ploum ploum ploum

1929

1930

  • J'ai l'cafard
  • C'est mon gigolo
  • Le Grand frisé
  • Depuis Que Les Bals Sont Fermés

1931

  • Les Nocturnes
  • Je voudrais que la nuit
  • Complainte de Mackie (tirée de la version française de L'Opéra de Quat'sous de Kurt Weill et Bertolt Brecht)
  • Pour un seul amour
  • Ce n'est pas toujours drôle (Chanson extraite du film " Un soir de rafle")
  • La plus belle chanson
  • Amours de minuit
  • On ne lutte pas contre l'amour (version française de la chanson allemande Leben ohne liebe kanst du nicht interprétée par Marlene Dietrich)
  • Il ne reste rien
  • La Chanson du passé

1932

  • Mon matelot
  • Les Inquiets
  • De profundis
  • Berceuse tendre (Il fait si bon près de toi) (L. Daniderff - Daniderff, Ronn)

1933

  • J'ai bu
  • La Garde de nuit à l'Yser
  • La Suppliante
  • Chansons gitanes - Chanson de route
  • Chansons gitanes - Chanson à boire
  • La Chanson des flots
  • Roule ta bosse
  • Chantez pour moi, violons (version française de Play Fiddle, Play)
  • Pluie
  • Tout le jour, toute la nuit (Version française de Night and day de Cole Porter)

1934

  • La Guinguette a fermé ses volets
  • En maison
  • Toboggan
  • Moi... j'm'ennuie (musique de Wal-Berg)

1935

1936

1937

1938

  • Johnny Palmer (paroles de Christian Vebel)
  • Personne (paroles et musique de Michel Emer)
  • C'est dans un caboulot
  • La Malédiction
  • Café chantant

1939

  • Tout fout le camp (paroles de Raymond Asso)
  • Balalaïka (Charlys - M. Vandair, Gastil)

1941

  • Tourbillons d'automne

1942

1943

  • Dans ma solitude

1944

  • Ma rue
  • On Danse à La Villette
  • Bonjour mon chien

1948

  • La femme à la rose

1952

  • Deux femmes

Filmographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francesco Rapazzini, Damia, une diva française, Paris, éditions Perrin, , 412 p. (ISBN 978-2-262-03403-0)
  • Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. (ISBN 978-88-908494-4-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du 13e arrondissement, année 1889, acte de naissance no 3026, avec mention marginale du décès. Sur l'acte, les prénoms figurent dans cet ordre : Louise Marie. lien.
  2. http://next.liberation.fr/culture/2005/04/29/l-epais-dossier-de-six-fauteuils_518091; https://artwithoutskin.com/2010/12/15/fauteuil-%E2%80%9Ca-la-sirene%E2%80%9D-deileen-gray-invendu-a-new-york/
  3. Gilles Verlant, Jean-Eric Perrin, L'intégrale Gainsbourg, Fetjaine
  4. (fr) « La dame en noir », Bibliobs,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Damia, la chanteuse était en noir », sur www.arte.tv (consulté le 22 janvier 2017).
  6. L'intégrale et caetera, 2005
  7. « Jardin Damia » (consulté le 22 janvier 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :