Robert Dhéry

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Robert Dhéry
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Robert Dhéry en 1962.
Nom de naissance Robert Léon Henri Fourrey
Naissance
La Plaine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), France
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 83 ans)
Paris, France
Profession Acteur, réalisateur

Robert Dhéry, de son vrain nom Robert Fourrey, né le à La Plaine-Saint-Denis (Seine) et mort le dans le 19e arrondissement de Paris, était un acteur, metteur en scène, dramaturge et réalisateur français, homme de théâtre et fondateur de la troupe de comédiens « Les Branquignols » avec son épouse Colette Brosset dans les années 1945.

Après la Seconde Guerre mondiale, Robert Dhéry et Colette Brosset stupéfient le public avec leur joyeuse troupe de « Branquignols » (parmi lesquels on comptait Louis de Funès, Jean Lefebvre, Jean Carmet, Jacqueline Maillan, Michel Serrault, Micheline Dax, Pierre Olaf, Jacques Legras, Robert Rollis), à la fois comédiens, musiciens et chansonniers. La plupart des textes joués par les Branquignols sont écrits par Robert Dhéry lui-même.

Il est le père de la psychanalyste Catherine Mathelin-Vanier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Robert Dhéry naît le 27 avril 1921 à la Plaine Saint-Denis où sa mère est en voyage. À peine né, il est ramené dans le petit village familial de l’Yonne, Héry. L’enfant est déclaré Robert Léon Henri Fourrey, le patronyme de son père. Héry lui donnera par la suite son nom d’artiste : « Robert d’Héry ».

Descendant d’une famille de meuniers, il traverse une enfance heureuse. Mais à l’école c’est un pitre, incapable de tenir en place. Comme il aimait à le dire, « Je suis né anormal, avec certainement un chromosome en plus, celui de la rigolade… ! À l’école, le maître abattait son poing sur le pupitre. Silence terrifié de la classe. Je pouffais, parce que j’imaginais l’encre jaillissant de l’encrier retomber sur sa tête et lui faire des moustaches ! »

Il découvre la magie du monde du spectacle en assistant à une représentation du Cirque Fratellini. La messe dominicale l'attire tout autant : les cantiques, les cloches et le rituel l’impressionnent. Il s’en souviendra plus tard et n’hésitera pas à inclure des messes dans ses films, La Belle Américaine (1961), Le Petit Baigneur (1967) ou bien Vos gueules les mouettes (1974). Avec quelques copains, il forme « la bande à Bicot », en référence au héros des albums dessinés de l’époque.

Il a 15 ans lorsque son père l’envoie passer une année en Angleterre. Pensionnaire chez Mrs. et Mr. Watson, un directeur d’école qui lui impose plusieurs fois par semaine des séances de cinéma dans la langue de Shakespeare, le jeune Robert apprend l'anglais en se divertissant avec Buster KeatonLaurel et HardyCharlot et en se cultivant avec Laurence Olivier. De retour en France, il lui faut envisager son avenir. C’est décidé, il sera Chaplin ou Olivier. « Il faut que tu apprennes le métier », lui répond lucidement son père.

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

À Paris, au Conservatoire Maubel, Robert apprend les rudiments du métier avec Georges Dorival, sociétaire de la Comédie-Française. Un jour de 1938, un certain René Simon, en visite, lui dit : « Viens donc me voir… Tu zozotes… Si je te fais jouer Britannicus, tu seras ridicule et tu amuseras tous les élèves ! ». Robert jouera Britannicus au Cours Simon, devant une classe écroulée de rire : « Mon vieux rêve, devenir clown, avait des chances de devenir réalité ».

René Simon va révéler le comédien Robert Dhéry : « J’t’aime bien toi ! Tu es un paysan élégant ! ». Pierrot lunaire, clown, il est là pour donner la réplique à bon nombre de ses camarades. À cette époque, il fait la connaissance d’une charmante danseuse, Colette Brosset, un petit phénomène rigolo : « On est fait pour s’entendre » se plaît à dire Robert. Mais l’idylle n’est pas pour tout de suite…

En 1939, il a 18 ans, et envie de tout connaître. Peut-être veut-il échapper à la terrible actualité. Lors d’une nouvelle audition chez Simon, les directeurs du théâtre des MathurinsJean Marchat et Marcel Herrand, le remarquent et « se l’adoptent ». Il est leur pensionnaire pendant deux ans, pour de petits rôles, certes, mais qui lui permettent de préparer l’entrée au Conservatoire. Chez eux, il fait la connaissance de Jean Carmet. Jeune premier comique, il a souvent comme partenaire une débutante « aussi vive qu’une souris »Odette Joyeux.

Robert apprend beaucoup d’un autre maître, Raymond Rouleau. Engagé au théâtre Hébertot, il joue un rôle délicat dans une pièce difficile, Mon royaume est sur la terre. Plus question de faire le pitre ! Alors pour se défouler, il invente des farces dans les coulisses avec Renaud Mary, son copain du Cours Simon. Il ne perd pas pour autant Colette de vue et commence enfin à lui faire la cour. Prétendant timide, il lui fait des confidences, lui parle de l’ambiance du théâtre ; la gentille petite blonde se laissera petit à petit apprivoiser.

Un bonheur ne venant pas seul, Robert est reçu à l’entrée au Conservatoire (1942), classe de Béatrix Dussane : « Je n’étais pas dupe, j’étais une utilité ». Parmi ses camarades, il compte Daniel Gélin et Daniel Ivernel, mais aussi Jacques-Henri DuvalHéléna BossisSophie DesmaretsMaria CasarèsJacques Charon : « On s’entendait bien, Jacques et moi. Il me faisait la morale quand je manquais de sérieux… ! Je voyais aussi beaucoup Serge Reggiani et François Périer ». Lorsque Colette, à l'issue de sa première année d'études avec Louis Jouvet, rejoint le petit groupe, Béatrix Dussane prédit : « Robert et Colette, ça marchera ! »

Carrière[modifier | modifier le code]

Robert Dhéry sort du Conservatoire d'art dramatique gratifié d'un deuxième accessit. Durant ce temps, il aura été initié à la musique par Gérard Calvi du Conservatoire de musique voisin. Il lui confie un jour son projet d’un numéro de trois clowns, avec Jacques Emmanuel et Christian Duvaleix. Le maquillage et le nom du trio, « Les trois Socketts », empêchent de le reconnaître. Calvi compose une musique et l’affiche est dessinée par un certain Pierre Sabbagh. Au petit Casino et à l’Étoile, le spectacle fonctionne bien. Le trio se produit également dans des cirques. Un copain, Francis Blanche, les présente à Charles Trenet qui leur ouvre la première partie de son spectacle à l’ABC.

André Barsacq engage Robert pour la pièce d'Alfred AdamSylvie et le Fantôme. Il y campe un fantôme, tout comme Raymond Segard, Christian Duvaleix et Alfred Adam. De son côté, Colette joue au théâtre Marigny. Dès la fin du spectacle, fou d'amour, Robert enfourche son vélo pour la retrouver.

Les temps sont durs ; les généreux parents de Colette accueillent toute cette jeunesse sympathique. « Chez Bouboute » (le père) devient le quartier général des Périer, Gélin, Blier, Charon, Reggiani et bien d’autres… À cette époque, Robert Dhéry décroche quelques petits rôles au cinéma qui lui permettent de gagner un peu d'argent : Remorques (1941) de Jean Grémillon et Monsieur des Lourdines (1943) où il retrouve Raymond Rouleau.

Robert et Colette se marient le 18 novembre 1943. Toute la classe du Conservatoire est présente. Le marié est en retard à cause d’une farce montée par Pierre Brasseur et Marcel Carné. Mais peut-on s'irriter d'une farce quand on a vocation de clown ? Gérard Calvi au piano, Françoise Dorin, demoiselle d’honneur, au bras de Cricri Duvaleix, Jacques Emmanuel choisissant Maria Casarès comme cavalière … Pas de doutes, ce fut un beau mariage ! Un mariage qui durera toute leur vie. Car, dès lors, leur histoire est commune…

La carrière cinématographique de Robert Dhéry évolue de façon importante à partir de 1944. On le voit dans des films tels que Service de nuit (1944) ou encore Les Enfants du paradis (1945), avant de camper Filochard dans Les Aventures des Pieds-Nickelés (1948).

Habitué à incarner des personnages lunaires et poétiques, il fonde au lendemain de la guerre, avec son épouse Colette Brosset, la troupe comique des Branquignols, dont l'humour est notamment basé sur le "non-sens". Le succès est au rendez-vous : les Branquignols jouent pour la première fois le 20 avril 1948, jour de naissance de la fille de Robert Dhéry et Colette Brosset. Le succès est au rendez-vous la pièce sera jouée plus de 1100 fois. La pièce Branquignol est adaptée au cinéma par Dhéry en 1949, premier triomphe au cinéma, bientôt suivie de Bertrand cœur de lion (1950), Du-Gu-Du ou encore en 1954 Ah ! les Belles Bacchantes également un succès joué 883 fois au théâtre, puis La Plume de ma tante, qui triomphe à Paris mais aussi à Londres où la Reine Elizabeth en personne va l'applaudir au théâtre Garrick. La Plume de ma tante est couronnée à New York du titre de Meilleure comédie musicale de l'année et remporte un Tony Award (1958-59), tout en restant quatre ans à l'affiche. Il continue le cinéma avec l'adaptions de la pièce Ah ! les Belles Bacchantes (1954) par Jean Loubignac. Il réalise La Belle Américaine (1961) qui attire plus de 3 millions de spectateurs au cinéma. En 1962, il écrit la pièce La Grosse Valse ayant pour acteur principal Louis de Funès, ancien membre des Branquignols.

À partir des années soixante, il se fait plus rare sur les écrans mais amuse toujours autant le grand public. Dans Allez France ! (1964), il est condamné par la faute d'un dentiste à ne pouvoir ouvrir la bouche, tandis que Le Petit Baigneur (1968) lui permet de donner la réplique à l'un de ses fidèles complices, Louis De Funès. En 1974, Robert Dhéry retrouve le plus gros de la troupe (Jacques Legras, Jacques Marin, Pierre Tornade…) pour les besoins d'une dernière comédie intitulée Vos gueules, les mouettes ! qui est sa dernière réalisation. Très pris par ses activités théâtrales (Le Petit Fils du Cheik en 1977 au théâtre des Bouffes-Parisiens, Le Chapeau de mon oncle en 1991 au théâtre de la Carouge).

Robert Dhéry s'illustre également à l'Opéra-comique en mettant en scène Le Comte Ory (1976), Vive Offenbach (1979), Robinson Crusoë (1986) et La Grande-duchesse de Gerolstein. Durant sa carrière et jusqu'au années 1980, il mit un grand nombre de pièce en scène.

Les deux dernières apparitions de Robert Dhéry pour le 7e art le montrent dans des rôles émouvants et graves : Malevil (1980) de Christian De Chalonge et La Passion Béatrice (1987) de Bertrand Tavernier.

Par ailleurs, Robert Dhéry est l’auteur de deux livres fort réussis, Ma vie de Branquignol (1978) et Maleuil (1981).

Une maladie du cœur le contraint à interrompre son activité de metteur en scène et de comédien. Souffrant de problèmes cardiaques, Robert Dhéry meurt le 3 décembre 2004. Sa dépouille repose à Héry, son petit village de l’Yonne où, trois ans plus tard, l’a rejoint sa chère Colette. Ils auront vécu plus de soixante ans, cœur contre cœur, formant un couple indestructible. Leur fille Catherine, médecin, leur aura donné la joie d’être grands-parents de Mathieu qui, à son tour les aura faits arrière-grands-parents. Il repose au cimetière d'Héry dans l'Yonne[1] avec Colette Brosset.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Metteur en scène

Radio[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Filmographie complète[modifier | modifier le code]

Box office[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Ma vie de Branquignol (Calmann-Levy, 1978)
  • Maleuil (1981)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi, , 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 273.

Liens externes[modifier | modifier le code]