Yéyé

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Yéyé
Origines stylistiques R&B, rock and roll, beat music, chanson, jazz, girl group
Origines culturelles Fin des années 1950 ; France, Italie, Espagne
Instruments typiques Basse, batterie, chant, clavier, guitare électrique
Popularité France, Espagne, Québec et Japon. En particulier auprès des adolescents et pré-adolescents depuis les années 1960

Genres dérivés

Indie pop, Shibuya-kei

Le yéyé est un style de musique pop ayant émergé en France, en Italie et en Espagne au début des années 1960. L'expression est usitée en France et au Québec et visait à désigner une musique ou une chanson adaptée d'un succès anglo-saxon, alors très prisée par la jeunesse. Elle désignait aussi bien le public amateur de ses airs que leurs interprètes (les yéyés), la connotation était le plus souvent péjorative et railleuse.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'interjection yéyé est, au départ, la transcription française du yeah, une déformation de yes, qui ponctue les chansons de rock et de twist américaines. Les paroliers préfèrent « yé » à une traduction plus littérale en « ouais ». De là, « yéyé » désigne le courant musical[1]. Cette formule musicale est une invention marketing qui promeut des interprètes non compositeurs au détriment de la chanson dite « rive gauche » dont certains chanteurs comme Georges Brassens, Jacques Brel, Serge Gainsbourg ou Mouloudji font figure de résistance[2].

Le 22 juin 1963, entre 150 000 et 200 000 jeunes se retrouvent place de la Nation à Paris, pour fêter le premier anniversaire du magazine Salut les copains. À l'exception de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, aucune idole ne va pouvoir atteindre le podium. Il y a trop de monde et la sécurité n'est pas garantie. Quelques jours plus tard, dans une chronique publiée dans le journal Le Monde, le sociologue Edgar Morin baptise ces jeunes les yéyé[3]. Par extension yéyé désigne donc aussi un phénomène de mode des années 1960, caractérisé par les pantalons serrés et les blazers cintrés. Les artistes de la pop française de la fin des années 1960, venant principalement du rock, rompent avec les chansons yéyés.

Postérité[modifier | modifier le code]

En novembre 2013, revenant sur sa carrière, Françoise Hardy déclare : « Je n'ai pas honte du tout d'avoir appartenu à ce mouvement. Au moins, ces chanteurs qualifiés de yéyé avaient le sens de la mélodie. Ce qui se perd de nos jours »[4].

Artistes représentatifs[modifier | modifier le code]

Les artistes et groupes représentatifs du courant yéyé incluent : Annie Philippe, Antoine, Chantal Goya, Chantal Kelly, Christophe, Christie Laume, C. Jérôme, Claire Lepage, Claude François, César et les Romains, Dalida, Dani, Daniele Danae, Danny Boy et ses Pénitents, Danyel Gérard, Dick Rivers, Mike Shannon, Les Chats Sauvages, Donald Lautrec, Eddy Mitchell, Les Chaussettes Noires, France Gall, Frank Alamo, Françoise Hardy, Frankie Jordan, Gillian Hills, Guy Mardel, Hugues Aufray, Hervé Vilard, Jacques Dutronc, Jacqueline Taïeb, Jean-Jacques Debout, Jenny Rock, Jocelyne, Joël Denis, Johnny Farago, Richard Anthony, Johnny Hallyday, L'Albatros, Les Aristocrates (groupe québécois), Les Gam's, Les Mersey's, Les Parisiennes, Les Sultans, Les Surfs, Liz Brady, Lucky Blondo, Michel Berger, Michèle Richard, Michèle Torr, Monty, Nino Ferrer, Pascal Krug (Le Petit Prince) , Patricia Carli, Petula Clark, Pierre Lalonde, Ria Bartok, Richard Anthony, Ronnie Bird, Salvatore Adamo, Sheila, Sylvie Vartan, Sheila, Tony Roman, Zouzou...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Gary Stewart, Rumba on the River. A History of the Popular Music of the Two Congos, Verso,‎ 2003, p. 154.
  2. Gilles Schlesser, Mouloudji, Archipel,‎ 2009, p. 157.
  3. http://www.lesinfluences.fr/Il-a-ete-le-premier-des-yeyes.html
  4. Françoise Hardy, interviewée par Oivier Nuc, « François et ses copains d'avant », in Le Figaro, encart « Culture », samedi 16 / dimanche 17 novembre 2013, page 28.

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