Paul Carbone

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Paul Carbone (haut) et François Spirito

Paul Carbone (Paul Bonnaventure Carbone), né le 1er février 1894 à Propriano, en Corse et mort le 16 décembre 1943 est une figure du milieu marseillais des années 1920 à 1940 avec son associé François Spirito.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Carbone et François Spirito se sont rencontrés en Égypte et y ont monté un mini-empire basé sur la prostitution. À Marseille, Paul Carbone a été l'homme fort de la ville pendant 20 ans, étant lié à des politiques, possédant de nombreuses maisons closes, rackettant à tour de bras sur toute la côte, et faisant de la contrebande entre l'Italie et la France, à l'époque où la France a décidé d'un embargo sur les produits italiens, pour sanctionner l'État fasciste après l'invasion de l'Éthiopie. Il passe, notamment, en contrebande le fromage Parmigiano Reggiano en France.

À Paris, le caïd marseillais est tout aussi connu, possédant de nombreux intérêts dans plusieurs établissements, Joseph Marini parait être leur correspondant. Carbone et Spirito ont aussi été les premiers Français à importer de l'opium en France pour le transformer en héroïne et l'envoyer aux États-Unis. Ce seront les bases de la French Connection.

Dans l'entre-deux-guerres, Carbone et Spirito font alliance avec Simon Sabiani, ancien communiste devenu premier adjoint au maire de Marseille, proche des fascistes et originaire de Corse. Après le 6 février 1934, les hommes de Carbone sont lancés contre les dockers en grève.

En avril 1934, ils sont mêlés à l'affaire Prince, du nom de ce conseiller à la cour d'appel chargé de dossiers sur l'affaire Stavisky, dépouillé des documents dont il dispose et assassiné. Les deux hommes produisent des alibis solides et sont remis en liberté à la fin du mois. L'accueil triomphal que les partisans de Sabiani réservent à Carbone, lors de son retour à Marseille, fait sensation.

Carbone touchait à tout : en 1938, enchanté de découvrir la chasse sous-marine alors encore embryonnaire, il s'érige en « protecteur » des premiers chasseurs sous-marins de Provence en intimidant les pêcheurs professionnels qui, craignant cette nouvelle concurrence, tentaient d'interdire l'accès de leurs coins aux chasseurs[1].

Pendant la guerre, pour pouvoir continuer leurs « affaires », les deux hommes se rangent du côté du pouvoir et aident la Gestapo pendant l'occupation de la « zone libre » (nov 1942/août 1944).

Mort[modifier | modifier le code]

Paul Carbone meurt le 16 décembre 1943 dans un sabotage de la Résistance qui, visant les soldats allemands en permission, fait dérailler le train à bord duquel il voyageait. Selon sa légende, Paul Carbone, les jambes sectionnées, aurait alors dit aux secouristes : « Moi, c'est foutu, occupez-vous de ceux qui peuvent être sauvés ». Il agonise pendant des heures avant de mourir d'exsanguination, une cigarette à la bouche, en disant : « C'est la vie... »

À la Libération, son associé François Spirito s'enfuit en Espagne puis en Amérique du Sud où il se livre au trafic d'héroïne jusqu'aux années 1960, se plaçant en tête des trafiquants internationaux.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Bibliographie et documentaire[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Pierrat, Une histoire du milieu, 2003
  • Roger Peyrefitte, Manouche, 1972. Carbone y est l'amant de Manouche.
  • Thierry Aguila, Carbone & Spirito, production et Diffusion : Comic Strip production, France 3, 26 minutes, 2007, HDV

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Yves Cousteau, Frédéric Dumas, Le Monde du Silence, Éditions de Paris, 1953, chapitre I Les hommes-poissons.