Tharoiseau

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Tharoiseau
Tharoiseau
Le village au flanc de sa colline
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Intercommunalité Communauté de communes Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Jean-Michel Beauger
2020-2026
Code postal 89450
Code commune 89409
Démographie
Population
municipale
61 hab. (2018 en diminution de 4,69 % par rapport à 2013)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 27′ 48″ nord, 3° 48′ 20″ est
Altitude Min. 205 m
Max. 344 m
Superficie 3,43 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Avallon
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Joux-la-Ville
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Tharoiseau
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Tharoiseau

Tharoiseau est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village est allongé sur le flanc ouest d'une colline (altitude 343 m) surplombant la vallée de la Cure sur sa rive droite. Il est traversé par un sentier de grande randonnée qui est aussi un itinéraire du chemin de Compostelle. La commune se diversifie en paysages de vignes, d'agriculture et de bocage et fait partie du parc naturel régional du Morvan.

Vue d'ensemble du village depuis la colline de Fontette

Les sols argilo-calcaires du Jurassique permettent la production de vins de Bourgogne (raisin Chardonnay)[1]. Tharoiseau fait partie des quatre communes de l'appellation vézelay[2].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Domecy-sur-le-Vault Rose des vents
Saint-Père N Island
O    Tharoiseau    E
S
Menades

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Tharoiseau est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avallon, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 74 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[6],[7].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (94,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (44 %), prairies (33,3 %), zones agricoles hétérogènes (17,5 %), forêts (5,1 %)[8].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans Les Annales Bénédictines, il est écrit que village fût donné à l'église de Notre-Dame d'Avallon en l'année 867. Avant cette date, le village appartenait à Girard de Roussillon, grand propriétaire terrien, qui l'avait acquit dans la décennie 820 avec l'ensemble du domaine de Vézelay[10].

En 1357, l'église d'Avallon, toujours propriétaire du village, affranchit les habitants de Tharoiseau, qui acquirent alors les droits et devoirs de tous citoyens libres. Cependant, les habitants restèrent sous la tutelle du Chapitre d'Avallon[11].

À la fin du XIVe siècle, pendant la Guerre de Cent Ans, les Anglais pillèrent et incendièrent le village, le laissant détruit et inhabité[11].

La ville fût fortifiée au XVIe siècle afin de se défendre contre les attaques incessantes de brigands. La construction de cette enceinte, dont il reste les ruines sur les hauteurs du village, fût autorisée par une missive écrite de François Ier[11].

Durant ces siècles suivant l'affranchissement de la population, la possession seigneuriale des terres de Tharoiseau passa entre les mains de plusieurs familles, le plus souvent à travers des ventes ou des échanges de terres. En 1767, les fiefs de Tharoiseau et de Menades furent vendus à la famille d'Estutt d'Assay, famille noble d'origine écossaise établie en France sous le règne de Charles VII au XVe siècle. La chapelle du cimetière de Tharoiseau, sépulture de la famille, porte leur blason[11].

L'église actuelle du village fût construite sur les vestiges d’ancienne église en 1851, selon les plans de l'architecte Baudouin[11].

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Jean-Michel Beauger   Gérant société
mars 2008 mars 2014 Alain Moiron   Professeur - Retraité

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[13].

En 2018, la commune comptait 61 habitants[Note 3], en diminution de 4,69 % par rapport à 2013 (Yonne : −1,17 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
354351403397431413410413422
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
381347332309315300273263254
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
24319217915213212111610089
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
969082687876806763
2018 - - - - - - - -
61--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • chapelle seigneuriale et sépulcrale de la famille écossaise Stutt arrivée en France durant la guerre de Cent Ans (XVe siècle) et établie sous le patronyme d'Estutt d'Assay[16]. La chapelle comporte deux étages, la porte inférieure termine une allée qui coupe le cimetière pour rejoindre la rue à l'ouest et donne accès au tombeau, l'autre plus haute donne sur le cimetière au sud et accède à la partie chapelle proprement dite. Les tympans de ces deux portes offrent de belles sculptures représentant respectivement le blason de la seigneurie et Saint-Michel qui terrasse un dragon.
  • fontaine du XVIIe siècle sur la place de l'église, qui alimente des abreuvoirs et le bassin du lavoir accolé, celui-ci est couvert sur deux côtés par des toits à simple pente.
  • église de l'Immaculée-Conception du XIXe siècle, bâtie dans un style gothique à l'emplacement d'une chapelle du XIIe siècle. Sur la façade, le tympan présente une vierge couronnée debout entre deux anges agenouillés. Tharoiseau est devenu paroisse au XVIIe siècle , avant cette date les habitants devaient se rendre à la messe au village de Saint-Père distant de quatre kilomètres[17]. Le "chemin de la Messe" est aujourd'hui emprunté par le sentier de grande randonnée.
  • Château rebâti au XIXe siècle dont la grande façade tournée vers l'ouest s'ouvre largement sur la vallée de la Cure, Tharoiseau étant situé en hauteur à flanc de colline. À l'est, le corps de logis à trois tourelles jouxte la rue principale du village et l'église. Il a appartenu jusqu'à la Révolution à la famille d'Estutt d'Assay; aujourd'hui privé, il ne se visite pas. Les jardins sont inscrits à l'Inventaire général du patrimoine culturel (fiche IA89000446 de la base Mérimée).
  • carrière de pierre exploitée depuis le XIIe siècle mais abandonnée aujourd'hui, elle a permis la construction de la commanderie du Saulce-d'Island toute proche, et elle a fait la réputation du village en fournissant les pierres foncées des arcs de la basilique de Vézelay[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Vignoble[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé A. Pissier, curé de Saint-Père, Recherches sur l'histoire de Tharoiseau (seigneurie, paroisse, village), Avallon : Imprimerie & lithographie de Paul Grand, 1910, 117 p. [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vins sur le site du Figaro
  2. «Bourgognes» site des Vins de Bourgogne
  3. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Avallon », sur insee.fr (consulté le ).
  7. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  8. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  9. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  10. Bernard Pujo, Histoire de Vézelay : des origines à l'an 2000, Perrin, (ISBN 2-262-01442-6 et 978-2-262-01442-1, OCLC 43653699, lire en ligne)
  11. a b c d et e Pissier, A. (Abbé), Recherches sur l'histoire de Tharoiseau (seigneurie, paroisse, village), Impr. de P. Grand (Avallon), (OCLC 829587689, lire en ligne)
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  16. Site du Parc Naturel Régional du Morvan, page Tharoiseau
  17. Site du Parc Naturel Régional du Morvan, page Tharoiseau
  18. Site du Parc Naturel Régional du Morvan, pages Tharoiseau et Island