Thil-sur-Arroux

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Thil-sur-Arroux
Thil-sur-Arroux
L'église.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Saône-et-Loire
Arrondissement Autun
Intercommunalité Communauté de communes du Grand Autunois Morvan
Maire
Mandat
Jean-Yves Jeannin
2020-2026
Code postal 71190
Code commune 71537
Démographie
Gentilé Thillois
Population
municipale
131 hab. (2018 en diminution de 12,67 % par rapport à 2013)
Densité 9,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 48′ 07″ nord, 4° 05′ 45″ est
Altitude Min. 261 m
Max. 472 m
Superficie 13,44 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton d'Autun-2
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Thil-sur-Arroux

Thil-sur-Arroux est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté.

La commune fait partie du parc naturel régional du Morvan.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé à 239 m d’altitude, dans une vallée que dominent, au Couchant les montagnes de Dône et au Levant, celle du Couturier, le village est baigné à l'est, par l'Arroux, un affluent de la rive droite de la Loire. Territoire faisant partie de la Bourgogne et du Nivernais. De grandes pierres, dressées dans la cour du château de Chevigny, formaient les limites des deux provinces. Il était longé par une ancienne voie romaine à l'ouest.

Hameaux[modifier | modifier le code]

  • Les Places
  • Le Mas
  • Souves
  • Le Moulin condamné
  • Démétry
  • Chevigny, au sud, avec son ancien château, cette terre était tenue en toute justice de l'abbaye Saint-Martin d'Autun, en 1190, par Simon de Semur, baron de Luzy, qui reconnut, la même année que tout ce qu'il possédait à Thil et dans son territoire relevait de l'abbaye.

Henri de Brancion, seigneur ruiné par les croisades, engagea la terre de Chevigny, pour 440 livres viennoises, à l'abbé de Saint-Martin d'Autun, en 1249. Il fit ratifier cette cession par Renaud et Elisabeth de Semur[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Thil-sur-Arroux est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (90 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (75,6 %), zones agricoles hétérogènes (14,5 %), forêts (9,4 %), zones urbanisées (0,6 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Tilium ou Tilum et Tilio sont les toponymes nommant le village s'appelant aujourd'hui Thil-sur-Arroux. Ces origines viendraient du nom d'un prieuré par l'abbaye Saint-Martin d'Autun à qui la terre, seigneurie en toute justice, avait été donnée en 885 par une charte de Charles-le-Chauve, qui sera confirmée en 924, par le roi Raoul, puis par une bulle du pape Alexandre III, réfugié en France, datée d'avril 1164[9].

Au sommet de Dône, sur la crête la plus élevée, se trouvait à l'époque gallo-romaine, un camp retranché, connu aujourd'hui sous le nom de Châtelet. Il occupait, un vaste plateau oblong, escarpé de tous côtés. L'extrémité occidentale était hérissée d'un fort et séparée du reste du plateau par une solide muraille. Une grande levée, de cent mètres de long, où se remarquait encore à la fin du XIXe siècle, l'emplacement de la porte. C'était tout ce qu'il en subsistait. Les autres faces étaient protégées par les à pics de la montagne et un amas de rocs, au milieu desquels il y aurait été reconnu un dolmen selon l'abbé Baudiau.

Cette paroisse est l'une des plus anciennes du Morvan, elle dépendait de l'archiprêtré de Luzy et elle a été longtemps réunie à celle de Saint-Didier-sur-Arroux. Le patronage de la cure, appartenait à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, et son prieuré fut un des plus riches établissement dépendant de cette abbaye. Le titulaire, devait lors de sa prise de possession, devait à l'abbé, une chape bonne et suffisante, estimée 150 livres et payable en argent. Guillaume, prieur de Thil, s'obligea en 1236, à solder vingt livres pour sa part de la clôture de l'abbaye de St Martin d'Autun. Un siècle plus tard, Pierre, prieur s'engagea à donner annuellement, pendant quatre années, quinze livres pour l'acquit de ses dettes. Robert Guillemer assista en 1462, au chapitre ou l'évêque Jean V Rollin, fut élu abbé de St Martin d'Autun.

En, 1463, le cardinal Rolin, obtint du pape Pie II, une bulle qui réunissait, le prieuré à la manse des moines de l'abbaye. C'est l'abbé séculier de Cervon, Guillaume Macé, qui fut désigné par le Saint Père, pour opérer cette annexion, il obtint le la démission du titulaire Robert Guillemer, et déclara le prieuré uni, pour toujours à la manse conventuelle.

Le , Claude de Voilles, sacristain du monastère, délégué pour en prendre possession, au nom des moines se rendit à Thil sur-Arroux, où il requit le curé, Jacques Robert, en vertu des lettres qu'il lui présenta, de le mettre en possession de l'église, du prieuré et de toutes ses dépendances. Le prêtre, ayant pris connaissance des pièces, l'investit en effet, du tout en l'introduisant par la grande porte de l'église prieurale et en lui présentant les cordes des cloches, qu'il sonna, en présence de plusieurs témoins. Il le conduisit au prieuré, dont il le mis en possession. « Præfatus Jacobus Roberti, curatus de dicto Thilio, visis prius dictis litteris, tam apostolicis, quàm Guillelmi Macé abbatis cerviduni, judicis et commissarii,easdem cum reverentia debita executus est diligiter præfatumque Claudium de Voilles, procuratorem...,in et ad possessionem corporalem, actualem et realem dicti prioratus de Thilio et pertinenciarum universarum ejusdem per intronisationem majoris portæ ecclesiæ prioratus et traditionem cordarum campenarum ejusdem, et pulsationem alterius earumdem per factum eorum...induxit et investit et deinde...ipsum procuratorem in possessionem corporalem...domus dicti prioratus de Thilio, jurium, fructuum, emolumentorum... per intronisationem portæ dicti prioratus similiter posuit, induxit atque investivit... »

Un acte authentique fut dressé par Jean Guéront, prêtre du diocèse d'Auxerre et notaire apostolique, en présence de Guillaume et Vincent Cheminot, de Vincent Monmenault, de Jean Reby et autres. On avertit, les personnes présentes que dès lors, tous les revenus du prieuré appartenaient à l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, à laquelle ils devaient être payés aux époques et lieux convenables.

En 1469, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire étant en guerre contre Louis XI, il ordonna le , aux habitants de la paroisse et autres retrayants, de faire nuit et jour, guet et bonne garde: « au chastel, esglise et place forte de Thil, de s'y retraire et faire les réparations pendant le temps de guerre et d'imminet péril ». Maître Delavaux, sergent du duc de Bourgogne, se rendit à Thil et à l'issue de la messe déclara les ordres de son seigneur. Les paroissiens refusèrent d'exécuter l'ordonnance, les religieux ayant démontré que de toute ancienneté, il y avait eu en ce lieu : « Un bon chastel et place forte, fort defensable et tenable envers ennemis, large et spacieuse pour retraire les corps et biens ». Ils furent contraints d'obéir[10].

La Révolution

La terre de Thil fut vendue, comme bien national à la suppression des ordres religieux.

Église ancienne[modifier | modifier le code]

Dédiée à saint Martin, elle était bâtie au milieu d'une enceinte fortifiée, où les sujets du Prieuré avaient droit de se retirer, avec leur butin en temps de guerre et d'imminent péril. En conséquence ils étaient tenus d'y faire guet et garde et d'entretenir à leur frais, les fortifications en bon état. L'église servait de paroisse aussi bien que d'église prieurale.

Elle était formée d'un chœur en abside, d'un transept, au-dessus duquel s'élevait une grosse tour romane, avec des baies géminées, garnies de colonnettes, et d'une nef cintrée en bois. L'intérieur du sanctuaire étaient ornés de colonnes cannelées et arquées. Les quatre arcades qui supportaient la coupole, avaient leurs retombées sur des colonnes engagées, avec chapiteaux historiés. On y remarquait les emblèmes des évangélistes, l'ange, le bœuf, le lion, l'aigle. Le portail s'ouvrait sous une riche voussure, appuyée sur des colonnes, surmontées de chapiteaux élégamment sculptés, où l'on voyait des figures de moines. En 1846, il en restait encore d'imposantes ruines qui furent alors démolies. L'abbé Baudiau nous précise encore que les matériaux de démolition furent pour partie utilisés à la reconstruction de l'église Saint-Didier et que l'autre fut vendue pour subvenir aux dépenses de l'entreprise. Qu'une nouvelle église fut rebâtie, mais qui n'a pas la magnificence de l'ancienne[11].

À la fin des années 1990, une série de huit chapiteaux sculptés romans remployés dans l'église de Saint-Maurice-lès-Couches furent identifiés comme provenant de l'église détruite de Thil-sur-Arroux, grâce à quelques croquis pris au moment de la démolition. Ils transitèrent probablement par l'archéologue Jean-Gabriel Bulliot, qui les offrit au moment de la construction en style néo-roman de l'église de Saint-Maurice. L'analyse de ces chapiteaux et leur comparaison à des exemples similaires bien datés permet de situer leur sculpture dans les années 1120.[12]

Église moderne[modifier | modifier le code]

Église reconstruite aux alentours de 1850, la paroisse étant maintenant sous le vocable de Sainte-Jeanne-de-Chantal. À l'intérieur on peut y admirer deux sculptures du XIXe siècle et du XXe siècle.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 En cours Jean-Yves Jeannin[13]    
Les données manquantes sont à compléter.

Curés[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants s'appellent les Thillois[15].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[17].

En 2018, la commune comptait 131 habitants[Note 2], en diminution de 12,67 % par rapport à 2013 (Saône-et-Loire : −0,73 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
392347397439451491439480438
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
448421430439488497494487452
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
452494463374364355312279266
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
230212180173142142144144148
2017 2018 - - - - - - -
133131-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Moulin condamné[20].
  • Le Château de Thil-sur-Arroux, bâti en 1880 recèle une statue représentant une Vierge à l'Enfant date du XIVe siècle et associée à une fontaine, faisant l'objet d'un culte[20].
  • Le Châtelet de Thil-sur-Arroux, camp retranché gallo-romain.
  • Château de Souve.

Dans le hameau de Chevigny :

  • le lieu-dit Le trou du maréchal ;
  • le Château de Chevigny.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Fait divers[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Jacques Fraçois Baudiau, Le Morvand, 3e Edt Guénégaud, Paris, 1965, t.II, p. 397.
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun: Chartes N°:VI; X, XVIII.
  10. Cartulaire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Charte N°157.
  11. Abbé Jacques-François Baudiau, Le Morvand, 3e Ed Guénégaud, Paris, 1965, t.II, p. 396.
  12. Jean Reiche, « Les chapiteaux de Thil-sur-Arroux retrouvés. », Bulletin Monumental, vol. 158, no 2,‎ , p. 109-117 (lire en ligne).
  13. http://www.communes.com/bourgogne/saone-et-loire/thil-sur-arroux_71190/
  14. Jacques-François Baudiau: op.cit. p.396.
  15. http://www.lion1906.com/departements/saone-et-loire/thil-sur-arroux.php
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  20. a et b http://www.cc-beuvray-val-darroux.fr
  21. Le Parisien, « Saône-et-Loire: une trentaine de personnes intoxiquées », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).