Provency

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Provency
Provency
Vue du bourg et de l'église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Avallon
Canton Avallon
Intercommunalité CC Avallon - Vézelay - Morvan
Maire
Mandat
Jean-Claude Landrier
2014-2020
Code postal 89200
Code commune 89316
Démographie
Population
municipale
230 hab. (2015 en augmentation de 5,99 % par rapport à 2010)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 32′ 50″ nord, 3° 57′ 23″ est
Altitude Min. 229 m
Max. 329 m
Superficie 11,88 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Provency

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Provency
Vue depuis Tour de Pré

Provency est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Provency est un village du sud de l'Yonne, entre Avallon (7 km) et l'Isle-sur-Serein (7 km).

Le paysage de Provency est celui des plateaux calcaires bourguignons, aux reliefs vallonnés, couverts de prés, de champs et de bois.

Le bourg de Provency (alt. 280 m) est situé au bord du petit cours d'eau qui, prenant sa source près d'Athie, va se jeter dans la Cure près de Voutenay (le Ru du Vau de Bouche).

Article détaillé : Géographie de l'Yonne.
Article détaillé : Climat de l'Yonne.

Lieux-dits, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

Trois hameaux sont rattachés à la commune :

  • Genouilly à 0,8 km du bourg.
  • Marcilly à 1,7 km du bourg.
  • Tour de Pré à 1,5 km du bourg.

Voies de communication[modifier | modifier le code]

Provency est situé sur la D86 qui relie Avallon et l'Isle-sur-Serein. Elle est également traversée par la route départementale 9 qui conduit à Athie et à Lucy-le-Bois.

L'A6, ou autoroute du soleil, passe sur le territoire de la commune. Mais la sortie la plus proche est la no 22 - Avallon, à 11 km de Provency.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Le village de Provency est cité au XIIe siècle sous le nom de "Provence" ou "Proency"[1].

Son nom viendrait d'une cité ancienne disparue : Anciacum ou Ancy, qui était située entre Athie et Sainte-Colombe (des débris de poterie romaine y furent trouvés). Les étymologies de Provency (Prope Anciacum) et de Pancy (Pone Anciacum) - un hameau d'Angely - indiqueraient la situation respective des deux villages par rapport à la ville d'Ancy[2].

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Extrait de la Carte de Cassini (Carte 47 Auxerre publiée en 1758)

Buret de Prey, seigneur de Marcilly, de La Tour-de-Prey et de Thory, fonda en 1239 à Marcilly l'abbaye de femmes de Notre-Dame-de-Bon-Repos, de l'ordre de Cîteaux où les paroisses voisines venaient en pèlerinage en temps de calamité climatique et où se firent inhumer un grand nombre de représentants de la noblesse locale.

En 1258, Provency dépendait de l'abbaye de Reigny, puis en 1305 du Chapitre de Montréal[3].

Provency et ses hameaux formaient plusieurs seigneuries relevant les unes (Provency et Genouilly) de Montréal rattaché au duché de Bourgogne, les autres (Marcilly et la Tour-de-Prey) de Noyers, qui dépendait du comté de Champagne. De cette situation frontalière découla une histoire souvent mouvementée, tout particulièrement lors de la Guerre de Cent Ans.

La terre de Provency appartint successivement aux Damoiseau, aux Sainte-Maure ; Genouilly était aux Pampelune.

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

Durant les Guerres de Religion, la région fut le théâtre d'affrontements entre les catholiques et les protestants puis, après le sacre d'Henri IV, entre les troupes royales et les ligueurs. Au printemps 1593, le duc de Guise envahit l'Auxerrois et l'Avallonnais : les troupes de la Ligue s'emparent de nombre de places fortes. Mais rapidement, les troupes fidèles à Henri IV reprennent l'initiative. Conduites par le duc de Nevers et le marquis de Ragny, avec le soutien de l'artillerie de Montréal, elles délogent le capitaine Sardin, qui occupait la forteresse de Tour de Pré avec une bonne garnison[2].

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

C'est en 1832 que l'industrie du ciment romain fait son apparition dans la région : les frères Gariel installent une usine à Vassy, hameau d'Etaules. Rapidement, la demande augmente et d'autres usines dressent leurs hautes cheminées dans les villages alentour. En 1875, M. Bougault installe une cimenterie à Genouilly. En 1885, Adrien Dumarcet, successeur des frères Gariel, ferme l'usine de Vassy et installe également son entreprise à Genouilly[4].

En 1877, le P.L.M. arrête le tracé définitif de la ligne de chemin de fer d'Avallon à Nuits. En novembre 1888, le tronçon entre l'Isle-sur-Serein et Angely est inauguré. En 1906, une gare avec un hangar et un quai de chargement est construite à proximité des cimenteries de Genouilly[5].

Vers la fin du XIXe siècle, Provency est un gros village peuplé de plus de 500 habitants (521 au recensement de 1881). Au début du XXe siècle, on trouve deux épiciers, un aubergiste, trois maçons, un bourrelier, un charron, un maréchal-ferrant, un marchand de vin en gros, un facteur, un garde-champêtre, sans compter le maire, l'instituteur et le curé. Le reste de la population travaille la terre ou est employé dans les cimenteries locales[5].

Mais le déclin est déjà commencé : à la veille de la Première Guerre mondiale, le village a perdu 135 habitants, soit le quart de sa population en 30 ans. Et la guerre va l'amputer d'un nouveau quart.

Tandis que la seconde moitié du XIXe siècle avait vu l'expansion de l'industrie cimentière autour de Vassy et Genouilly, la première moitié du XXe siècle marque son déclin. En 1904, les cimenteries de la région se réunissent en formant un cartel : la Société Anonyme des Ciments de Vassy, dont le siège social s'établit à Paris. Mais il leur est difficile de résister à la concurrence du ciment moderne, ou ciment Portland. Dumarcet ferme l'usine d'Angely en 1938 et celle de Genouilly en 1939. La cimenterie Bougault résiste jusqu'en 1960[4].

Le réseau ferré Avallon - Nuits, intégré à la SNCF en 1938, est fermé en 1951[5].

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983 1989 Daniel Poignard    
1989 2014 Pierre Coste[6] DVD  
2014 en cours Jean-Claude Landrier SE Cadre supérieur

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune adhère à plusieurs groupements :

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[8].

En 2015, la commune comptait 230 habitants[Note 1], en augmentation de 5,99 % par rapport à 2010 (Yonne : -0,47 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
472431472482458477486489484
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
441451485451413521468481465
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
429394386277325277273277262
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2015
251242211228216227233209230
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Provency - le bourg[modifier | modifier le code]

Église St Symphorien

L'église est bâtie sur un plan rectangulaire à trois nefs, composées de quatre arcades prolongées jusqu'au sanctuaire. Celui-ci est couvert d'une voûte à compartiments flamboyants. Le chevet droit est percé d'une large baie flamboyante. Dans la nef se trouvent les pierres tombales des donateurs (XVIIe siècle).

La tour haute et carré, à droite de la porte, date du XVe siècle. Elle porte quatre baies à l'étage supérieur. Un petit clocher couvert d'ardoises la couronne.

Le portail du XIIIe siècle est de style roman à tympan trilobé, avec deux colonnes à crosses et feuilles d'eau. Le porche, formé de trois arcades ornées de moulure, a été construit à la Renaissance. Sur le côté sud se trouve une petite porte à moulures.

Le cimetière entourait l'église, clos par un muret de pierres sèches. Il a été déplacé à la sortie du village en 1911.

Genouilly[modifier | modifier le code]

  • Manoir XVIe siècle.
  • anciennes cimenteries : la cimenterie Dumarcet est construite en 1885, elle ferme en 1938. Sa voisine, la cimenterie Bougault fonctionnera presque un siècle : de 1875 à 1960[4].
  • ancienne gare : la gare de Provency, établie entre Genouilly et Athie, fonctionnera de 1906 à 1951, pour les voyageurs mais aussi pour les marchandises (elle était située à proximité des cimenteries)[5].

Marcilly[modifier | modifier le code]

Abbaye Notre-Dame de Marcilly[modifier | modifier le code]

Appelée autrefois Notre-Dame du Repos, elle fut fondée en 1239 par Bure de Prey, seigneur de Prey, Marcilly et Thory, et par son épouse Marie d'Anglure, avec le consentement de Miles de Noyers, son suzerain.

Elle était affiliée à l'abbaye de Fontenay et à l'Ordre cistercien, et fut occupée par des religieuses de sa fondation jusqu'en 1460. Puis elle devint une abbaye d'homme, dont l'abbé avait rang d'évêque.

À la veille de la Révolution, en 1780, l'historien Courtépée écrit « L'abbé est seul actuellement, et sans religieux[13] ». Au XIXe siècle, les bâtiments qui subsistent de l'ancienne abbaye sont transformés en demeure d'habitation.

Un portail ancien provenant d'Annay-la-Côte et remonté à proximité du corps de logis à tourelles de style XVIe siècle, est classé aux monuments historiques (inscription par arrêté du 25 avril 1955[14]).

Tour de Pré[modifier | modifier le code]

La tour de Prey aurait donné son nom au hameau : Tour de Pré.

Dessin de Victor Petit

Voici ce qu'en écrit en 1870 Victor Petit, historien et érudit local :

« Le vieux manoir des sires de Prey, ruiné durant les guerres de la Ligue, a été complètement démoli il y a peu d'années. [...] Toutefois, si les murs d'enceinte ont été détruits, le donjon lui-même ne fut que démantelé, c'est-à-dire mis hors d'état d'être défendu. C'est une tour carrée dont chacun des côtés mesure un peu plus de onze mètres ; elle est construite avec beaucoup de soin ; les encoignures sont formées de pierres de taille parfaitement appareillées et ayant pour la plupart 1 m 25 c. de longueur sur 35 c. de hauteur. Ce donjon, qui semble dater de la seconde moitié du XVe siècle, a été bâti pour durer perpétuellement : les vicissitudes des temps l'ont transformé en bûcher à l'usage d'un fermier. [...] »

« Voici enfin le dessin d'un écusson souvent reproduit dans la Tour-de-Pré, curieux édifice dont nous citerons les fenêtres à bancs de pierre, et les belles cheminées en pierre à fines moulures. Cette forteresse fit longtemps partie des possessions de la famille de Sainte-Maure.[15] »

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Vie locale[modifier | modifier le code]

Mairie de Provency
  • La mairie de Provency organise la fête du 14 juillet.
  • Le Centre communal d'action sociale (C.C.A.S.) participe chaque année au Téléthon, et organise un vide-greniers annuel.
  • Provency fête la Saint Éloi (patron des paysans) le 1er décembre. Une messe est célébrée en l'église Saint Symphorien, puis un vin d'honneur rassemble les habitants de la commune à la salle des fêtes.
  • Il n'existe plus de commerce à Provency. La boulangerie-épicerie a fermé en 1993 et la tentative d'ouvrir un bar à l'enseigne de "La Forge" s'est soldée par un échec.
  • L'école élémentaire à classe unique (de la grande section de maternelle jusqu'au CM2) a fermé en 2004. Les enfants sont scolarisés à Avallon ou dans les écoles de Sauvigny-le-Bois et de L'Isle-sur-Serein.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, librairie Voillot, Avallon, (réimpr. 2001)
  • Ernest Petit, Avallon et l'Avallonnais - étude historique, librairie Voillot, Avallon,
  • Inventaire général du patrimoine culturel (1973) - Base de données Mérimée

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.cn-telma.fr/chartae-galliae/charte263181/
  2. a et b Ernest Petit, Avallon et l'Avallonnais - étude historique
  3. Maurice Pignard-Péguet, Histoire des communes de l'Yonne, Paris, (réimpr. Les Éditions de la Tour Gile, 1998) (ISBN 2-87802-326-9, notice BnF no FRBNF36991743)
  4. a, b et c J. Prévost, « Une industrie de l'Avallonnais : le ciment de Vassy », Bulletin de la Société d'Etudes d'Avallon,‎
  5. a, b, c et d œuvre collective, Provency à l'ancienne époque
  6. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 31 décembre 2013.
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  11. a et b Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, librairie Voillot, Avallon, (réimpr. 2001)
  12. Maximilien Quantin, Histoire de l'Yonne - Répertoire archéologique, Res Universis, Paris, (réimpr. 1991)
  13. Claude Courtépée, Edme Béguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, Dijon, (lire en ligne)
  14. Base Mérimée
  15. Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, librairie Voillot, Avallon, (réimpr. 2001)
  16. Alexandre Mazas et Théodore Anne, L'Ordre de Malte, ses grands maîtres et ses chevaliers, Paris,
  17. Nicolas Viton de Saint Allais, Histoire de L'ordre royal et militaire de Saint-Louis -, Deuxième partie de 1745 à 1830,