Dun-les-Places

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Dun-les-Places
Calvaire et monument aux morts de Dun-les-Places.
Calvaire et monument aux morts de Dun-les-Places.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Clamecy
Canton Corbigny
Intercommunalité Communauté de communes Morvan Sommets et Grands Lacs
Maire
Mandat
Lucienne Biardoux
2014-2020
Code postal 58230
Code commune 58106
Démographie
Gentilé Dunois
Population
municipale
348 hab. (2014)
Densité 7,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 17′ 11″ nord, 4° 01′ 00″ est
Altitude Min. 365 m – Max. 651 m
Superficie 45,1 km2
Localisation

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Dun-les-Places est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dun-les-Places se situe dans le Morvan et fait partie de son parc naturel régional.

Géologie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Villages, hameaux, lieux-dits, écarts[modifier | modifier le code]

L'Huis Meunier, l'Huis Laurent, les Maires, l'Huis Châtelain, Bornoux, Mézoc de Froid, Mézaugeux, Mézauguichard, l'Huis Bonin, Bonaré, le Parc, les Bourdiaux, la Vernoie, l'Huis Tripier, le Vieux Dun, le Moulin des Bruyères, Vermot, le Moulin Tripier, Breuil, l'Huis des Râpes, le Moulin de Saloué, le Montal, le Champ de l'Etang, l'Huis Gillot, la Croix Maurienne, l'Huis des Chênes, les Cachaux, le Moulin du Plateau, le Moulin du Railly, le Moulin des Guittes[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Marigny-l'Église Quarré-les-Tombes
(Yonne)
Saint-Agnan Rose des vents
N Saint-Brisson
O    Dun-les-Places    E
S
Brassy Montsauche-les-Settons Gouloux

Toponymie[modifier | modifier le code]

Elle tire son nom du celte dunon ou dunum, forteresse, colline, qu'on retrouve en particulier dans les noms de le Vieux-Dun, hameau de la commune de Dun-les-Places (voir l'article Dun (forteresse)).

Au XIXe siècle, son nom s'orthographiait « D'Hun-Les-Places ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mémorial des victimes du 26 juin 1944.

Dun-les-Places est un des villages martyrs de la Libération de 1944. C’est le que le village, avec ses 806 habitants dont 120 dans le bourg proprement dit, voit débuter un martyre qui le fera surnommer l’Oradour du Morvan[2]. Un odonyme local (rue du 26-Juin-1944) rappelle cet événement.

Le 24 juin, les villages de Montsauche et Planchez sont détruits par les Allemands.

Le 25 juin, Vers 14 heures, un groupe d’habitants de Montsauche arrive à la mairie de Dun-les-Places et demande à ce que les élèves rentrent chez eux car les troupes allemandes sont sur la route de Dun-Les-Places.

A 14h30, les Allemands arrivent et sont à la recherche de résistants qu’ils qualifient de « terroristes ». Ils vérifient les identités de tous les hommes du village, ils commencent à piller les maisons. Tous les hommes du bourg ou presque sont réunis sur les marches de l’église pour le contrôle des papiers. Vers 20 heures, d’autres soldats arrivent, beaucoup d’entre eux sont saouls.

Le 26 juin, en début d’après-midi, 400 soldats environ arrivent à Dun-les-Places par voitures et camions. Le but affiché : la recherche des terroristes. Mais les contrôles d’identité ne donnent rien, tous les hommes sont relâchés. En fin d’après-midi, les troupes quittent Dun-les-Places et prennent la route de Vermot ; ils sont alors attaqués par les Maquisards du maquis Camille qui protègent le château de Vermot transformé en hôpital. Le combat se poursuit jusqu’à la nuit : le château est occupé et l’hôpital incendié, mais les maquisards arrivent à contenir les Allemands et à évacuer l’hôpital. En fin de journée, un deuxième convoi arrive à Dun-les-Places, comprenant les chefs de l’expédition en provenance de Dijon et de Chalon-sur-saône. Tous les hommes du village sont arrêtés, le bourg est bouclé, les troupes envahissent les maisons. En début de soirée, une attaque simultanée amène fusillade et pilonnage de l’église. Un orage renforce chez les habitants le sentiment d’épouvante.Vers 20 heures un nouveau groupe d'Allemands arrive et installe un canon dans le clocher afin de créer une provocation en tirant à blanc sur les troupes. À 22 heures, alors que l'électricité est coupée et que l'orage se déchaîne, éclatent des coups de feu et de canon dans tout le village puis le silence revient. Les Allemands brisent les portes et les vitres et envahissent les maisons en poussant des cris. Ils s'y installent vidant les caves du vin et de toute la nourriture qu'ils peuvent y trouver. Autour de 22 heures 30, le massacre des prisonniers est ordonné : aucun des 27 Dunois arrêtés ne réchappe à la grenade et au fusil-mitrailleur. Les femmes, avec les enfants, sont cloîtrés dans les maisons et sont parfois obligés d’héberger les soldats et de les nourrir, parfois même de leur donner de l’alcool.

Le 27 juin, le village est systématiquement pillé. Les allemands entassent dans leurs camions linge, literie et objets de valeur après avoir abattu porcs, moutons et volaille. À partir de 8 heures, les habitants sont autorisés à quitter les maisons. Certains pensent que les hommes vont être emmenés en Allemagne, cependant ils vont apprendre la mort de certains hommes. Cette journée est marquée par le pillage des ressources du bourg, une infirmière essaye de sauver certains blessés. Des centaines de camions arrivent dans le village et emmènent les objets volés et les voitures des habitants. Durant toute la journée, les soldats volent dans les maisons les affaires des habitants du bourg. Les soldats ont tout pris. 

Le 28 juin au matin, les Allemands se préparent à partir. À l'aide de lance-flammes, de grenades incendiaires et de bûches, ils mettent le feu aux maisons. Les femmes restées dans les maisons prennent le minimum de bagage possible en vue de quitter le village. À 12 h 30 après avoir fait sonner les cloches, ils partent en chantant et en jouant de l'accordéon. Ils donnent l’ordre aux habitants de ne sortir que dans une heure. Les survivants découvrent alors l'horreur : les corps des otages gisent déchiquetés sous le porche de l'église, celui du curé, partiellement dévêtu, est découvert dans le clocher. D'autres corps sont retrouvés sur les routes ou dans les hameaux voisins.

Le massacre a fait en tout 27 victimes, dont les obsèques sont célébrées le 1er juillet suivant à cause d’un manque de cercueil. Ils sont placés en haut du cimetière, sous des croix blanches afin de représenter les crimes commis par les nazis, leurs complices et les traîtres français.

 Dans le journal Libération, du 7 août, les atrocités allemandes dans le Morvan sont en première page de l’hebdomadaire. Il met en relation le massacre de Dun Les Places et les atrocités d’Oradour sur Glane[3].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Civile sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Civile, depuis La Révolution[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Lucienne Biardoux DVD Retraitée
Les données manquantes sont à compléter.

Religieuse[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 348 habitants, en diminution de -1,97 % par rapport à 2009 (Nièvre : -3,1 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 270 1 000 1 145 1 429 1 652 1 653 1 838 1 850 1 920
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 787 1 731 1 703 1 772 1 742 1 797 1 755 1 709 1 597
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 553 1 406 1 287 1 059 1 009 936 827 806 722
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
702 689 551 528 471 417 353 352 348
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Civils[modifier | modifier le code]

Religieux[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive)

  • Marie-Augustin Xavier Feuillet, (1774-1861), marin, chevalier, lieutenant de vaisseau, maire de Dun-les-Places et bienfaiteur de la commune.
  • Pierre Malardier, (1818-1878), maître d'école, élu député de la Nièvre en 1849, révoqué en 1850, en décembre 1851 il est aux côtés du député Jean-Baptiste Baudin sur les barricades à Paris. Exilé, il reviendra et sera incarcéré pour propos tendancieux, puis l'on perd sa trace.
  • Lazare Leuthreau (1843-1908), maire et marchand de bestiaux, assassiné en 1908 à Laroche, procès de son assassin aux Assises de la Seine, à Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Un coin du Morvand (le canton de Lormes) - Armand Billaud (1900)
  2. Témoignage de Lucile Pichot, Le Morvan pendant la Seconde Guerre Mondiale – Marcel Vigreux – A.R.O.R.M.
  3. Jaques Canaud, Les Maquis du Morvan, Académie du Morvan, , p. 60
  4. Baudiau, op.cit.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  9. Abbé Jacques-François Baudiau, Le Morvand, Nevers, 1865; 3e éd. Guénégaud, Paris, 1965, 3vol., t.III, p. 484-485 acte de vente

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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