Space Launch System

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Space Launch System
Vue d'artiste du lancement du SLS dans sa configuration annoncée en septembre 2011.
Vue d'artiste du lancement du SLS dans sa configuration annoncée en .
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Constructeur NASA
Premier vol Novembre 2018
Hauteur 121 m
Diamètre 8,4 m
Masse au décollage 3 000 tonnes
Étage(s) 2
Base(s) de lancement LC-39, Centre spatial Kennedy
Charge utile
Orbite basse 70−130 tonnes
Motorisation
Ergols LOX/LH2
Propulseurs d'appoint 2 SSRB (5 segments)
1er étage 4 RS-25D/E
2e étage 1 RL-10B2
Missions
Envoi de véhicules habités au delà de l'orbite basse

Le Space Launch System ou SLS est un lanceur spatial lourd américain développé par la NASA depuis 2011 et dont le premier vol est planifié en 2018. Les caractéristiques techniques du lanceur sont très proches de celles de l'Ares V abandonné après l'arrêt du programme Constellation. Comme celui-ci, plusieurs de ses composants clés sont dérivés de ceux de la navette spatiale américaine : les propulseurs d'appoint, la structure du premier étage et les moteurs-fusées RS-25 qui l'équipent. Le SLS doit réaliser des vols habités vers des astéroïdes, la Lune, les points de Lagrange et à terme lancer des missions vers la planète Mars envisagées à l'horizon 2035. Trois versions doivent être développées avec une capacité de mise en orbite basse s'échelonnant entre 70 tonnes et 130 tonnes.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Space Launch System est annoncé le par Charles F. Bolden, administrateur de la NASA. Ce lanceur lourd (70 tonnes en orbite basse pour la version la moins puissante) prend la suite du projet du lanceur Ares V dont le développement a été abandonné à la suite de l'arrêt du programme Constellation qui devait permettre le retour de l'homme sur la Lune vers l'horizon 2020. Depuis, il a été modifié : deux boosters d'appoint dérivant de ceux de la navette spatiale américaine ont été ajoutés pour accroitre la poussée au décollage. Son premier vol d'essai est planifié pour novembre 2018[1]. Un autre lanceur SLS a été imaginé, un lanceur cargo dont la conception dérive d'Ares V. S'il est un jour bâti, ce serait le plus grand lanceur jamais construit.

Le 31 juillet 2013, une première évaluation a validé le concept du SLS, permettant au projet de passer de la phase de conception à la phase de réalisation[2].

Début novembre 2013, William Gerstenmaier, administrateur adjoint de la NASA chargé de l'exploration spatiale habitée, annonce que le SLS est fini à 70 %[3].

Le 9 janvier 2015, la NASA a effectué le premier test d'un moteur RS-25 sur banc d'essais durant 500 secondes.

Objectifs[modifier | modifier le code]

L'objectif initial du SLS est de placer en orbite le nouveau vaisseau spatial Orion que la NASA a développé pour transporter des équipages au-delà de l'orbite terrestre basse. Ce devrait être l'objectif de son premier vol en 2018. Ce vaisseau devrait permettre des missions vers la Lune, des astéroïdes et à terme doit lancer les différents modules permettant une mission habitée sur le sol martien[4]. Il pourrait aussi servir au lancement de potentiels missions de retour d'échantillons d'Europe ou d'Encelade, Deep Space Habitat, Skylab II, missions pour le DoD, charges utiles commerciales, télescope monolithique ATLAST voire des missions vers le Soleil et Uranus.

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Les trois versions du lanceur SLS.

Quatre versions du lanceur sont ou ont été envisagées: Block 0 (annulé), I, IB et II. Les trois versions utilisent un premier étage identique : celui-ci est propulsé par 4 RS-25D/E. Un cinquième moteur avait été initialement envisagé pour le Block II mais cette solution n'a pas été retenue.

Le lanceur, d'une masse de 3 000 tonnes, est haut de 121 mètres, soit plus que Saturn V. Le diamètre du corps central est de 8,4 mètres. Il comporte deux étages cryotechniques et deux propulseurs d'appoint à propergol solide.

Le Block I du lanceur comporte un premier étage cryotechnique (c'est-à-dire dont les moteurs brûlent un mélange hydrogène/oxygène) propulsé par quatre moteurs RS-25D/E dérivés des moteurs SSME de la navette (RS-24). Il a une masse à vide de 85 270 kg et une masse maximale de 97 945 kg. D'une poussée au décollage de 7440 kN (env. 744 tonnes), son impulsion spécifique est de 363 secondes au niveau de la mer et de 452 secondes dans le vide. Le deuxième étage (ICPS), également cryotechnique, est propulsé par un moteur RL-10B2. Long de 13,7 m et d'un diamètre de 5 m, sa masse à vide est de 3 490 kg et peut atteindre les 30 710 kg (masse maximale). Développant une poussée de 110,1 kN, l'étage fonctionne durant 1225 secondes et l'impulsion spécifique est de 462 secondes. Le corps central devrait être construit par Boeing[5].

L'étage supérieur sera constitué par l'Interim Cryogenic Propulsion Stage (ICPS) pour le Block I et l'Exploration Upper Stage (EUS) pour les Block IB et II.

Le lanceur peut placer en orbite basse une charge utile de 70 tonnes ; les évolutions envisagées permettraient de porter la charge utile à 130 tonnes[6].

Le coût du projet est estimé à 35 milliards de dollars américains[7].

Configurations finales (octobre 2015 : critical design review)[modifier | modifier le code]

Les différentes versions du Space Launch System.

En octobre 2015, la Nasa a annoncé avoir terminé la conception du lanceur, lui permettant ainsi de commencer la fabrication des premiers éléments de la fusée[8].

Premier étage (Core Stage)[modifier | modifier le code]

Conçu et construit par Boeing, cet étage pourra stocker plus de 3 318 mètres cubes d'hydrogène et d'oxygène liquide. Ces réservoirs alimenteront les 4 moteurs RS-25 du premier étage.

Ces moteurs sont fournis par la société Aerojet Rocketdyne. Il s'agit d'une version modernisée des SSME de la navette spatiale américaine. Cette modernisation comprend un nouveau contrôleur, une meilleure isolation de la tuyère et une augmentation de la poussée (poussée de 1 860 kN contre 1 760 kN pour la navette), soit environ 186 tonnes contre 176.

L'étage sera construit à l'usine d'assemblage de Michoud et reprendra la couleur orange du réservoir externe de la navette spatiale américaine (il s'agit de la couleur de la mousse isolante, l'absence de peinture permet à la Nasa de réaliser des économie de poids et de coûts.

Cet étage sera commun aux différentes versions du SLS.

Boosters[modifier | modifier le code]

Le lanceur comporte par ailleurs deux propulseurs d'appoint à ergol solide à 5 segments directement dérivés des Solid Rocket Booster (SRB) de la navette spatiale. Des études prévoient leur remplacement dans le cadre d'une évolution du lanceur par des propulseurs d'appoint liquides afin d'améliorer la poussée. La poussée au décollage est de 4 200 tonnes.

Fabriqués par Orbital ATK, ces derniers ne disposeront plus de parachutes de récupération.

Second étage[modifier | modifier le code]

Le SLS disposera de deux étages supérieurs différents appelés :

  • Interim Cryogenic Propulsion Stage (ISPC) ;
  • Exploration Upper Stage (EUS).

Missions envisagées[modifier | modifier le code]

Le lanceur SLS joue un rôle clé dans la réalisation du programme d'exploration habité de Mars et la plupart des missions qui doivent le préparer dans le cadre de la stratégie flexible définie en 2010 par la NASA. Ces missions seront réalisées grâce au Deep Space Gateway (DSG), une station orbitale lunaire ainsi que du Deep Space Transport (DST), le transporter entre le DSG et Mars. Les missions sont séparées en 3 phases. La phase 1 (de EM-1 à EM-5) permettra la construction du DSG. La phase 2 (EM-6 à EM-9) sera pour la construction du DST ainsi que ses tests. La phase 3 (EM-10 et EM-11) représente les missions dans le système martien (incluant Phobos (lune) et Déimos (lune)).

Projets de missions du lanceur SLS liées au programme spatial habité (maj septembre 2017)[9],[10]
Mission Code mission Date Lanceur Charge utile Description mission (s)
Exploration Mission 1 EM-1 Décembre 2019 SLS bloc I Orion Mission dans l'espace cislunaire sans équipage, déploiement de 6 CubeSat. Premier vol de SLS.
Exploration Mission 2 EM-2 Juin 2022 SLS bloc IB Orion et module électrique du DSG Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 8 et 21 jours. Livraison du premier module du Deep Space Gateway, le module électrique.
Exploration Mission 3 EM-3 2024 SLS bloc IB Orion et module d'habitation du DSG Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 16 et 26 jours. Livraison du module d'habitation vers le Deep Space Gateway.
Exploration Mission 4 EM-4 2025 SLS bloc IB Orion et module logistique du DSG Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 26 et 42 jours. Livraison du module logistique vers le Deep Space Gateway.
Exploration Mission 5 EM-5 2026 SLS bloc IB Orion et sas du DSG Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 26 et 42 jours. Livraison du Sas (passage) vers le Deep Space Gateway.
Exploration Mission 6 EM-6 2027 SLS bloc IB Cargo DST Mission cislunaire sans équipage. Livraison du Deep Space Transport (DST) vers le Deep Space Gateway.
Exploration Mission 7 EM-7 2027 SLS bloc IB Orion et module logistique du DST/DSG Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 191 et 221 jours. Premier test du Deep Space Transport (DST).
Exploration Mission 8 EM-8 2028 SLS bloc IB Cargo Logistique et carburant pour DST Mission cislunaire sans équipage. Livraison de logistique et carburant pour le Deep Space Transport (DST).
Exploration Mission 9 EM-9 2029 SLS bloc II Orion Mission cislunaire avec équipage (4). Entre 300 et 400 jours. Tests avancés du Deep Space Transport (DST) en préparation pour une mission vers Mars.
Exploration Mission 10 EM-10 2030+ SLS bloc II Cargo Logistique et carburant pour DST/DSG Mission cislunaire sans équipage. Livraison de logistique et carburant pour le Deep Space Transport (DST) et le Deep Space Gateway.
Exploration Mission 11 EM-11 2030+ SLS bloc II Orion Mission cislunaire puis Milieu interplanétaire avec équipage (4). Autour de 1000 jours. Détachement et lancement du Deep Space Transport (DST) pour Mars.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « USA: premier tir du lanceur SLS au plus tard en novembre 2018 », AFP Infos Françaises,‎
  2. Boen, « Space Launch System Program PDR: Answers to the Acronym »,
  3. http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/sciences/20131112.AFP1834/le-premier-vol-du-vaisseau-spatial-orion-prevu-pour-septembre-2014.html
  4. « Orion réussit son premier vol », Le Point.fr,‎
  5. « Boeing obtient 2 milliards pour développer le corps central de la fusée la plus puissante du monde », L'Usine Nouvelle.com,‎
  6. « La Nasa dévoile le futur lanceur lourd SLS », Air et Cosmos, no 2279,‎ , p. 7 (ISSN 1240-3113)
  7. « La NASA dévoile une nouvelle fusée pour l'exploration habitée lointaine », Le Monde,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  8. Lee Mohon, « Space Launch System (SLS) Overview », sur NASA (consulté le 30 janvier 2016)
  9. (en) « NASA finally sets goals, missions for SLS – eyes multi-step plan to Mars – NASASpaceFlight.com », sur www.nasaspaceflight.com (consulté le 4 janvier 2018)
  10. (en) « SLS EM-1 & -2 launch dates realign; EM-3 gains notional mission outline – NASASpaceFlight.com », sur www.nasaspaceflight.com (consulté le 4 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]