Joint Polar Satellite System

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Joint Polar Satellite System
Description de cette image, également commentée ci-après

Vue d'artiste de Suomi NPP précurseur des JPSS

Données générales
Organisation NASA, NOAA
Domaine Satellite météorologique
Statut développement
Lancement entre 2017 et 2023
Lanceur Delta II
Durée 7 ans
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 2540 kg
Puissance électrique 1932 W
Orbite polaire
Site www.jpss.noaa.gov/index.html

Joint Polar Satellite System ou JPSS est une série de deux satellites météorologiques placés en orbite polaire développés par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) avec la participation de la NASA. Ils doivent prendre la suite des satellites NOAA POES à la suite de l'échec du programme NPOESS. Deux satellites doivent être développés sur le modèle du Suomi NPP et lancés respectivement en 2017 et 2023.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article principal : NPOESS.

En 1994 le programme NPOESS est lancé à l'initiative du gouvernement américain pour développer la prochaine génération de satellites météorologiques en orbite polaire. Ceux-ci doivent remplacer simultanément la famille des satellites NOAA POES civils et des DMSP militaires et ainsi réduire les coûts. Le programme est piloté par les trois agences gouvernementales concernées : la NOAA est chargée de l'ensemble du nouveau programme, l'Armée de l'Air américaine des dispositifs de collecte et de traitement des données et la NASA des développements des instruments. Pour réduire les risques un satellite tête de série NPP (NPOESS Preparatory Project) est développé. Le premier contrat pour la réalisation d'un satellite est passé en 2002. Le coût de l'ensemble du programme, qui comprend 6 satellites et doit s'achever en 2018, est évalué à 7 milliards US$.

Le projet rencontre plusieurs difficultés : la mise au point de l'instrument VIIRS se heurte à des problèmes techniques, le coût global passe à 10 milliards US$ tandis que l'échéance recule de 2008 à 2010. Le programme tombe sous le coup de l'amendement Nunn-McCurdy et est restructuré : le nombre de satellites est réduit de 6 à 4 (Eumetsat fournira les satellites complémentaires) tandis que le nombre d'instruments embarqués passe de 13 à 9. Malgré ces modifications le programme continue à accumuler retards et dépassements. Le coût estimé passe à 14 milliards US$ et la mise au point de VIIRS rencontre toujours des difficultés.

Finalement le programme commun est annulé en février 2010 : il est décidé que la NOAA développera de son côté deux satellites JPSS tandis que l'Armée de l'Air fournira les satellites complémentaires dans le cadre du programme Defense Weather Satellite System (en) (DWSS). Ce dernier est à son tour annulé en 2012 et remplacé par Weather Follow On (WFO). En octobre 2010 la réalisation du satellite NPP (rebaptisé Suomi NPP) est maintenue pour permettre la mise au point des nouveaux instruments et assurer la continuité des mesures en attendant le lancement de la génération suivante de satellite[1].

Les objectifs du programme JPSS[modifier | modifier le code]

Le programme JPSS avec le cahier des charges suivants :

  • Utiliser les instruments développés par la NASA et mis en œuvre sur Suomi NPP
  • Développer deux satellites JPSS-1 et JPSS-2 placés sur une orbite de l'après midi utilisant les 5 instruments de Suomi NPP
  • Trouver des satellites hôtes pour les instruments prévus par le programme NPOES qui ne peuvent être intégrés dans les JPSS : Total and Spectral Solar Irradiance Sensor (TSIS), Advanced Data Collection System (A-DCS), et le Search and Rescue Satellite - Aided Tracking (SARSAT).
  • Développer le segment terrestre permettant d'assurer la collecte des données fournies par les satellites du nouveau programme.

Le cout total du programme est évalué en 2010 à 11,9 milliards $. Les retards liés à la dissolution du projet commun aux trois agences fait glisser le calendrier au programme désormais réalisé avec la seule aide de la NASA. Ce délai fait courir un risque si les satellites en orbite tombent en panne avant que le premier satellite du nouveau programme ne soit lancé. En effet les satellites placés en orbite polaire constituent la principale source de données utilisée par les programmes de prévision météorologique en particulier ceux relatifs à l'intensité et à la trajectoire des ouragans[2].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Les satellites ont des caractéristiques très proches de Suomi NPP et il utilise comme celui-ci une plateforme BCP 2000 de son constructeur Ball Aerospace. Le satellite, qui a la taille d'un petit bus, pèse au lancement environ 2 450 kg. Ses panneaux solaires fournissent en début de vie une énergie de 1 932 W. Le satellite est stabilisé 3 axes avec une précision de 50 secondes d'arc. Les échanges de données se font en bande Ka avec une débit descendant de 300 mégabits/s avec une liaison de secours également en bande Ka permettant de passer par les satellites relais TDRSS. Par ailleurs une liaison en bande X avec un débit de 15 mégabits/seconde est prévue pour l'envoi de données directement aux utilisateurs finaux. La durée de vie prévue est de 7 ans[1]

Instruments scientifiques[modifier | modifier le code]

Comme le satellite Suomi NPP, les JPSS emportent cinq instruments[1] :

  • VIIRS (Visible/Infrared Imager Radiometer Suite), le plus grand des instruments, est un radiomètre à 22 canaux qui fournit des images dans l'infrarouge des océans, de la glace, de l'atmosphère et des surfaces continentales. Les données collectées permettent d'observer les feu, la végétation, la couleur de l'océan, la température de la surface des mers et d'autres caractéristiques.
  • ATMS (Advanced Technology Microwave Sounder) est un scanner micro-ondes à 11 canaux qui fournit des profils de température et d'humidité de l'atmosphère
  • CrIS (Cross-track Infrared Sounder) fournit comme ATMS des profils de température et d'humidité de l'atmosphère
  • OMPS (Ozone Mapping and Profiler Suite) mesure les caractéristiques de la couche d'ozone dans la haute atmosphère
  • CERES (Clouds and the Earth Radiant Energy System) mesure à la fois l'énergie solaire réfléchie par la Terre et la chaleur émise par notre planète. Les données permettent de déterminer le bilan thermique de la Terre

Déploiement[modifier | modifier le code]

Le programme comprend deux satellites. Le premier (JPSS-1) doit être lancé en 2017 et le second (JPSS-2) en 2022. Ces deux satellites doivent être positionnés sur une orbite de l'après midi (13h30) et compléter ainsi la constellation formée par les satellites de l'Armée de l'Air DSMP et les satellites MetOp de l'organisation européenne EUMETSAT. JPSS-1 doit prendre la suite de Suomi NPP et JPSS-2 celle de JPSS-1.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « JPSS », EO Portal (ESA) (consulté le 1er mars 2015)
  2. (en) Government Accountability Office, « POLAR WEATHER SATELLITES NOAA Needs To Prepare for Near-term Data Gaps »,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]