New Glenn
| New Glenn Lanceur lourd semi-réutilisable | |
Schéma du lanceur. | |
| Données générales | |
|---|---|
| Pays d’origine | |
| Constructeur | Blue Origin |
| Premier vol | 7x2 : 16 janvier 2025 |
| Statut | Opérationnel |
| Lancements (échecs) | 7x2 : 3 (1) 9x4 : 0 |
| Hauteur | 7x2 : 98 m 9x4 : |
| Diamètre | 7 m |
| Masse au décollage | 7x2 : entre 1 400 t et 1 500 t |
| Étage(s) | 2 |
| Poussée au décollage | 7x2 : 16 800 kN (1 700 t) |
| Base(s) de lancement | Cap Canaveral |
| Version décrite | 7x2 : missions NG-1 et NG-2 |
| Charge utile | |
| Orbite basse | 7x2 : 45 t 9x4 : 70 t. |
| Transfert géostationnaire (GTO) | 7x2 : 13 t 9x4 : 14 t. |
| Orbite lunaire | 7x2 : 9x4 : 20 t. |
| Dimension coiffe | 7x2 : ∅ 7 m x 18,5 m 9x4 : ∅ 8,7 m |
| Motorisation | |
| Ergols | 1er étage : LOX + méthane 2ème étage : : LOX + LH2 |
| 1er étage | 7x2 : 7 x BE-4 (251 t) 9x4 : 9 x BE-4 (290 t.) |
| 2e étage | 7x2 : 2 BE-3U (72,5 t) 9x4 : 4 x BE-3 (90,5 t.) |
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New Glenn est un lanceur lourd (45 tonnes en orbite basse) américain qui effectue son premier vol le . Le lanceur, qui peut placer 13 tonnes en orbite géostationnaire, est développé par la société américaine Blue Origin, créée en 2000 et en partie financée par l'entrepreneur Jeff Bezos.
La version de base du lanceur, qui est haute de 98 mètres pour un diamètre de 7 mètres, comprend deux étages : le premier étage est réutilisable et propulsé par sept moteurs-fusées BE-4 de 250 tonnes de poussée brûlant un mélange d'oxygène liquide et de méthane, et le deuxième est propulsé par deux moteurs-fusées BE-3U de 78 tonnes de poussée brûlant un mélange d'oxygène liquide et d'hydrogène liquide. Ces deux types de moteurs sont développés par Blue Origin. La fusée dispose d'une coiffe d'un diamètre de sept mètres. Le premier étage réutilisable revient se poser à la verticale sur une barge. La poussée au décollage est de 1 700 tonnes.
Le lanceur décolle depuis le complexe de lancement SLC-36 de la base de Cap Canaveral en Floride à proximité immédiate de l'usine dans laquelle les éléments du lanceur sont construits et assemblés. Un deuxième pas de tir est prévu à Vandenberg sur la côte ouest en Californie pour les tirs visant l'orbite polaire. Blue Origin vise à la fois le marché des satellites militaires américains et celui des satellites commerciaux.
Le lanceur spatial, après une phase de développement plus longue que prévu, a effectué son premier vol le 15 janvier 2025. Lors du deuxième vol qui a lieu le 13 novembre 2025 et qui emporte les deux sondes spatiales de la NASA EscaPADE, le premier étage est récupéré avec succès sur une barge prépositionnée au large de la Floride, faisant du constructeur Blue Origin le deuxième fabricant de fusée capable de réutiliser partiellement celle-ci.
Historique
[modifier | modifier le code]Blue Origin, nouvel acteur majeur du domaine spatial
[modifier | modifier le code]New Glenn est un lanceur lourd développé par la société américaine Blue Origin. Cette société ne dispose dans le domaine des lanceurs que d'une expérience limitée au lanceur suborbital réutilisable New Shepard. Elle a été créée par Jeff Bezos, fondateur et propriétaire d'Amazon. Bezos est l'un des trois milliardaires, avec Elon Musk (SpaceX) et Richard Branson (Virgin Galactic), qui ont décidé de devenir des acteurs industriels majeurs dans le domaine spatial. Bezos a ainsi investi dans sa société au cours des années 2010 environ un milliard de dollars par an.
Initialement, Blue Origin, créée en 2000, se consacre au développement du vol suborbital avec le vaisseau New Shepard, dont le premier vol a lieu en 2015. Pour propulser cet engin, la société, qui reprend le modèle d'intégration verticale de SpaceX, développe son propre moteur-fusée, le BE-3, de 50 tonnes de poussée et brûlant un mélange d'oxygène et d'hydrogène liquides. En 2014, la société United Launch Alliance (ULA) sélectionne le moteur-fusée BE-4 de 270 tonnes de poussée proposé par Blue Origin pour propulser le lanceur Vulcan, successeur de son lanceur Atlas V[1],[2].
Lancement du projet
[modifier | modifier le code]Le développement du lanceur partiellement réutilisable New Glenn est annoncé le par Bezos. Le projet capitalise sur les autres développements en cours au sein de la société : la fusée suborbitale réutilisable New Shepard et les moteurs-fusées BE-4 et BE-3. Le nom du lanceur fait référence à John Glenn, premier astronaute américain ayant effectué un vol orbital[3]. À l'époque, Bezos annonce que le premier vol aura lieu en 2020.
Prises de commandes
[modifier | modifier le code]Blue Origin propose en 2017 New Glenn en réponse à l'appel d'offres de l'Armée de l'air américaine. Celle-ci doit remplacer les fusées Atlas V (propulsée par des moteurs russes) et Delta IV (obsolète et coûteuse), qui sont jusqu'alors utilisées pour placer en orbite ses satellites militaires. En , l'armée pré‑sélectionne New Glenn ainsi que les lanceurs en cours de développement OmegA de Northrop Grumman et Vulcan de United Launch Alliance. L'armée prévoit de verser à terme en tout 2 milliards US$ aux constructeurs sélectionnés pour les aider à développer leur lanceur. 500 millions de dollars sur six ans sont promis à Blue Origin[4], mais deux ans plus tard le Pentagone annule son contrat, après avoir versé 256 millions de dollars[5]. En , l'opérateur de satellites Eutelsat est la première société à sélectionner le lanceur de Blue Origin pour placer en orbite un de ses satellites géostationnaires[6]. Au cours des deux années suivantes, des contrats de lancement sont signés pour le lancement de satellites individuels (Sky Perfect, JSAT et mu Space) ou de constellation de satellites (OneWeb et Telesat)[7]. Le lanceur doit également être utilisé pour déployer la mégaconstellation Kuiper d'Amazon[5].
Développement
[modifier | modifier le code]La date de premier vol de la fusée New Glenn annoncée par Jeff Bezos (2020) est considérée dès le départ comme trop ambitieuse par les responsables du projet. Le choix de développer un lanceur aussi puissant sans avoir mis au point une fusée de puissance intermédiaire (New Shepard, la seule réalisation de Blue Origin, a une poussée 40 fois inférieure) rallonge les délais de conception et de mise au point. Par ailleurs, Blue Origin est devenu un acteur majeur du programme Artemis en étant sélectionné comme chef de file du vaisseau proposé pour amener des hommes sur la Lune. Ce projet ainsi que le développement du moteur-fusée BE-4, qui rencontre des difficultés de mise au point de sa turbopompe, ont la priorité.
En 2018, l'architecture du lanceur évolue. Pour propulser le deuxième étage, l'unique moteur BE-4U est remplacé par deux moteurs BE-3U, de larges ailettes fixes sont ajoutées à la base du premier étage et la taille de la coiffe est accrue. En 2019, la société annonce l'abandon de la version à trois étages qui devait être utilisé pour desservir les orbites hautes et lancer des missions interplanétaires[Note 1],[8],[9]. Blue Origin annonce en que le premier vol est repoussé fin 2022[10].
La construction de l'usine de fabrication et d'assemblage du lanceur ainsi que celle du complexe de lancement de Cap Canaveral (SLC-36) sont par contre pratiquement achevées début 2021[11]. En janvier 2023, le premier lancement est repoussé en 2024[12],[13]. Après la mise à feu statique des sept moteurs du premier exemplaire de New Glenn le , le vol inaugural est prévu pour le [14],[15].
Depuis l'annonce du développement du lanceur en 2016, plusieurs opérateurs de satellites commerciaux ont passé contrat avec Blue Origin pour le lancement de leurs satellites : Eutelsat, Mu Space, OneWeb, Sky Perfect JSAT et Telesat. La NASA ajoute en la New Glenn dans la liste des lanceurs auxquels elle est susceptible de faire appel[16]. En , la NASA décide de passer contrat avec Blue Origin pour le lancement de ses satellites jumeaux EscaPADE (2 × 500 kg) par le premier vol de la New Glenn pour un montant de 20 millions US$[17]. Ce lancement est finalement repoussé au deuxième vol de la New Glenn, à cause des retards dus à la préparation du vol inaugural.
Qualification du lanceur (janvier et novembre 2025)
[modifier | modifier le code]Pour son vol inaugural, qui a lieu le 16 janvier 2025, le lanceur New Glenn remplit son objectif principal (mise en orbite de la charge principale sur une orbite moyenne) sans aucun dysfonctionnement visible en première analyse. Le deuxième étage a pu être rallumé. Par contre, la récupération du premier étage sur une barge, objectif secondaire mais très ambitieux, n'est pas atteint[5]. Lors du deuxième vol qui a lieu le 13 novembre 2025 et qui emporte les deux sondes spartiales de la NASA EscaPADE, le premier étage est récupéré avec succès sur une barge pré-positionnée au large de la Floride, faisant du constructeur Blue Origin le deuxième fabricant de fusée capable de réutiliser partiellement celle-ci[18].
Accroissement de la poussée des moteurs et nouvelle version 9 x 4 (novembre 2025)
[modifier | modifier le code]A la suite du succès du deuxième vol, Blue Origin annonce le 20 novembre que le troisième vol programmé au premier semestre 2026 utilisera une version améliorée du lanceur au niveau de son avionique, de sa structure et surtout de sa propulsion. La poussée unitaire des moteurs-fusées BE-4 passe ainsi de 251 à 290 tonnes tandis que celle des BE-3U propulsant le deuxième étage passe de 72,5 à 90,5 tonnes. Par ailleurs une version plus puissante du lanceur, baptisée 9 x 4, deviendra disponible prochainement. Celle-ci est caractérisée par une augmentation du nombre du moteurs (9 au premier et 4 au second), un allongement des étages, une coiffe d'un diamètre plus important (8,7 contre 7 mètres). Cette version du lanceur, qui sera proposée à côté de la version moins puissante, pourra placer 70 tonnes en orbite basse et 20 tonnes sur une trajectoire de transit vers la Lune. Cette capacité la rapprochera de celle du SLS bloc 1[19].
Choix d'architecture du lanceur
[modifier | modifier le code]Le lanceur est conçu pour permettre un abaissement important des coûts de lancement. Pour y parvenir, il reprend la solution adoptée par SpaceX pour sa fusée Falcon 9, c'est-à-dire la réutilisation du premier étage, qui atterrit après utilisation sur une barge située au large de la base de lancement. Les principaux choix d'architecture sont[5] :
- le recours à des moteurs BE-4 pour le premier étage, qui, tout en adoptant un système d'alimentation performant (combustion étagée), a des caractéristiques (pression dans la chambre de combustion réduite) garantissant sa fiabilité et limitant sa complexité ;
- toujours pour le premier étage, l'utilisation du méthane, un ergol qui présente l'avantage par rapport au kérosène de réduire la détérioration des moteurs, au prix d'une augmentation sensible du volume du réservoir. Ces caractéristiques permettent d'abaisser le cout de remise en état opérationnel de l'étage entre deux lancements. Le premier étage devrait être réutilisable au moins 25 fois[20] ;
- l'utilisation pour le deuxième étage de l'hydrogène au lieu du méthane, pour obtenir de meilleures performances. Ce choix complexifie le processus de lancement (trois ergols au lieu de deux) ;
- pas de version non réutilisable commercialisée.
Caractéristiques techniques
[modifier | modifier le code]La seule version du lanceur New Glenn disponible comprend deux étages, dont le diamètre constant est de 7 mètres sauf à la base où il est plus large. La fusée est haute de 98 m avec la coiffe (82,2 m sans celle-ci). Sa masse estimée est comprise entre 1 400 et 1 500 tonnes, soit la moitié de celle de Saturn V mais une valeur proche de la Falcon Heavy du concurrent SpaceX. Le rapport poids sur poussée proche de 1,1 entraîne une vitesse particulièrement lente dans les premières secondes de vol[5],[21].
Premier étage
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Le premier étage (GS-1) est haut de 57 mètres et emporte 1 150 tonnes d'ergols. Sa structure orthogrille est réalisée en alliage d'aluminium. Pour contrôler le retour au sol, le corps de l'étage comprend deux virures en bas, fixes, et quatre ailerons en haut, qui sont mobiles et mesurent cinq mètres de haut et deux mètres de large. Les dômes des deux réservoirs sont réalisés par soudure avec un fond commun. Le premier étage est propulsé par sept moteurs-fusées à ergols liquides BE-4 d'une poussée unitaire de 250 tonnes (2 450 kilonewtons) au sol et brûlant un mélange d'oxygène liquide et de méthane. Le BE-4 est haut de 3,81 mètres pour un diamètre de 1,93 mètre. Ce moteur a des caractéristiques très avancées : il utilise un cycle à combustion étagée, sa poussée peut être modulée de 40 à 100 % et il peut être redémarré. Contrairement aux lanceurs Starship et au Falcon 9, les ergols ne sont pas sur refroidis[Note 2]. La poussée totale au décollage est de 16 809 kilonewtons. Six des moteurs sont répartis à la périphérie et un moteur est en position centrale. Les trois moteurs médians peuvent pivoter pour contrôler l'orientation de la fusée en vol, les quatre autres étant fixes. Les réservoirs utilisent un système de pressurisation autogène, c'est-à-dire qu'une faible fraction des gaz produits par la gazéification des ergols au niveau des moteurs est détournée pour mettre sous pression les ergols contenus dans les réservoirs. Les moteurs fonctionnent durant 190 secondes[5].
L'étage est conçu pour être réutilisé (il n'existe pas de version non réutilisable). Après la séparation avec le deuxième étage, il utilise d'une part ses appendices aérodynamiques pour contrôler sa trajectoire et d'autre part trois de ses moteurs pour réduire sa vitesse afin de venir se poser à la verticale sur une barge mobile en mer. Les ailerons mobiles situés dans la partie supérieure sont utilisés pour contrôler son attitude durant la descente. Les deux virures fixées sur le bas de l'étage fournissent une portance supplémentaire lors du retour sur Terre. Pour protéger de la surchauffe produite par la vitesse de rentrée dans l'atmosphère, la surface de ces appendices ainsi que des parties inférieure et supérieure du corps de l'étage est recouverte d'un revêtement de protection thermique baptisé Comet, qui donne leur couleur brune à ces parties non peintes lors du vol inaugural. L'étage dispose d'un train d'atterrissage comprenant six pieds placés sous un carénage, qui sont déployés peu avant l'atterrissage. Le nombre important de pieds permet de pallier une défaillance éventuelle de l'un d'entre eux. Les parties mobiles (train d'atterrissage et ailettes supérieures) sont actionnées à l'aide de groupes auxiliaires de puissance brûlant du peroxyde d'azote. Des moteurs à gaz froid (azote) sont utilisés pour contrôler l'attitude lors du retour au sol[5],[8],[6],[22].
Deuxième étage
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Le deuxième étage (GS-2) est haut de 26,8 mètres et embarque 175 tonnes d'ergols. Sa structure orthogrille est réalisée en alliage d'aluminium. Les dômes des deux réservoirs sont réalisés par soudure avec un fond commun. Le deuxième étage est propulsé par deux moteurs BE-3U brûlant un mélange d'oxygène liquide et d'hydrogène liquide et fournissant une poussée unitaire de 79 tonnes dans le vide (770 kilonewtons. Le BE-3U, qui dispose d'une tuyère allongée optimisée pour le vide, est haut de 4,4 mètres pour un diamètre maximum de 2,5 mètres. Ce moteur, dont la poussée peut être modulée entre 18 et 100 %, utilise un cycle à expandeur ouvert et peut être rallumé[Note 3]. Le BE-3U dérive d'une version utilisée par la fusée surborbitale New Shepard adaptée au fonctionnement dans le vide. La durée de combustion est de 644 secondes. Ses réservoirs utilisent un système de pressurisation autogène[5],[8],[3].
Coiffe
[modifier | modifier le code]La coiffe de la fusée a un diamètre de sept mètres, largement supérieur à celui des lanceurs lourds opérationnels (cinq mètres). Elle est haute de 18,5 mètres et son volume intérieur est de 458 m3. Elle fournit sur une hauteur de 11,4 mètres un espace utilisable d'un diamètre supérieur à 6,2 mètres[23].
Module Blue Ring
[modifier | modifier le code]La Blue Ring est un module développé par Blue Origin qui est placé sous la coiffe et qui peut remplir plusieurs fonctions en orbites moyenne et haute. Il peut prendre en charge plusieurs charges utiles d'une masse totale pouvant atteindre trois tonnes pour les déployer et dispose d'une capacité de manœuvre importante. Il peut servir de support pour des fonctions de ravitaillement, de relais de données, de transport et de logistique[24].
Charge utile
[modifier | modifier le code]Le lanceur peut placer une charge utile de 45 tonnes en orbite basse ou de 13 tonnes en orbite géostationnaire. Cette capacité est obtenue avec la récupération du premier étage, qui est la seule configuration disponible contrairement aux fusées Falcon. Blue Origin veut privilégier le lancement de charge utile unique mais pourra, à partir du cinquième vol, effectuer des lancements doubles[5],[25].
Deuxième étage réutilisable - Projet Jarvis
[modifier | modifier le code]À la suite de la décision par SpaceX de développer le Starship, Blue Origin développe un deuxième étage entièrement réutilisable en acier dans le cadre du projet Jarvis. Un premier exemplaire de réservoir en acier est amené à SLC-36 pour des tests en [26].
Déroulement d'un lancement
[modifier | modifier le code]Les étages sont fabriqués dans l'usine de Blue Origin située à 35 kilomètres du site de lancement de la base de lancement de Cap Canaveral. Les moteurs sont fournis par l'établissement de la société situé dans l'Alabama. Chaque étage est ensuite acheminé par la route jusqu'au bâtiment d'assemblage sur le complexe de lancement 36, dédié au lanceur. Les deux étages et la charge utile y sont assemblés et testés. Puis l'ensemble est placé sur un véhicule tracteur-érecteur qui comprend la table de lancement. Le véhicule amène le lanceur jusqu'au pas de tir. Celui-ci comprend de manière classique des Carneau (astronautique)carneaux sous la table de lancement pour évacuer les gaz brûlants produits au décollage, un château d'eau utilisé par le système de déluge mis en marche peu avant le décollage et des réservoirs d'ergols permettant de faire le plein du lanceur. Une fois arrivée à destination, la fusée est redressée à la verticale. Le plein d'ergols débute cinq heures avant le lancement et s'achève une demi-heure avant celui-ci, tandis que des tests destinés à vérifier que tous les systèmes fonctionnent de manière nominale sont effectués.
Les moteurs du premier étage sont mis à feu deux secondes avant le décollage. L'extinction du premier étage a lieu environ 198 secondes après celui-ci. Le largage du premier étage intervient deux secondes plus tard et la mise à feu du second étage débute quatre secondes plus tard. Dix secondes après celle-ci, la coiffe est larguée. Le deuxième étage est éteint 805 secondes après le décollage. Si le lanceur vise une orbite haute, le deuxième étage est rallumé environ 1 700 secondes après le décollage et est éteint environ 100 secondes plus tard. La séparation des charges utiles intervient 985 secondes après le décollage pour l'orbite basse et 1 801 secondes pour une orbite haute[27].
Le premier étage est récupéré et vient se poser sur une barge flottante positionnée plusieurs centaines de kilomètres au large de la base de lancement. Pour ce faire, après la séparation avec la fusée, l'étage modifie son orientation pour se préparer à une manœuvre de freinage alors qu'il se trouve encore à une altitude où l'atmosphère est peu dense. Alors qu'il se déplace à une vitesse supersonique, les trois moteurs médians sont rallumés durant 28 secondes pour réduire sa vitesse. S'ensuit une phase durant laquelle l'étage perd progressivement de l'altitude en planant, aidé par les deux longues virures situées à sa base et en contrôlant son orientation grâce aux ailettes mobiles situées à son sommet. Un unique moteur est allumé pour annuler sa vitesse 36 secondes avant d'arriver sur la barge. Quatorze secondes avant l'atterrissage, les pieds d'atterrissage sont déployés. Le déploiement est achevé en huit secondes[28],[11].
Site de fabrication
[modifier | modifier le code]Pour construire, intégrer et maintenir son lanceur, Blue Origin, qui a son siège à Kent, en banlieue de Seattle dans l'État de Washington, a construit une nouvelle usine en Floride à environ 15 kilomètres à vol d'oiseau du pas de tir SLC-36 de la base de lancement de Cap Canaveral, que le lanceur utilisera. Cet établissement se trouve à Exploration Park, aux portes du Centre spatial Kennedy. Il dispose d'une surface couverte de 180 000 m2[29]. Les moteurs BE-3 et BE-4 sont eux construits dans une usine édifiée à Huntsville dans l'Alabama[30].
Installations de lancement
[modifier | modifier le code]Le lanceur New Glenn décolle depuis le complexe de lancement SLC-36 de la base de Cap Canaveral en Floride. Cet ancien site de lancement des lanceurs Atlas, qui n'était plus actif depuis 2005, a été repris en 2016 par Blue Origin (contrat de type location longue durée) pour en faire la base de lancement de sa fusée Blue Glenn. En parallèle, la société a repris en location le complexe de lancement LC-11 adjacent pour y installer un banc d'essais utilisé pour les tests de mise à feu de son moteur BE-4. Le SLC-36 est situé à 35 kilomètres de l'usine de fabrication du lanceur. Le complexe de lancement comprend un bâtiment d'assemblage, où sont assemblés les deux étages en provenance de l'usine et la charge utile, et la pas de tir proprement dit, faiblement distant du bâtiment d'assemblage. Le lanceur assemblé y est transporté par un véhicule de type transporteur-érecteur. Un bâtiment destiné à remettre en condition de vol le premier étage après sa récupération doit être construit à deux kilomètres du complexe de lancement. Un deuxième pas de tir est prévu dans la base de lancement de Vandenberg sur la côte ouest en Californie, pour les tirs visant l'orbite polaire[29],[31].
Historique des vols
[modifier | modifier le code]Vol inaugural (janvier 2025)
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À la suite de la mise à feu statique du premier étage de l'exemplaire de vol avec tout le lanceur intégré, réussie le [14], le vol inaugural de la New Glenn, baptisé Blue Ring Pathfinder, est programmé initialement pour le , mais est reporté au par suite de la formation de glace sur une ligne de purge[15],[32],[33],[34]. Le lanceur décolle pendant la nuit depuis le complexe de lancement 36 de la base de lancement de Cap Canaveral, et place sur une orbite moyenne (2 426 km x 19 251 km avec une inclinaison orbitale de 29,99° (écart inférieur à 1% par rapport à l'orbite visée 19300 x 2400 km et 30°) une charge utile constituée d'un prototype de Blue Ring équipé de capteurs chargés de collecter des données sur le fonctionnement de la fusée. Les deux moteurs BE-3U du second étage ont effectué avec succès deux rallumages en orbite[35]. Le deuxième étage est resté sur l'orbite moyenne, choix critiqué par certains car non conforme aux recommandations en matière de gestion des débris spatiaux, même si celles-ci concernent principalement l'orbite basse[36].
Une récupération du premier étage était prévue, après son atterrissage sur une plateforme flottante placée à 620 kilomètres au large de la base de lancement[28]. La première phase de la récupération du premier étage (rallumage à vitesse supersonique de trois des moteurs) est bien réalisée, mais le centre de contrôle perd le contact avec l'engin spatial 7 minutes et 55 secondes après le décollage alors qu'il se trouve encore à plus de 25 kilomètres d'altitude et qu'il se déplace à une vitesse de 6,9 km/s[9],[37],[36].
Deuxième vol et récupération réussie du premier étage (novembre 2025)
[modifier | modifier le code]Le deuxième vol du lanceur New Glenn (NG-2) a lieu le 13 novembre 2025 après un report de 4 jours destiné à éviter les conséquences d'éruptions solaires. La fusée emporte cette fois une charge utile constituée des deux petites sondes spatiales EscaPADE qui doivent être placées sur une orbite de transit vers le point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil et dont l'objectif est d'étudier la magnétosphère et l'atmosphère de Mars[18](il y a également une petite charge utile qui reste solidaire de la fusée : le démonstrateur technologique InRange[Note 4] développé par Viasat pour le compte de la NASA[38]. Le premier étage doit être récupéré sur une barge pré-positionnée au large de la Floride et en cas de succès sera réutilisé pour une mission suivante. Blue Origin a proposé un tarif particulièrement bas (20 millions US$) pour lancer cette charge utile sous-dimensionnée (1 tonne environ alors que New Glenn est théoriquement capable de placer environ 13 tonnes sur une trajectoire similaire) car les ingénieurs veulent vérifier son fonctionnement en vol avec une charge utile réelle tout en limitant les risques en cas de poussée insuffisante des moteurs[39]. Le lancement se déroule de manière nominale. Le premier étage se sépare du reste de la fusée un peu plus de 3 minutes après le décollage (T0), réduit sa vitesse de rentrée à l'aide de sa propulsion à T0+6'48", rallume ses moteurs pour le freinage final à T0+8'47" et vient se poser sur la barge Jacklyn à T0+9'9". Blue Origin devient le deuxième constructeur de fusée, après SpaceX, en mesure de réutiliser partiellement son lanceur. Le deuxième étage qui avait été mis à feu à T0+3'17" est éteint à T0+12'53" puis rallumé à T0+25" avant d'être éteint définitivement à T0+26'44". Les deux sondes spatiales EscaPADE sont larguées quelques minutes plus tard[18].
Synthèse des vols réalisés ou prévus
[modifier | modifier le code]Lors de son quatrième vol prévu au premier semestre 2026 le lanceur New Glenn doit lancer la mission Blue Moon Pathfinder dont l'objectif est de valider en vol les composants critiques de l'atterrisseur Blue Moon développé par Blue Origin et qui doit déposer un équipage sur la Lune dans le cadre de la mission Artemis V. Le prototype qui sera utilisé, baptisé (Blue Moon mark 1), est une version cargo plus légère que celle qui sera employée pour les missions avec équipage[40]. Par ailleurs le lanceur joue un rôle pivot dans le déploiement de la constellation de satellites de télécommunications Kuiper développée par son constructeur et a reçu plusieurs commandes d'opérateurs de satellites de télécommunications.
| Vol n° | Date | Base de lancement | Charge utile | Masse | Spécificités du lancement | Orbite | Statut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 16 janvier 2025 | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Ring Pathfinder | 2500 kg | Orbite moyenne | Vol inaugural réussi[42]. Echec de la récupération du premier étage. | |
| 2 | 13 novembre 2025 | Cap Canaveral SLC 36 | EscaPADE | 1070 kg | Récupération du premier étage GS1-7E02 (en) sur une barge. | Transfert vers point de Lagrange L2 du système Terre-Soleil | Deux petits orbiteurs de la NASA étudiant la magnétosphère et l'atmosphère de Mars. Récupération du premier étage. |
| 3 | 19 avril 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Bird Block 2 FM2 | 6100 kg | Réutilisation de l'étage GS1-7E02. | Orbite basse | Seconde génération de la constellation Blue Bird de la société AST SpaceMobile (en)[43]. Récupération du premier étage. Échec partiel : pas de ralumage du second étage[44]. |
| Premier semestre 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | Elytra | Orbite basse | Véhicule de transfert orbital développé par la société Firefly[40]. | |||
| Premier semestre 2026[40] | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Moon Mark 1 Pathfinder M1 | 21715 kg | Transfert vers la Lune | Atterrisseur lunaire de Blue Origin inspiré de Blue Moon et capable de transporter trois tonnes de charge utile. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-01 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Premier des 24 lancements au profit de la constellation d'Amazon Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-02 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-03 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-04 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-05 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-06 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-07 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-08 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-09 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-11 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-12 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2026 | Cap Canaveral SLC 36 | Eutelsat nn | Orbite géostationnaire | Satellite de télécommunications. | |||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Moon Mark 1 Pathfinder M2 + Viper | 21 715 kg + 430 kg | Transfert vers la Lune | Atterrisseur lunaire transportant l'astromobile Viper. | ||
| Cap Canaveral SLC 36 | OneWeb x ? | Orbite basse | Plusieurs vols prévus. | ||||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-13 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-14 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-15 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-16 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-17 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-18 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-19 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-20 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-21 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-22 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-23 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2027 | Cap Canaveral SLC 36 | LN-24 | 49 x 571 kg | Orbite basse | Constellations de satellites Amazone Leo. | ||
| 2028 | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Moon Mark 2 | Transfert vers la Lune | Test inhabité du Blue Moon HLS en vue d'Artemis V. | |||
| 2029 | Cap Canaveral SLC 36 | Blue Moon Mark 2 | Transfert vers la Lune | Premier alunissage habité dans le cadre de la mission Artemis V. |
| Vols de la New Glenn par version du lanceur |
5
10
15
20
2025
2026
2027
2028
2029
7x2 9x4 Planifié 7x2 9x4 |
Comparaison avec les lanceurs existants ou en cours de développement
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New Glenn peut placer 45 tonnes en orbite basse, ce qui en fait, début 2025, la deuxième fusée commerciale la plus puissante après la Falcon Heavy (64 tonnes), compte tenu du fait que les deux lanceurs les plus puissants — le Space Launch System et le Starship (la version actuelle ne permet pas de mettre en orbite des satellites « normaux ») — ne sont pas positionnés sur ce marché. Pour l'orbite géostationnaire, si dans sa version non réutilisable la Falcon Heavy domine largement la New Glenn par ses 26,7 tonnes, elle est nettement battue dans sa version réutilisable (8 à 10 tonnes contre 13 tonnes), au coût sans doute plus proche de celui de la New Glenn. Dans ce domaine, aucun chiffre officiel n'est disponible, mais le cout du lancement d'une New Glenn est estimé à 75 millions US$. La coiffe, tant par son diamètre (7 mètres contre 5 mètres) que par son volume (490 m2), dépasse largement la fusée Falcon Heavy et pourrait ouvrir des perspectives pour les charges utiles qui sont aujourd'hui contraintes dans leurs dimensions, comme les télescopes spatiaux. Sur le marché des lancements institutionnels américains (essentiellement militaires), le lanceur New Glenn, si sa fiabilité est démontrée, pourrait concurrencer la fusée Vulcan de ULA, qui est handicapée par son coût car elle n'est pas réutilisable[5].
| Charge utile | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Lanceur | Premier vol |
Masse | Hauteur | Poussée | Orbite basse | Orbite GTO | Autres caractéristiques |
| 2024 | 566 t | 57,2 m | 10 500 kN | 27,5 t | 13,3 t | ||
| 2025 | 1400 à 1500 t. | 98 m | 16 800 kN | 45 t² | 13 t² | Le premier étage est réutilisé (seule configuration disponible) | |
| 2018 | 1 421 t | 70 m | 22 819 kN | 64 t¹ | 27 t¹ | Le premier étage est réutilisable (optionnel). | |
| 2022 | 2 660 t | 98 m | 39 840 kN | 70 t | |||
| 2023 | 5 200 t | 121 m | 76 000 kN | 100 t | Les deux étages sont réutilisés (seule configuration disponible). | ||
| 2024 | 860 t | 63 m | 10 775 kN | 21,6 t | 11,5 t | ||
| 2023 | 609 t | 63 m | 9 683 kN | 6,5 t | |||
| 2018 | 549 t | 70 m | 7 607 kN | 22,8 t¹ | 8,3 t¹ | Premier étage réutilisable (optionnel) | |
| 2016 | 867 t | 57 m | 10 460 kN | 23 t | 13 t | ||
| 2030³ | 4 339 t | 114 m | 26 262 kN | 150 t | 50 t | ||
| 2027³ | 2 187 t | 92 m | 59 821 kN | 70 t | 27 t | ||
| 1967 | 3 038 t | 110,6 m | 34 000 kN | 118 t | 47 t | Pour référence. Ce lanceur n'est plus utilisé. | |
| 1 kN équivaut à 0,1 t. - ¹ Sans récupération du premier étage. - ² Avec récupération du premier étage. - ³ Prévision. | |||||||
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Le troisième étage devait être propulsé par un unique moteur-fusée BE-3U ayant une poussée de 534 kilonewtons qui fonctionne durant 300 secondes. Ses réservoirs emportent 40,25 tonnes d'ergols.
- ↑ Le sur refroidissement permet d'accroitre le rendement des moteurs
- ↑ initialement l'étage devait être propulsé par un unique moteur-fusée BE-4U, version du moteur-fusée utilisée sur le premier étage adaptée au fonctionnement dans le vide, c'est-à-dire avec une tuyère allongée
- ↑ Précurseur d'un système de relais de télécommunications embarqué sur les satellites commerciaux géostationnaires qui doit remplacer les satellites dédiés TDRS de la NASA pour le suivi des lancements (récupération des télémesures)
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Warren Ferster, « ULA To Invest in Blue Origin Engine as RD-180 Replacement », sur SpaceNews, .
- ↑ (en) Mike Gruss, « Evolution of a Plan : ULA Execs Spell Out Logic Behind Vulcan Design Choices », sur SpaceNews, .
- (en) Stephen Clark, « Blue Origin's orbital rocket in the running to receive U.S. military investment », sur spaceflightnow.com, .
- ↑ (en) Sandra Erwin, « Air Force awards launch vehicle development contracts to Blue Origin, Northrop Grumman, ULA », sur SpaceNews, .
- (es) Daniel Marin, « Primer lanzamiento del cohete New Glenn de Blue Origin: SpaceX ya tiene competencia », sur Eureka,
- Stefan Barensky, « Eutelsat sera le premier client de Blue Origin », Aerospatium, .
- ↑ (en) Caleb Henry, « Telesat signs New Glenn multi-launch agreement with Blue Origin for LEO missions », sur SpaceNews, .
- (en) Norbert Brügge, « B.O. New Glenn », sur Spacerockets (consulté le ).
- (en) Harry Stranger, « Blue Origin launches New Glenn on flight NG-1 and makes orbit », sur nasaspaceflight.com, .
- ↑ (en) Eric Berger, « Blue Origin's massive New Glenn rocket is delayed for years. What went wrong? », sur Ars Technica, .
- (es) Daniel Marin, « Blue Origin y su cohete New Glenn : el gigante dormido », sur Eureka, .
- ↑ (en) Eric Berger, « Some details have emerged about Blue Origin's "Blue Ring" project », sur Ars Technica, (consulté le ).
- ↑ (en) Jeff Foust, « Kuiper launch companies say they can meet Amazon's schedule », sur SpaceNews, (consulté le ).
- (en) « Blue Origin’s New Glenn Rocket Completes Integrated Launch Vehicle Hotfire », sur Blue Origin, .
- (en) « Maiden Flight », sur Nextspaceflight.com, .
- ↑ (en) Jeff Foust, « Blue Origin's New Glenn added to NASA launch contract », sur SpaceNews, (consulté le ).
- ↑ (en) « Blue Origin wins first NASA business for New Glenn », sur SpaceNews, .
- (en) « Blue Origin launches ESCAPADE on New Glenn, successfully lands first stage booster », sur nasaspaceflight.com,
- ↑ (en) Justin Davenport, « Blue Origin unveils new spacecraft and New Glenn upgrades », sur nasaspaceflight.com, .
- ↑ Stefan Barensky, « Blue Origin exploitera une flotte de deux New Glenn », Aerospatium, .
- Stefan Barensky, « Bezos et Musk : course au gigantisme », sur aerospatium.info, Aerospatium, .
- ↑ (en) Chris Bergin et William Graham, « Blue Origin introduce the New Glenn orbital LV », sur nasaspaceflight.com, .
- ↑ (en) Blue Origin, New Glenn Payload User's Guide, , 124 p. (lire en ligne [PDF]), p. 59.
- ↑ (en) « Blue Ring », sur Blue Origin (consulté le ).
- ↑ (en) Caleb Henry, « Blue Origin to offer dual launch with New Glenn after fifth mission », sur SpaceNews, .
- ↑ (en-US) Eric Berger, « First images of Blue Origin’s “Project Jarvis” test tank », sur Ars Technica, (consulté le ).
- ↑ (en) Blue Origin, New Glenn Payload User's Guide, , 124 p. (lire en ligne [PDF]), p. 25-27.
- (en) Harry Stranger, « Blue Origin ready for maiden flight of New Glenn », sur nasaspaceflight.com, .
- (en) « New Glenn », Blue Origin (consulté le ).
- ↑ (en) « Blue Origin Breaks Ground on Huntsville Engine Production Facility », Blue Origin, .
- ↑ .
- ↑ (en-US) Jeff Foust, « Blue Origin says first New Glenn launch still scheduled for 2024 », sur SpaceNews, (consulté le ).
- ↑ (en) Harry Stranger, « New Glenn's maiden flight approaches as hardware undergoes testing », sur nasaspaceflight.com, .
- ↑ (en) « New Glenn NG-1 Mission Updates », sur Blue Origin, (consulté le ).
- ↑ « New Glenn, le premier lanceur orbital de Blue Origin, réussit son vol inaugural », sur reves-d-espace.com, .
- (en) Jeff Foust, « FAA requires mishap investigation for failed New Glenn landing », sur Spacenews.com, .
- ↑ (en) Will Robinson-Smith, « History made: Blue Origin becomes first new space company to reach orbit on its first launch », sur spaceflightnow.com, .
- ↑ (en) « Viasat and Blue Origin to Partner on Launch Telemetry Demonstration for NASA Communications Services Project », sur Viasat,
- ↑ (es) Daniel Marin, « Éxito de la segunda misión del cohete New Glenn: lanzadas las sondas marcianas ESCAPADE de la NASA y recuperación de la primera etapa », sur Eureka,
- (en) Eric Berger, « The second launch of New Glenn will aim for Mars », sur Ars Technica,
- ↑ (en) Gunter Krebs, « New Glenn », sur Gunter's Space Page (consulté le ).
- ↑ (en) Jeff Foust, « New Glenn reaches orbit on first launch », sur SpaceNews, (consulté le )
- ↑ (en) « BlueBird Block 2 », sur Gunter's Space Page (consulté le )
- ↑ (en) Robert Z. Pearlman, « Blue Origin just launched the giant Bluebird 7 mobile phone satellite into space — but it's in the wrong orbit », sur Space.com, (consulté le )
- ↑ (en) Patric Blau, « Long March 5 Launch Vehicle », sur Spaceflight101.com (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « SLS », sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « NGLS Vulcan »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « Falcon-9 Heavy », sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « H-3 NGLV », sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « Ariane NGL »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Norbert Brügge, « B.O. New Glenn », sur Spacerockets (consulté le ).
- ↑ (en) Ed Kyle, « Orbital ATK Next Generation Launch », sur Space Launch Report, .
Documents de référence
[modifier | modifier le code]- (en) Blue Origin, New Glenn Payload User's Guide, , 124 p. (lire en ligne [PDF]). — Guide pour les clients du lanceur New Glenn.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) New Glenn, page d'information sur le site de Blue Origin