Canyon (satellite)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Canyon.
Données générales
Organisation Drapeau des États-Unis NRO
Constructeur Drapeau des États-Unis Lockheed
Domaine Renseignement d'origine électromagnétique COMINT
Constellation 7 satellites
Statut Retirés du service
Lancement 1968-1977
Lanceur Titan-SLV3A/Agena-D
Caractéristiques techniques
Masse au lancement 220-270 kg
Contrôle d'attitude Stabilité 3 axes
Source d'énergie Panneaux solaires
orbite géosynchrone
Périgée 30 200 km
Apogée 40 800 km
Inclinaison

Canyon est une famille de satellites militaires de renseignement d'origine électromagnétique (ELINT/SIGINT) développée par les États-Unis et mis en œuvre à la fin années 1960 et durant la décennie 1970. Il s'agit de la première génération de satellites de ce type placé sur une orbite quasi géosynchrone. Sept satellites de ce type ont été placés en orbite. Ils ont été remplacés par la la série des Chalet.

Historique[modifier | modifier le code]

Les satellites de renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT en anglais) constituent, avec les satellites d'imagerie, les deux piliers du segment spatial du renseignement militaire moderne. La première série significative de satellites de ce type est la famille des Canyon. Ces satellites sont développés dans le cadre du programme A de la NRO (l'agence créée pour gérer les satellites de reconnaissance) et développés sous l'égide de l'Armée de l'Air américaine. Il s'agit d'un programme secret qui ne sera rendu public que 20 ans après son achèvement. Les spécialistes du domaine ont longtemps cru qu'il s'agissait d'un programme destiné à détecter le lancement de missiles balistiques. Ces satellites sont construits par Lockheed fournisseur traditionnel des satellites de l'US Air Forces. Les Canyons interceptent les communications émises en microondes et VHF. A cet effet ils sont placés sur une orbite quasi géosynchrone à très haute altitude (40 000 km) ce qui permet par triangulation de déterminer la source de ces émissions radio (COMINT). Le satellite est fixé sur un étage Agena D au lancement mais on ne dispose pas d'éléments permettant de savoir si celui-ci est utilisé pour placer le satellite sur son finale ou si ce rôle est pris en charge par un moteur-fusée à propergol solide solidaire du satellite[1].

Quatre satellites de la série Rhyolite, rebaptisée par la suite Aquacade, sont lancés entre 1970 et 1978 sur une orbite géostationnaire et jouent un rôle complémentaire : ils collectent les signaux émis par les missiles balistiques soviétiques et chinois ainsi que par leurs véhicules de rentrée et interceptent les émissions radio soviétiques émises en micro-ondes. Pour étendre la surveillance aux latitudes les plus septentrionales mal couverte par les satellites en orbite géostationnaire, les États-Unis déploient la série des Jumpseat entre 1971 et 1983. Une demi douzaine de ces satellites circulent sur une orbite de Molnia qui leur permet de survoler l'hémisphère nord durant la plus grande partie de leur orbite. Les satellites Jumpseat circulant sont remplacés dans les années 1990 par une série de trois Trumpet. La série des Canyon est elle-même remplacée par les satellites Chalet/Vortex à compter de la fin des années 1970. Ces satellites déploient en orbite une antenne de plus grande taille (38 mètres de diamètre). Cette série rebaptisée par la suite Mercury se caractérisera par une longévité particulièrement importante en fournissant des données jusque dans la décennie 2000[1].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Le satellite Canyon a une masse évaluée entre 220 et 270 kg. Il dispose d'une antenne d'un diamètre d'environ 9 mètres déployée en orbite et utilisée pour intercepter les communications militaires. Le satellite est stabilisé par gradient de gravité et l'antenne parabolique est attaché au corps central par un bras articulé qui permet de l'orienter vers un point précis de la surface[2].

Historique des lancements[modifier | modifier le code]

Tous les lancements des Canyon ont eu lieu depuis le pas de tir LC-13 de la base de lancement de Cape Canaveral en Floride. Le premier satellite est lancé en aout 1968 mais est perdu après avoir atteint son orbite à la suite de l'envoi de commandes erronées par la station de contrôle. Les deux satellites suivants entrent en service opérationnel mais subissent des pannes d'alimentation électrique. Le quatrième satellite est perdu au lancement. Les trois derniers satellites ont fonctionné correctement et ont produit des données exploitables[3].

Satellites Canyon[3]
Désignation Date de lancement Lanceur Identifiant Cospar Remarques
Canyon 1 (Mission 7501, OPS 2222) 6 aout 1968 Titan-SLV3A/Agena-D 1968-063A
Canyon 2 (Mission 7502, OPS 3148) 13 avril 1969 Titan-SLV3A/Agena-D 1969-036A
Canyon 3 (Mission 7503, OPS 7329) 1 septembre 1970 Titan-SLV3A/Agena-D 1970-069A
Canyon 4 (Mission 7504) 4 décembre 1971 Titan-SLV3A/Agena-D Echec du lancement
Canyon 5 (Mission 7505, OPS 9390) 20 décembre 1972 Titan-SLV3A/Agena-D 1972-101A
Canyon 6 (Mission 7506, OPS 4966) 18 juin 1975 Titan-SLV3A/Agena-D 1975-055A
Canyon 7 (Mission 7507, OPS 9751) 23 mai 1977 Titan-SLV3A/Agena-D 1977-038A

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Identifying the classified NROL-42 Satellite », sur spaceflight101.com (consulté le 27 septembre 2017)
  2. (en) Charles P. Vick, « Canyon », sur globalsecurity.org,
  3. a et b (en) Gunter Krebs, « Canyon 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 (AFP-827) », sur Gunter's Space Page (consulté le 18 octobre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]