Complexe de lancement 39

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Vue aérienne du complexe de lancement 39 avec le bâtiment d'assemblage en bas de la photo et les deux aires de lancement en haut
Premier décollage de la fusée Saturn V pour la mission sans équipage Apollo 4 depuis l’aire LC-39A.
Décollage de la mission STS-118 de la navette spatiale américaine le 8 aout 2007. Cette vue prise avec un fish-eye montre le système d’atténuation sonore (SSWS) en train de répandre de l'eau sur l’aire de lancement 39A.

Le complexe de lancement 39 ou LC-39 est un ensemble d'installations de la NASA utilisé pour assembler et lancer les engins spatiaux les plus emblématiques du programme spatial de l'agence spatiale américaine : la fusée Saturn V, la navette spatiale américaine. Prévu pour accueillir les futurs lanceurs lourds Ares du programme Constellation, la base de lancement se retrouve désaffectée à la suite de l'arrêt de ce programme en 2010 et celui de la navette spatiale en 2011. En 2016 le complexe de lancement est en cours de réaménagement pour accueillir trois nouvelles familles de lanceur : le lanceur lourd Space Launch System de la NASA sur l'ensemble (site 39B), le lanceur lourd Falcon Heavy de la société SpaceX (39A) et des petits lanceurs à déterminer sur le complexe 39C. Le complexe fait partie du Centre spatial Kennedy et est situé à Merritt Island en Floride (États-Unis).

La NASA a acquis en 1962 le site occupé par le complexe qui était voisin des champs de tir des lanceurs Mercury et Programme Gemini : à l'époque l'objectif était de créer un ensemble de lancement dimensionné pour les fusées géantes Saturn V du programme lunaire Apollo. Il est inauguré par la mission Apollo 4 en 1967. En 1973 sa reconversion est entamée pour permettre le lancement de la navette spatiale américaine. En 2007, le complexe démarre une nouvelle phase de modifications pour le préparer à l'arrivée des fusées Ares I du Programme Constellation qui doivent remplacer les navettes spatiales dont le programme a été arrêté en 2011. Mais le président américain Barack Obama a annoncé le son intention d'abandonner le programme Constellation. La décision a été approuvée par le Congrès américain, entrainant l'arrêt du programme Constellation. Désormais un des pas de tir est en cours de reconversion pour les besoins du futur lanceur lourd Space Launch System (SLS). L'autre pas de tir est utilisé par les sociétés propriétaires de lanceurs commerciaux.

Les principales installations fixes du complexe de lancement 39 sont les aires de lancement (39A et 39B), un bâtiment d’assemblage des lanceurs aux dimensions remarquables (le VAB), trois bâtiments de maintenance et de reconditionnement des navettes spatiales (les Orbiter Processing Facility), un centre de contrôle du lancement doté de quatre salles de lancement, la salle de presse du centre spatial Kennedy ainsi que différentes installations assurant la logistique et le support des opérations. Les installations non fixes comprennent trois plateformes de lancement mobiles qui sont déplacés par des transporteurs sur chenille.

Historique[modifier | modifier le code]

Carte des aires de lancement du centre spatial Kennedy : le complexe de lancement 39 se trouve en haut
Lancement de la dernière fusée Saturn IB depuis LC-39B le 15 juillet 1975 pour le vol Apollo-Soyouz.

Création du centre de Cape Canaveral (années 1950)[modifier | modifier le code]

Le centre spatial Kennedy a pour origine une base de l’aéronavale américaine située sur la Banana River au sud du Cap Canaveral. En 1948 la base est transférée à la force aérienne des États-Unis pour que celle-ci puisse y lancer des fusées allemandes V2[1]. L'implantation du centre sur la côte est de la Floride est idéale pour le lancement de fusées car leur trajectoire au décollage survole l’Océan Atlantique évitant les zones habitées. En 1951 le site est agrandi vers le nord et devient le Centre de test des missiles de l’Armée de l’Air, la future Cap Canaveral Air Force Station de l’Armée de l’Air (CCAFS). Des lancements de missiles et de fusées y sont réalisés tout au long des années 1950[2].

La NASA est créée en 1958 et les premières fusées de l’agence spatiale américaine dont les vols Mercury et Gemini sont lancés depuis le site du CCAFS[3].

Le programme Apollo et la création du complexe 39 (1962-1966)[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1950, il devient évident que le site de Cap Canaveral va manquer de place pour la construction de nouvelles aires de lancement. Or la NASA qui est en train de mettre en place un programme spatial ambitieux a besoin de nouveaux sites de lancement. En 1961 le président John Kennedy donne le coup d’envoi au programme Apollo en annonçant qu’un astronaute américain se posera sur la Lune avant la fin de la décennie.

En 1961 la NASA envisage de lancer jusqu'à 100 fusées Saturn par an or Cape Canaveral ne pouvait accueillir ces fusées que sur 2 sites, le complexe de lancement 34 (4 lancements par an) et le complexe de lancement 37 (lancements par an). Par ailleurs en 1961 la NASA met au point une nouvelle méthode d'assemblage des lanceurs. Jusque là les fusées étaient assemblées sur l'aire de lancement, un processus long qui immobilisait celle-ci. Dans le nouveau processus, la fusée est assemblée dans un bâtiment d'assemblage puis transférée jusqu'à l'aire de lancement sur une table de lancement mobile munie d'une tour permettant de faire le plein d'ergols et d'effectuer les derniers contrôles. Une fois sur l'aire de lancement, il suffit de faire le plein, de procéder aux dernières vérifications avant de déclencher le lancement. Pour lancer les fusées lourdes du programme lunaire, la NASA décide d'acquérir des terrains sur l’ile adjacente de Merritt[4]. La NASA annexe d’emblée 340 km2 en 1962 puis négocie avec l’État de Floride l’achat de 230 km2 supplémentaires. À cette époque le numéro de l’aire de lancement du centre spatial le plus élevé était 37 : le numéro 39 est attribué au nouveau complexe.

Selon les plans initiaux très ambitieux, le complexe doit comprendre 5 aires de lancement espacées de 2 700 mètres pour éviter que l’explosion au décollage d’une fusée n'endommage les installations des aires voisines. Trois d'entre elles doivent être construites immédiatement et deux doivent l’être plus tard. Les aires de lancement ont été numérotées dans l’ordre de leur implantation du nord au sud : la plus au nord désignée LC39A et la plus au sud LC39C. LC39A ne fut jamais construite et LC39C devient LC39A en 1963. Avec la numérotation actuelle LC39C serait au nord de LC39B. LC39D se serait trouvée à l’ouest de LC39C. LC39E aurait été au nord à mi-distance entre LC39C et LC39D avec LC39E formant le sommet d’un triangle en étant équidistant de LC39C et LC39D. La route empruntée par le transporteur à chenilles entre le bâtiment d'assemblage et les aires de lancement existantes est tracée pour pourvoir desservir les aires de lancement qui ne seront finalement pas construites[5].

À l’époque du programme Apollo, les aires de lancement sont dépourvues d’installations fixes car la tour ombilicale se trouve sur la plate forme mobile. La seule modification effectuée est un trépied sur la plateforme mobile pour permettre le lancement de la fusée Saturn 1B - plus courte que la Saturn V – qui est utilisée pour le lancement des équipages de la station spatiale Skylab.

Les lancements du programme Apollo (1967-1975)[modifier | modifier le code]

Le complexe de lancement LC39 (aire 39A) est utilisé pour la première fois en 1967 pour le premier lancement de la fusée Saturn V qui transporte la mission inhabitée Apollo 4. Le deuxième vol inhabité utilise également l’aire 39A comme tous les vols habités Apollo-Saturn V à l’exception du vol Apollo 10 qui fut lancé du LC39B. Après l'arrêt du programme Apollo le complexe est utilisé pour lancer les fusées Saturn 1B des missions Skylab et enfin le vol unique du programme Apollo-Soyouz.

Après le vol d’Apollo 10, l’aire de lancement LC39B devient un site de secours en cas de destruction du 39A. Il est utilisé par la suite pour les trois missions Skylab, le vol Apollo-Soyouz ainsi qu’une mission de secours Skylab qui ne sera jamais lancée.

Les modifications effectuées pour la navette spatiale (1973-1981)[modifier | modifier le code]

Pour la dernière fois deux navettes sont installées simultanément sur les aires de lancement LC39A et LC39B dans le cadre de la mission STS-125 de maintenance du télescope spatial Hubble
Vue aérienne des deux aires de lancement, 39A (premier plan) et 39B.

Le Programme Apollo ayant été interrompu prématurément, les installations du complexe sont remaniées pour répondre aux besoins de la navette spatiale américaine en cours de développement : pour la navette spatiale on ajouta sur l’aire une tour fixe comportant des plateformes pivotantes utilisées à la fois pour protéger la navette spatiale et pour installer verticalement les charges utiles dans la baie cargo de la navette[6],[7]. L'aire 39A est modifiée à compter de 1973 immédiatement après le dernier vol de la fusée Saturn V destiné à satelliser la station spatiale Skylab.L'aire modifiée est inaugurée par le premier vol de la navette, la mission STS-1 de Columbia en 1981[8]. L'aire 39B est refondue en 1975 après le vol Apollo-Soyouz, mais la complexité de certaines modifications (principalement celles permettant d'installer l’étage Centaur-G dans la soute de la navette, option abandonnée par la suite) et du fait de restrictions dans le budget de la NASA, l'aire modifiée n'est mise à niveau qu’en 1986. Le premier vol inaugural du site est celui de la navette Challenger de la mission STS-51-L qui fut détruite en vol.

Le 31 mai 2008, au décollage de la navette Discovery pour la mission STS-124, le site de lancement 39A subit d’importants dommages en particulier au niveau du déflecteur de flammes en béton[9].

La reconversion avortée du programme Constellation (2007-2010)[modifier | modifier le code]

L’aire de lancement 39-B en cours de remodelage (antennes paratonnerre) pour les vols Ares I (février 2009).
Le lanceur Ares-1-X en cours d'assemblage dans la baie 3 du VAB
Lancement de l'Ares-1-X depuis l'aire 39B

L’arrêt des vols programmé au début des années 2010 de la navette spatiale américaine entraine la reconversion de tout le complexe de lancement. L’aire de lancement 39A est la seule qui est reste utilisable par la navette spatiale après le lancement de la mission STS-117. Elle reste affectée à la navette jusqu’au lancement de la dernière mission STS-135 qui intervient le 8 juillet 2011. Parallèlement a débuté la reconversion de l'aire 39B pour permettre la lancement des fusées Ares I et Ares V du programme Constellation. La première phase de la modification de 39B s'est achevée en septembre 2009 et un tir d'essai de l'ARES I a eu lieu en octobre 2009[10]. Mais

LC-39B[modifier | modifier le code]

La NASA a désactivé l’aire 39B immédiatement après le lancement de la mission STS-116 en janvier 2007 pour entamer sa reconversion pour le lanceur Ares I. Entre les missions STS-116 et STS-125, alors que la navette Endeavour était installée prête pour une mission de secours STS-400, 3 mâts paratonnerre de 180 mètres, analogues à ceux utilisés sur les aires de lancement des fusées Atlas V et Delta IV de Cape Canaveral, ont été montés et le mat paratonnerre unique existant ainsi que la grue attenante ont été supprimés.

Après le lancement de la mission STS-125 et avant lancement de la fusée Ares I-X réalisé en octobre 2009, les entreprises ont supprimé la partie mobile de la tour de lancement (RSS) et modifié la plateforme de lancement mobile (MLP). Après le lancement de Ares-I-X, la tour fixe devrait être également supprimée en application du concept de simplicité préconisé par le rapport ESAS (Exploration Systems Architecture Study). Deux nouvelles plateformes de lancement mobiles doivent être construites pour permettre le lancement de l’Ares I avec sa tour ombilicale. Par contre le transporteur sur chenilles doit être conservé tel que. La nouvelle plateforme mobile avec sa tour ombilicale ressemble à la configuration utilisée pour Apollo mais ne comporte que deux bras mobiles : l’un pour l’équipage (avec une salle blanche) l’autre pour le module de service Orion. Une paire de plaques ombilicales analogues à ce qui existait pour la navette spatiale est utilisée pour remplir les réservoirs d’hydrogène et d’oxygène liquide et récupérer les gaz évaporés. Un nouveau système d’évacuation de l’équipage par téléphérique est mis en place.

Lorsque l’ensemble des composants du lanceur Ares I seront disponibles et testés à savoir pour Ares I-Y vers 2010 et pour le vaisseau Orion 1 vers 2012, toute trace des installations utilisées par la navette spatiale aura été supprimée de l’aire de lancement hormis les réservoirs de stockage des ergols et le château d’eau du système d’atténuation sonore. L’aire sera à nouveau complètement dégagée comme à l’époque des lancements du programme Apollo[11],[12].

À la suite de l'abandon du programme Constellation en 2010 l'aire 39B a été retenue pour le lancement du futur lanceur lourd Space Launch System (SLS). Un programme d'adaptation du site en 5 phases a été entamé[13]

LC-39A[modifier | modifier le code]

Comme pour l’aire de lancement 39B, les tours fixes et mobile FSS et RSS de 39A doivent être détruites et 3 mats paratonnerres similaires à ceux du 39A installés. Mais alors que 39B conserve les réservoirs de stockage utilisés par la navette, des réservoirs supplémentaires seront construits sur 39A pour pouvoir alimenter le premier étage de la fusée Ares V qui est aussi haut que les deux premiers étages de la Saturn V additionnés ainsi que le 2 deuxième étage (EDS) et le module lunaire Altair qui consomment tous le même mélange d’oxygène et d’hydrogène liquide.

Du fait de la taille des fusées Ares V les trois plateformes de lancement mobiles (MLP), dont la construction remonte au programme Apollo et qui ont été modifiées pour la navette spatiale, devaient subir une nouvelle transformation pour pouvoir recevoir la future fusée géante et sa tour ombilicale. Cette dernière devait avoir des bras pivotants pour le troisième étage et le module lunaire Altair. Du fait de leur âge et du poids élevé de l’Ares V et de sa tour (supérieur à celui de la fusée Saturn V), les transporteurs à chenilles utilisés depuis 1967 devaient être refondus : de nouveaux moteurs et d’autres équipements répondant aux besoins des lanceurs Ares devaient être installés avant que les premiers vols vers la Lune commencent vers 2020. L’aire 39A, bien qu’elle soit réservée en priorité au lanceur Ares V, aurait été aménagée de manière à pouvoir également lancer des fusées Ares I pour pallier la mise hors service de la 39B à la suite d'un accident au lancement.

Avec l'abandon du programme Constellation en 2010, le pas de tir n'a plus de perspective d'utilisation. Courant 2012 la NASA proposait sa location aux sociétés privées à la recherche d'une base de lancement pour leurs fusées[14]

Les autres modifications envisagées pour le programme Constellation[modifier | modifier le code]

Le bâtiment d'assemblage (le VAB) a été modifié pour permettre l’intégration simultanée d'une navette spatiale et d'un lanceur Ares I, car les deux programmes doivent se chevaucher en partie. Par la suite le VAB sera à nouveau modifié pour permettre l’assemblage du lanceur Ares V lorsque les premiers vols de cette fusée auront lieu vers 2018.

Deux des trois plateformes mobiles sont en cours de modifications pour pouvoir accueillir le lanceur Ares I et sa tour ombilicale (toutefois le vol de test Ares I-X utilise la plateforme dans sa version navette spatiale) et les transporteurs à chenilles qui ont été construits à l’époque d’Apollo vont être mis à niveau. Il est également envisagé de construire une troisième aire de lancement 39C sur l'emplacement prévu à l'origine pour lancer une version évoluée de la fusée Saturn V pour le programme Apollo Applications annulé peu après Apollo 11. Cette nouvelle aire permettrait vers 2030 d’assurer tout à la fois le ravitaillement de la base permanente sur la Lune et de réaliser les autres missions envisagées : lancement du télescope spatial à grand ouverture (AT-LAST) vers le point de Lagrange Terre-Soleil L2, mission habitée Orion vers les astéroïdes et les missions habitée vers Mars. L’aire 39C permettrait de disposer d’un plan de secours en cas de destruction d'une des deux autres aires de lancement.

L'arrêt du programme Constellation (2010)[modifier | modifier le code]

l'arrêt du programme Constellation en 2010 et le lancement du programme du lanceur lourd Space Launch System (SLS) ont encore bouleversé la donne. Désormais l'aire 39B doit être affectée au tirs de cette nouvelle fusée. L'aire 39A n'a plus d'affectation.

La reconversion des années 2010 : SLS et Falcon Heavy (2011-)[modifier | modifier le code]

La future base de lancement du lanceur lourd SLS[modifier | modifier le code]

Falcon Heavy sur son pas de tir du complexe de lancement 39A (vue d'artiste).
Construction d'un bâtiment d'assemblage pour les Falcon 9 et Falon Heavy près du complexe de lancement LC-39A du centre spatial Kennedy (juin 2015) acquis par la société SpaceX.

Le futur lanceur lourd Space Launch System doit être assemblé, convoyé et lancé de la même manière que les fusées lunaires Saturn V. La fusée doit être assemblée à la verticale dans la baie 3 du bâtiment d'assemblage VAB sur la plateforme mobile de lancement. Il est alors convoyé toujours à la verticale jusqu'au pas de tir du complexe 39B. Les installations du VAB sont modernisées et les plateformes d'accès sont remplacées pour permettre d'atteindre les points stratégiques de la fusée qui se situent à des hauteurs différentes de la navette[15].

Développement des installations de lancement de SpaceX[modifier | modifier le code]

Pour lancer sa future fusée lourde Falcon Heavy, SpaceX loue, dans le cadre d'un bail qui courre jusqu'en 2025, le complexe de lancement LC-39A du centre spatial Kennedy utilisé autrefois par la Navette spatiale américaine. En 2015 et 2016 il réaménage le pas de tir et fait construire un bâtiment d'assemblage. La société a l'intention de lancer depuis ce site à la fois des Falcon Heavy et des Falcon 9. Ces lanceurs sont assemblés horizontalement puis convoyés jusqu'au pas de tir avant d'être redressé à la verticale. Le premier lancement d'une Falcon Heavy est planifié en 2016 depuis ce site[15].

Les installations du complexe de lancement 39[modifier | modifier le code]

Les installations fixes[modifier | modifier le code]

Les principales installations fixes du complexe de lancement 39 sont les aires de lancement (39A et 39B), un bâtiment d’assemblage des lanceurs aux dimensions remarquables (le VAB), trois bâtiments de maintenance et de reconditionnement des navettes spatiales (les Orbiter Processing Facility), un centre de contrôle du lancement doté de 4 salles de lancement, la salle de presse du centre spatial Kennedy ainsi que différentes installations assurant la logistique et le support des opérations

Le bâtiment d'assemblage (VAB) 
Le VAB (Vehicle Assembly Building) est le bâtiment dans lequel est assemblée la navette spatiale et dans le futur les lanceurs Ares. Dimensionné initialement pour traiter 4 lanceurs Saturn V en même temps, il est compartimenté en 4 sous-ensembles (les baies) dotés chacun d'une porte extérieure haute de 139 mètres permettant de faire passer la fusée assemblée sur sa plateforme mobile. C'est un des plus vastes bâtiments existant au monde : haut de 160 mètres, il fait 218 mètres de long sur 158 mètres de large. De nos jours les baies 1 et 3 sont utilisées pour l'assemblage à la verticale de la navette spatiale avec son réservoir et les propulseurs à propergols solides. Les baies 2 et 4 sont utilisées pour les opérations de vérification du réservoir extérieur. À l'intérieur la navette est assemblée sur la plateforme mobile de lancement qui repose sur des pylônes métalliques durant ces opérations.
Les bâtiments de maintenance de la navette
Une partie des installations fixes du complexe dont le VAB (le plus imposant)
La navette en phase finale d'assemblage est en train de quitter le VAB
Le VAB et les 3 plateformes mobiles à l'époque du programme Apollo

Immédiatement après son atterrissage, la navette spatiale est déplacée jusqu'à un bâtiment dans lequel elle est remise en condition de vol : l'Orbiter Processing Facility (OPF). Il existe 3 bâtiments de ce type (OPF-1, 2 et 3), chacun pouvant prendre en charge une seule navette. Ces hangars long de 121 mètres et large de 71 mètres sont situés à proximité du VAB. Dans l'OPF la navette est vidée des carburants résiduels, les systèmes pyrotechniques sont retirés. La charge utile de la précédente mission est retirée et la navette est entièrement contrôlée, testée et les opérations de maintenance et de réparation sont réalisées. Toutes ces opérations s'étalent environ sur les deux tiers du délai qui s'écoule entre deux vols. Les tests de mise en marche du véhicule sont contrôlés depuis les consoles situées dans les salles de contrôle de tir[16].

Le centre de contrôle de tir

Le centre de contrôle de tir (Launch Control Center LCC)) abrite les installations qui permettent d'effectuer les répétitions des lancements et de contrôler le lancement effectif. Il est abrité dans un grand bâtiment (115 mètres de long pour 55 mètres de large) de quatre étages situé à l'angle sud-est du bâtiment d'assemblage des lanceurs (le VAB). Il contient les installations électroniques et informatiques qui permettent de contrôler le fonctionnement du lanceur au sol et en vol. Au troisième se trouvent 4 salles de contrôles de tir qui permettent chacune de suivre les opérations de préparation et de lancement d'une fusée. Chaque salle contient un ensemble d'équipements permettant aux opérateurs de contrôler et suivre les opérations : le Checkout, Control and Monitor Subsystem (CCMS). Le bâtiment contient également des bureaux et des salles de conférences[17].

La piste d'atterrissage (Shuttle Landing Facility SLF) 
La navette spatiale atterrit normalement après sa mission sur la piste d'atterrissage situé dans le complexe de lancement 39. Cette piste située à 3 km au nord-ouest du VAB est longue de 4,5 km et large de 91 mètres. Elle est dotée de nombreuses aides à la navigation électroniques mais aussi optiques pour faciliter l'atterrissage de la navette. Près du parking associé à la piste se trouve une structure qui permet de hisser ou d'ôter la navette spatiale de son avion porteur B747[18].
Les autres installations[19]

Plusieurs autres bâtiments entourent le VAB. Les principaux sont :

  • l'Operations Support Building (OSB) un important bâtiment administratif comportant 27 000 m2 de bureaux qui comprend un centre de documentation technique et d'analyse des photos ;
  • un centre logistique (Logistics Facility). Ce bâtiment de 30 000 m2 contient 190 000 pièces détachées de la navette spatiale ;
  • le Processing Control Center (PCC) de 9 000 m2 de surface affecté à l'entraînement des équipes de lancement et à la maintenance du Launch Processing System (LPS) ;
  • une salle de presse située dans un bâtiment proche du VAB.

Les installations mobiles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Engin de transport crawler.

Les installations mobiles comprennent les trois 3 plateformes de lancement mobiles qui sont déplacées par 2 transporteurs sur chenille.

La plateforme mobile de lancement (Mobile Launcher Platform MLP) est une structure métallique à 2 étages sur laquelle le lanceur est assemblé, puis transporté jusqu'à la zone de lancement, et enfin lancé. La plateforme est évidée à 3 endroits situés sous les moteurs de la navette et sous les 2 propulseurs à poudre pour laisser passer les flammes et les gaz chauds expulsés par les moteurs au décollage. Pour le programme Apollo, la plateforme ne comportait qu'une seule cavité située sous les moteurs du premier étage et était doté d'une tour ombilicale qui a été démontée pour lancer les navettes et partiellement utilisée pour former la tour fixe située sur l'aire de lancement. La plateforme est haute de 7,6 mètres et fait 49 mètres de long pour 41 mètres de large. Elle pèse 4 190 tonnes à vide et 6 220 tonnes avec la navette juste avant le décollage, le plein d'ergols effectué. Lorsqu'elle est située sur l'aire de lancement ou dans le VAB elle repose sur 6 pieds métalliques haut de 7 mètres. Elle est transportée avec sa charge par le transporteur à chenilles depuis le VAB jusqu'au site de lancement.

La procédure de lancement de la navette spatiale[modifier | modifier le code]

La navette spatiale Endeavour prête au lancement sur l’aire 39A.
Le site de lancement 39A

Assemblage de la navette spatiale[modifier | modifier le code]

La navette spatiale est assemblée avec les deux propulseurs à poudre SRB (Solid Rocket Booster) et le réservoir extérieur ET (External Tank). Plusieurs mois avant le lancement les 3 composants du lanceur sont amenés dans le bâtiment d’intégration (VAB). Ces composants sont installés sur la plateforme de lancement mobile MLP (Mobile Launcher Platform). Les propulseurs à propergol solide sont amenés par voie ferrée segment par segment depuis leur usine de fabrication dans l’Utah, le réservoir extérieur est transporté depuis l’usine de fabrication en Louisiane par péniche tandis que la navette spatiale est reconditionnée dans l’Orbiter Processing Facility (OPF) avant son assemblage. Les propulseurs à poudre sont installés en premier sur la plateforme mobile de lancement (MLP), puis le réservoir extérieur est monté entre les deux propulseurs, enfin la navette est grutée puis descendue sur la plateforme où elle est solidarisée avec le réservoir extérieur.

Transport jusqu’à l’aire de lancement[modifier | modifier le code]

Lorsque l’assemblage est achevé, l’ensemble, qui repose sur la plateforme mobile de lancement, est déplacé grâce au transporteur à chenilles sur environ 5 à 6 km jusqu’à l’aire de lancement choisie. Arrivé sur l’aire après un trajet qui dure environ 8 heures, la plateforme mobile de lancement est posée sur plusieurs piliers et le transporteur à chenilles est évacué vers un parking situé à distance de sécurité.

La charge utile qui doit être chargée en position verticale dans la navette est amenée dans un conteneur jusqu'à l'aire de lancement puis est installée depuis la salle de manipulation de la charge utile située dans la tour fixe (Payload Changeout Room). Le reste de la charge utile a été installé dans la baie cargo de la navette dans le bâtiment de préparation spécial (Orbiter Processing Facility) avant le passage de la navette dans le VAB.

La tour de lancement[modifier | modifier le code]

Chaque aire de lancement comprend une tour composée d’une partie fixe, le FSS (Fixed Service Structure), et d’une partie mobile animée d’un mouvement de rotation, le RSS (Rotating Service Structure). Le FSS permet d’accéder à la navette grâce à un bras rétractable et dispose d’une connexion permettant de récupérer l’oxygène liquide qui s’est évaporé du réservoir extérieur. Le RSS contient une salle consacrée aux manipulations de la charge utile qui offre un accès « propre » à la partie cargo de la navette. Elle protège également la navette contre les éléments et permet à la navette de résister à des vents allant jusqu’à 60 km/h. Il y a également près de chaque aire de grands réservoirs d’hydrogène et d’oxygène liquide destinés à alimenter les réservoirs de la navette. Le caractère hautement explosif de ces ergols nécessite de nombreuses mesures de sécurité dans le complexe de lancement. La NASA a calculé que lorsque la navette a fait le plein, la distance de sécurité minimum pour le personnel était de 5 km. Durant les opérations de remplissage jusqu’au lancement tout le personnel non indispensable est évacué de la zone dangereuse. Le centre de contrôle de lancement LCC (Launch Control Center) et le bâtiment d’intégration du lanceur (VAB) se trouvent exactement à 5 km des aires de lancements.

Système d’atténuation sonore[modifier | modifier le code]

Un château d’eau haut de 88 mètres et situé près de chaque aire de lancement, est utilisé au décollage pour réduire les ondes sonores par un système de déluge. Son contenu est déversé au décollage pour atténuer les vibrations sonores dues au moteur qui pourraient endommager le lanceur. Les 1,1 million de litres d’eau sont déversés juste avant la mise à feu des moteurs. Une grande quantité de vapeur est générée par l’évaporation de l’eau portée à ébullition par les moteurs[20].

Le système d'évacuation d'urgence de l'équipage[modifier | modifier le code]

En cas d'urgence, un petit téléphérique permet d'évacuer rapidement l'équipage de la navette. Celui-ci, assisté par l'équipe de support au sol rapproché, quitte la navette et rejoint le sol en utilisant le téléphérique à une vitesse de 88 km/h[21]. L’équipage se réfugie alors dans un blockhaus. Un transport de troupes blindé M113 est disponible pour évacuer les astronautes blessés[22].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Installations et équipements
Lanceurs tirés depuis le complexe
Programmes spatiaux associés

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « EVOLUTION OF THE 45TH SPACE WING », US Air Force (consulté le 6 juillet 2009)
  2. (en) « THE HISTORY OF CAPE CANAVERAL CHAPTER 2: THE MISSILE RANGE TAKES SHAPE (1949-1958) », Spaceline.org (consulté le 6 juillet 2009)
  3. (en) « Cape Canaveral LC5 », Astronautix.com (consulté le 6 juillet 2009)
  4. (en) « THE HISTORY OF CAPE CANAVERAL CHAPTER 3 NASA ARRIVES (1959-PRESENT) », Spaceline.org (consulté le 6 juillet 2009)
  5. (en) « Apollo Expeditions to the Moon: Chapter 6 », sur history.nasa.gov (consulté le 5 mars 2016)
  6. (en) NASA, « Launch Complex 39-A & 39-B », National Aeronautics and Space Administration,‎ (consulté en september 30 2007)
  7. (en) NASA, « Feature: Launch Complex 39 », NASA,‎ (consulté en september 30 2007)
  8. (en) NASA, « Shuttle-Era Pad Modifications », NASA,‎ (consulté en september 30 2007)
  9. SPACE.com NASA Eyes Launch Pad Damage for Next Shuttle Flight
  10. (en) NASA, « Ares Project Status » [PDF], NASA,‎ (consulté le 20 septembre 2007)
  11. (en) NASA, « Sound Suppression System », NASA,‎ (consulté en september 30 2007)
  12. (en) « STS-127 Rollaround starts », Space Flight Now
  13. http://www.nasa.gov/pdf/632670main_NASA_FY13_Budget_CECR-508.pdf NASA FY13 Budget
  14. James Dean, « Up for grabs? Private companies eye KSC facilities », Florida Today,‎ (lire en ligne)
  15. a et b (en) Jason Davis, « Preparing America’s Spaceport for NASA’s New Rocket », sur The Planetary society,‎
  16. (en) NASA Kennedy Space Center, « Orbiter Processing Facility », NASA,‎ (consulté le 13 septembre 2009)
  17. (en) NASA Kennedy Space Center, « Launch Control Center (LCC) », NASA,‎ (consulté le 13 septembre 2009)
  18. (en) NASA Kennedy Space Center, « Shuttle Landing Facility (SLF) », NASA,‎ (consulté le 13 septembre 2009)
  19. (en) NASA Kennedy Space Center, « Launch Complex 39 Facilities », NASA,‎ (consulté le 13 septembre 2009)
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