Starlink

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Starlink est un projet de fourniture d'accès à internet proposé par la société SpaceX et reposant sur une constellation de satellites télécommunications positionnés sur une orbite terrestre basse.

Présentation du projet[modifier | modifier le code]

Le projet Starlink prévoit le lancement de près de 12 000 mini-satellites pour offrir un service internet à haut débit de qualité qui se démarquera par un temps de latence réduit par rapport aux offres d'internet par satellite actuelles qui s'appuient sur de gros satellites placés en orbite géostationnaire. Selon SpaceX le projet répond à un besoin suscité par la croissance des nouveaux usages d'internet tels que les jeux vidéo en réseau et la lecture de vidéos en ligne. Mais le projet, qui aboutira à multiplier par 10 le nombre de satellites opérationnels présents en orbite basse, est contesté notamment par les autres opérateurs de satellites parce qu'il pourrait contribuer à accroitre fortement le risque de collision. Les techniques utilisées sont déjà mises en œuvre par les constellations Iridium et Globalstar (téléphone satellitaire), LeoSat (liaison point à point) mais surtout par un projet visant exactement le même objectif que Starlink, OneWeb. Toutefois ce dernier repose sur un nombre de satellites beaucoup plus réduit (1000 satellites). Il est toutefois plus avancé avec une date de mise en service prévue en 2022[1].

Avancement[modifier | modifier le code]

Le projet Starlink est annoncé pour la première fois par SpaceX en janvier 2015[2]. Un établissement dédié au projet est créé en 2016 à Redmond près de Seattle[3]. Les plans initiaux sont d'achever le déploiement de la constellation vers 2020 mais des changements dans les caractéristiques techniques font glisser le calendrier[4]. Deux prototypes de satellites baptisés Tintin A et Tintin B sont placés en orbite en février 2018 pour valider les techniques qui seront mises en œuvre et réaliser les démonstrations exigées par les autorités réglementant les communications aux Etats-Unis (FCC)[5]. La FCC donne son accord en mars 2018 pour le déploiement d'un tiers de la constellation sous réserve que les résultats des tests exigés soient satisfaisants[6]. Le déploiement pourrait débuter en 2019. Les satellites d'une masse de 400 kg doivent être intégrés sur le site de Redmond. SpaceX table sur 40 millions d'abonnés vers 2025 générant un chiffre d'affaires de 30 milliards US$ (750 US$ par abonné et par an). Le cout du développement et de mise en place du système est évalué à 10 milliards US $. Compte tenu de leurs caractéristiques, une fusée Falcon 9 pourrait placer en orbite une vingtaine de satellites Starlink et une Falcon Heavy environ 50 satellites[1].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

L'internet par satellite repose sur le recours à un satellite de télécommunications pour mettre en relation l'usager et le réseau internet. Il permet d'accéder à internet depuis un lieu non desservi (y compris en mer, dans le désert, en rase campagne) ou ne disposant que d'un débit réduit du fait de l'absence de fibre optique ou l'éloignement des centraux de télécommunications. Il garantit une plus grande fiabilité de service car il n'est pas tributaire d'intermédiaires. Les fournisseurs d'accès internet par satellite existant, tels que Viasat ou HughesNet, utilisent actuellement des satellites positionnés en orbite géostationnaire. Ces satellites présentent l'avantage de pouvoir desservir pratiquement un tiers de l'hémisphère en restant en permanence au-dessus de la même région (leur vitesse orbitale est identique à la vitesse de rotation de la Terre et ils sont en orbite au-dessus de l'équateur). Un seul satellite est suffisant pour desservir l'ensemble de la zone avec comme seule limite le nombre d'usagers utilisant le service de manière simultanée. L'utilisation de l'orbite géostationnaire ne présente pas que des avantages. L'altitude du satellite est obligatoirement fixée à 36 000 km ce qui entraine un délai notable dans la circulation des signaux qui doivent faire l'aller retour entre la station terrestre sur Terre et le satellite puis entre celui-ci et le terminal de l'utilisateur du service internet. Le temps de latence, qui peut atteindre 600 millisecondes, dégrade de manière significative la consultation de vidéos ou l'utilisation des jeux en ligne[7].

Constellation en orbite basse[modifier | modifier le code]

SpaceX propose d'abaisser fortement l'altitude des satellites servant de relais pour supprimer le temps de latence. Une altitude basse toutefois présente deux inconvénients. Le satellite n'est plus fixe au-dessus d'une zone mais défile rapidement et il n'est visible que depuis une région beaucoup plus limitée de la surface de la Terre. Pour assurer une couverture planétaire, la constellation Starlink est constituée d'une première flotte de 4 425 satellites qui sera déployée à une altitude comprise entre 1 150 et 1 325 kilomètres. Chaque satellite sera visible depuis le sol dans un rayon de 1060 km sous une élévation d'au minimum 40°. La liaison internet d'un utilisateur donné sera assurée par une succession de satellites défilant à une fréquence élevée. Pour assurer la coordination rendue nécessaire par ce défilement, les satellites communiqueront entre eux par liaison laser. Une fois cette constellation en place, SpaceX prévoit de lancer environ 7 518 satellites sur une orbite plus basse (340 kilomètres) pour garantir un débit élevé en accroissant la capacité du système et pouvoir entrer en compétition avec les services assurés par des réseaux terrestres[7].

Caractéristiques des satellites[modifier | modifier le code]

Les satellites ont une masse d'environ 400 kilogrammes. Les deux prototypes lancés en février 2018 ont une taille de 1,1 x 0,7 x 0,7 mètres et comprennent deux panneaux solaires de 2 x 8 mètres déployés en orbite. La charge utile comprend une antenne réseau à commande de phase chargée des liaisons montantes et descendantes. Les satellites opérationnels placés sur l'orbite la plus haute émettent en bande Ku, Ka et V. Les satellites situés sur l'orbite la plus basse émettent en bande V. La bande V (40 à 75 GHz) qui est située immédiatement après la bande Ka (12 à 40 GHz) n'a jusque là pas été utilisée par les satellites de télécommunications et son usage est donc expérimental. Cette gamme de fréquence est considérée comme prometteuse car elle permet de très grands débits mais elle est sensible aux fluctuations météorologiques (pluie, mauvais temps) ce qui impose des solutions de contournement[8].

Terminal utilisateur et performances[modifier | modifier le code]

Selon les informations fournies en 2017 l'utilisateur établira la connexion avec le réseau de satellites à l'aide d'un terminal qui devrait avoir la taille d'un micro-ordinateur. Le débit visé est de 1 gigabit par seconde avec un temps de latence compris entre 25 et 35 millisecondes (ms) contre 600 ms pour les liaisons internet par satellite existantes et 10 ms pour les liaisons fournies par les meilleurs fournisseurs internet utilisant un réseau terrestre[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]