Programme spatial des États-Unis

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Le programme spatial des États-Unis est le plus important financièrement du monde. Avec la Russie et la Chine, les États-Unis sont en 2017 les trois seuls pays à avoir maîtrisé l'envoi d'hommes dans l'espace.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont récupéré la technologie des missiles V2 allemand et capturé plusieurs de leurs concepteurs, dont celui qui deviendra le père de ce programme spatial : Wernher von Braun. C'est sous contrôle militaire (au sein de l'Armée de terre) que les États-Unis ont commencé à s'intéresser à l'espace à travers notamment le développement des V2.

Le premier satellite artificiel, Explorer 1, a même été placé en orbite par l'armée. Mais rapidement, le président Dwight David Eisenhower a voulu que le programme spatial américain habité et scientifique soit sous le contrôle d'une agence fédérale civile, c'est ainsi qu'est née la National Aeronautics and Space Administration (NASA) tandis les utilisations du domaine spatial à des fins militaires et de renseignement se développent à vive allure[1].

Durant une bonne partie de la guerre froide, le programme spatial américain a été en concurrence avec celui de l'Union soviétique. On a ainsi mené une course à l'espace à qui ira le plus loin et le budget consenti à cet effort demeure à ce jour de loin le plus important et dépasse celui combiné de l'ensemble des autres États[2].

Lancement de la fusée Saturn V transportant l'équipage d'Apollo 11 qui sera le premier à se poser sur la Lune.

Bien que l'Union soviétique ait été en tête de la conquête spatiale à la fin des années 1950 et durant une bonne partie des années 1960, ce sont les États-Unis qui les premiers ont envoyé des hommes sur la Lune lors du programme Apollo. Cette réussite a donné un coup d'arrêt à l'exploration humaine dans le système solaire (en raison principalement des coûts énormes que cela engendre) et depuis les Hommes sont cantonnés à l'orbite terrestre tandis que des sondes spatiales comme celles du programme Voyager explorent les planètes de notre système.

Dans les années 1970, pour leur programme de vols habités, la navette spatiale américaine, premier véhicule spatial réutilisable, fut conçue et mise en service des années 1980 à la fin des années 2000. Celle-ci a emporté la majorité des 329 astronautes américains qui sont allés dans l'espace au , ils représentent 64 % de l'ensemble des astronautes de la Terre.

Le président George W. Bush déclare le que les États-Unis ont l'ambition de retourner sur la Lune, pour ensuite aller sur Mars en lançant le programme Constellation mais il fut annulé par l'administration Obama.

L'industrie privée, à partir des années 2000, commence à prendre une part active dans le domaine des vols habités, notamment dans le secteur du tourisme spatial alors que l'arrêt des vols de la navette spatiale américaine en 2011 fait que la NASA devra utiliser des lanceurs russes le temps qu'un successeur soit en service.

Le programme spatial militaire[modifier | modifier le code]

Satellites espion à imagerie radar Lacrosse 4 du National Reconnaissance Office en cours de construction.

Celui-ci est d'importance vitale pour la sécurité nationale des États-Unis.

À la fin de 2008, sur les 150 satellites militaires opérationnels en orbite, 76 étaient américains.

La croissance de la consommation de débit binaire par les militaires américains est continue : en 1991, ils utilisaient 99 mégaoctets par seconde pendant l'opération Tempête du désert ; fin 2001, ils utilisaient environ 700 mégaoctets par seconde de bande passante durant la chute du régime taliban[3].

Utilisation des satellites militaires pour un usage civil[modifier | modifier le code]

L'utilisation d'imagerie satellite destinée à l'origine à la communauté du renseignement et aux forces armées par des services civils remontent aux débuts des années 1960 et au programme spatial lancée par la présidence Eisenhower. Toutefois, leur mise à disposition était restreinte et compliquée par le secret défense. Elle servait notamment à la cartographie, l'inventaire national des forêts, l'hydrologie, la surveillance de l'oléoduc en construction en Alaska, etc[4].

La création du Civil Applications Committee chargé de l'interface entre les services demandeurs et les utilisateurs des satellites de renseignement en 1975, suite aux recommandations de la commission Rockefeller, permit de rendre plus accessible l'utilisation des photos-satellites par les diverses administrations et organismes. En 1992, après la fin de la guerre froide, les scientifiques ont demandé des informations pour leurs recherches et en 1995, Bill Clinton a accepté de déclassifier 860 000 images datant de 1960 à 1972[5].

Les agences spatiales américaines[modifier | modifier le code]

Le programme spatial américain est pris en charge par plusieurs agences spatiales spécialisées. Le budget 2007 représentait 0,39 % du PIB américain réparti ainsi[6] :

À titre de référence, en 2007, l'agence spatiale européenne a un budget annuel de 4 milliards de dollars et le CNES de 2,9 milliards de dollars en incluant la part revenant à l'ASE.

Le DOD a des contrats très contraignants avec United Launch Alliance qui lui fournit ses lanceurs (Atlas et Delta) avec des exigences de service très fortes : disponibilité des lanceurs, un site de lancement avec ses équipes à Vandenberg et à Cap Canaveral pour chaque type de lanceur (donc quatre sites de lancement). La NASA utilise sa navette spatiale pour la desserte de la station spatiale internationale jusqu'en 2011 mais fait appel au secteur privé pour ses autres besoins (Delta II, Falcon 9...).

Quelques grands programmes[modifier | modifier le code]

Bases de lancement[modifier | modifier le code]

Photo aérienne du centre spatial Kennedy avec ses pas de tir. Le plus grand port spatial des Amériques.

Répartition des lancements de satellites depuis les bases américaines[modifier | modifier le code]

Répartition des lancements de satellites depuis les bases américaines (Sea Launch non compris, 2009 chiffres prévisionnels)
Année de lancement 2009 2008 2007 2006
Lanceur Type satellite Lanceur Type satellite Lanceur Type satellite Lanceur Type satellite
Cap Canaveral Delta II (4)
Delta IV (3)
Atlas V (4)
Militaire (7)
Sonde spatiale (1)
Scientifique (2)
Télécom (1)
Météo (1)
Atlas II (1)

Atlas V (1)
Delta II (1)
Militaire (1)
Science (1)
Télécom (1)
Delta II (6)
Atlas V (5)
Scientifique (2)
Sonde spatiale (2)
Militaire (5)
Delta II (4)
Delta IV (1)
Atlas V (2)
Sonde spatiale (1)
Météo (1)
Télécom (1)
Militaire (3)
Vandenberg Delta II (4)
Atlas V (1)
Taurus
Minotaur IV
Météo (2)
Militaire (3)
Imagerie (1)
Science (1)
Delta II (3)
Atlas V (1)
Imagerie (2)
Science (1)
Militaire (1)
Delta II (3)
Pegasus (1)
Imagerie (3)
Science (1)
Delta II (2)
Delta IV (2)
Minotaur I(1)
Pegasus(1)
Militaire 3
Scientifique(2)
Technologique (1)
Kennedy - LC39 Navette spatiale (5) Navette spatiale (4) Navette spatiale (2) Navette spatiale (3)
Autres (Kwajalein
Omelek
MARS
Kodiak)
Minotaur I (1)
Minotaur IV (1)
Falcon 1 (1)
Technologique
Imagerie
Militaire
Pegasus(2)
Falcon 1 (1)
Falcon I (1)
Minotaur (1)
Falcon I (1)
Minotaur I (1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reconnaissance dès le début des années 1960, communications à la fin des années 1960, dès 1980, 70 % des messages du département de la Défense passent par satellite, système de positionnement par satellites, d'abord à usage naval, depuis les années 1970
  2. Budget global de 31,8 milliards d'euros en 2007 contre 4,9 milliards d'euros pour l'ensemble des budgets européens.
  3. (en)[PDF] Space Security 2009
  4. (en) National Security Archives, 44U.S. Reconnaissance Satellites: Domestic Targets: Documents Describe Use of Satellites in Support of Civil Agencies44
  5. (en) Cette information est issue du document Executive Order 12951 by President of the United States: Release of Imagery Acquired by Space-Based National Intelligence Reconnaissance Systems (signed on February 22, 1995; published in 60 FR 10789 on February 28, 1995), disponible sur Wikisource en anglais.
  6. ESPI : Space Policies, Issues and Trends 2007/2008 page 38-70