Atlas V

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Atlas V (bateau)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Atlas.
Atlas V
Atlas V
Atlas V
Données générales
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Premier vol 2002
Dernier vol Toujours en service
Lancements réussis 54
Lancements ratés 1 (échec partiel)
Hauteur 58,3 m
Diamètre 3,81 m
Masse au décollage 335 à 573 t
Nombre d’étage(s) 2
Charge utile en LEO 9,75 à 20 t
Charge utile en GTO 4,75 à 8,672 t
Poussée au décollage 383 à 985 t

La fusée Atlas V est un lanceur américain développé à la fin des années 1990 dans le cadre du programme Evolved Expendable Launch Vehicle (EELV) de l'Armée de l'Air américaine. Le lanceur combine un premier étage, propulsé par le moteur-fusée russe RD-180 brûlant un mélange de kérosène et d'oxygène liquide, un second étage reposant sur une version agrandie de l'étage Centaur et un nombre variable de propulseurs d'appoint. Selon les versions, il peut lancer de 9 à 19 tonnes en orbite basse et de 5 à 8,7 tonnes en orbite de transfert géostationnaire. Son premier lancement remonte au . Développé initialement par Lockheed Martin, il est désormais construit par United Launch Alliance, la coentreprise de Lockheed Martin et Boeing qui commercialise également dans la même catégorie de puissance la Delta IV. En mai 2015, 54 lancements ont eu lieu dont un échec partiel. Plusieurs évolutions du lanceur sont à l'étude dont une version lourde dite HLV capable de placer 25 tonnes en orbite basse et une version permettant le lancement d'un équipage dans le cadre du concours CCDeV. L'Atlas V est le dernier représentant de la famille de lanceurs Atlas.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1993, l'Armée de l'Air américaine, qui est un des principaux utilisateurs des lanceurs américains avec la NASA, définit le cahier des charges d'une nouvelle fusée, l'Evolved Expendable Launch Vehicle (EELV), qui se veut modulaire et qui doit permettre d'abaisser les coûts de lancement. L'objectif est de revenir sur le marché des satellites commerciaux monopolisé à l'époque par le lanceur européen Ariane. En réponse à ce cahier des charges, Lockheed Martin propose une nouvelle version de son lanceur Atlas : l'Atlas V. La technologie du réservoir-ballon utilisée sur la génération précédente qui limitait l'accroissement de la charge utile est abandonnée pour le premier étage : le diamètre de celui-ci peut ainsi être porté à 3,8 mètres et des propulseurs d'appoint peuvent lui être ajoutés ce qui n'était pas possible sur les versions précédentes du lanceur. Ce premier étage baptisé Common Core Booster (CCB) pèse désormais 305 tonnes soit 50 % de plus que celui du lanceur Atlas III. Il est propulsé par le moteur-fusée très performant russe RD-180 brulant un mélange de kérosène et d'oxygène liquide[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L'Atlas V est conçue pour pouvoir lancer des charges utiles de masses et de volumes variables :

  • le premier étage peut recevoir de 1 à 5 propulseurs d'appoint à poudre Atlas SRB de la société Aerojet qui fournissent individuellement une poussée supplémentaire de 127 tonnes durant les 94 premières secondes du vol ;
  • le deuxième étage Centaur similaire à celui de l'Atlas III peut comporter un ou deux (durée de la propulsion doublée) moteurs ;
  • la coiffe, fabriquée par Contraves le fournisseur de la fusée Ariane, est disponible en 2 diamètres (4 et 5 mètres) et plusieurs longueurs.

Les différentes combinaisons permettent de placer de 12,5 à 20 tonnes en orbite basse et de 5 à 9 tonnes en orbite de transfert (GTO)[1].

Installations de lancement[modifier | modifier le code]

Pour le lancement de l'Atlas V, l'aire de lancement 41 de la base de lancement de Cape Canaveral a été reconstruite en reprenant les principes utilisés pour l'assemblage et le lancement des fusées européennes Ariane 5 : le lanceur est complètement préparé et testé dans un bâtiment d'assemblage avant d'être convoyé sur le site de lancement ce qui permet de travailler sur deux lanceurs en parallèle. L'objectif était de pouvoir lancer 15 fusées par an[1].

Fabrication et commercialisation[modifier | modifier le code]

Pour les vols commerciaux Lockheed Martin commercialise à la fois le lanceur russe Proton et l'Atlas V. Le lanceur Proton, moins coûteux est systématiquement sélectionné, sauf lorsque la masse du satellite nécessite le recours à l'Atlas V. Le lanceur Atlas V a été retiré du marché commercial et ne lance plus désormais que des satellites militaires américains pour lesquels les lanceurs américains disposent d'un monopole. Boeing qui commercialise le lanceur concurrent Delta IV faisant face aux mêmes difficultés de commercialisation a également retiré son lanceur du marché commercial. Les deux constructeurs se sont associés depuis 2006 au sein de la coentreprise United Launch Alliance pour mutualiser leur moyens de production : la production de l'Atlas V a été transférée de Littleton chez Lockheed Martin à Decatur en Alabama[1]. La société Aerojet développe et fabrique les boosters.

Le premier lancement d'un Atlas V a eu lieu le 2 août 2002. 52 exemplaires de la fusée ont volé depuis 2002 (chiffre actualisé en janvier 2015)[2].

Évolutions envisagées[modifier | modifier le code]

Plusieurs évolutions du lanceur sont à l'étude :

  • une version lourde dite HLV capable de placer 25 tonnes en orbite basse
  • une version permettant le lancement d'un équipage est proposée dans le cadre du concours CCDeV.

Vulcan successeur de l'Atlas V[modifier | modifier le code]

Article principal : Vulcan (fusée).

Bien que le lanceur Atlas V soit techniquement une réussite, son avenir semble au début des années 2010 compromis[3] :

  • L'apparition d'un concurrent SpaceX qui propose à des prix attractifs le lanceur moyen Falcon 9 et développe un lanceur lourd Falcon Heavy qu'il annonce vouloir commercialiser à un tarif qu'ULA ne peut égaler.
  • Le lanceur Atlas V utilise pour son premier étage un moteur RD-180 très performant mais fourni par un constructeur russe. Le regain de tension entre les États-Unis et la Russie lié au conflit en Ukraine en 2014 s'est traduit par un embargo économique partiel. Dans ce contexte le Congrès américain porte une appréciation négative sur le fait que le lancement de satellites jouant un rôle important dans la sécurité de la nation dépende d'un fournisseur russe.

ULA a réagi à ces événements en lançant début 2015 le développement du nouveau lanceur Vulcan dont l'objectif est de rétablir sa compétitivité vis à vis de ses concurrents et de mettre fin à sa dépendance vis à vis de son fournisseur russe. ce nouveau lanceur, dont le premier vol est prévu en 2019, devrait remplacer à la fois l'Atlas 5 et le lanceur Delta 4

Versions proposées en production[modifier | modifier le code]

Dernière mise à jour : 20 mai 2015

Chaque modèle est identifié par un numéro à 3 chiffres :

  • le premier chiffre, qui prend la valeur 4 ou 5, désigne le diamètre de la coiffe ;
  • le deuxième (de 0 à 5) le nombre de propulseurs d'appoint SRB ;
  • le troisième (1 ou 2) le nombre de moteurs de l'étage Centaur.

La version comportant un étage Centaur bimoteur n'a pour l'instant jamais volé car il est nécessaire de développer un étage renforcé pour utiliser cette configuration

Version Coiffe nbre CCB nbre SRB Étage supérieur vers l'orbite basse vers l'orbite géostationnaire Nombre de lancements
401 4 m 1 - SEC - 4 950 kg 26
402 4 m 1 - DEC 12 500 kg - 0
411 4 m 1 1 SEC - 5 951 kg 3
421 4 m 1 2 SEC - 6 832 kg 4
431 4 m 1 3 SEC - 7 642 kg 2
501 5.4 m 1 - SEC - 3 971 kg 6
502 5,4 m 1 - DEC 10 300 kg - 0
511 5,4 m 1 1 SEC - 5 271 kg 0
512 5,4 m 1 1 DEC 12 050 kg - 0
521 5,4 m 1 2 SEC - 6 287 kg 2
522 5,4 m 1 2 DEC 13 950 kg - 0
531 5,4 m 1 3 SEC - 7 202 kg 3
532 5,4 m 1 3 DEC 17 250 kg - 0
541 5,4 m 1 4 SEC - 7 982 kg 3 (dont Mars Science Laboratory)
542 5,4 m 1 4 DEC 18 750 kg - 0
551 5,4 m 1 5 SEC - 8 672 kg 5
552 5,4 m 1 5 DEC 20 050 kg - 0
Heavy (HLV (5H1)) 5,4 m 3 - SEC - 13 605 kg 0
Heavy (HLV DEC (5H2)) 5,4 m 3 - DEC 25 000 kg - 0

Lancements[modifier | modifier le code]

Dernière mise à jour : 20 mai 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Atlas V », Site Bernd Leitenberger (consulté le 30 novembre 2009)
  2. Page Centaur du site De Gunter
  3. (en) Jonathan Amos, « ULA unveils Vulcan rocket concept », BBC,‎
  4. a et b (en) « Clues about mystery payload emerge soon after launch », Spaceflight Now,‎
  5. http://www.spaceflightnow.com/atlas/av024/status.html
  6. « United Launch Alliance Successfully Launches First AEHF Mission », United Launch Alliance,‎
  7. « United Launch Alliance Successfully Launches National Defense Mission », United Launch Alliance,‎
  8. « United Launch Alliance Successfully Launches Second OTV Mission », United Launch Alliance,‎
  9. « ULA Successfully Launches Fifth NRO Mission in Seven Months », United Launch Alliance,‎
  10. « United Launch Alliance Marks 50th Successful Launch by delivering the Space-Based Infrared System (SBIRS) Satellite to orbit for the U.S. Air Force », United Launch Alliance,‎
  11. « United Launch Alliance Successfully Launches Juno Spacecraft on Five-Year Journey to study Jupiter », United Launch Alliance,‎
  12. :::: United Launch Alliance, LLC :::: erreur modèle {{Lien mort archive}} : renseignez un paramètre « |titre= »
  13. Spaceflight Now | Atlas Launch Report | Mission Status Center erreur modèle {{Lien mort archive}} : renseignez un paramètre « |titre= »
  14. :::: United Launch Alliance, LLC :::: erreur modèle {{Lien mort archive}} : renseignez un paramètre « |titre= »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :