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Artemis III

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Artemis III
Mission spatiale habitée
Vue d'artiste du véhicule Orionen orbite terrestre basse.
Vue d'artiste du véhicule Orion
en orbite terrestre basse.
Données de la mission
Organisation Drapeau des États-Unis NASA
Programme Artemis
Vaisseau CSM-004
Type vaisseau Orion
Starship HLS
Blue Moon
Équipage Randolph Bresnik
Luca Parmitano
Francisco Rubio
Andre Douglas
Lanceur SLS Bloc 1
Starship
New Glenn
Date de lancement fin 2027
Site de lancement Centre spatial Kennedy, LC-39B
Site d'atterrissage Océan Pacifique
Durée 2 semaines
Orbite Orbite terrestre basse
Photo de l'équipage
De gauche à droite : Andre Douglas, Luca Parmitano, Randolph Bresnik et Francisco Rubio.
De gauche à droite : Andre Douglas, Luca Parmitano, Randolph Bresnik et Francisco Rubio.
Navigation

Artemis III est une mission spatiale habitée du programme Artemis de l'agence spatiale américaine, la NASA, qui doit se dérouler en , et dont l'objectif est d'expérimenter les opérations conjointes en orbite terrestre basse entre le véhicule Orion et les deux atterrisseurs lunaires habités du programme : le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin. Elle doit être suivie de la mission Artemis IV en la première du programme qui envisage de déposer des astronautes à la surface de la Lune.

Cette mission a été ajoutée au programme Artemis en février 2026, afin de raccourcir le délai entre les missions et d'essayer davantage les différents équipements et procédures. Avant cette date, le nom d'Artemis III désignait la première mission du programme qui devait se poser à la surface de la Lune. Cet objectif est depuis lors assigné à la mission suivanteArtemis IV prévue en . Cette méthode incrémentale s'inspire de celle du programme Apollo, qui réalisa un vol similaire en orbite terrestre basse lors de la mission Apollo 9 en .

L'équipage, annoncé le 9 juin 2026 est composé de l'astronaute Italien Luca Parmitano comme pilote qui représente l'ESA, Andre Douglas en tant que spécialiste de mission, Frank Rubio en tant que spécialiste de mission et Randolph Bresnik comme commandant de la mission.

Dans le plan initial du programme Artemis, la mission nommée Artemis III devait être la première à se poser à la surface de la Lune après le vol circumlunaire de la mission Artemis II en . Après le changement de calendrier et d'architecture du programme Artemis sont bouleversés en [1] lors de la prise de fonction du nouvel administrateur de la NASA Jared Isaacman, la NASA cherche à accélérer son déroulement en augmentant la cadence de lancements des missions tout en adoptant une posture plus réaliste[Quoi ?]. L'agence spatiale ajoute une mission de qualification supplémentaire avant le premier débarquement d'astronautes sur la Lune, qui est désormais prévu lors de la mission Artemis IV annoncée pour 2028.

Le recours à cette méthode incrémentale s'inspire ouvertement[1] du programme Apollo, qui réalisa un vol similaire en orbite terrestre basse lors de la mission Apollo 9 en afin de qualifier le module lunaire (LEM). De façon similaire l'objectif de la mission Artemis III est désormais de qualifier en orbite terrestre basse les opérations conjointes entre le vaisseau Orion et l'atterrisseur lunaire Human Landing System (HLS) fourni soit par SpaceX soit par Blue Origin, soit les deux, selon le degré d'avancement de leurs développements. Antérieurement, cette qualification devait avoir lieu directement lors de la première mission à destination de la surface de la Lune, ce que le comité consultatif sur la sécurité à la NASA (Aerospace Safety Advisory Panel ou ASAP) déconseillait depuis des années[réf. nécessaire].

L'étage supérieur Exploration Upper Stage (EUS) du lanceur SLS Block IB prévu pour être utilisé à partir de la mission Artemis IV en cours de développement est également abandonné au profit d'un étage Centaur V dérivé de celui du lanceur Vulcan.

Le véhicule Orion lancé par le dernier exemplaire du Space Launch System (SLS) dans sa version Bloc 1 avec l'étage supérieur Interim Cryogenic Propulsion Stage (ICPS) en orbite terrestre basse (LEO) doit effectuer un rendez-vous orbital puis s'amarrer soit à l'un des atterrisseurs lunaires, soit aux deux successivement. Après quoi les astronautes y entrent et vérifient leur système de support de vie, de télécommunication et de propulsion. Éventuellement, les combinaisons spatiales AxEMU fournies par Axiom Space pourraient être essayées pendant le vol[2],[3].

L'équipage d'Artemis III est révélé par la NASA le au Johnson Space Center à Houston[4]. Il est constitué de trois astronautes de la NASA et d'un de l'Agence spatiale européenne. Le commandant de la mission sera Randy Bresnik, pour qui ce sera la troisième mission dans l'espace. L'Italien Luca Parmitano sera pour sa part le pilote de la mission, sa troisième mission dans l'espace également, et deviendra ainsi le premier Européen à participer à une mission Artemis. Andre Douglas, qui a été choisi comme doublure par la NASA pour Artemis II, fera son premier vol spatial lors de cette mission. Il y sera spécialiste de mission, tout comme Frank Rubio, dont ce sera le deuxième vol dans l'espace. Robert Hines est sélectionné par la NASA comme doublure pour cette mission[5].

Installations et équipes au sol

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Artemis III étant une mission habitée de la NASA, elle réutilise pratiquement toutes les infrastructures héritées du programme Apollo et de la navette spatiale. Les équipes qui travaillent à la mission représentent plusieurs dizaines de milliers de personnes, près de 30 000 pour la mission Artemis I en 2022[6].

Vehicle Assembly Building

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Arrivée en barge de l'étage principale du SLS d'Artemis III au VAB, le .

Le Vehicle Assembly Building (VAB) est le bâtiment historique du Centre spatial Kennedy (KSC) où le lanceur Space Launch System (SLS) et le véhicule Orion sont assemblés et préparés avant leur lancement. Construit en pour les fusées Saturn V du programme Apollo, il est ensuite utilisé pour le programme de navette spatiale de à , puis il est réaménagé pour accueillir le SLS, et de potentiels lanceurs commerciaux qui ne viendront pas[7]. Exceptionnel par ses dimensions, le VAB est jusqu'en le plus haut bâtiment de Floride[8], et brièvement le plus volumineux au monde[9]. Le bâtiment est initialement conçu pour pouvoir assembler quatre Saturn V simultanément dans autant de baies hautes (high bays) ; en pratique seulement trois ont été utilisées[10], et aujourd'hui seule la baie 3 est configurée pour le SLS. En la baie 2 est modifiée pour accueillir la construction de la section "moteur" de l'étage central du SLS, puis son assemblage avec le reste de l'étage central, afin d'accélérer le processus[11]. Le lanceur est assemblé directement sur sa plateforme de lancement mobile (Mobile Launcher 1 ou ML-1) et relié à sa tour ombilical ; ML-1 est initialement construite pour le lanceur Ares I du programme Constellation, puis a été réadaptée au SLS[12]. À l'intérieur du VAB dix plateformes rétractables donnent accès aux différents étages de la fusée[13], puis une fois prêt le crawler-transporter 2 (CT-2) est utilisé pour l'extraire et la transférer jusqu'au complexe de lancement[14].

Operations and Checkout Building

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Le Operations and Checkout Building (O&C) est un bâtiment historique du Centre spatial Kennedy (KSC) qui joue un rôle central dans les préparatifs de la mission. Construit en pour préparer et pour essayer le module de commande et de service (CSM) et le module lunaire (LEM) du programme Apollo, il est ensuite utilisé pour le module Spacelab de la navette spatiale puis certains éléments et modules de la Station spatiale internationale (ISS). C'est dans ce bâtiment que le module d'équipage (CM) et le module de service européen (ESM) sont en grande partie assemblés et essayés pour devenir le véhicule Orion, notamment grâce à deux chambres à vide[15]. L'autre aile du O&C accueille au troisième étage les quartiers des astronautes de la NASA lors des derniers jours de leur quarantaine avant le départ, depuis la mission Gemini 3 en [16]. C'est également dans la Suit Room qu'ils enfilent leur combinaison spatiale le jour du décollage, avant de prendre l'ascenseur et de sortir du bâtiment pour dire au revoir à leurs proches avant de monter dans le véhicule qui les emmènent jusqu'au pas de tir[17].

Centre de contrôle de lancement

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La Chambre 1 du Centre de contrôle de lancement lors d'un entraînement le .

Le Centre de contrôle de lancement (Launch Control Center ou LCC) est un bâtiment historique du Centre spatial Kennedy (KSC) construit en pour le programme Apollo, à proximité immédiate du Vehicle Assembly Building (VAB). Son équipe est chargée de superviser les opérations du compte à rebours avant le lancement jusqu'au moment du décollage, et de gérer toutes les éventuelles anomalies qui peuvent survenir pendant cette phase. Elle est en particulier responsable du remplissage des réservoirs du Space Launch System (SLS) et de la validation des critères permettant, ou non, de procéder au lancement, en particulier en fonction des conditions météorologiques[18].

En cas de report, cette équipe est également responsable de la vidange des réservoirs du lanceur et de la sécurité du véhicule et des équipes, comme c'est en particulier le cas lors des essais de remplissage des réservoirs (Wet Dress Rehearsal ou WDR). L'équipe utilise la Chambre 1 (Firing Room 1) du LCC, la même qui fut utilisée lors du lancement d'Apollo 11 en ou du premier vol de la navette spatiale STS-1 en .

Centre de contrôle de mission

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Le Centre de contrôle de mission à Houston pendant la mission Artemis I le .

Le Centre de contrôle de mission (Mission Control Center ou MCC) est situé au Centre spatial Johnson (JSC) à Houston au Texas, et utilise plus spécifiquement la salle de contrôle de vol blanche (White Flight Control Room ou WFCR)[19]. Ses équipes de contrôleurs de vol se relaient et sont chargées de superviser de jour comme de nuit le bon déroulement de la mission, de l'instant du décollage jusqu'à l'extraction de l'équipage de la capsule, après l'amerrissage. Bien que l'essentiel du vol soit automatisé, ils peuvent ajuster le plan de vol et directement prendre le contrôle du véhicule si nécessaire.

L'équipe est à tout moment dirigée par un directeur de vol (Flight Director, indicatif : FLIGHT) ; sauf perte de télécommunication avec l'équipage, il a la plus haute autorité sur les opérations et est responsable de la prise de décision en cas d'urgence immédiate. À tout moment le CapCom (pour Capsule Communicator) est le seul membre du MCC en communication directe avec l'équipage.

Pas de tir 39B

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Le pas de tir 39B, avant qu'un deuxième réservoir d'hydrogène liquide ne soit construit, le .

La mission doit décoller depuis le pas de tir 39B du complexe de lancement 39 ou LC-39B (pour Launch Complex 39B) du Centre spatial Kennedy (KSC), construit en pendant le programme Apollo pour servir de pas de tir de secours au cas où le 39A serait indisponible. Par conséquent avec un total de 61, il a connu relativement peu de lancements avant Artemis III, dont un seul de Saturn V lors de la mission Apollo 10, quatre de Saturn IB pour la station spatiale Skylab puis Apollo-Soyouz, et 53 lancements de navette spatiale, puis légèrement adapté pour le vol de test Ares I-X en [20]. Puisque le pas de tir 39A est loué à SpaceX à partir de [21], le pas de tir 39B est le seul utilisé pour le lanceur Space Launch System (SLS) de la NASA. La tour de lancement des navettes est démolie puis le pas de tir est rénové, en particulier ses déflecteurs de flammes et ses servitudes, de sorte à pouvoir accommoder différents lanceurs venus avec leurs propres tables de lancement[22]; depuis l'annulation de OmegA, aucun autre lanceur que le SLS n'a prévu de l'utiliser. Un deuxième réservoir d'hydrogène liquide, le plus grand au monde avec 4 700 m3 de capacité[23], est complété en , permettant d'enchaîner quatre tentatives de lancement en une semaine, contre trois précédemment[24]. Une fois assemblé dans le VAB, le véhicule sur sa plateforme de lancement mobile est transféré au pas de tir 39B par le crawler-transporter 2 (CT-2), construit en et également hérité du programme Apollo[14].

Équipements de vol

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Lanceur Space Launch System

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Le lanceur SLS de la mission Artemis II au pas de tir 39B du centre spatial Kennedy le .

La mission utilise le lanceur super lourd Space Launch System (SLS) de la NASA, dont c'est le troisième vol, afin de lancer le véhicule Orion transportant l'équipage. Le projet est mandaté en 2011 par le Congrès, qui s'inquiète d'importantes pertes d'emplois dans les États fortement impliqués dans la navette spatiale, qui s'apprête à prendre sa retraite, et dans le programme Constellation, qui vient d'être annulé ; le Congrès exige donc que le lanceur réutilise autant que possible les composants et les infrastructures de ces deux programmes[25]. Par conséquent, le SLS utilise des propulseurs d'appoints à poudre (Solid Rocket Booster ou SRB) dérivés de ceux de la navette spatiale et allongés d'un segment, qui fournissent 75 % de la poussée au décollage ; quatre moteurs-fusée cryogéniques RS-25D consommant de l'hydrogène liquide et de l'oxygène liquide, directement hérités de ceux utilisés par la navette spatiale ; et un étage central (en), qui réutilise la conception de son réservoir externe.

Le lanceur SLS ne se voit initialement pas attribuer d'objectif précis, sinon d'être capable de lancer le véhicule Orion vers la Lune, soit une capacité de 95 tonnes en orbite basse terrestre, et de 27 tonnes en orbite trans-lunaire dans sa version Bloc 1. En 2019, à la création du programme « Artemis », il devient la colonne vertébrale du programme. Le développement et la mise en œuvre du lanceur sont sous la responsabilité du centre de vol spatial Marshall (MSFC) de la NASA dans l'Alabama, les propulseurs d'appoint sont fournis par l'entreprise Northrop Grumman, l'étage central par Boeing et les moteurs RS-25D par L3Harris (ex-Rocketdyne). Le SLS est critiqué pour son coût (un total de 35 milliards de dollars en 2025, corrigé de l'inflation[26]), sa faible cadence de lancement et sa non-réutilisabilité, mais il est le seul lanceur suffisamment puissant pour lancer le véhicule Orion vers la Lune[27].

La version du lanceur SLS utilisée pour la mission Artemis III a pour principale différence vis-à-vis des précédentes missions de ne pas disposer du second étage Interim Cryogenic Propulsion Stage (ICPS). En effet, la mission demeurera en orbite terrestre basse, ce qui rend inutile l'utilisation de l'ICPS destiné à propulser Orion vers la Lune. L'ICPS sera remplacée par une maquette de dimension semblable[28].

Lanceur New Glenn

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Troisième lancement de la New Glenn, le .

New Glenn est un lanceur lourd développé par la société américaine Blue Origin, créée en 2000 et en partie financée par l'entrepreneur Jeff Bezos. Dans le cadre de la mission Artemis III, celui-ci emporte l'atterrisseur lunaire Blue Moon, également développé par Blue Origin. Le développement du lanceur partiellement réutilisable New Glenn est annoncé le par Bezos. La date de premier vol de la fusée New Glenn annoncée par Jeff Bezos (2020) est considérée dès le départ comme trop ambitieuse par les responsables du projet. Le choix de développer un lanceur aussi puissant sans avoir mis au point une fusée de puissance intermédiaire (New Shepard, la seule réalisation de Blue Origin, a une poussée 40 fois inférieure) rallonge les délais de conception et de mise au point. Par ailleurs, Blue Origin est devenu un acteur majeur du programme Artemis en étant sélectionné comme chef de file du vaisseau proposé pour amener des hommes sur la Lune (atterrisseur Blue Moon). En 2018, l'architecture du lanceur évolue. Pour propulser le deuxième étage, l'unique moteur BE-4U est remplacé par deux moteurs BE-3U, de larges ailettes fixes sont ajoutées à la base du premier étage et la taille de la coiffe est accrue. Blue Origin annonce en que le premier vol est repoussé fin 2022[29]. Après la mise à feu statique des sept moteurs du premier exemplaire de New Glenn le , le lanceur effectue son vol inaugural le .

Le lanceur est conçu pour permettre un abaissement important des coûts de lancement. Pour y parvenir, il reprend la solution adoptée par SpaceX pour sa fusée Falcon 9, à savoir la réutilisation du premier étage, qui atterrit après utilisation sur une barge située au large de la base de lancement. La première récupération est effectuée lors du second vol le 13 novembre 2025 tandis que la réutilisation du premier étage intervient lors du troisième vol le 19 avril 2026.

Cependant, le New Glenn connait une série d'incidents durant le premier semestre 2026. Au cours du troisième vol, les moteurs du second étage échouent à se rallumer, mettant sur une mauvaise orbite la charge utile[30]. Enfin, le 28 mai 2026, durant le test de mise à feu statique final de l'ensemble de la fusée précédant le quatrième vol, le lanceur est détruit sur son pas de tir tandis que les installations de lancement sont fortement endommagées[31]. Cet accident remet en cause la fiabilité du New Glenn dont les lancements sont mis en pause et impacte directement le programme Artemis puisqu'il s'agit du seul lanceur en capacité de transporter l'atterrisseur Blue Moon.

Véhicule Orion

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Le module de service d'Orion de la mission Artemis III au Operations and Checkout Building durant des tests acoustiques le .

La mission utilise le véhicule spatial habité Orion de la NASA, dont c'est le troisième vol de test d'un modèle opérationnel. Le projet débute en 2004 à l'initiative de l'administration Bush à la suite de l'accident de Columbia en 2003, qui sonne la fin prochaine des navettes spatiales. Par conséquent, l'accent est dès le départ mis sur la sécurité de l'équipage[32]. En 2005, il devient le véhicule principal du programme Constellation, qui vise à retourner sur la Lune en 2020. Sa construction est confiée à Lockheed Martin en 2006, mais son développement est ralenti du fait du manque de financement. Finalement, en 2010, il est le seul élément du programme Constellation à ne pas être annulé et devient la charge utile principale du lanceur Space Launch System (SLS), sans objectif défini sinon l'exploration humaine de l'espace au-delà de l'orbite basse terrestre. Le développement de son module de service étant resté à un stade très préliminaire, l'Agence spatiale européenne (ESA) s'engage en 2012 à en fournir un, dérivé de son véhicule cargo, le Véhicule de transfert automatique (ATV), afin de remplir sa contribution à la station spatiale internationale (ISS) ; il est construit par Airbus Defence and Space (ADS)[33].

Le développement et la mise en œuvre du véhicule Orion sont placés sous la responsabilité du Centre spatial Johnson (JSC) de la NASA au Texas[34]. La capsule est essentiellement une version agrandie du module de commande (Command Module ou CM) du programme Apollo, avec un volume interne doublé capable d'accueillir quatre astronautes ; elle est surmontée d'une tour de sauvetage pour l'éjection d'urgence en cas de défaillance du SLS pendant les premières minutes du lancement[35]. Le module de service européen (en) (ESM) contient assez de consommables pour un vol de 21 jours, mais en raison de l'architecture du programme Constellation où l'atterrisseur Altair devait se charger de l'insertion en orbite basse lunaire (LLO), il ne contient pas assez d'ergols pour permettre au véhicule Orion de s'y insérer et d'en revenir comme le véhicule Apollo.

Le véhicule Orion mis en œuvre par la mission Artemis III est le premier exemplaire disposant d'un module d'amarrage (Docking Module ou DM) opérationnel, permettant l'amarrage d'Orion aux atterrisseurs lunaires Starship HLS et Blue Moon[36].

Combinaisons OCSS

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Membres d'équipage d'Artemis II portant leur combinaison OCSS lors d'un test d'évacuation du pas de tir le .

La mission utilise la combinaison intravéhiculaire Orion Crew Survival System (OCSS). L'OCSS est essentiellement une version améliorée et adaptée au véhicule Orion de la combinaison Advanced Crew Escape Suit (ACES), utilisée à bord de la navette spatiale. Fabriquée sur mesure pour chaque astronaute, elle est conçue pour être portée pendant les phases dynamiques et donc dangereuses du vol, en particulier le lancement, l'amarrage et la rentrée atmosphérique. Elle est également pensée pour faciliter la récupération de l'équipage en cas de retour ou d'amerrissage d'urgence : la couleur orange est visible en mer, l'équipage dispose de bouées gonflables, d'un miroir, d'une lampe stroboscopique et de feu de détresse[37].

Dans le cas extrême où le véhicule Orion ferait face à une dépressurisation accidentelle sans que l'intégrité de la cabine ne puisse être restaurée, par exemple après un impact de débris ou une collision avec un autre engin spatial, la combinaison OCSS est théoriquement capable de maintenir l'astronaute en vie jusqu'à six jours, une capacité sans précédent. Les missions dans l'espace cislunaire nécessitent un minimum de quatre à cinq jours incompressibles pour rentrer sur Terre du fait de la mécanique orbitale. La combinaison dispose ainsi d'un dispensaire de médicaments, d'eau et de nourriture directement dans le casque, en plus d'un système de gestion des déchets biologiques. Le contrôle de l'atmosphère à l'intérieur reste pris en charge par le véhicule Orion, via un conduit ombilical[38],[39].

Combinaisons AxEMU

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L'astronaute canadienne Jenni Gibbons portant une combinaison AxEMU lors d'un test en piscine.

La mission utilise éventuellement la combinaison extra-véhiculaire AxEMU (Axiom Exploration Extravehicular Mobility Unit), dont ce serait le premier usage opérationnel. Développée au cours des décennies 2010 et 2020 par le centre spatial Johnson de la NASA, sa fabrication a été confiée à la société Axiom Space[40] ; elle est destinée à l'exploration de la surface de la Lune. L'AxEMU est, contrairement à son prédécesseur (l'EMU utilisée pour les sorties extravéhiculaires depuis la Station spatiale internationale), une combinaison spatiale intégrale semi-rigide dans laquelle on entre par une ouverture dans le dos selon la formule utilisée par l'Orlan russe. Le programme Artemis qui reprend l'objectif du programme Constellation et vise à amener l'homme dans les régions polaires de la Lune réactive la nécessité de disposer d'une combinaison spatiale adaptée aux conditions rencontrées et aux objectifs ambitieux assignés aux missions (séjours longs). Elle présente ainsi plusieurs innovations permettant de gérer le risque lié au régolithe lunaire, d'éliminer le dioxyde de carbone et de résister aux températures extrêmes rencontrées dans les régions polaires de la Lune.

Durant Artemis III, l'équipage mènera des activités extravéhiculaires à l'aide de la combinaison AxEMU depuis les atterrisseurs lunaires et Orion afin de vérifier leurs fonctionnements[41] en vue d'une utilisation opérationnelle à partir d'Artemis IV.

Construction et assemblage

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La section moteur est transféré de la SSPF à la baie 2 du VAB au Centre spatial Kennedy le .

Le lanceur Space Launch System (SLS) et le véhicule Orion sont des engins industriels d'une très grande complexité comptant plus d'un million de pièces[42],[note 1], leur assemblage débute de nombreuses années avant la mission en raison des difficultés et des retards. L'étage supérieur Delta Cryogenic Second Stage (ICPS-3), le dernier commandé par la NASA pour la version Bloc 1 du SLS, est construit dans l'usine d'United Launch Alliance (ULA) à Decatur dans l'Alabama, puis arrive le à la base de lancement de Cap Canaveral en Floride au Delta Operations Center d'ULA pour y être complété et testé[43],[44]. L'adaptateur conique entre l'étage central et l'étage ICPS (Launch Vehicle Stage Adapter ou LVSA), tout comme l'adaptateur entre l'ICPS et le véhicule Orion (Orion Stage Adapter ou OSA), sont construits au Centre de vol spatial Marshall (MSFC) à Huntsville dans l'Alabama[45],[46]. L'étage central du SLS est construit au Centre d'assemblage de Michoud (Michoud Assembly Facility ou MAF) près de la Nouvelle-Orléans, également dans l'Alabama. En l'assemblage du réservoir d'oxygène avec l'interétage et la jupe supérieure est complété (formant le Forward Join Assembly), puis le c'est au tour du réservoir d'hydrogène[47]. À partir de la mission Artemis III, après sa construction au MAF la section moteur est préparée et assemblée au Centre spatial Kennedy (KSC) en Floride. Elle arrive au KSC en d'abord à la Space Systems Processing Facility (en)[48] (SSPF), puis est transférée à la baie 2 du Vehicle Assembly Building (VAB) en [49]. Le jeu de quatre moteurs RS-25D de l'étage central est prêt au Centre spatial Stennis depuis et attend d'être livré au KSC. En le moteur no 4 est utilisé pour remplacer son homologue sur l'étage central d'Artemis II, il est lui-même remplacé par celui du jeu d'Artemis IV[50].

Le module de service européen au O&C le .

La structure de base du module de service européen (en) (European Service Module ou ESM-3) est construite par Thales Alenia Space à Turin en Italie, et livré au maître d'œuvre Airbus Defence and Space à Brême en Allemagne en [51]. La cabine pressurisée du module d'équipage (Crew Module ou CM) du véhicule Orion construite au MAF est livrée au Operations and Checkout Building (O&C) du Centre spatial Kennedy (KSC) en [52], puis y est rejoint par son bouclier thermique le [53]. En , ESM-3 arrive à l'O&C à bord du navire Canopée pour y finir son assemblage[54].

L'étage central d'Artemis III est arrivé le 27 avril 2026 au VAB pour sa future intégration avec Orion[55], tandis que les segments des propulseurs d'appoint sont partis de l'usine de Northrop-Grumman vers le Centre spatial Kennedy le 2 juin 2026[56].

Déroulement prévu de la mission

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Notes et références

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  1. Soit pour donner un ordre d'idée environ autant qu'un sous-marin nucléaire d'attaque de classe Suffren de Naval Group.

Références

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Articles connexes

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