Programme New Frontiers

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New Horizons est la première mission du programme New Frontiers.

Le programme New Frontiers est un programme de la NASA qui regroupe des missions d'exploration du système solaire dont le coût est plafonné à un milliard de dollars. Il est mis en place en 2002 en s'inspirant du programme Discovery qui, lui, rassemble des missions ayant le même objectif tout en étant deux fois moins coûteuses. Début 2015 trois sondes spatiales (New Horizons, Juno et OSIRIS-REx) rattachées au programme New Frontiers sont en opération ou en cours de développement. Une quatrième mission devrait être sélectionnée en 2019.

Concept[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990 la NASA met en place le programme Discovery qui regroupe des missions d'exploration du système solaire dont le coût hors lancement est inférieur à 450 millions de dollars. L'objectif de ce programme était de garantir des lancements réguliers de nouvelles missions (théoriquement tous les 2 ans) sans avoir à soumettre leur sélection à un accord du Congrès américain grâce au plafond retenu et à un système de sélection rigoureux. Le coût de ces missions limitait toutefois fortement la diversité des instruments emportés et excluait l'exploration des planètes externes (Jupiter et au-delà). Le programme New Frontiers est créé en 2002 selon le même principe mais en fixant un plafond à un milliard de dollars (valeur actualisée en 2015). Une mission New Frontiers est retenue après un appel à propositions suivi d'une sélection mais, contrairement au programme Discovery, les objectifs du projet retenu doivent faire partie des axes d'étude listés par le dernier rapport des sciences planétaires établi tous les 10 ans par la communauté scientifique. Comme pour les missions Discovery et contrairement aux missions du programme Flagship non plafonnées, le Congrès n'intervient pas dans la décision de lancer ces missions qui ne sont limitées que par l'enveloppe budgétaire accordée au programme. Toutefois cette dernière contrainte peut fortement ralentir la cadence des lancements qui avait été fixée initialement à 5 ans. Ainsi au début des années 2010, la crise financière qui touche la NASA, impose un report de la sélection de la quatrième mission de plus de deux ans[1],[2].

Les missions en cours[modifier | modifier le code]

New Horizons[modifier | modifier le code]

Article détaillé : New Horizons.

New Horizons est la première mission du programme New Frontiers. La sonde spatiale a été lancée le 19 janvier 2006 vers Pluton qu'elle a atteint le 14 juillet 2015, après avoir utilisé l'assistance gravitationnelle de Jupiter. Il est prévu que par la suite elle survole un petit corps de la ceinture de Kuiper entre 2015 et 2020.

Juno[modifier | modifier le code]

La sonde spatiale Juno
Article détaillé : Juno (sonde spatiale).

Juno, dont le lancement a eu lieu le 5 août 2011, est chronologiquement la deuxième mission du programme. La sonde doit se placer sur une orbite polaire autour de Jupiter le quatre juillet 2016 pour étudier le champ magnétique de la planète. La sonde doit poursuivre les premières investigations menées par la sonde Galileo sur la composition de la couche supérieure de son atmosphère. L'objectif est non seulement de mieux comprendre la genèse et la nature du système solaire mais également de mieux comprendre les planètes géantes extérieures en général.

Les missions en phase de développement[modifier | modifier le code]

OSIRIS-REx[modifier | modifier le code]

Article détaillé : OSIRIS-REx.

OSIRIS-REx (Origins Spectral Interpretation Resource Identification Security Regolith Explorer) est la troisième mission du programme. Elle doit ramener sur Terre un échantillon du sol de l'astéroïde (101955) Bénou pour permettre son analyse. La sonde procédera sur place à une étude de l'astéroïde à l'aide de spectromètres et d'un LIDAR. La composition de l'échantillon doit contribuer à améliorer notre connaissance du mode de formation du système solaire. La mission a été sélectionnée en mai 2011 pour un lancement en septembre 2016[3].

Quatrième mission du programme[modifier | modifier le code]

Concept mis en œuvre pour Venus In-Situ : ballon survolant la surface de Vénus

Historique[modifier | modifier le code]

Début 2011 cinq missions candidates sont pressenties pour la quatrième mission du programme (les cinq premières listées ci-dessous)[4]. Mais les missions scientifiques de la NASA subissent de fortes réductions budgétaires liées à la crise économique en cours aggravée par les dépassements du télescope spatial JWST. Le budget de la NASA proposé début 2014 entraîne la mise en suspens du programme New Frontiers[5]. Début 2015, la NASA réintègre le programme dans ses prévisions budgétaires. Un appel à propositions est lancé fin 2016. Il est prévu à l'époque qu'une pré-sélection débouchant sur des études approfondies soit finalisée en novembre 2017 puis qe la sélection finale finale soit effectuée en juillet 2019. Les propositions de mission doivent porter sur un des six thèmes énoncés dans le plan stratégique et le plan scientifique de la NASA de 2014[6] :

  • Mission de retour d'échantillon de la surface d'une comète
  • Mission de retour d'échantillon du sol prélevé dans le Bassin Pôle Sud-Aitken près du pôle sud de la Lune.
  • Mondes océaniques ; Encélade et/ou Titan
  • Sonde atmosphérique de Saturne
  • Étude des astéroïdes troyens orbitant aux points de Lagrange L4 ou L5 de la planète Jupiter.
  • Étude de la composition et les caractéristiques de la surface de Vénus visant à répondre aux deux objectifs suivants : formation des planètes terrestres et modalités de l'évolution de Vénus depuis son origine sans doute similaire à celle de la Terre.

Les missions à l'étude[modifier | modifier le code]

Une douzaine de propositions sont remises et étudiées en 2017 par la NASA qui souhaite en retenir 2 à 3 pour la fin de l'année. La mission retenue sera choisie mi-2019 pour un lancement qui devrait s'effectuer avant fin 2025. Selon les missions le temps de transit jusqu'à l'objectif sera compris entre quelques jours (mission vers la Lune) et 12 ans (Saturne et ses satellites). Le développement de la sonde spatiale, des instruments scientifiques et la conduite des opérations doivent s'inscrire dans une enveloppe de 850 millions US$. 150 millions US$ sont octroyés pour l'acquisition du lanceur[7].

Étude de Vénus : VISAGE[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Venus In Situ Explorer.

La mission VISAGE Venus In Situ Atmospheric and Geochemical Explorer doit étudier la composition et les caractéristiques de la surface de Vénus. La sonde doit extraire et analyser un échantillon du sol vénusien et doit également mesurer les éléments et la composition minéralogique de la surface[7].

Moonrise[modifier | modifier le code]

La sonde MoonRise a comme objectif de rapporter sur Terre un échantillon de la croute lunaire ancienne qui serait extraite près du Pole Sud lunaire[4].

Comet Surface Sample Return[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comet Surface Sample Return.

La sonde Comet Surface Sample Return a comme objectif de ramener sur Terre des échantillons du noyau d'une comète prélevés à un ou plusieurs endroits du noyau ainsi que dans la queue de la comète. L'objectif est de mieux connaitre la composition du système solaire au tout début de sa formation[4].

Trojan Tour and Rendezvous[modifier | modifier le code]

Trojan Tour and Rendezvous est un projet qui vise à explorer plusieurs astéroïdes troyens, petits corps orbitant aux points de Lagrange L4 ou L5 de la planète Jupiter. Cette mission devrait fournir des éléments sur la composition minéralogique et élémentaire de la surface ainsi que la géologie de certains de ces astres. La sonde devrait être équipée de plusieurs instruments scientifiques, dont un spectromètre ultra-violet et un lidar[8].

Saturn Probe[modifier | modifier le code]

Une première version de sonde spatiale destinée à étudier in situ l'atmosphère de Saturne avait été proposée lors de l'appel à propositions de 2011 resté sans suite. Saturn Probe était une mission de type orbiteur qui devait étudier avec précision l'atmosphère de Saturne, comme l'a en partie fait la mission Galileo pour Jupiter. Elle aurait notamment pour but de déterminer l'abondance des gaz nobles et la structure de l'atmosphère de la planète. Parmi les nombreux instruments que la sonde devrait emporter se trouvaient un spectromètre de masse neutre (NMS) ainsi qu'un oscillateur ultra stable (USO)[9].

Lors du deuxième appel à propositions lancé en 2017 une sonde atmosphérique baptisée SPRITE (Saturn PRobe Interior and aTmosphere Explorer) reprend les mêmes objectifs. Il s'agit de répondre aux nombreuses questions que soulèvent la formation et l'évolution de Saturne en mesurant in situ la composition de son atmosphère. Un des objectifs est de déterminer à quelle distance du Soleil Saturne s'est elle formée et quel rôle la planète géante a t'elle joué dans la migration initiale des planètes géantes d'abord vers une orbite plus proche du Soleil puis plus éloignée du celui-ci (selon un des scénarios envisagés pour l'évolution du système solaire). SPRITE doit également mesurer la quantité d'hélium pour expliquer pourquoi la température de l'atmosphère est supérieure à celle prédite par les modèles en vigueur. SPRITE comprend un engin spatial porteur équipé d'une caméra fournissant le contexte de la progression de la sonde atmosphérique dans l'atmosphère de Saturne. Cette dernière, après avoir été larguée par son vaisseau mère, doit s'enfoncer dans l'atmosphère de Saturne et analyser, au cours de sa descente d'une durée de 90 minutes, sa composition de l'atmosphère, sa température, sa pression, la vitesse des vents et la structure des nuages. Le vaisseau porteur relaiera ces données vers la Terre[7].

Étude d'Encelade : missions ELSAH et ELF[modifier | modifier le code]

Deux propositions de mission portent sur l'étude de la lune Encelade qui présente la particularité d'abriter un océan souterrain dont les caractéristiques (température, composition) seraient favorables à l'émergence de formes de vie. Les instruments qui équipaient l'orbiteur Cassini ne permettaient pas de pousser les investigations. Ces deux sondes sont équipés d'instruments plus précis. Aucun détail n'est disponible sur la mission ELSAH (Enceladus Life Signatures and Habitability). La sonde spatiale ELF (Enceladus Life Finder) doit se placer sur une orbite de 62 jours autour de Saturne et effectuer 10 survols rapprochés d'Encelade en traversant à chaque passage le nuage de matière éjecté par les geysers situés au pôle sud de cette lune. La sonde spatiale est équipée de trois spectromètres de masse qui doivent permettre d'effectuer des analyses poussées de la composition des gaz éjectés et déterminer si ceux ci contiennent des molécules organiques complexes précurseurs ou indices de formes de vie. ELF sera également équipée d'une caméra qui devrait prendre des images spectaculaires de la surface. Profitant des avancées dans le domaine des cellules solaires, ELF utilisera des panneaux solaires pour produire l'énergie dont la sonde spatiale a besoin malgré la faiblesse du rayonnement solaire disponible au niveau de l'orbite de Saturne (100 fois plus faible)[7].

Étude de Titan : missions Oceanus et Dragonfly[modifier | modifier le code]

Deux propositions de mission ambitieuses visent à étudier in situ les caractéristiques de la lune Titan. Oceanus doit se placer sur une orbite basse autour de Titan pour étudier in situ les processus de création des molécules organiques complexes dans les couches supérieures de l'atmosphère. La sonde spatiale est équipée d'un spectromètre de masse dont la sensibilité est dix fois supérieure à celle de l'instrument équipant Cassini. L'objectif est de comprendre ces processus dominé par le méthane qui ont sans doute également joué un rôle central dans l'évolution de l'atmosphère de la Terre, il y a 3,5 milliards d'années. Oceanus dispose également d'une caméra pouvant réaliser des images de la surface de Titan dans trois bandes infrarouges pour cartographier les accumulations de matières organiques sur le sol et comprendre comment celles-ci s'accumulent, sont transportées à la surface et sont érodées. La caméra doit également cartographier les régions recouvertes de glace d'eau. Un radar et une expérience de radio-science doivent permettre de déterminer la structure de la croute et de l'intérieur de la lune ainsi que les caractéristiques de l'océan souterrain salé situé sous la surface glacée, notamment si celui-ci est au contact du noyau rocheux de Titan comme on le suppose sur Encelade. Oceanus est équipé de panneaux solaires[7].

La mission Dragonfly est particulièrement audacieuse sur le plan technique. Elle exploite le fait que Titan a une gravité largement inférieure à celle de la Terre et dispose d'une atmosphère épaisse. Ces deux caractéristiques sont favorables à la mise en œuvre d'un engin volant. Dragonfly utilise un drone hélicoptère capable d'effectuer de courts vols en pilotage automatique de quelques dizaines de kilomètres avant de se poser pour recharger ses batteries à l'aide d'un générateur thermoélectrique à radioisotope embarqué. Durant la phase de vol, le drone analyse la composition de l'atmosphère et établit le profil vertical de celle-ci. Lorsqu'il est au sol, il étudie la composition des matériaux organiques et des glaces de la surface en utilisant un spectromètre de masse et un spectromètre gamma à neutrons actifs. Le drone dispose également d'instruments pour étudier la météorologie et effectuer des études sismiques[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Vision and Voyages for Planetary Science in the Decade 2013-2022 », Conseil National de la Recherche américain, [PDF]
  2. (en) Jason Callahan, « New life for New Frontiers », The Space Reviex,
  3. (en) « NASA to Launch New Science Mission to Asteroid in 2016 », NASA/JPL,
  4. a, b et c (en) « New Frontiers Program », NASA/JPL (consulté le 11 juin 2014)
  5. (en) Van Kane, « Further Analysis of NASA's FY15 Budget Proposal: Steady As She Goes? », Planetary Society,
  6. (en) « NASA New Frontiers Program AO released », Lunar and Planetary Institute
  7. a, b, c, d, e et f (en) Van Kane, « Here's what we know about the 12 proposals for NASA's next New Frontiers mission », The Planetary Society,
  8. (en) The National Academies Press, « Vision and Voyages for Planetary Science in the Decade 2013-2022 » (consulté le 24 août 2013)
  9. (en) California Institute of Technology, « Scientific Value of a Saturn Atmospheric Probe Mission » (consulté le 24 août 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]