Sekhemkhet

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Sekhemkhet
Image illustrative de l’article Sekhemkhet
Période Ancien Empire
Dynastie IIIe dynastie
Fonction roi
Prédécesseur Djéser ou Sanakht
Dates de fonction -2611 à -2605 (selon J. P. Allen)
-2648 à -2640 (selon I. Shaw)
-2609 à -2603 (selon J. Málek)
-2700 à -2695 (selon R. Krauss)
-2645 à -2638 (selon J. von Beckerath)
Successeur Khaba ou Sanakht
Sépulture
Nom Complexe funéraire de Sekhemkhet ?
Type Pyramide à degrés
Emplacement Saqqarah
Date de découverte 1951
Découvreur Zahi Goneim

Sekhemkhet serait le second ou troisième souverain de la IIIe dynastie (Ancien Empire). Il succède à Djéser ou à Sanakht et il précède Khaba ou Sanakht. Ses dates de règnes sont aux alentours de -2611 à -2605[1].

Identités[modifier | modifier le code]

Attestations[modifier | modifier le code]

Le nom d'Horus Sekhemkhet fut trouvé à plusieurs endroits en Égypte. Deux reliefs rupestres situés dans le Ouadi Maghara dans le Sinaï portent son nom. Des sceaux trouvés à Éléphantine portent son nom d'Horus et son nom de Nebty Hetep-Ren. Enfin, le nom d'Horus Sekhemkhet a également été trouvé dans la pyramide dite de Sekhemkhet[2].

Éléments de sa titulature[modifier | modifier le code]

Sceau d'argile provenant d'Éléphantine montrant les noms d'Horus et de Nebty de Sekhemkhet

Seuls deux noms de ce roi sont connus avec certitude : son nom d'Horus Sekhemkhet et son nom de Nebty Hetep-Ren signifiant Les deux Maîtresses sont satisfaites de son nom. Ce nom a été retrouvé associé sur un sceau d'argile provenant d'Éléphantine avec le nom d'Horus Sekhemkhet assurant ainsi l'identification de ces deux noms à un même roi[3],[4].

Le nom de Nebty Djeseret-Ânkh fut longtemps associé au nom d'Horus Sekhemkhet du fait que ces deux noms ont été découverts dans la pyramide dite de Sekhemkhet mais dans deux contextes différents. Du fait de la découverte du sceau d'Éléphantine associant le nom de Nebty Hetep-Ren à l'Horus Sekhemkhet, le nom de Nebty Djeseret-Ânkh ne peut être celui de ce roi. L'égyptologue Jean-Pierre Pätznick propose d'associer le nom de Nebty Djeseret-Ânkh à Sanakht pour diverses raisons, en réattribuant au passage à Sanakht la pyramide traditionnellement attribuée à Sekhemkhet[4].

Il est probable qu'il est porté un nom de Nesout-bity mais il n'a pas encore été retrouvé ou alors il n'a pas encore été identifié comme celui de Sekhemkhet. En effet deux noms de Nesout-bity de cette période ne sont associés avec aucun nom d'Horus avec certitude : le nom Nebka souvent associé au nom d'Horus Sanakht[5],[6] et le nom Houni qui a été proposé comme celui de l'Horus Khaba[7] même s'il est possible qu'il s'agisse de celui de Sekhemkhet.

Identification dans les listes postérieures[modifier | modifier le code]

Les noms Djéserti et Djésertéti (Téti pouvant en être un diminutif), présents dans les listes ramessides comme successeur de Djéser furent longtemps à Sekhemkhet du fait qu'ils rappellent le nom de Nebty Djeseret-Ânkh, qui fut longtemps attribué à ce roi[2]. Du fait de la découverte du nom de Nebty Hetep Ren, il est possible que ces noms se rapportent à un autre souverain.

Position dans la dynastie[modifier | modifier le code]

Du fait de la découverte du nom d'Horus Sekhemkhet dans la pyramide dite de Sekhemkhet dont l'architecture rappelle celle de Djéser, additionné au fait que Sekhemkhet était souvent associé aux noms Djéserti, Djésertéti et Téti des listes ramessides qui est systématiquement placé juste après le nom de Djéser, Sekhemkhet a souvent été vu comme le successeur immédiat de Djéser[2].

Jean-Pierre Pätznick a une toute autre vision de la chose. En effet, il a souvent été constaté que les noms d'Horus de Djéser et de Sanakht étaient souvent trouvés dans un même contexte, comme dans la tombe K2 de Beit Khallaf ou dans le Ouadi Maghara, tandis que le nom de Sekhemkhet était soit absent, soit trouvé dans un contexte un peu différent (Ouadi Maghara)[4]. De plus, la présence de très nombreux sceaux de Sanakht dans le complexe funéraire de Djéser et l'absence de ceux de Sekhemkhet indiquent que c'est très probablement Sanakht qui a organisé les funérailles de Djéser et lui a donc succédé[4]. Enfin, le contexte de la découverte du nom d'Horus Sekhemkhet dans la pyramide qui lui est traditionnellement attribuée, auquel on doit ajouter le fait que le nom d'Horus Sekhemkhet et le nom de Nebty Djeseret-Ânkh, également découvert dans la pyramide dans un contexte l'associant vraisemblablement au mobilier funéraire, ne se rapportent pas au même roi, poussent Jean-Pierre Pätznick à penser que la pyramide dite de Sekhemkhet n'appartient pas à ce roi mais plutôt à Sanakht. Ainsi donc, la proximité architecturale entre cette pyramide et celle de Djéser comme argument d'une succession directe entre les commanditaires de ces deux tombeaux jouerait cette fois-ci en faveur de Sanakht et non plus de Sekhemkhet[4].

Si l'hypothèse de Jean-Pierre Pätznick d'une succession directe entre Djéser et Sanakht se révèle exacte, alors Sekhemkhet aurait été l'un de ses successeurs. Jean-Pierre Pätznick le place d'ailleurs comme successeur immédiat de Sanakht du fait que la découverte du nom d'Horus dans la pyramide qu'il attribue à Sanakht montrerait que c'est Sekhemkhet qui a organisé les funérailles de Sanakht[4].

Règne[modifier | modifier le code]

Durée[modifier | modifier le code]

Un règne court lui est souvent attribué. Si le nom Djéserti inscrit sur le Canon royal de Turin se rapporte vraiment à lui, alors ce document lui attribue six ans de règne[8]. Myriam Wissa, sur la base de l'état inachevé de la pyramide qui lui est traditionnellement attribuée, lui attribue également ce nombre de six ans de règne[9]. Toby A. H. Wilkinson lui attribue sept ans de règne d'après sa reconstruction de la pierre de Palerme (Ve dynastie)[10]. En effet, la titulature du successeur de Djéser, bien qu'illisible, commence immédiatement après la ligne de séparation qui marque le changement de règne, signe d'un règne court du fait que les titulatures sur cette pierre étaient gravées au milieu de l'espace qui leur était dédié. Manéthon l’appellerai Týreis et lui compterai sept ans de règne.

Bien sûr, tout ceci n'est valable que si Sekhemkhet est le successeur de Djéser et si le nom Djéserti inscrit sur le Canon royal de Turin lui correspond, ce que certains contestent comme Jean-Pierre Pätznick[4]. Nabil Swelim a proposé un règne de dix-neuf ans, parce qu'il croyait que Sekhemkhet pourrait être la Tósertasis mentionnée par Manéthon[11] mais ceci ne fait pas l'unanimité.

Activités[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses sur les activités menées sous le règne de Sekhemkhet. Les seuls documents conservés montrant Sekhemkhet sont deux inscriptions rupestres à Ouadi Maghara dans la péninsule du Sinaï. La première montre Sekhemkhet à deux reprises : une fois avec la couronne Hedjet (couronne blanche symbolisant la Haute-Égypte), une autre avec la couronne Decheret (couronne rouge symbolisant la Basse-Égypte). La deuxième inscription représente une scène connue sous le nom de frapper l'ennemi : Sekhemkhet a attrapé un ennemi par les cheveux et a levé le bras pour tenter de frapper l'ennemi à mort avec un sceptre cérémoniel. La présence de ces reliefs à Ouadi Maghara suggère que des mines locales de cuivre et de turquoise ont été exploitées sous le règne de Sekhemkhet[12],[3]. Ces mines ont apparemment été actives pendant toute la IIIe dynastie puisque des reliefs de Djéser et Sanakht ont également été découverts dans le Ouadi Maghara.

Son nom a également été trouvé à Éléphantine sur des sceaux d'argile. La présence de ceux de Djéser, Sanakht et Khaba également prouve que ce site a été actif pendant toute la IIIe dynastie[3].

Sépulture[modifier | modifier le code]

Pyramide traditionnellement attribuée à Sekhemkhet à Saqqarah

Le tombeau traditionnellement attribué à Sekhemkhet est la pyramide de Sekhemkhet située à Saqqarah. La pyramide est parfois appelée la Pyramide enfouie et a été fouillée pour la première fois en 1952 par l'archéologue égyptien Zakaria Goneim. Un sarcophage scellé a été découvert sous la pyramide, mais une fois ouvert, il était vide. L'attribution de cette pyramide à Sekhemkhet a été contestée par Jean-Pierre Pätznick qui l'attribue à Sanakht[4].

Pyramide[modifier | modifier le code]

La pyramide a été conçue comme une pyramide à degrés dès le début. Sa base était un carré mesurant 115 mètres. Si la pyramide avait été achevée, elle aurait eu six ou sept degrés et une hauteur finale de 73 mètres. Ces proportions auraient donné à la pyramide un angle d'élévation de 51˚50', identique à la pyramide de Meïdoum et à la Grande Pyramide de Gizeh. Comme la pyramide de Djéser, elle a été construite en blocs de calcaire. Le monument n'a pas été terminé, peut-être à cause de la mort subite du roi. Seule le premier degré de la pyramide a été achevé, laissant un monument en forme de grand mastaba carré.

Souterrain[modifier | modifier le code]

Vue axonométrique des infrastructures de la pyramide de Sékhemkhet

L'entrée des souterrains se trouve du côté nord de la pyramide. Un passage ouvert descend sur soixante mètres. À mi-chemin sur la voie, un puits vertical rencontre le passage par le haut. Il s'ouvre à la surface et son entrée se situerait au deuxième degré de la pyramide, si le monument avait été achevé.

Au point de rencontre du passage et du puits, un autre passage mène à une galerie souterraine en forme de U contenant au moins cent-vingt magasins. L'ensemble du complexe de galeries a l'apparence d'un peigne géant. Peu avant d'atteindre la chambre funéraire, le passage principal se divise en deux autres galeries, entourant la chambre funéraire comme un U (semblable à la grande galerie nord), mais elles ne furent jamais terminées.

La chambre funéraire a une base de 9 × 5 mètres et une hauteur de 4,5 mètres. Elle a également été laissée inachevée, mais étonnamment, une sépulture presque entièrement aménagée a été trouvée. Le sarcophage au milieu de la chambre est en albâtre poli et présente une particularité : son ouverture se trouve sur la face avant et est scellée par une porte coulissante, qui était encore recouverte de mortier lorsque le sarcophage a été trouvé. Le sarcophage était vide, cependant, et il n'est pas clair si le site a été saccagé après l'enterrement ou si le roi a été enterré ailleurs.

Complexe funéraire[modifier | modifier le code]

Plan du complexe de Sekhemkhet

Comme le complexe n'a jamais été achevé, il est difficile de dire quels bâtiments étaient prévus à l'origine. La cour de la pyramide était entourée d'un beau mur d'enceinte orienté nord-ouest. Il mesurait 560 mètres de long, 185 mètres de large et dix mètres de haut. Le seul bâtiment cultuel archéologiquement préservé est le tombeau Sud, dont les dimensions de base sont estimées à 32 × 16 mètres. En 1963, Jean-Philippe Lauer a fouillé dans cette salle l'enterrement d'un tout-petit de deux ans. L'identité de cet enfant reste un mystère. Le seul fait connu avec certitude est qu'il ne peut pas être le roi Sekhemkhet lui-même, puisque le roi a toujours été représenté comme un jeune homme.

Aucun autre bâtiment cultuel n'a été découvert, mais les égyptologues et les archéologues sont convaincus qu'il y avait un temple mortuaire et un serdab, mais qu'ils ont été détruits par le pillage de la pierre de ses bâtiments cultuels dans l'Antiquité.

Titulature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon J. P. Allen.
    Autres avis de spécialistes : -2700 à -2695 (R. Krauss), -2648 à -2640 (I. Shaw), -2609 à -2603 (J. Málek), -2645 à -2638 (J. von Beckerath)
  2. a b et c Michel Baud, Djéser et la IIIe dynastie, Pygmalion, , 304 p. (ISBN 275641753X)
  3. a b et c Jean-Pierre Pätznick, « Die Abfolge der Horusnamen der 3. Dynastie » dans, Jean-Pierre Pätznick, Die Siegelabrollungen und Rollsiegel der Stadt Elephantine im 3. Jahrtausend v.Chr. Spurensicherung eines archäologischen Artefaktes (= BAR. International Series. Vol. 1339). Archaeopress, Oxford 2005, (ISBN 1-84171-685-5), p. 76–79.
  4. a b c d e f g h et i Jean Pierre Pätznick, La succession des noms d'Horus de la IIIe dynastie revisitée, Toutânkhamon magazine, no 42.
  5. Toby Alexander Howard Wilkinson, Early Dynastic Egypt. Strategies, Society and Security. Routledge, London 1999, (ISBN 0-415-18633-1), p. 101 - 104.
  6. Kenneth Anderson Kitchen, Ramesside Inscriptions, Translated and Annotated Notes and Comments, vol. 2. Blackwell, Oxford 1999, (ISBN 063118435X), p. 534 - 538.
  7. Rainer Stadelmann, King Huni: His Monuments and His Place in the History of the Old Kingdom. In: Zahi A. Hawass, Janet Richards (Hrsg.), The Archaeology and Art of Ancient Egypt. Essays in Honor of David B. O’Connor. Band II, Conceil Suprême des Antiquités de l’Égypte, Kairo, 2007, p. 425–431.
  8. Alan H. Gardiner, The Royal Canon of Turin, Griffith Institute, Oxford 1997, (ISBN 0-900416-48-3), Vol. 2.
  9. Myriam Wissa, « À propos du sarcophage de Sékhemkhet », dans, Catherine Berger, Études sur l'Ancien empire et la nécropole de Saqqâra dédiées à Jean-Philippe Lauer, Orientalia Monspeliensia. Vol. 9, 2, Université Paul Valéry – Montpellier III, Montpellier 1997, (ISBN 2-8426-9046-X), p. 445–448.
  10. Toby A. H. Wilkinson, Royal Annals of Ancient Egypt: The Palermo Stone and Its Associated Fragments. Kegan Paul International, London 2000, p. 115.
  11. Nabil Swelim, Some Problems on the History of the Third Dynasty, Archaeological and historical Studies, Vol. 7, ZDB-ID 800015-3, Archaeological Society of Alexandria, Alexandria 1983, p. 221.
  12. Morsi Saad El-Din u. a., Sinai. The site & the history. Essays. Photographs by Ayman Taher, New York University Press, New York NY 1998, (ISBN 0-8147-2203-2), p. 30.

Lien externe[modifier | modifier le code]