Culture du Cameroun

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La culture camerounaise est caractérisée par une très grande diversité ethnique et une grande influence des cultures francophones et anglophones[1]..

Danseurs Bamiléké

Diversité ethnique[modifier | modifier le code]

Groupes ethniques du Cameroun : il ne s'agit pas des ethnies au sens strict mais des grands ensembles.

Le Cameroun compte des centaines de royaumes traditionnels (Bodjongo'a Mbèdi, Akwa-Nord,Bali-nyonga, Bafut, Bafoussam, Foumban...) pour la plupart concentrés dans le littoral, le nord et l'ouest du pays. Ce sont de véritables entités indépendantes dont Bodjongo'a Mbèdi dans le littoral fait l'exception car sa dynastie royale remonte au-delà du Xe siècle et la plupart des autres fondées pour certaines au XVIe siècle. Organisées autour de la figure emblématique du leader ou du chef qui exerce son pouvoir dans le cadre d'un système très hiérarchisé où gravitent épouses, adjoints, notables qui sensibilisent les enfants aux rites ancestraux, des dignitaires qui récoltent les herbes et racines dans les forêts sacrées pour les sociétés secrètes, des serviteurs dévoués, des artistes peintres, des sculpteurs et des groupes d'adolescents qui constituent des gardes structurées.

Ces entités tribales ont un rôle essentiel et fondamental dans la vie culturelle, politique et sociale du pays en soutenant les populations locales pour les créations d'activités, et contre la pauvreté, la maladie, le chômage, sollicitant aux uns et aux autres des capitaux pour la construction d'une école, d'un dispensaire ou d'une pompe à eau.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues du Cameroun.

On recense au Cameroun plus de 250 dialectes assimilés aux langues nationales, parmi lesquelles on trouve le Doualais, l'Ewodi, le Yabassi, le Bodiman, le Tikar, le Pongo, l'Abo, le Balimba, le Bamoun, l'Ewondo, le Bassa, le Bakweri, le Bulu, le Peul ou Foulbé, le Haoussa, les langues Bamiléké composées de plusieurs sous ensembles comme le Fe'efe', Nufi ou Bafang, le Ghomala' (Baham, Bandjoun, Batié, Bansoa, Bandenkop), le Medumba (Bangangté), le Yemba (Dschang), le Ngomba'a (Bamesso)... et bien d'autres.

Contrairement à la majorité des autres pays africains, le Cameroun n'a pas de langue nationale dominante ou commune. Cependant, la jeunesse urbaine a créé une forme d'argot complexe dit camfranglais (melange de français, d'anglais, de locutions vernaculaires camerounaises et même du verlan) qui varie selon les villes. L'on s'exprime en "pidjin" un mélange de l'anglais et d'argot. Quant aux commerçants, ils négocient très souvent en pidjin english (forme de créole anglais) depuis plus de 50 ans.

En ce qui concerne les langues officielles, l'anglais et le français sont les deux langues de l'administration, de l'enseignement et des médias. Ce bilinguisme est un héritage de la colonisation, et permet au Cameroun de faire à la fois partie du monde francophone et anglophone. Malgré tout, le français est largement avantagé dans l'administration et les médias, par le fait de la majorité démographique des francophones. Certains anglophones se plaignent de discrimination à l'égard de leur langue que des francophones (adultes) n'assimilent pas souvent mais qui est étudiée par tous les enfants dans toutes les écoles. Cependant, le bilinguisme est de plus en plus renforcé et tous les documents publics lus ou écrits sont en deux langues. De plus, 4 des 6 universités publiques sont bilingues et une est entièrement anglophone (University of Buea). De nombreuses écoles primaires et lycées bilingues existent sur l'ensemble du territoire, Voir la Liste des établissements scolaires camerounais.

Littérature[modifier | modifier le code]

La littérature camerounaise est pour la plus grande part une littérature francophone marquée par des personnalités civiles dont Evelyne Sono-Epoh, Calixthe Beyala, Éric Essono Tsimi, Léonora Miano, Marie-Claire Matip, Philomène Bassek, Angéline Solange Bonono, Werewere Liking, Patrice Ndedi-Penda, Vincent Sosthène Fouda Essomba, Prince Dicka Akwa Nya Bona-Mbella, Valère Epee, Mongo Beti et aussi des personnalités politiques comme en témoignent les noms de Jacques Bonjawo, Gaston Kelman, Ebénézer Njoh-Mouellé et Ferdinand Oyono, Achille Mbembe.

  • Mongo Beti (Alexandre Biyidi Awala) (30 juin 1932 - 7 octobre 2001 était un écrivain franco-camerounais. Romancier renommé, essayiste engagé, enseignant, libraire et éditeur, il faisait partie des plus grands écrivains africains. Il a écrit 21 livres.
  • Ferdinand Oyono, né le , est un diplomate, homme politique et ministre camerounais en même temps qu'écrivain de langue française, auteur de trois romans publiés à la fin des années cinquante.

Les écrivaines y occupent une place importante, se démarquant de leurs homologues masculins par une propension naturelle à la provocation et par l´usage de tous les moyens médiatiques possibles. Elles opposent la négritude à l´homogénéisation de la société sous le rouleau compresseur de la mondialisation. Elles cherchent les voies d´un altermondialisme loin des modèles phallocratiques de l´ultra-libéralisme et aspirent à ré-enfanter un monde plus humain dans un univers frappé par la déshumanisation[2].

Médias[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médias au Cameroun.

En 2009, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe le Cameroun au 109e rang sur 175 pays[3]. Des « problèmes sensibles » y ont été observés[4].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Principaux réalisateurs camerounais et filmographie

  • Bassek Ba Kobhio (concepteur et animateur du festival Écrans noirs)
    • Sango Malo (1991)
    • Naissance d'une démocratie (1995)
    • Le Grand Blanc de Lambaréné (1994)
    • La Reine blanche
  • Jean-Pierre Bekolo
    • Quartier Mozart (1992)
    • Have you seen Franklin Roosevelt ? (1994)
    • Le Complot d'Aristote (???)
  • Jean-Pierre Dikongue Pipa
    • Muna Moto (l'Enfant de l'autre) prix du Festival panafricain de Ouagadougou de 1975 et Grand prix Fespaco 1976
    • Histoires drôles, drôles de gens (1983)
    • Courte maladie (1987)
    • Badjiaga
  • Daniel Kamwa
    • Boubou cravate (1972)
    • Pousse Pousse (1975)
    • Chantal Rega (1977)
    • La ligne du cœur (1978)
    • Novotel (1979)
    • Adum (1979)
    • Danse automate danse (1980)
    • Messe à Melen (1980)
    • Notre fille (1980)
    • Cam-air dix ans d'essor (1981)
    • Nous les fous du volant (1982)
    • Les fleurs du terroir,(1983)
    • La petite fille trouvée (1987)
    • Totor (1994)
    • Le Cercle des Pouvoirs (1997)
  • Jean-Marie Téno
    • De Ouaga à Douala en passant par Paris (1987)
    • Afrique, je te plumerai (1992)
    • La Tête dans les nuages (1994)
    • Clando (1996)
    • Vacances au Pays
    • Chef! (1999)

Évènements culturels[modifier | modifier le code]

  • La 1re biennale de la Photographie et des Arts Visuels, s'est déroulée du 14 au 23 janvier 2005 à Douala au Cameroun. Sur le thème « Traces et Mémoire », quatorze photographes et dix-sept artistes peintres africains, afro caribéens et européens exposent leurs œuvres.
  • La Fête de l'eau (Ngondo) réunit chaque année en décembre, sur les berges du fleuve Wouri, chez les Sawa, dans la Province du Littoral, plus de deux cent mille personnes venues applaudir défilés carnavalesques, courses de pirogues et rites sacrés. Fête traditionnelle des peuples côtiers, elle se tenait naguère au mois de juillet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Culture du Cameroun sur AfricaPresse.com
  2. Daniel S. Larangé, La "négrattitude" féminine : l´éternel féminin face à l´effacement des gen(re)s, Dialogues francophones "Les francophonies au féminin", Timişoara, 16 (2010), 213-226.
  3. Reporters sans frontières  : Classement mondial 2009 [1]
  4. Reporters sans frontières [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ephraïm Jouy,Cameroun, les arts rituels d'un peuple, Catalogue d'exposition, Editions Musée de l'Hôtel-Dieu, Mantes-la-Jolie, 2013 (ISBN 978-2-915503-00-5)
  • (en) The Cultural identity of Cameroon, Ministère de l'Information et de la Culture, Yaoundé, 1985, 519 p. (actes du colloque de 1985)
  • (en) John Mukum Mbaku, Culture and customs of Cameroon, Greenwood Press, Westport, Conn., 2005, XXXIV-236 p. (ISBN 0-313-33231-2)
  • Pierre Harter, Arts anciens du Cameroun, Arts d'Afrique Noire, Arnouville-lès-Gonesse, France, 1986, 374 p.
  • Claude Tardits, L'Histoire singulière de l'art Bamoun, éd. Maison-neuve et Larose.
  • Claude-Hélène Perrot et François-Xavier Fauvelle-Aymar, Le Retour des rois, éd. Karthala

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Cameroun : la messe à Yaoundé, Arion, Paris, 1972
  • Cameroun : la musique des Pygmées Baka, Auvidis, Unesco, Paris, 1990
  • Percussions et danses du Cameroun, Arion, Paris, 1990
  • Cameroun : flûtes des Monts Mandara (collec. Nathalie Fernando et Fabrice Marandola), Radio-France, Paris ; Harmonia mundi, Arles, 1996
  • Cameroun : Royaume Bamum : musiques du palais et des sociétés secrètes, Maison des Cultures du Monde, Paris ; Auvidis, Antony, 1997-2001
  • Cameroun : pygmées Bedzan de la plaine Tikar, Maison des Cultures du Monde, Paris ; Auvidis, Antony, 2000
  • Nord Cameroun : musique des Ouldémé, au rythme des saisons, Maison des Cultures du Monde, Paris ; Auvidis, Antony, 2001
  • Mbum du Cameroun : nord Cameroun (collec. Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Antony, 2001
  • Bikutsi pop : the songs of So' Forest, Naxos World, Franklin (Tenn.), 2002

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Une harpe ouldémé, film documentaire de Nathalie Fernando et Fabrice Marandola, CNRS Diffusion, Meudon, 1999, 16' (VHS)
  • Le Peuple de la forêt, film documentaire de Jean-Claude Cheyssial, La Luna Productions, Paris, 2005, 48' (VHS)
  • De feuilles et de terre : architectures traditionnelles au Cameroun, film documentaire de Dominique Théron, 2005, 45' (DVD)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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