Bafoussam

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Bafoussam
Blason de Bafoussam
Héraldique
Bafoussam
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Ouest
Département Mifi
Démographie
Population 847 517 hab. (2019)
Densité 2 108 hab./km2
Géographie
Coordonnées 5° 28′ nord, 10° 25′ est
Altitude Min. 1 310 m
Max. 1 548 m
Superficie 40 200 ha = 402 km2
Localisation
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Bafoussam
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Bafoussam

Bafoussam, Fussap en langues bamilékées est une ville du Cameroun, chef-lieu du département de la Mifi et de la région de l'Ouest.

Elle a le statut de Communauté urbaine depuis 2008, constituée de trois communes d'arrondissement[1].

L'agglomération est la plus importante du pays Bamiléké et parmi les dix villes du Cameroun les plus peuplées, elle est à la fois ville et village du peuple du même nom.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville de Bafoussam est située sur la rivière Mlem et desservie par la route nationale 4 à 294 km au nord de la capitale Yaoundé.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du Royaume Bafoussam est complexe et tumultueuse. Il faut remonter au Royaume Tikar qui constitue le centre de dispersion des royaumes Bamilékés[réf. nécessaire].

Naissance du royaume Bafoussam[modifier | modifier le code]

On devrait situer la naissance du Royaume Bafoussam à la même période que celle du Sultanat Bamoun[réf. nécessaire]. Il est communément admis que le Roi Yendé Ier et le Nfon Nchare avaient tous pour géniteur un Grand Roi Tikar. Déchu par les invasions musulmanes qui ont sévi dans l'Afrique centrale et occidentale de la fin du Moyen Âge, la grande dynastie des Rois Tikar a dû laisser la place au développement des Lamidats dont celui de Yola était et demeure le plus puissant.

Le groupement Bafoussam est le premier groupement bamiléké né après la division du peuple bamiléké au XIVe siècle dans la région Tikar[réf. nécessaire]. Après Bafoussam, vint le groupement Bamoun, dont le fondateur, Ncharé, est le cadet de Yendé 1er, fondateur de Bafoussam. Les Bamiléké sont un peuple nilo-égyptien atypique, parti de Nubie au IXe siècle de notre ère[réf. nécessaire].

Chefs notables de Bafoussam[modifier | modifier le code]

La dynastie Bafoussam a connu plusieurs dizaines de chefs depuis les années 1360, les plus notables étant Yendé 1er, Sa'guep I et II, et Taghe (dont le règne dura plus d'un siècle)[2].

Le 10 juillet 1959, cinq chefs rebelles sont fusillés sur la place du marché[3].

Chefferie Bafoussam - Case à palabres

Sur le trône depuis le [4] à la suite de la mort de son père Ngompé Tchoumtchoua Elie, Njitack Ngompé Pélé est le 97e chef du village Bafoussam.

Portrait du chef Njitack Ngompe Péle roi de Bafoussam

La chefferie aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le chef actuel du groupement Bafoussam est Njitack Ngompe Péle[5]

Il est né à Bafoussam le  ; il accède au trône le 10 décembre 1988 comme 97e roi[6]. Après neuf semaines passées au Laakam (moment d'initiation), il est intronisé roi des Fussep le au cours d'une cérémonie officielle en présence des différentes autorités administratives, traditionnelles et religieuses ainsi que tout le peuple Bafoussam.

Avant lui, plusieurs chefs se sont succédé à l'instar de : Ta’a Teh-Ngouong, Tagheu, Mambou, Tchomtchoua...

Architecture à la chefferie Bafoussam
Case sacrée chefferie bafoussam

Population[modifier | modifier le code]

L'évolution démogaphique est relevée par l'Orstom[7] puis par les recensements de la population[8]. Lors du recensement de 2005 (RGPH3) – soit avant la création de la communauté urbaine de Bafoussam en 2008 –, la population de Bafoussam était la suivante[9] :

  • Bafoussam Ier : 98 339 habitants dont 81 611 pour Bafoussam Ier Ville
  • Bafoussam IIe : 121 282 habitants dont 99 524 pour Bafoussam IIe Ville
  • Bafoussam IIIe : 81 835 habitants dont 58 152 pour Bafoussam IIIe Ville
Évolution démographique
1962 1970 1976 1987 2005 2008
20 00042 00062 100113 000242 000347 517

Langue[modifier | modifier le code]

Le Bafoussam est la langue parlée par le peuple Bafoussam[10],[11].

Administration et villages[modifier | modifier le code]

Entrée principale marché - Bafoussam

Bafoussam est instaurée en 1925 comme chef-lieu de subdivision par l'administration coloniale du Cameroun français[12]. Le département de Bafoussam fut créé par la loi n° 60/70 du 30 novembre 1960. Il reçut ensuite le 3 février 1961 (décret n°61-8) le nom de département Mifi. Progressivement l'usage le transformera en département de la Mifi[13].

Cependant, il convient de noter que la Communauté Urbaine de Bafoussam (Ville de Bafoussam)[14] a vu le jour à partir du décret présidentiel n°2008/022 du 17 janvier 2008. Comme stipulé à l'article 2 (alinéa 1) de ce décret, la Communauté Urbaine de Bafoussam est composée de 3 communes, à savoir :

Hôtel de ville de Bafoussam
Fermiers de retour du Champs à Bafoussam

La ville de Bafoussam possède un aéroport situé à Bamougoum. Un nouveau stade omnisports construit à Kouekong a vu le jour en 2015. L'ancien stade jadis abandonné au quartier Toket est en cours de renovation.

Principaux quartiers[modifier | modifier le code]

Bamendzi , Banengo , Djeleng , Demsiem , Évêché , Famla , Gouache , Haoussa , Lemgwo , Hélak , Houmkahaa , Kamkop , Kena , Keuleu , Kouogouo , Metto , Mewehee , Ndianso , Ndianbou , Ndiandam , Nylon , Sachiè , Tamdja , Toket , Toungang , Touhenyee , Touhekououp , Tyo , Yanmbah

Bafoussam - Monument Wanko

Société[modifier | modifier le code]

Formations sanitaires[modifier | modifier le code]

Liste des formations sanitaires publiques et privées de Bafoussam :

Désignation Localisation
Hopital régional de L’Ouest Tyo-Ville (En Haut Du Marché "B")
Centre médical D’Arrondisement de Djeleng Djeleng Ii
Service de santé de District de La Mifi Djeleng I B(À Côté Eneo)
Centre médical D’Arrondisement de Lafe Lafe (Léproserie)
Centre de santé integré de Bapi (Chefferie)
Centre de santé integré de Djietcha Djietcha (Face École Publique)
Centre de santé integré de Badeng Badeng (Face École Publique)
Centre de santé integré de Tchada Tchada (Avant Le Lycée Technique)
Centre de santé integré de Baye Baye (Face École Publique)
Centre médical d’arrondisement de Tyo Tyo-Ville (Entrée Hôtel Nacheb)
Centre de santé integré de Famtchouet Marché
Centre de santé integré de Banefo Banefo (École Publique)
Centre de santé integré de Djassa Djassa (École Publique)
Centre de santé integré de Konti Konti (École Publique)

Religion[modifier | modifier le code]

La ville est la siège du diocèse catholique de Bafoussam érigé en 1970 par démembrement du diocèse de Nkongsamba, il s'étend sur la région Ouest du pays.

Lycée de Bafoussam

Enseignement[modifier | modifier le code]

Liste des lycées et collèges :

  • Complexe Polytechnique Bilingue Privé Laïc Bilingue TAMA(COPOBIT) de Bafoussam
  • Lycée classique de Bafoussam
  • Lycée bilingue de Bafoussam
  • Lycée bilingue de Ngouache
  • Lycée de Tougang II Baleng
  • Lycée technique de Bafoussam
  • Lycée technique de Banengo
  • Lycée de Bafoussam rural Kena Bamougoum
  • Lycée bilingue de Baleng
  • Lycée de Ndiangdam
  • Collège privé Bilingue de l'esperance de Bafoussam (COBIEBAF)
  • Collège la Confiance (Colaco) Bafoussam
  • Collège privé Voltaire
  • Collège Polyvalent Bilingue Martin Luther King
  • Collège saint Thomas d'Aquin de Bafoussam
  • Collège privé de la Réunification
  • Collège privé Nelson Mandela
  • Collège privé de la Cité
  • Collège privé la noblesse
  • Collège évangélique
  • Collège Socrate
  • Collège Tcheutchoua
  • Collège Privé de l'Ouest
  • College Bilingue Maak Paulo

Enseignement supérieur et formation professionnelle[modifier | modifier le code]

Culture et traditions[modifier | modifier le code]

Tenues et parures traditionnelles de femmes Baleng à Bafoussam

Tradition[modifier | modifier le code]

Peuple assez organisé et dynamique à l'instar de son chef Njitack Ngompé Pélé, le peuple Fussep (Bafoussam) est doté d'une constitution[19]qui instruit tout Bafoussam dans sa vie au quotidien.

Les jours de la semaine et leur signification.

On y retrouve par exemple :

  • Au nombre de huit, les jours de la semaine ont chacun une signification particulière, une origine.
    • Lecfo'o
    • Shienku'u
    • Ndze Dze
    • Tamdze
    • Seinchou
    • Gossaha
    • Dzemteh
    • Dza'à Long
  • Les différentes réunions secrètes se tenant ces jours. Elles ont pour objectifs généraux : jugement des litiges ou palabres, débats sur les us et coutumes, réflexion sur la vie du village, le fonctionnement, la gestion des affaires courantes... on peut citer :
    • Leck fefe, Ngne Pofo
    • Leck-Dze'e, Leck Kwemtong
    • Leck-Tsep, Leck Dzing
    • Leck fefeh
    • Leck siem
    • Leck Houbem
    • Leck Méédjouong
    • Packhekieng
    • Leck Koumdze
    • Koumlah
    • Leck-Koussi (Kam & Quie)
    • ...
  • On y retrouve aussi, les différents jours de marché (saisonnier chez les Bafoussam), les différentes activités pratiquées, les activités interdites suivant les différents de la semaine...

Rites & fêtes[modifier | modifier le code]

  • Le festival Nyang Nyang[20]

Danses[modifier | modifier le code]

Le peuple Bafoussam se démarque par une multitude de danses ayant chacune une signification et une importance particulière; découvrons-en quelques-unes:

  • Pack Medjouong (danse guerrière)

Il s'agit d'une caste de société secrète représentée par des jeunes fils fussep. Autrefois, elle était réservée aux soldats ou guerriers du groupement bafoussam. De nos jours, le Medjouong est dansé par les acteurs du développement et qui ont à charge certaines activités communnautaires pour le village. La particularité de cette danse est qu'au cours de son expression, les acteurs, au rythme des sons de tam-tam, brandissent des cornes d'animaux en guise de trophée de guerre.

  • Kwemtong (danse de la fraternité)

Cette caste regroupe des jeunes danseurs de deux groupements notamment les Bafoussam et les Baleng. Ceux-ci se meuvent au rythme des sons de tam-tam pour célébrer la fraternité et l'amour car selon l'histoire, ils étaient àl'origine un seul et même peuple.

  • Koumdze (danse de la noblesse)

Elle est également connue sous le nom de Kabem et n'est réservée qu'aux hommes nobles de la communauté fussep. Ces derniers se differencient alors des autres danseurs par les tenues qu'ils arborent ; il s'agit souvent des peaus d'animaux comme la panthère... Les danses exécutent ici une danse mythique et symbolique passant par là même des messages à leurs ancêtres.

  • Tah Khoum

Cette danse est exécuté par un seul danseur de la caste de la société sécrète. Elle traduit l'unité dans la diversité de la culture Fussep.

  • Koussi

Il s'agit d'une danse typique réservée aux fondateurs du royaume Fussep.

  • Menkhoum

Danse exécutée par les princes du royaume[21].

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1983, la République unie du Cameroun a émis un timbre de 60 F représentant l'hôtel de ville de Bafoussam[22].

Économie et marchés[modifier | modifier le code]

Marché périodique de Bafoussam
  • Le marché A, le Plus Populaire et plus visité
  • Le marché B.
  • Le marché C.
  • Le marché Socada.
  • Le marché Casablanca (communément appelé "marché Caza")

Personnalités liées à Bafoussam[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret no 2008/025 du 17 janvier 2008 portant création de la communauté urbaine de Bafoussam, in Cameroon Tribune, no 9018 du vendredi 18 janvier 2008, p. 5
  2. Ouvrages de Dieudonné Toukam (chez L'Harmattan notamment)
  3. Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsita, Kamerun !, La Découverte, , p. 470
  4. http://www.bafoussam.fr/bafoussam_chefferie.htm
  5. Site d'informations sur le village Bafoussam
  6. Keh Ngouong Fussep : La constitution de Bafoussam » de Sa majesté Njitack Ngompé Pelé, (ISBN 9956-412-09-0), Édition COGNITO, septembre 2008 [extraits en ligne]
  7. Orstom Yaoundé, Atlas du Cameroun, Villes et leurs fonctions, Orstom Abidjan, 1973
  8. Recensements de la population du Cameroun en 1976, 1987, 2005
  9. Troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e RGPH, 2005), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), 2010.
  10. Parlons Bamiléké, langue et culture de Bafoussam de Dieudonné Toukam, (ISBN 978-2-296-07441-5)
  11. Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam Par Dieudonné Toukam, [1]
  12. Bafoussam Online, Présentation sommaire de la commune de Bafoussam 1er (consulté en 2020)
  13. Dictionnaire des villages de la Mifi
  14. Décret de création de la Communauté Urbaine de Bafoussam
  15. Mapanet [2]
  16. Mapanet [3]
  17. Mapanet [4]
  18. Site du AMIC Universal Computer
  19. Keh Ngouong Fussep : La constitution de Bafoussam » de Sa majesté Njitack Ngompé Pelé, (ISBN 9956-412-09-0), Édition COGNITO, septembre 2008 extraits en ligne
  20. « Festival Nyang Nyang », sur Découverte du Cameroun (consulté le ).
  21. Jean de Dieu Koagne, « Découvertes », Nekieng.Magazine d'information culturelle,‎
  22. Catalogue Yvert&Tellier, no 713

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Goustan Le Bayon, Les Prêtres du Sacré-Cœur et la naissance de l'Église au Cameroun : Kumbo, Foumban, Nkongsamba, Bafoussam, Procure des Missions SCJ, Paris, 1988, 156 p. + pl.
  • Anne Lebel (et Emmanuelle Pontié), « Bafoussam », in Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, p. 107-111 (ISBN 978-2-86950-464-6)
  • Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké : langue et culture de Bafoussam, l'Harmattan, Paris, 2008, 255 p. (ISBN 978-2-296-07441-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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