Palabre

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Le mot palabre vient de l’espagnol palabra qui signifie parole ou plus généralement mot.

La palabre en Afrique[modifier | modifier le code]

La palabre est une coutume de rencontre, et de création ou de maintien de lien social. Elle apparaît comme une véritable institution sociale à laquelle participe tout ou partie de la communauté d'un village. Cette coutume permet également de régler un contentieux sans que les protagonistes ne soient lésés. [1] Bien souvent, un village possède une maison traditionnelle ou autre lieu dédié servant de lieu de palabre (« case à palabres », « arbre à palabres », etc..).

Lieux dédiés à la palabre[modifier | modifier le code]

Le toguna du village de Endé au Pays Dogon

Selon les régions, la palabre peut se tenir sous l'arbre à palabres, ou dans un bâtiment spécial réservé à cet effet. C'est le cas de la Toguna (orthographe variable : togouna, to'guna), du Pays Dogon, au Mali, structure basse [note 1] réservée aux hommes[2]. Dans son autobiographie, Nelson Mandela, né au Transkei d'une famille Xhosa, cite les réunions tribales qui se tenaient régulièrement à la Grande Demeure[3]. Chez les Baoulés, selon la circonstance, on peut se réunir sous l'apatame (« tonnelle » traditionnelle) du chef du village, généralement situé devant sa maison, mais le chef peut aussi se rendre lui-même chez les personnes concernées. D'après Godefroy Bidima dans son livre intitulé "La palabre. Une juridiction de la parole" (1997), chez les Fangs et les Bulu d'Afrique centrale, la palabre se déroule au sein d'un corps de garde appelé Aba. Autrefois l'Aba était considéré comme la Maison des Hommes et constituait le lieu par excellence du débat public.

En France[modifier | modifier le code]

Kofi Yamgnane a instauré un conseil des anciens dans la commune de Saint-Coulitz dont il était maire (1989-2001) afin de renouer avec la pratique de la palabre dont il avait fait l'expérience au Togo. D'autres municipalités ont imité cette initiative[4].

Aux Îles-de-la-Madeleine[modifier | modifier le code]

Aux Îles-de-la-Madeleine (Québec) et à l'île Maurice, une palabre désigne une rumeur, avec un sens aggravé.

Sens populaire[modifier | modifier le code]

En français de Côte d'Ivoire (et par extension, des pays limitrophes), le terme « palabre » est synonyme de « dispute » en général, y compris dans la vie de tous les jours. « Faire palabre » signifie « offenser quelqu'un », « causer une mésentente ». Par exemple, « Les jeunes là sont en train de faire palabre à cause du prix du transport », ou encore « Arrête de crier comme ça dans la rue, ça va faire palabre avec les voisins ». On peut également « être en palabre » avec quelqu'un : « Afoué et Ahou ne se parlent plus : elles sont en palabre depuis que son mari lui a mal répondu ». Encore plus simplement : « Ah j'ai dit que ton chien sent mauvais, donc c'est palabre ? »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Afin que personne ne puisse se dresser et ainsi tenter de prendre le dessus physiquement

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Chevrier, L'Arbre à palabres — Essai sur les contes et les récits traditionnels d'Afrique noire, Paris, Hatier, , 384 p. (ISBN 2-7473 0453-1)
  2. Afribone.com
  3. Nelson MandelaUn long chemin vers la liberté, Fayard, 1995
  4. ADELS - TERRITOIRES

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]