Kousséri

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Kousséri
Pont de N'Gueli marquantla frontière entre le Cameroun et le Tchad, sur le Logone.
Pont de N'Gueli marquant
la frontière entre le Cameroun et le Tchad, sur le Logone.
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Région Extrême-Nord
Département Logone-et-Chari
Démographie
Population 101 246 hab.[1] (2005)
Géographie
Coordonnées 12° 04′ nord, 15° 02′ est
Altitude 283 m
Localisation

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Kousséri est une commune du Cameroun située dans la région de l'Extrême-Nord et le département du Logone-et-Chari, dont elle est le chef-lieu.

À l'époque coloniale, elle se nommait Kusseri au sein de la colonie allemande du Kamerun, puis Fort-Foureau au sein de la colonie du Cameroun français.

C'est un important marché, notamment pour les échanges avec le Tchad voisin.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Origines[modifier | modifier le code]

Kousséri est une cité très ancienne, remontant au moins à la civilisation Sao (XIe - XVIe siècles)[2].Ville Kotoko, l'une de cinq principauté "kotoko". Son nom d'origine est M'sr. Un peu plus tard appelé (Qussur : les châteaux) en arabe. Au XVIe siècle, elle était la capitale d'un royaume de M'sr en langue Kotoko dont les élites au moins étaient islamisées, et mentionnée sous la forme italienne Uncusciuri par Giovanni Lorenzo d'Anania (en). Ce royaume était vassal du royaume du Kanem-Bornou.

Prise par l'armée de Rabah Fadlallah (ou Rabih Zubaïr) à la fin du XIXe siècle, « elle fut le théâtre de la bataille de Kousséri (), où les troupes françaises du commandant Lamy, alliées aux Baguirmiens, battirent Rabah. Les deux chefs trouvèrent la mort au cours du combat. »[2]. La bataille de Kousséri favorisa la conquête du Tchad.

Période coloniale[modifier | modifier le code]

Kousséri, sous l'occupation allemande (vers 1910).

Dans le partage colonial qui suivit, la cité de Kousséri fut attribuée à l'Allemagne au sein de la colonie allemande du Kamerun. « Kusseri » est entre de 1903 et 1913 le siège de la Résidence du « Deutsche Tschadseeländer » (en français : « pays du lac Tchad allemand »). La main-d’œuvre locale était placée sous l'autorité du résident allemand.

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Kousséri est fortifiée. Néanmoins, cet avant-poste paraît peu tenable, juste en face de Fort-Lamy, en Afrique-Équatoriale française. La trentaine de soldats des Schutztruppe faisait face à plus de 200 soldats des troupes coloniales françaises. Le poste repousse toutes les attaques françaises jusqu'à fin , jusqu'à ce que les défenseurs ne se replient sur Mora[3].

Kousséri passe sous le contrôle des Français après la Première Guerre mondiale, à la suite de la défaite allemande. Elle est renommée Fort-Foureau, du nom de l'explorateur français Fernand Foureau qui se rendit en 1900 à la confluence du fleuve Chari et de son affluent le Logone, en compagnie du commandant François-Joseph-Amédée Lamy.

Après l'indépendance[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance du Cameroun en 1960, elle retrouva son nom historique de Kousséri.

Originellement ville des Kotokos et ville cosmopolite aujourd'hui, elle accueille de nombreuses ethnies : Arabes-Choas (celles-ci constituent l'ethnie majoritaire dans la ville, à cause des conflits tchadiens qui a poussé les arabes à peupler cette ville Kotoko), Bornouans, et même des ressortissants du Tchad voisin, attirés par cette vicinalité tranquille qui leur offre l'occasion de faire des affaires et, pour ceux qui en ont suffisamment les moyens, de construire ou d'acheter des résidences secondaires.

Située sur la frontière avec le Tchad dont elle est séparée par le Logone, elle accueillit, pendant la guerre Tchad-Libye, des milliers de réfugiés tchadiens qui fuyaient N'Djaména.

Géographie[modifier | modifier le code]

Kousséri se trouve sur la rive gauche de la rivière Logone, près de sa confluence avec le Chari, les deux cours d'eau marquant la frontière avec le Tchad. La ville est située à 10 km à l'ouest de la capitale tchadienne, N'Djaména, laquelle est reliée à Kousséri par un double système de ponts : le pont de N'Gueli sur le Logone où se situent les postes frontières, le pont de Chagoua et le pont de Taiwan sur le fleuve Chari permettant l'accès à la capitale tchadienne.

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2005, la commune comptait 101 246 habitants[1], dont 89 123 pour Kousséri-Ville.

Structure administrative de la commune[modifier | modifier le code]

Outre Kousséri proprement dit, la commune comprend les localités suivantes[4] :

Personnalités nées à Kousséri[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Troisième recensement général de la population et de l'habitat (3e RGPH, 2005), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), 2010.
  2. a et b Eméran Atangana Eteme, Atlas des villes et villages du Cameroun, 2010, p.248.
  3. Surén 1934, p. 122.
  4. Source : Mapanet [1]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Anne Lebel (et Emmanuelle Pontié), « Kousséri », in Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, p. 155-156 (ISBN 978-2-86950-464-6)
  • Jean-Paul Lebeuf et Maxime Rodinson, « Généalogies royales des villes Kotoko (Goulfeil, Kousseri, Makari) », in Études camerounaises, t. I, septembre-décembre 1948, p. 31-46
  • Antoine Socpa, Démocratisation et autochtonie au Cameroun: trajectoires régionales différentes, LIT Verlag Münster, 2003, 334 p. (ISBN 9783825869977)
  • (de) Hans Surén, Kampf um Kamerun, Berlin, Scherl, . 
  • Plan communal de développement de Kousséri, , 173 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Kousséri, sur le site Communes et villes unies du Cameroun (CVUC)