Art brut

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Musée de la Collection de l'art brut (Lausanne).

Art brut est le terme par lequel le peintre Jean Dubuffet désigne les productions de personnes exemptes de culture artistique. Il a regroupé certaines de ces productions au sein d'une collection, la Collection de l'art brut à Lausanne.

S'il est certain que le terme art brut vient de Jean Dubuffet : « le , Dubuffet baptise « art brut » un art qu'il collectionne depuis plusieurs années, art qui comprend à la fois l'art des fous et celui de marginaux de toutes sortes : prisonniers, reclus, mystiques, anarchistes ou révoltés - Laurent Danchin - Martine Lusardy -1995[1], » on ne peut pas réduire son intérêt pour l'art des fous à cette seule date.

Bien avant, dès 1922, Dubuffet s'intéressait déjà aux travaux du docteur Hans Prinzhorn qui avait rassemblé les œuvres de ses malades mentaux, constituant un Musée d'art pathologique à Heidelberg. Il avait découvert aussi l'exposition du docteur Walter Morgenthaler, médecin chef de la clinique de la Waldau près de Berne C'est Walter Morgenthaler, précurseur de l'intérêt porté par d'autres à « l’art brut », qui, en 1914, découvre le talent artistique du patient Adolf Wölfli. C’est lui encore qui reconnut le premier l'importance des objets archivés à la clinique. Grâce à ce pionnier de la psychiatrie le musée actuel possède un fond suffisant pour alimenter ses expositions temporaires[2].

La collection Morgenthaler que Dubuffet a vue est exposée au musée Psychiatrie-Musée Berne[3].

En 1923, alors qu'il accomplit son service militaire au service météorologique de la tour Eiffel ou, selon les biographes, au service de la compagnie météorologique du Fort de Saint-Cyr[4], Dubuffet a connaissance des cahiers illustrés de Clémentine R. (Clémentine Ripoche), visionnaire démente qui dessine et interprète la configuration des nuages. Cette même année à Liège est créée la Fédération spirite internationale[5]. Dubuffet s'intéresse également à certaines œuvres du fonds Heidelberg qui ont été exposées à la Kunsthalle de Mannheim. 1923 est aussi l'année de l'internement de Louis Soutter dont Dubuffet ne découvrira l'œuvre qu'en 1945[6].


Création de l'art brut[modifier | modifier le code]

Adolf Wölfli, Band-Hain, 1910

Le terme d'art brut a été employé en 1945 par Dubuffet lors de son périple dans les hôpitaux psychiatriques en Suisse cette année-là avec Jean Paulhan. L'expression apparaît par écrit dans une lettre qu'il a adressée au peintre suisse René Auberjonois, le [5], [note 1]. Grâce à ses amis Jean Paulhan et Raymond Queneau, il découvre les créations d'adultes autodidactes ou psychotiques. Et c'est Paul Budry, qui a passé son enfance à Vevey, qui le met en contact avec le cercle médical suisse. Dubuffet entreprend alors avec Paulhan son premier voyage de prospection pendant trois semaines dans les hôpitaux psychiatriques suisses. À l'occasion d'un deuxième voyage en Suisse, et après avoir échangé de nombreux courriers avec lui, Dubuffet rencontre le psychiatre genevois Georges de Morsier, dont la patiente, Marguerite Burnat-Provins, intéresse le peintre pour ses recherches sur l'Art Brut[7].

Deux ans auparavant, en novembre 1943, le poète Paul Éluard, qui entretient des liens étroits avec de nombreux artistes, se réfugie à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, dirigé par le docteur Lucien Bonnafé (proche des surréalistes) et François Tosquelles, et y découvre les œuvres de patients, qu'il rapporte à Paris, notamment celles d'Auguste Forestier, qui fabrique des petites statues avec des bouts de ficelle, de bois ou de métal, et qu'Éluard fait connaître à Picasso, Raymond Queneau, Jean Dubuffet[8]. Dans cet hôpital, aujourd'hui considéré comme le berceau de la psychothérapie institutionnelle, les créations de certains patients étaient déjà conservées depuis 1914 et ont par la suite rejoint les plus grandes collections d'art brut[9].

Les biographies de Dubuffet ne donnent cependant pas la même version de la rencontre Éluard/Dubuffet, ni de sa découverte de l'artiste Auguste Forestier : « à la fin de l'année 1943, Georges Limbour amène Jean Paulhan, qui amène à son tour Pierre Seghers, André Parrot, Paul Éluard, André Frénaud, Eugène Guillevic, Francis Ponge, Jean Fautrier, Queneau, René de Solier, Marcel Arland, et beaucoup d'autres. Durant tout l'hiver, Dubuffet s'occupe de lithographie à l'atelier Mourlot, Paris[10] » La fondation Dubuffet donne approximativement les mêmes informations [11]. Ce qui pose une question : comment Paul Éluard, pouvait-il être fin 1943 à la fois caché à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban et présenté à Dubuffet par Jean Paulhan à Paris? Et comment Dubuffet a-t-il pu découvrir l'artiste Forestier par Éluard, alors qu'il n'en a entendu parler que par le docteur Ferdières à Rodez qui lui a conseillé en 1945 de se rendre à l'hôpital de Saint-AlBan[12]?

En septembre 1945, Jean Dubuffet se rend à l'asile de Rodez pour voir Antonin Artaud. Le docteur Ferdière qui soigne Antonin Artaud lui conseille de se rendre à l'hôpital de Saint Alban[12], ce que le peintre fera par la suite[13]. Dubuffet visite encore d'autres hôpitaux psychiatriques et des prisons, rencontre des écrivains, artistes, éditeurs ainsi que des conservateurs de musée et des médecins[14].

Il prolonge ensuite les découvertes et les travaux faits par le docteur Hans Prinzhorn dans les années 1920 sur l'art des « fous », mais aussi l'étude que le docteur Morgenthaler a consacrée en 1921 à un interné psychiatrique qui reste l'un des plus emblématiques représentants de l'art brut, Adolf Wölfli, sous le titre allemand Ein Geisteskranken als Künstler, dont il a découvert les talents en 1914[6]. Le docteur Morgenthaler était « Psy-chef à la Waldau de 1913 à 1920 », il a rassemblé, outre l'œuvre de Wölfli, plusieurs milliers d'œuvres réalisées par ses patients[15]

Article connexe : Jean Dubuffet.

Très vite, en parcourant les asiles psychiatriques de Suisse où il rencontre Aloïse, et de France, puis en y intégrant des créateurs isolés et ceux que l'on a qualifiés de « médiumniques », Dubuffet constitue une collection d'œuvres qui sera administrée par la Compagnie de l'art brut (à laquelle sera associé un temps André Breton) à Paris et qui, après bien des péripéties, sera finalement hébergée à Lausanne en 1975, où elle se trouve toujours, sous l'appellation de la Collection de l'art brut[14].

Marcel Réja alias Paul Meunier et les autres psychiatres[modifier | modifier le code]

La première étude de l'art des fous est parue en 1906, écrite par le docteur Paul Meunier (1873-1957) [16], psychiatre et poète sous le titre L'Art chez les fous, le dessin, la prose, la poésie[17] . Il a été le premier en France au XIXe siècle à s'intéresser aux fous : « qui dévoilent la nudité du mécanisme de la création [18]. » Réja se proposait d'étudier les œuvres des fous pour comprendre le génie, en fait, pour comprendre le paradoxe de la création. « Il va dénuder l'acte de l'artiste jusqu'à atteindre la limite [...] au cœur de l'inscription de l'acte pictural. Dans ce même temps où s'est mis à nu l'acte de création, est apparue la notion d'Art Brut[19] ». De ces fous-artistes Marcel Réja disait «  Humbles adeptes qui sont au maître ce qu'est au diamant la poussière de charbon[...] », 50 ans plus tard, Dubuffet s'en fait l'écho dans Prospectus et tous écrits suivants[20]: « ...l'or m'émeut bien davantage au moment où il apparaît en poudre informe, mêlé en pauvre quantité au sable de la rivière qu'après qu'il est sorti des mains de l'orfèvre - Jean Dubuffet »

Réja était aliéniste à Villejuif, mais il reste très peu connu. Lors de la réédition de son livre en 2010 Mediapart faisait paraître un article : « Vous ne trouverez pas Marcel Réja sur wikipédia, ne cherchez pas sur le web[21]. » Médiapart souligne que la place importante que Réja accorde aux dessins d'enfants et aux sauvages. Le chapitre II de l'ouvrage est intitulé Dessins d'enfants et de sauvages se justifie par le parallèle que Réja a établi entre eux  : « L'enfant n'acquiert le sentiment du beau que relativement assez tard. Tout d'abord, il a bien d'autres choses à faire[22]. » Si Réja rapproche les sauvages des enfants, c'est parce que des peuplades comme celles d'Australie n'ont pas, comme les enfants, la sensation du beau. Il se réfère pour cela aux travaux de l'ethnologue Oldfield : « Selon Oldfield, les indigène d'Australie sont incapables de reconnaître un portrait d'homme [...] Ainsi, pour leur donner l'idée d'un homme, il faut leur faire une tête démesurément grande [par rapport aux autres parties du corps plus petites]. C'est là, exactement, la mentalité d'un enfant de trois ans [23] [...] Il semble que la sculpture soit apparue la première : on sait par ailleurs que les sauvages, non familiarisés avec l'usage du miroir, ont les plus grandes difficultés à admettre qu'un être soit représenté sans profondeur [24]. » Ces remarques « européo-centrées »[note 2], et certains jugements un peu académiques peuvent paraître insoutenables si l'on oublie que l'essentiel du travail de Réja se situe bien avant les grandes révolutions esthétiques du XXe siècle. Il a eu pourtant une large audience et son livre a été réédité en 1907 et 1908[25]

Précédant Réjà, au XIXe siècle, des médecins légistes comme Tardieu ou Cesare Lombroso prennent en compte les productions artistiques de certains patients. Mais en France, la production plastique des malades mentaux reste méconnue jusqu'au début des années 1920. Lombroso a publié en 1876 L’homme criminel, entre science et littérature (1876). Mais c'est le livre de Hans Prinzhorn Expression de la folie. Dessins, peintures, sculptures d'asiles qui a eu un effet révolutionnaire dans les milieux artistiques[26]

Harry Bellet, dans un article du 13 août 2005, remonte le temps de l'art brut et des malades mentaux dans le journal Le Monde, en citant les premiers travaux des psychiatres sur le sujet. « Ceux du docteur Benjamin Rush, (1812) et le « premier livre spécifiquement consacré au sujet, L'Art malade : dessins de fous[note 3] » de Marcel Réja, écrit en 1901 un an après que le Bethlem Royal Hospital de Londres ait organisé la première exposition d'œuvres de malades mentaux. En 1905, Auguste Marie, médecin chef de l'asile de Villejuif, ouvre au public le Musée de la folie [27] ,[28]. »

Harry Bellet mentionne aussi les artistes de la galaxie art brut notamment l'incontournable fâché André Breton, « qui a passé sa vie à se brouiller ou à exclure [29],» et qui envoie sa démission en 1951 à la Compagnie de l'art brut créée à l'initiative de Dubuffet en 1948. Bellet précise que Dubuffet s'intéressait à l'art des fous depuis 1923[28].

Définitions de l'art brut[modifier | modifier le code]

Homme-animal, attribué à l'Abbé Fouéré (1839-1910); LaM, Lille

Dubuffet redéfinit souvent l'art brut, cherchant dans un premier temps, à le distinguer de l'art populaire, de l'art naïf, des dessins d'enfants, puis créant la « Neuve Invention » au sein de sa collection, à laquelle il intègre également l'art singulier genre où se mêlent les « habitants paysagistes » et les « naïfs », rassemblés dans une exposition en 1978 au Musée d'art moderne de la ville de Paris [30]. Cette même exposition présente « Les Marges de l'art populaire », « les Singuliers de l'art travaillent sans apprentissage, sans modèles hérités, ni savoir transmis, sans marché défini et ont fort peu à voir avec les artistes - Raymonde Moulin [31]. »

Sa toute première définition est donnée en 1949:

« Nous entendons par là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistique, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écriture, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non, celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe. »

— Jean Dubuffet, L’art brut préféré aux arts culturels, 1949 (Manifeste accompagnant la première exposition collective de l’Art brut à la Galerie Drouin, reproduit dans Prospectus et tous écrits suivants, Gallimard, 1967)

Dans un deuxième temps, en 1963, Dubuffet élargit la définition de l'art brut:

« Des productions de toute espèce- dessins, peinture, broderies, figures modelées ou sculptées etc. présentantun caractère spontané et fortement inventif, aussi peu que possible débitrices de l'art coutumier et des poncifs culturels, et ayant pour auteur des personnes obscures ou étrangères aux milieux artistiques professionnel. »

— Jean Dubuffet, Notice sur la Compagnie de l'art brut, 1963[32].

Dans un troisième temps, il précise encore dans Fascicule de l'art brut numéro 1[32]. :

« Œuvres ayant pour auteurs des personnes étrangères aux milieux intellectuels, le plus souvent indemne de toute éducation artistique, et chez qui l'invention s'exerce, de ce fait, sans qu'aucune incidence ne vienne altérer leur spontanéité. »

— Jean Dubuffet, Fascicule de l'art brut 1

Ce fascicule publié en 1964 comprend les artistes : Joseph Giavarini, Palanc l'écrituriste, Raphaël Lonné, Miguel Hernandez, Clément : Le Lambris de Clément, Benjamin Arneval, Heinrich Anton M., Humbert Ribet. Il n'établit aucune hiérarchie.

Article connexe : Les Fascicules de l'Art brut.

Souvent paraphrasées, voire déformées, ces définitions ont donné lieu à des confusions. Certains critiques d'art ont contribué à alimenter des amalgames entre les exclus de la scène de l'art en les situant historiquement en gros de 1880 à 1960, depuis facteur Cheval et la mort de Gaston Chaissac, comme le fait Christian Delacampagne dans son ouvrage Outsiders [33]. Ou bien en laissant les ousiders envahir (sic) une exposition d'art brut[34]. Ou encore en accueillant dans un lieu initialement animé par des expositions d'art brut le Folk art(art populaire) et l'art outsider, des collections de Chicago comme cela a été le cas à la Halle Saint-Pierre en 1998 et 1999 où, selon Martine Lusardy, il s'agissait de « fêter le dixième anniversaire de la mort de Jean Dubuffet et l'ouverture à Lausanne de la célèbre collection de l'art Brut[35]. ». Le Folk art est une définition américaine et n'existe pas en France sous ce terme, ni même sous cette forme. En revanche, l'art populaire a eu un musée : le Musée national des arts et traditions populaires à Paris où se côtoyaient les arts forains, les outils de compagnons, le mobilier et les objets usuels anciens. À présent fermé, une partie de ses collections a été transférée à Marseille au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée.

Par la suite, avec Michel Thévoz conservateur de la Collection de l'Art Brut[note 4], Dubuffet a élargit le champ de la définition de l'art brut « aux arts presque brut » sous l'appellation « art hors-les-normes pour les œuvres presque brutes [36]» , puis pour les œuvres de la collection de Lausanne « pas tout à fait brut », il choisit le terme de « Neuve invention [37]»

Article connexe : Collection de l'art brut.

Parmi les citations de Dubuffet les plus souvent reproduites dans les études d'art brut on trouve celle ci traduite en anglais dans le catalogue Outsiders 1979 : « L’art ne vient pas coucher dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. »[38] Et cette autre, publiée par Dubuffet lors de la rétrospective de ses œuvres en 1961 : « Le vrai art il est toujours là où on ne l'attend pas. Là où personne ne pense à lui ni ne prononce son nom. L'art, il déteste d'être reconnu et salué par son nom. Il se sauve aussitôt. L'art est un personnage passionnément épris d'incognito. Sitôt qu'on le décèle, que quelqu'un le montre doigt, alors il se sauve en laissant à sa place un figurant lauré qui porte sur son dos une grande pancarte où c'est marqué Art, que tout le monde asperge aussitôt de champagne et que les conférenciers promènent de ville en ville avec un anneau dans le nez- Jean Dubuffet dans le catalogue de la rétrospective de 1961. »[39]

De l'art brut à l'art singulier[modifier | modifier le code]

Dès 1971, un architecte, Alain Bourbonnais, monte sa propre collection d'artistes marginaux. Il rencontre Dubuffet la même année et décide alors d'ouvrir son propre espace, l'Atelier Jacob, en 1972. Deux nouveaux termes sont créés : l'art « hors-les-normes » puis « singulier »[40]. L'Art singulier connaitra la notoriété dès 1978 grâce à la grande exposition organisée par Bourbonnais et Michel Ragon, Suzanne Pagé, et Michel Thévoz : Les Singuliers de l'Art au Musée d'art moderne de la ville de Paris du au . Cette exposition contribuera largement à faire auprès du public : les habitant paysagistes, l'art hors-les-normes, l'art brut, et les marges de l'art populaire[41]. La Collection Bourbonnais s'est installée définitivement à Dicy en 1983 sous le nom de La Fabuloserie[40].

L'Association l'Aracine, créée en 1982 par Madeleine Lommel, réunit une très complète collection d'art brut de plusieurs milliers d’œuvres dont elle fait don à l’État en échange de la construction d'un musée pour la recevoir[42]. Un bâtiment moderne est alors construit, prolongeant le musée déjà existant de Lille/Villeneuve-d'Ascq devenu ainsi Musée d'Art moderne, contemporain et d'art brut en 1999. Il est le premier musée au monde à réunir les « trois arts »[43].

La Maison des Artistes de Gugging, initiée en 1981 en marge d'un hôpital psychiatrique par le Dr Navratil, révèle des artistes comme Johann Hauser ou August Walla[44]. .

Dubuffet lui-même et Michel Thévoz, conservateur de la Collection de l'Art Brut, ont fait entrer dans la catégorie « Neuve Invention », tous ceux qui ne rentrent pas à proprement parler dans la définition du créateur d'art brut, tels que Gaston Chaissac ou Louis Soutter, et qui étaient jusque-là dans une collection « annexe ». À l'occasion de l'exposition Art brut et compagnie à la Halle Saint-Pierre] en 1995 Michel Thévoz en en donne la raison : « C'est vrai qu'on ne trouve plus d'Art brut dans les hôpitaux psychiatriques sauf à Gugging. Mais le champ de l'art brut s'est seulement déplacé ver les nouveaux exclus de notre société, notamment le vieillards, ou dans de nouveaux ghettos (...). Par ailleurs, parallèlement à l'art brut est en train de se développer, cristallisé par le terme Neuve Invention (ou art parallèle, ou Outsider art, ou art déraciné, hors-normes, peu importe), un art pratiqué par es personnes qui aspirent à communiquer mais qui refusent de se plier aux protocoles de l'institution artistiques[45] » Cette même année voit le jour une revue anglaise spécialisée, exigeante et d'une grande qualité, Raw Vision, qui donnera définitivement une ampleur internationale au mouvement, désigné alors sous le terme d'Outsider Art (terme proposé dès 1972 par Roger Cardinal dans son livre éponyme).

En 1991, parution du premier numéro de la revue française Gazogène, consacrée à l'art brut et aux artistes singuliers, hors-normes, outsider, voire « bizarres ».

En 1999, l'association abcd (art brut connaissance & diffusion) voit le jour. Installée actuellement à Montreuil, elle œuvre à la diffusion de l'art brut en s'appuyant sur la collection de plus de 4000 œuvres constituée par Bruno Decharme.[réf. nécessaire]

En 2005, d'abord sous le nom « Objet Trouvé », Christian Berst ouvre la première galerie spécialisée en art brut à Paris. Christian Berst contribue à la réflexion et la diffusion de l'art brut par la publication de catalogues à chaque exposition. Aujourd'hui rebaptisée « christian berst art brut », la galerie a ouvert un deuxième espace à New York avec pour objectif d'établir un dialogue entre l'art brut et l'art contemporain.[réf. nécessaire]

Évolution[modifier | modifier le code]

Plusieurs musées en relation avec l'art brut et le arts singuliers ont ouvert leurs portes en France, notamment en 1989 le Musée de la Création Franche à Bègles[46], qui est né de la collection de Claude Massé, ami de Jean Dubuffet[47]. À Montpellier l'atelier-musée Fernand Michel a ouvert ses portes le 9 avril 2016 [48],[49] et de nombreux autres lieux indiqués sur le site atelier musée Fernand Michel.

À Lapalisse, dans le département de l'Allier, le marchand d'art Luis Marcel a inauguré en 1997 un musée-galerie d'art brut L'Art en marche[47],[50].

Aux Pays-Bas, le Stadshof Museum de Zwolle inauguré en 1996 présente l'art brut, mais aussi des artistes du monde entier, émancipé des principes classiques sur lesquels se fondent les règles occidentales[51].

À l'art brut, certains musées mêlent aussi l'art naïf et l'art populaire comme le musée de Noyers-sur-Serein, en Bourgogne qui présente « des collections d’arts naïf, brut et populaire, sur 3 étages dans un bâtiment du XVIIe siècle[52]

Avec la réouverture le du LaM de Villeneuve-d'Ascq après l'aménagement d'un espace de 900 m2 uniquement consacré à l'Art brut, ce dernier se voit pleinement intégré dans l'institution muséale, confronté à l'histoire de l'art « officielle » et accessible à un plus large public[53].

Parallèlement, il suscite l'intérêt des chercheurs universitaires. En , une dizaine d'étudiants ont produit des mémoires ou des thèses portant sur l'art brut. Ils ont créé le CrAB (Collectif de réflexion autour de l’art brut)[54]. Parmi ceux-ci, on trouve Céline Delavaux, auteur de L’Art brut, un fantasme de peintre (Éd Palettes - 2010) et Émilie Champenois, auteur du Que-sais-je? sur l'art brut (Éd PUF - 2017). Depuis la rentrée 2010, Barbara Safarova, présidente de l'association abcd, docteur en philosophie, maître de conférence en esthétique, auteur de nombreux articles sur l'art brut, est directrice de programme au Collège international de philosophie et anime un séminaire consacré à l'art brut.

Fin 2016, une exposition intitulée "Brut Now, l'art brut au temps des technologies" est montée par Les musées de Belfort et l'espace multimédia gantner[55]. Elle ré-interroge la notion d'art brut avec les appropriations de nouveaux outils de production comme la photographie, la musique.

Dates-repères : l'art brut au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les dates sont issues L'Art brut de Françoise Monnin[56].

  • 1900 : Première exposition d'œuvres de malades mentaux au Bethlem Royal Hospital, Londres
  • 1901 : Marcel Réja publiel'Art Malade dessins de fous[57]
  • 1905 : Ouverture du Musée de la Folie à l'asile de Villejuif par le docteur Marie
  • 1906 : Publication de L'art des fous de Marcel Réja
  • 1915 : Ouverture du musée d'art asilaire de la clinique Bel-air en Suisse
  • 1919 : début de la collection de Hans Prinzhorn à l'hôpital de Heidelberg, Allemagne
  • 1921 : Walter Morgenthaler publie une monographie de Adolf Wölfli
  • 1922 : Hans Prinzhorn publie Expression de la folie
  • 1928 : la collection du docteur Marie présentée pour la première fois dans une galerie
  • 1943 : Exposition d’œuvres d’aliénés à Montpellier, par le Docteur Ferdière (asile de Rodez)
  • 1945 : Jean Dubuffet, invité en Suisse, découvre les asiles de Berne, Genève, la prison de Bâle. Première définition de l'art brut
  • 1946 : L'hôpital Saint-Anne à Paris expose les œuvres de ses patients
  • 1947 : la galerie René Drouin transforme son sous-sol en foyer de l'art brut
  • 1948 : Fondation de la compagnie de l'art brut par Dubuffet, Breton, Paulhan, Ratton, Roché, Tapié, Bomsel, Kopač
  • 1964 : Première parution des Fascicules de l'art brut
  • 1971 : La ville de Lausanne accueille la collection de l'art brut : 4104 œuvres, 133 artistes
  • 1972 : Dubuffet propose le terme « art hors-les-normes pour les œuvres presque brutes »
  • 1978 : exposition « Les Singuliers de l'art » par Alain Bourbonnais et Michel Ragon
  • 1981 : Ouverture d'une galerie à la clinique de Gugging Autriche par le docteur Léo Navratil
  • 1982 : Dubuffet choisit le terme « neuve invention » pour les œuvres « pas tout à fait brutes »
  • 1983 : ouverture de la Fabuloserie à Dicy
  • 1984 : ouverture de l'Aracine à Neuilly-sur-Marne
  • 1995 : Ouverture de l'American Visionary Art Museum de Baltimore
  • 1995 : Le musée d'art naïf Max Fourny devient la Halle Saint-Pierre (art brut & singulier)
  • 1996 : ouverture des musées de Zwolle (Pays-Bas) et Bönnigheim (Allemagne)
  • 1997 : don de la collection de l'Aracine au musée de Villeneuve-d'Ascq

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. date confirmée par le catalogue de l'exposition à la Halle Saint-Pierre du au .
  2. européo-centrées est le terme employé en introduction par Pierre Vermeersch
  3. À ne pas confondre avec L'Art chez les fous, le dessin, la prose, la poésie 1906
  4. la graphie avec Majuscule Art Brut est en usage à Lausanne

Références[modifier | modifier le code]

  1. Danchin Lusardy 1995, p. 10.
  2. Collectif Lille 1997, p. 160.
  3. collection Morgenthaler, musée de la psychiatrie de Berne
  4. Rétrospective Jean Dubuffet 1961, p. 32.
  5. a et b Collectif Lille 1995, p. 161.
  6. a et b Collectif Lille 1995, p. 162.
  7. Lucienne Peiry 1996, p. 40.
  8. Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Paris, Éditions Bruno Doucey, coll. « Sur le fil », , 118 p. (ISBN 978-2-36229-084-8)
  9. Trait-d'union, catalogue d'exposition, 4 juin--1erseptembre 2007, château de Saint-Alban, Les Chemins de l'art Brut ; Villeneuve-d'Ascq, Musée d'art moderne Lille Métropole, 2007.
  10. Jean-Louis Prat 1985, p. 85.
  11. 1943, Paul Éluard à Paris
  12. a et b Michel Thévoz, p. 53
  13. "Trait d'union, les chemins de l'art brut (6)" au Château de Saint-Alban-sur-Limagnole, Le Poignard Subtil, .
  14. a et b Collectif Lille 1995, p. 163
  15. exposition le ciel est bleu 2008
  16. notice BNF
  17. notice BNF
  18. Introduction de Pierre Vermeersch, historien d'art, dansRéja 1994, p. VII
  19. Introduction de Pierre Vermeersch, historien d'art, dans Réja 1994, p. X
  20. Prospectus et tous écrits suivants, tome I, p. 220.
  21. Vous ne trouverez pas Marcel Réja sur wikipedia.
  22. Introduction de Pierre Vermeersch, historien d'art, dans Réja 1994, p. 21
  23. Réja 1994, p. 28
  24. Réja 1994, p. 29
  25. Introduction de Pierre Vermeersch, historien d'art, dans Réja 1994, p. XV
  26. Introduction de Pierre Vermeersch, historien d'art, dans Réja 1994, p. XVI
  27. Musée de la folie et art brut- Savine Faupin
  28. a et b Bellet Le Monde
  29. Ferrier et Le Pichon 1988, p. 425
  30. préface de Suzanne Pagé et Michel Ragon définition de l'art au pluriel dans les 7 premières pages du catalogue non paginé Collectif ARC2 1978, p. 1-7
  31. Collectif ARC2 1978, p. 10
  32. a et b Monnin 1997, p. 122
  33. Delacampagne 1989, p. 13
  34. Joanna Drew dansCollectif British Council 1979, p. 7
  35. Martine Lusardy dans Danchin, Lusardy et al 1999, p. 4
  36. Monnin 1997, p. 114
  37. Monnin 1997, p. 115
  38. Jean Dubuffet 1960 cité Collectif British Council 1979, p. 2
  39. Rétrospective Jean Dubuffet 1961, p. 42.
  40. a et b Danchin Lusardy 1995, p. 131
  41. L'art au pluriel, Michel Ragon, Catalogue de l'exposition non paginé, p. 6 (sans la page de garde
  42. Collectif Lille 1997, p. 7
  43. Pierre Mauroy Collectif Lille 1997, p. 5
  44. Danchin Lusardy 1995, p. 110-111
  45. Danchin Lusardy 1995, p. 17
  46. 10 000 musées et collection de France, Andorre, Monaco, Dom-tom, Morley- Levavasseur, 2001, p. 218.
  47. a et b Monnin 1997, p. 12
  48. atelier musée Fernand Michel
  49. Montpellier atelier musée Fernand Michel
  50. L'Art en Marche
  51. Monnin 1997, p. 10
  52. Noyers-sur-Serein
  53. La collection d'art brut, sur le site du LaM.
  54. site du Crab
  55. La présentation de l'exposition, sur le site de L'espace multimedia Gantner.
  56. Monnin 1997, p. 114-115
  57. lire réédition 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Jean-Louis Ferrier, Yann Le Pichon (préf. Pontus Hultén), L'Aventure de l'art au XXe siècle, Paris, Éditions du Chêne-Hachette, , 898 p. (ISBN 2-85108-509-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Dubuffet, Prospectus et tous écrits suivants : L’Art brut préféré aux arts culturels, t. 1, Paris, , 86 p., p. 198–202Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gilles Ehrmann, Les Inspirés et leur demeure, Paris, La Temps, , 86 p., p. 55-63 préface de André BretonDocument utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gaétan Picon, Jean Dubuffet et François Mathey, Rétrospective Jean Dubuffet, Paris, Éditions Musée des arts décoratifs, , 398 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dubuffet et al., Art Brut 1, vol. 23, t. 1, Paris, Jean Dubuffet, , 153 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Collectif ARC2, Les Singuliers de l’art, Paris, Musée d'art moderne de la ville de Paris, , non paginé p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Collectif British Council, Outsiders, Londres, =Art Council of Great Britain, , 170 p. (ISBN 0-7287-0190-1 et 0-7287-0191-X)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Delacampagne, Outsiders : fous, naïfs et voyants dans la peinture moderne (1880-1960), Paris, Éditions Mengès, , 140 p. (ISBN 2-85620-296-9)Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Michel Thévoz, L'Art Brut, Genève, Albert Skira, , 225 p.Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Laurent Danchin et Martine Lusardy, Art Brut et compagnie : La face cachée de l'art contemporain, Paris, Halle Saint-Pierre et, , 187 p. (ISBN 2-7291-1121-2)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif Lille, Art Brut, collection de l'Aracine, Villeneuve-d'Ascq, Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, , 187 p. — catalogue de l'exposition d'art brut du 2 février au 14 juillet 1997Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • Dr. Jean Rogues de Fursac, Les écrits et les dessins dans les maladies mentales et nerveuses, Paris, Masson,
  • Hans Prinzhorn, Expressions de la folie, Paris, Gallimard, — Réédition 1996
  • Claude & Clovis Prévost, Les Bâtisseurs de l’Imaginaire, Paris, Éditions de l’Est,
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  • Michel Thévoz, Requiem pour la folie, Paris,
  • Michel Ragon, Du côté de l’art brut, Paris,
  • Lucienne Peiry, L’art brut, Paris, Flammarion, — Réédition 2006
  • Jean-Louis Ferrier, Les Primitifs du XXe siècle (art brut et art des malades mentaux), Paris, Terrail,
  • Bruno Decharme, abcd une collection d'art brut, Paris, Actes sud/abcd, — Textes de Christian Delacampagne, Claudia Dichter, Régis Gayraud, Jean-Louis Lanoux, Gérard Macé, Barbara Safarova, Béatrice Steiner et autres
  • John Maizels, L’art brut, l’art outsider et au-delà, Paris, Phaidon,
  • Collectif, Devenir de l'Art Brut, Ligeia, Dossiers sur l'art n°53-54-55-56, juillet-décembre 2004 — Dossier dirigé par Alain Bouillet
  • Laurent Danchin, Art Brut, L'Instinct créateur, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Arts » (no 500),
  • Laurent Danchin, Aux frontières de l'Art Brut, un parcours dans l'art des marges, Paris, Lelivredart,
  • Marc Décimo, Les Jardins de l'art brut, Dijon, Les presses du réel, (ISBN 9782840661474). Réédition augmentée 2016 (ISBN 978-2-84066-912-8).
  • Céline Delavaux L'Art brut, l'art sans le savoir, Paris, Palette, 2009
  • Céline Delavaux, L'Art brut, un fantasme de peintre - Jean Dubuffet et les enjeux d'un discours, Paris, Palette, , 349 p. (ISBN 2-7291-1121-2)
  • Céline Delavaux, Il était une fois l'art brut... Fictions des origines de l'art, avec Déborah Couette et Tatiana Veress, catalogue d'exposition, Bruxelles, Art & Marges Musée, 2014.
  • Céline Delavaux, Comment parler d'art brut aux enfants, Paris, Le Baron perché, 2014.
  • Bruno Montpied, Éloge des Jardins Anarchiques, Montreuil-sous-Bois, éd. l'Insomniaque, — Accompagné du DVD du film de Rémy Ricordeau et Bruno Montpied, Bricoleurs de paradis ou Le gazouillis des éléphants
  • Emilie Champenois, l'art brut, Paris, PUF, coll. « Que-sais-je? », , 120 p. (ISBN 978-2-13-078798-3)
  • Christian Jamet, André Robillard, l'Art brut pour tuer la misère, Orléans, Corsaire,
  • Marc Décimo, Émilie-Herminie Hanin (1862-1948) – Inventeure, peintresse naïve, brute et folle littéraire, Dijon, Les presses du réel, (ISBN 978-2840665793) — Collection « Hétéroclites »
  • Roxana Azimi, La Folie de l'Art Brut, Paris, Éditions Séguier, (ISBN 9782840496816)
  • Collectif, La beauté insensée - Collection Prinzhorn, Charleroi, Palais des Beaux-Arts, Charleroi, Belgique,
  • Collectif, Art spirite, médiumnique, visionnaire, Messages d’Outre-Monde, Paris, Halle Saint Pierre / Hoëbeke,
  • B Tosatti, Beautés Insensées, Paris, Skira Seuil Éditions,
  • Savine Faupin (dir.) et Christophe Boulanger (dir.), L'Aracine et l'art brut : les chemins de l'art brut, Lille, Musée d'art moderne Lille Métropole, (ISBN 9782869610815 (édité erroné), notice BnF no FRBNF42094296)
  • Carine Fol, L’Art Brut en question / Outsider Art in Question, CFC-Éditions,
  • Collectif, Brut Now, l'art brut au temps des technologies, Les presses du réel, (ISBN 9782840669272)
  • (en) John M. MacGregor, The Discovery of the Art of the Insane, Oxford, Princeton,
  • (en) John Maizels, Outsider Art and beyond, London, Phaidon Press,
  • (en) John Maizels et Deidi von Schaewen, Fantasy Worlds, London, Taschen,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]