Théâtre de rue

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Le théâtre de rue est une forme de spectacle et de représentation théâtrale exécutée dans un espace public, généralement extérieur. Les artistes jouent avec la rue, l'utilisent comme décor et incluent dans leur prestation les impulsions venant de l'extérieur, en particulier du public. Dans le cas contraire, ils ne font que transporter en plein-air leurs créations destinées à la scène[1].

Généralités[modifier | modifier le code]

En mai 1968 le théâtre est sorti des lieux qui lui ont été réservés traditionnellement et s'est transformé en spectacle de rue.

Cela aurait pu faire renaître le « théâtre d'intervention » des années trente ou bien l'« agitprop » façon soviétique, pratiqué même en France dans les années 1950. En réalité, les spectacles de rue, produits à partir de 1968, sont plutôt festifs[2],[3]. Cela n'empêche pas certaines compagnies de contester « l'ordre établi » : Théâtre de l'Unité, Living Theatre (États-Unis), Cacahuète, Akademia ruchu (Pologne), Générik vapeur, Illotopie, Litsédei (Russie). etc.

« Spectacles de rue » plutôt que « théâtre de rue » car toutes les formes scéniques trouvent leur équivalent « de rue ».

Les acteurs du théâtre de rue vont des simples bateleurs aux compagnies constituées de théâtre, de danse, de mime, de musique ou de marionnettes. Il existe de nombreuses troupes et des dizaines de festivals spécialisés qui les mettent en valeur.

La logistique du théâtre de rue impose des costumes et décors simples, et généralement il y a peu ou pas de matériel d’éclairage et d'amplification du son. Cependant, certaines compagnies ont développé des formes de spectacles complexes, techniquement exigeantes, et se sont équipées en conséquence ou demandent aux organisateurs de leur fournir le nécessaire .

Les artistes sont parfois subventionnés et assez souvent rémunérés par la municipalité ou une autre structure culturelle qui organise une représentation, une exposition, un défilé, un festival. Mais quand leur intervention conteste trop l'ordre établi, ils peuvent finir au poste de police[4]...

La plupart du temps les spectacles de rue sont donc gratuits pour le public, mais s'ils ne sont pas organisés par les pouvoirs publics les interprètes font la manche, passent le chapeau après leur prestation.

Peu à peu, les pouvoirs publics ont appris à utiliser le spectacle de rue pour

  • offrir un moyen d'expression aux groupes défavorisés ;
  • renforcer la cohésion sociale ;
  • contredire la morosité ambiante.

Les municipalités privilégient des espaces où il peut y avoir un grand nombre de spectateurs mais le théâtre de rue se pratique aussi dans des centres commerciaux, gares, parkings etc.

Dans l'espace public, les spectateurs et spectatrices s'engagent physiquement. D'abord, s'il s'agit d'une déambulation ils se mettent en mouvement pour suivre le spectacle; chacun ajuste sans cesse sa position, son attitude, sa perception. De plus le spectacle de rue modifie les règles sociales. Les distances entre les personnes changent, souvent elles se rapprochent. On peut se regarder, se sourire, se frôler, et même se parler. Ces relations élastiques montrent combien les corps des spectateurs participent à la formation de l'espace public, selon les situations, même en dehors d'un spectacle[5].

Festivals de rue[modifier | modifier le code]

Les Zaccros d'ma rue à Nevers.
Coktail partie lors des Furies.
Lors du Festival mondial de marionnettes de Charleville.
BAR LE DUC - Festival RenaissanceS 2018 - Compagnie Off, Les Girafes
Représentation du spectacle The Queen French World Tour de la Company Deracinemoa sur la place Saint-Louis pendant le festival Hop Hop Hop à Metz.

Centre national des arts de la rue et de l'espace public (CNAREP)[modifier | modifier le code]

Les centres nationaux des arts de la rue sont au nombre de 14, répartis sur l'ensemble du territoire national (listés par région)[8] :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Au théâtre qui rue un film d'Olivier Stephan, « retour sur les 40 ans de carrière de Jacques Livchine et Hervée de Lafond » avec le Théatre de l'Unité[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Corvin et coll., Dictionnaire Encyclopédique du Théâtre, Bordas, , 940 p. (ISBN 2-04-018456-2), Entrée d'Agnès Pierron "Intervention (théâtre d')", page 434
  2. « Saltimbanques, médecins, philosophes » (Le spectacle de rue séduit, divertit, bouleverse, enchante et instruit comme toute œuvre d’art, crée « l’effet de distanciation » qui fait percevoir la réalité quotidienne sous une nouvelle lumière, rompe l’ordre figé de la cité (...). Pour des citadins, habitant au milieu de l’asphalte, baignant dans l’uniformité des odeurs, distinguant à peine le jour de la nuit, le printemps de l’automne... donc pour des citadins vivant sous régime de privation sensorielle partielle (...) le spectacle de rue offre d’exquises nourritures des sens. Pour les membres anonymes de la foule urbaine, le spectacle de rue donne la possibilité de s’identifier à des êtres exceptionnels, représentés par des artistes ou de dialoguer avec eux d’égal à égal, le théâtre étant une interaction entre les acteurs et les spectateurs. Pour les déracinés que nous sommes presque tous car très peu d’enfants continuent à vivre au « pays » de leurs pères, il crée le début d’une culture partagée, offre une possibilité de dialogue entre les inconnus, pose des jalons de l’histoire commune et contribue ainsi à la création de la communauté qui ne peut pas se construire sans ce genre de pierres. En l’occurrence le rôle de la beauté n’est pas uniquement de l’ordre ornemental, elle harmonise les éléments de l’ensemble, structure la société. Enfin, aux « sans grade » de nos sociétés, le spectacle de rue dit qu’ils valent assez pour qu’on leur offre, au moins de temps en temps, libre accès à la culture. (Extraits de l'article de Peter Bu)), Gestes, édité par le Festival Mimos de Périgueux,‎ , p. 1
  3. Christophe Raynaud de Lage, Intérieur rue. 1989-1999 (photographies)., Éditions Théâtrales, (ISBN 2-84260-057-6), Article de Jean Chollet « La rue, espace scénique, espace urbain », pp. 108/110
  4. Turbo Cacahuète, L'aventure scandaleuse, Éditions à Rachid, (ISBN 2-9523717-0-9), Elisa Dumay, Cacahuète, c'est de l'art et du cochon et Provocation, agitation, subversion
  5. Catherine Aventin, « L’engagement du spectateur de théâtre de rue. Revivre l’espace urbain », Tangence, no 108,‎ , p. 95–105 (ISSN 0226-9554 et 1710-0305, DOI https://doi.org/10.7202/1036456ar, lire en ligne, consulté le 23 juillet 2019).
  6. http://festiveshalles.webnode.fr/ Festives Halles
  7. tourisme-en-champagne.com/
  8. « Liste par région des Centres nationaux des arts de la rue et de l'espace public (CNAREP) », sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le 24 octobre 2018).
  9. [1] sur france3 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Floriane Gaber, Quarante ans d'arts de la rue, Paris, Ici et là, , 187 p. (ISBN 978-2-9533890-0-5)
  • Floriane Gaber, Comment ça commença : les arts de la rue dans le contexte des années 70, Paris, Ici et là, , 279 p. (ISBN 978-2-9533890-4-3)
  • Christophe Raynaud de Lage, Intérieur rue. 1989-1999 (photographies). Éditions Théâtrales, 2000. (ISBN 2-84260-057-6)
  • Chalon dans la rue, 10 ans de théâtre de rue à Chalon-sur-Saône (photographies). Édition Ville-de-Chalon-sur-Saone 1966.
  • Michel Corvin et coll. Dictionnaire Encyclopédique du Théâtre, éditions Bordas 1991, article de Agnès Pierron, Intervention (théâtre d'), p. 434 (ISBN 2-04-018456-2)
  • Turbo Cacahuète, L'aventure scandaleuse, Éditions à Rachid, 2005, (ISBN 2-9523717-0-9)
  • Jacques Livchine, Grifonneries, coll; Du désavantage du vent, coédition Théâtre de l'Unité, 296 pages, (ISBN 978-2-84681-014-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]