Monts Mandara

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Monts Mandara
Cameroon Topography.png
Monts Mandara
Localisation au Cameroun.
Géographie
Altitude 1 494 m, Mont Oupay
Massif Ligne du Cameroun
Longueur 150 km
Largeur 70 km
Administration
Pays Drapeau du Cameroun Cameroun
Drapeau du Nigeria Nigeria
Régions
États
Extrême-Nord, Nord
Adamawa, Borno
Géologie
Roches Roches volcaniques

Les monts Mandara sont un massif montagneux volcanique situé à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. Leur point culminant est le mont Oupay avec 1 494 mètres d'altitude.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue des monts Mandara depuis Yola au Nigeria.
Vue du pic Kapsiki (second plan, au centre) et d'autres sommets des monts Mandara à proximité de Rhumsiki au Cameroun.

Les monts Mandara sont orientés nord-nord-est/sud-sud-ouest et s'étendent sur 150 km de longueur pour 70 de largeur. Cette zone surélevée du socle précambrien est constituée de granites et d’anatexites. On distingue trois structures[1] :

  • un ensemble de plateaux au centre ;
  • des zones très accidentées qui entourent les plateaux et présentent des versants raides sur les plaines extérieures ;
  • une zone périphérique constituée par les bordures de plaine qui est parsemée des petits massifs (inselbergs).

Les plateaux sont principalement composés d'anatexites, tandis que les zones accidentées sont composées, sauf à de rares endroits, de granites et granites d’anatexie.

La frontière entre le Cameroun et le Nigeria suit la ligne de partage des eaux, le Nigeria, à l'ouest, n'ayant qu'une partie minoritaire du massif.

Plateaux intérieurs[modifier | modifier le code]

Les altitudes s’étagent entre 700 et 1 000 m. Du nord au sud, on distingue :

  • le plateau de Dala-Zoulgo, au sud de Mora ;
  • le plateau situé à l’est de Mokolo ; parcouru par les rivières Tsanaga et mayo Louti, il présente un paysage de collines ;
  • le plateau du Haut Mayo Louti à l’ouest de Mokolo, prolongé au sud le long de la frontière par le plateau Kapsiki. C’est le plus vaste et le plus haut ;
  • le plateau de Bourha-Tchevi, présentant de multiples pointements rocheux.

Zones accidentées[modifier | modifier le code]

Elles forment des faisceaux entre plateaux et plaines, leur largeur ne dépassant pas 10 kilomètres. Au nord de Mokolo, se trouvent les points culminants : Oupay (1 492 m) et Ziver (1 412 m). Au centre, en pays Kapsiki, les altitudes des sommets varient entre 1 250 et 1 300 m. Le pic Ouroum, avec 1 257 m d’altitude, au sud de Doumo, est le point culminant du sud.

Zone périphérique[modifier | modifier le code]

Certains inselbergs font plusieurs dizaines de kilomètres carrés et peuvent être constitués de plusieurs massifs accolés comme celui de Popologozum-Bossoum. On trouve aussi de nombreux reliefs résiduels : pitons rocheux de petites dimensions résultant de l'érosion passée.

Au nord, la plaine de Mora se loge dans une échancrure de la montagne ; à l’est, les plaines de Mada et de Gawar et celle de Mayo-Oulo, au sud, entourent les zones d'inselbergs.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte du défilé d'Hairy dans les monts Mandara (1826).

Les monts Mandara abritent le site archéologique des Diy-Gid-Biy qui ont été construits avant la venue du peuple mafa, et abandonné au moins pour l'un d'entre eux (DGB-1) au XVe siècle[2].

Le Britannique Dixon Denham, en 1822, puis l'Allemand Hans Dominik en 1902, font partie des premiers explorateurs des monts Mandara.

En 1945, le linguiste Jean Mouchet, missionné par l'Institut français d'Afrique noire, effectue des prospections ethnologiques dans les monts Mboku, Hurza, Mora et Udham qui font l'objet en 1947 de plusieurs articles dans le Bulletin de la Société d'études camerounaises.

Le , le groupe insurrectionnel Boko Haram prend le bourg de Gwoza situé dans les monts Mandara ; il y était présent depuis 2003-2004. En 2014, le groupe s'y renforce et étend son contrôle sur une plus grande région[3]. Le , la veille des élections présidentielles, l'armée nigériane annonce avoir repris Gwoza[4].

Ethnographie[modifier | modifier le code]

Les monts Mandara sont peuplés par un grand nombre d'ethnies fractionnées sur chacune des montagnes et ne comptant généralement qu'une dizaine de milliers d'individus. Leurs langues appartiennent au groupe tchadique de la famille nilo-saharienne.

Les Mofu, les Mafa, les Mada, les Ouldémé, les Kapsiki, les Podoko et les Vamé sont les principales ethnies des monts Mandara.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Antoinette Hallaire, « Les caractères généraux des monts Mandara », dans Paysans montagnards du Nord-Cameroun : Les monts Mandara, IRD Éditions, coll. « À travers champs », (ISBN 978-2-7099-2499-3, lire en ligne), p. 13–67
  2. UNESCO World Heritage Centre, « Les Diy-Gid-Biy du Mont Mandara - UNESCO World Heritage Centre », sur whc.unesco.org (consulté le ).
  3. Christian Seignobos, « Boko Haram : innovations guerrières depuis les monts Mandara », Afrique contemporaine, no 252,‎ , p. 146–169 (lire en ligne Inscription nécessaire)
  4. (en) « Boko Haram HQ Gwoza in Nigeria 'retaken' », sur BBC News, (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Gerhard Müller-Kosack, The way of the beer : ritual re-enactment of history among the Mafa, terrace farmers of the Mandara Mountains (North Cameroon), Mandaras Publishing, Londres, 2003, 408 p. (ISBN 0-9544730-0-0) (d'après une thèse, Goethe-Universität) en ligne
  • Chétima Melchisedek, « Mémoire refoulée, manipulée, instrumentalisée. Enjeux de la transmission servile dans les monts Mandara du cameroun », Cahiers d'études africaines, Vol. 218, no 2, 2015, pp. 303-329.
  • Chétima Melchisedek, « Par ici l’authenticité ! Tourisme et mise en scène du patrimoine culturel dans les monts Mandara du Cameroun », Téoros. Revue de recherche en tourisme, Vol. 30, no 1, 2011, pp. 42-52.
  • (en) Judith Sterner, The ways of the Mandara Mountains : a comparative regional approach, Rüdiger Köppe, Cologne, 2003, 317 p. (ISBN 3-89645-464-1) (texte remanié d'une thèse de doctorat d'Ethnologie, University of London)
  • Antoinette Hallaire, Les monts du Mandara au nord de Mokolo et la plaine de Mora : étude géographique régionale, IRCAM, ORSTOM, Yaoundé, 1965, 2 vol.
  • Antoinette Hallaire, Paysans montagnards du Nord-Cameroun : les monts Mandara, ORSTOM, Paris, 1991, 253 p. (ISBN 2-7099-1028-4)
  • Véronique de Colombel, « Les migrations anciennes dans le nord des monts du Mandara et la parenté linguistique », sur lacito.vjf.cnrs.fr, (consulté le ).
  • J. Mouchet, « Prospections ethnologiques sommaires de quelques massifs du Mandara (Monts Mboku, Hurza, Mora) », Bulletin de la Société d'études camerounaises, no 17-18, mars-
  • J. Mouchet, « Prospection ethnologique sommaire dans les montagnes du Mandara (Monts Udham) », Bulletin de la Société d'études camerounaises, no 19-20, sept-déc. 1947

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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