Démographie du Cameroun

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Démographie du Cameroun
Évolution démographique du Cameroun
Évolution démographique du Cameroun
Dynamique
Population 20 549 221 hab.
Accroissement naturel 2,72 %
Indice de fécondité 4,1 enfants par
Taux de natalité 36,58 ‰
Taux de mortalité 10,40 ‰
Taux de mortalité infantile 58,51 ‰
Espérance de vie à la naissance 55,02 ans
Âge médian
Homme 19,2 ans
Femme 19,4 ans
Structure par âge
0-14 ans 40 8 %
15-64 ans 55 9 %
65 ans et plus 3 3 %
Rapport de masculinité
À la naissance 103 /100
Moins de 15 ans 102 /100
15-64 ans 101 /100
65 ans et plus 085 /100

La population du Cameroun est estimée en 2014 à 20 000 000 habitants. Lors de l'indépendance du pays, en 1960, le Cameroun comptait 2 600 000 habitants.

Evolution de la population[modifier | modifier le code]

En 2001, 6 villes dépassaient le seuil des 200 000 habitants : Douala (la capitale économique, 1,5 million d'habitants en 2001), Yaoundé (la capitale politique et siège des institutions, environ 1,25 million d'habitants en 2001), Garoua (environ 357 000 habitants en 2001), Bamenda (environ 316 000 habitants en 2001), Maroua (environ 272 000 habitants en 2001) et Bafoussam (environ 242 000 habitants en 2001).

Cependant, les estimations démographiques varient selon les sources, faute de recensement (le dernier datant de 1987). Selon le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune (en se basant sur les dossiers spéciaux hebdomadaires dans une ville du pays au cours des années 2008 et 2009), les dix agglomérations les plus peuplées seraient : Douala (2,2 millions d'habitants), Yaoundé (1,7 million), Garoua (600 000), Bafoussam (400 000), Nkongsamba (300 000), Bamenda (280 000), Edea (250 000), Kribi (220 000), Maroua (220 000) et N'Gaoundéré (200 000). Le Cameroun compterait au total une vingtaine de villes ayant au moins 50 000 habitants.

Selon les résultats du dernier recensement[1], le Cameroun compte toujours un peu plus de femmes (50,6 %) que d’hommes (49,4 %). La moitié de la population a moins de 17,7 ans et le poids démographique des moins de 15 ans se situe à 43,6 %. Les personnes âgées de plus de 60 ans ne représentent que 5,5 % de la population totale[1].

Malgré une démographie urbaine en constante croissance, une majorité (de 55 % à 65 % selon les estimations) de la population demeure en zone rurale.

Les provinces les plus densément peuplées (plus de 100 habitants par km²) sont les provinces de l'Ouest, du Littoral, de l'Extrême-Nord et du Nord-Ouest. Par contre, les provinces de l'Adamoua, de l'Est et du Sud sont très faiblement peuplées (moins de 15 habitants par km²).

Tableau des données sur la répartition géographique de la population du Cameroun[1].
no  Région chef-lieu Population Superficie Densité de population
1 Adamaoua Ngaoundéré 884 289 63 701 13,9
2 Centre Yaoundé 3 098 044 68 953 44,9
3 Est Bertoua 771 755 109 002 7,1
4 Extrême-Nord Maroua 3 111 792 34 263 90,8
5 Littoral Douala 2 510 283 20 248 124,0
6 Nord Garoua 1 687 859 66 000 25,5
7 Nord-Ouest Bamenda 1 728 953 17 300 99,9
8 Ouest Bafoussam 1 720 047 13 892 123,8
9 Sud Ebolowa 634 855 47 191 13,4
10 Sud-Ouest Buéa 1 318 079 26 410 51,8


Peuples[modifier | modifier le code]

Article détaillé : groupes ethniques du Cameroun.

Les 250 groupes ethniques estimés du Cameroun forment cinq grandes régions culturelles :

  • les peuples des plateaux de l'ouest, incluant les Bamiléké, Bamoun (ou Bamun) et d'autres groupes au nord-ouest
  • les peuples des forêts tropicales côtières, incluant les Bassa, Douala (ou Duala) et autres entités du sud-ouest
  • les peuples des forêts tropicales du sud incluant les Beti (ou Pahouins), Boulou, Ewondo et Fang (sous groupes des Béti-Pahouin) et les pygmées Baka
  • les peuples des régions semi-arides du nord (le Sahel) et les terres centrales incluant les Peuls (en anglais : Fulas ou Fulani ; en peul : Fulɓe)
  • les Kirdi dans le désert du nord et les terres centrales

Il est difficile de comprendre le pays sans comprendre la répartition territoriale des différents peuples et leurs relations.

Principaux peuples:

Peuple The World Factbook, CIA[2]
Peuples des hauts plateaux 31 %
Peuples bantous du Sud 19 %
Kirdi 11 %
Peuls 10 %
Peuples bantous du Nord-ouest 8 %
Peuples de l'est 7 %
Autres peuples africains 13 %
Non-Africains <1 %
Peuple Université
Laval
Bamilékés et Bamouns 24,5 %
Fangs ou Beti (Eton, Ewondo et Bene, Bulu, Fong, Manguissa) 18,6 %
Douala, Lundu et Bassa 14,7 %
Peuls 9,6 %
Tikar 3,4 %
Mandara 5,7 %
Maka 4,9 %
Chamba 2,4 %
Mboum 1,3 %
Haoussas 1,2 %

Religions[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion au Cameroun.
  • Catholiques : 38,4 %[3]
  • Protestants : 26,3 %[3]
  • Orthodoxes : 0,5 %[3]
  • Autres chrétiens : 4 %[3]
  • Musulmans : 20,9 %[3]
  • Animistes : 5,6 %[3]
  • Autres religions : 1 %[3]
  • Libre-penseurs : 3,2 %[3]

Le Cameroun peut être cité comme exemple de cohabitation religieuse, puisqu'il n'existe quasiment aucune friction entre les différentes communautés religieuses qui vivent totalement en paix.

Émi-immigration[modifier | modifier le code]

De nombreux Camerounais vivent à l'étranger et représentent un apport considérable de devises pour le pays. L'ONG Solutions aux migrations clandestines (SMIC), en partenariat avec l'UE, estime à environ 200 000 les Camerounais qui tentent chaque année d'émigrer en Europe par la route[4].

En 1999, 26 890 Camerounais vivaient en France de manière régulière (hors double nationaux) selon l'INED. Ces chiffres sont en hausse constante[5].
Le nombre de Français vivant au Cameroun a connu une baisse régulière. Ainsi, en 1995, 6 385 Français vivaient au Cameroun, contre 6 024 en 2004, soit l'une des plus fortes baisses du nombre de Français à l'étranger pour un pays[6].

Selon certaines sources, il y aurait jusqu'à trois millions d'étrangers au Cameroun, soit 20 % de la population, principalement des Nigérians et des Tchadiens, sans-papiers pour la plupart[7], compte tenu du coût de la régularisation. C'est pourquoi des départs massifs d'étrangers sont organisés, comme le 20 août 2006, le départ de 3 000 Nigérians[8].

Suite à la signature d'accords tripartite entre le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Cameroun et le Nigeria, des retours de réfugiés nigérians au Cameroun sont organisés[9]. Cependant, certains retours font suite au programme de rapatriement volontaire en faveur des Nigérians vivant au Cameroun, élaboré en 2004, car le prix des cartes de séjour peut représenter plusieurs mois de salaire, ce qui condamne beaucoup d'étranger à la clandestinité ou au retour. C'est dans ce programme que s'est inscrit le départ de 3 000 Nigérians du Cameroun en août 2006. Chaque volontaire au retour obtenait en contrepartie une somme de 400 000FCFA versée par le gouvernement fédéral du Nigeria. Le consul général du Nigeria au Cameroun, Gordon Harry Bristol, a toutefois constaté que certains utilisent souvent cette somme pour se relancer au Cameroun[10].

De nombreux étrangers se plaignent de discriminations[11]. Ainsi, par exemple, des restrictions sont apportées à l'accès à la propriété foncière des étrangers.

Par ailleurs, le gouvernement camerounais a mis en œuvre depuis plusieurs années un plan de « camerounisation » des emplois[12]. Cette politique vise à préférer les nationaux aux travailleurs étrangers en exigeant de ces derniers qu'ils obtiennent une autorisation, préalable à toute activité professionnelle. Cette mesure sert, selon le gouvernement, à préserver les emplois pour la population locale. Ainsi certaines professions sont interdites aux étrangers[13].

Réfugiés au Cameroun[modifier | modifier le code]

En 2007, le Cameroun a hébergé près de 97 400 réfugiés et demandeurs d’asile, dont environ 49 300 provenant de la République centrafricaine, 41 600 du Tchad et plusieurs milliers du Nigeria, du Rwanda, de la République démocratique du Congo (Congo-Kinshasa), du Burundi, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Liberia ainsi que d’autres pays[14]. Une importante proportion d’entre eux vivait dans les provinces de l’Est et de l’Adamaoua. Tel que rapporté dans le World Refugee Survey 2008 du Comité américain pour les réfugiés et les immigrants[15], les réfugiés et les demandeurs d’asile ne pouvaient pas travailler légalement en 2007 au Cameroun mais ils étaient libres de voyager dans le pays et de s’établir là où ils le désiraient.

HIV/Sida[modifier | modifier le code]

  • Fréquence chez les adultes : 6,9 % (est. 2003)
  • Personnes vivant avec le virus : 560 000 (est. 2003)
  • Décès : 49 000 (est. 2003)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Population Recensement : Les résultats sont enfin connus au Cameroun !
  2. The World Factbook, « Cameroon », CIA,‎ (consulté le 29 janvier 2011)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Institut national de la statistique du Cameroun, « Etat et structure de la population : indicateurs démographiques » (consulté le 29 janvier 2011), p. 6
  4. Cameroon Tribune 15/11/2006
  5. 1975 : 8275 ; 1982 : 14118 ; 1990 : 18037 ; 1997 : 18348 ([1])
  6. Évolution de la population française dans le monde
  7. Régime juridique des étrangers au Cameroun - université de Cotonou
  8. Le Messager - 23/08/2006
  9. rapatriement des réfugiés nigérians
  10. Nigérians rapatriés du Cameroun (source: Le Messager 22/08/2006)
  11. Quand l’eldorado se transforme en cauchemar
  12. Décret no 77-67 du 15 mars 1977 portant création d'une commission nationale de camerounisation des emplois.
  13. Décret n° 93/571 du 15 juillet 1993 fixant les conditions d'emploi des travailleurs de nationalité étrangère pour certaines professions ou certains niveaux de qualification professionnelle
  14. U.S. Committee for Refugees and Immigrants. 2008. "World Refugee Survey 2008."
  15. U.S. Committee for Refugees and Immigrants