Bamilékés

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Bamilékés
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Architecture bamiléké

Populations significatives par région
Autres
Langues Bamiléké
Ethnies liées Bamoun, Tikar, Igbos

Les Bamilékés sont un peuple d'Afrique centrale, venant du Cameroun (région de l'Ouest) dans la région du Grassland où vivent également les Bamoun, les Tikar, proches d'eux par leurs ancêtres communs, leurs structures sociales voisines et leur langues[1]. C'est le plus grand groupe ethnique du pays[2]. Ils forment la majorité dans la Région de l'Ouest (Cameroun).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les travaux de D. Toukam ("Histoire et anthropologie du peuple bamiléké", Paris, L'Harmattan, 2010 et 2016; ...) concluent que les Bamiléké seraient très probablement issus des Baladis de l'Égypte antique (autochtones de la Haute-Egypte). En Egypte, les Feelahins/Coptes actuels sont en grande partie reconnus comme des Baladis convertis par la force, mais conservant encore d'énormes pans de leur culture ancestrale. Partis de la Haute-Egypte au IXe siècle de notre ère, Les Baladis-bamiléké arrivèrent en région tikar au XIIe siècle. Ils furent des voisins des Tikar, mais n'ont jamais été des descendants de Tikar, contrairement à une idée reçue. Le peuple des Grassfields, unique avec une seule langue et un seul chef, se disloquera vers 1357 à la mort de leur dernier souverain unique, le roi Ndéh. Yendé, premier prince, refusa le trône et traversa le Noun pour fonder Bafoussam. Sa sœur se tourna vers la région de Banso (il existe 123 groupements bamiléké dans le Nord-Ouest anglophone et 5 au Sud-Ouest - Lebialem). Deux décennies plus tard, Ncharé, le cadet, descendit dans la plaine du Noun pour fonder le pays bamoun. De Bafoussam naquirent le gros des groupements bamiléké majeurs actuels, et le pricessus a duré entre le XVe siècle et le XXe siècle (par ex., Bansoa est né en 1910 à la suite de l'exil forcé de Fo Taghe de Bafoussam)[3],[4].

Le Gong

Linguistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues bamiléké.

Les Bamilékés parlaient une langue unique, le bamiléké, jusqu'à leur démembrement au milieu du XIVe siècle, à la mort de leur souverain. Du bamiléké naquirent le bamiléké-bafoussam et le bamoun. Le bamoun se ramifia en une soixantaine de sous-variantes dialectales avant de se voir unifié par les sultans Mbouombouo et Njoya notamment. Pour sa part, le bamiléké-bafoussam continua à se ramifier pour donner naissance, au fil des siècles, à des dizaines de variantes dialectales, elles-mêmes possédant des sous-variantes plus ou moins négligeables. Le bamiléké-bafoussam est donc la langue-mère de la plupart des autres dialectes bamiléké, hormis le bamoun et le lamnso, eux aussi dérivés directement du protobamiléké unique. Mais le métissage linguistique (influences réciproques multiséculaires) est resté (et serait encore) de taille (ex. du bamoun sur les dialectes et sous-dialectes du Ndé).

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Case typique de l'architecture Bamileke

Les Bamilékés sont, en matière spirituelle, d'une grande complexité L'ensemble de leur organisation religieuse traditionnelle est composée de pratiques d'initiations, de méditations et de rituels.

Topographie[modifier | modifier le code]

Lieu Sacré

Les hauts plateaux bamilékés de l’Ouest-Cameroun sont connus pour leurs paysages de bocage. Dans un contexte topographique de hauts plateaux étagés, caractérisé par une succession de collines dominées par quelques montagnes isolées pouvant atteindre ou dépasser 2 000 m d’altitude, l’exploitation du sol est fondée sur une judicieuse association de l’agriculture et de l’élevage du petit bétail. L’espace utile, support du peuplement et des activités est appréhendé au travers des distances en rapport avec les temps de déplacement entre les lieux sociaux et/ou de production : éloignement ou rapprochement à partir du lieu de résidence, du siège des institutions traditionnelles, du « point central » de la chefferie… Ces lieux sociaux à partir desquels s’organise la vie des communautés locales sont eux-mêmes différenciés par rapport à leur position topographique : soit sur le haut (toutes parties hautes qu’elles soient sur colline ou sur montagne) ou vers le bas (dépressions, vallées, parties avals des versants). Cette conception dipolaire de l’espace a prévalu lors de l’occupation de la région et au découpage de l’espace en chefferies traditionnelles (une centaine de chefferies sur environ 6 000 km2). À l’intérieur des différentes chefferies, le découpage administratif traditionnel en quartiers s’est largement appuyé sur les notions de haut et de bas. Il en a été de même pour l’implantation des unités d’habitations familiales, pour l’édification et l’extension des haies vives et pour l’aménagement paysager de l’espace.

Culture[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Kerchache, Jean-Louis Paudrat, Lucien Stéphan et Françoise Stoullig-Marin, « Cameroun : Bamiléké, Bamum, Tikar », in L'Art africain, Citadelles & Mazenod, Paris, 2008 (édition revue et augmentée), p. 534
  2. Anne Debel (et al.), Le Cameroun aujourd'hui, Éditions du Jaguar, Paris, 2011, p. 37 (ISBN 9782869504646)
  3. Extrait de : Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, 2008, 255p.
  4. Dieudonné Toukam,Histoire et anthropologie du peuple bamiléké (2016, 1ère éd. en 2010), L'Harmattan, 338p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Njiké-Bergeret, Ma passion africaine, JC Lattès, 1997. Réédition "J'ai lu", no 4903, 2000. (384p.). (ISBN 2290309796)
  • Gabriel Hamani, Les notables bamiléké de l'Ouest-Cameroun : rôle et organisation dans les institutions traditionnelles, L'Harmattan, 2005, 166 p. (ISBN 9782747582919)
  • Raymond Lecoq, Les Bamiléké, Présence africaine, 1998, 221 p. (ISBN 9782708706668)
  • Jean Hurault, La structure sociale des Bamiléké, Mouton, 1962, 133 p.
  • Enock Katté Kwayeb, Les institutions de droit public du pays Bamiléké, Cameroun : évolution et régime actuel, Pichon et Durand-Auzias, 1960, 199 p.
  • Bernard François Ngangoum et Pierre Augustin Tchouanga, La vérité du culte des ancêtres en Afrique chez les Bamiléké, Éditions Essor des Jeunes, Nkongsamba, 1975, 80 p.
  • Martin Nkamgang, Sop Nkamgang Martin et Patrice Kayo, Les proverbes bamiléké, Édition des auteurs, 1970, 63 p.
  • Charles-Henry Pradelles de Latour, Ethnopsychanalyse en pays Bamiléké, Epel, 1991, 259 p. (ISBN 9782908855029)
  • Sylvain Djache Nzefa, Les chefferies Bamiléké dans l'enfer du modernisme : Réflexion sur l'état actuel des chefferies Bamiléké. Une chefferie de demain. Renaissance, recherche et affirmation d'identité. Architecture, Art, Ethnologie au Cameroun, MENAIBUC-DILA, 1994, 202 p. (ISBN 9782950828309)
  • Tabapssi Famndié Timothée, Le modèle migratoire bamiléké (Cameroun) et sa crise actuelle : perspectives économique et culturelle, Research School of Asian, African and Amerindian Studies, Leiden University, 1999, 241 p. (ISBN 9789057890338)
  • Pierre Kamé Bouopda et Bouopda Pierre Kamé, De la rébellion dans le Bamiléké, L'Harmattan, 2008, 143 p. (ISBN 9782296052369)
  • Claude Tardits, Contribution à l'étude des populations Bamiléké de l'ouest Cameroun, Berger-Levrault, 1960, 135 p.
  • Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, décembre 2008, 256 p. (ISBN 9782296074415).
  • Dieudonné Toukam, Histoire et anthropologie du peuple bamiléké, Paris, L'Harmattan, 2010, 242 p. (ISBN 9782296118270)
  • Grietje Van Dievoet, "Tintin chez les Tontines" of een studie van de informele financiëre sector bij de Bamileke van West-Kameroen. - LIC : Doom : 1988-1989 (Université de Gand).
  • Dieudonné Zognong, La question Bamiléké pendant l'ouverture démocratique au Cameroun : retour d'un débat occulté, Programme MOST, UNESCO, 2002, 17 p.
  • Michel Tagne Foko, Le secret du mystique, Paris Edilivre 2013, 142 p. ( (ISBN 9782332553782)).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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