Protestantisme au Cameroun

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Un pasteur et sa femme à Victoria en 1895

Le protestantisme s'est développé au Cameroun à partir du milieu du XIXe siècle, en parallèle avec le catholicisme[1]. Dans un pays où plus de la moitié de la population est chrétienne[2], ils sont particulièrement présents dans les régions anglophones – le Nord-Ouest et le Sud-Ouest – ainsi que dans les grandes villes[3]. Le Conseil des Églises protestantes du Cameroun réunit la plupart des obédiences.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les missionnaires protestants ont fortement marqué l'histoire du pays, à commencer par les baptistes, arrivés par la côte[4], et dont le Jamaïcain Joseph Merrick et l'Anglais Alfred Saker sont les figures emblématiques. Le relais local est pris par le pasteur Adolph Lotin Same qui fonde la Native Baptist Church[5].
Ils sont suivis par les presbytériens américains (American Presbyterian Mission), français et suisses, les baptistes américains et les missions protestantes françaises (Société des missions évangéliques de Paris). La Mission de Bâle œuvre au Cameroun à la demande des autorités allemandes, lorsque le pays devient un protectorat allemand (Kamerun) en 1884, mais perd de son influence après 1914[6].

Les luthériens norvégiens et américains, les adventistes et les témoins de Jéhovah s'installent à leur tour au Cameroun.

À côté des Églises historiques, de nouveaux mouvements, tels que le pentecôtisme, le néo-pentecôtisme, les Églises de réveil[7], se développent à partir des années 1990, notamment au travers d'églises dites « portatives », ou House church (en)[8].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Église protestante à Abong-Mbang

La proportion actuelle de protestants au Cameroun varie selon les sources. Un rapport américain de 2014 s'appuyant sur les données du recensement de 2005 avance le chiffre de 26 %[3]

Les communautés protestantes les plus représentées sont les évangéliques, les baptistes, les presbytériens et les luthériens[1].

Philatélie[modifier | modifier le code]

En 1984, la République unie du Cameroun a émis un timbre de 70 F représentant le temple protestant de Marie Goecker à Yaoundé[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Mark Dike DeLancey, Rebecca Mbuh, Mark W. Delancey, « Religion », in Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, 2010 (4e éd.), p. 324-325 (ISBN 9780810873995)
  2. Jean-Paul Messina et Jaap van Slageren, Histoire du christianisme au Cameroun, des origines à nos jours, Karthala Editions, (ISBN 9782811139957, lire en ligne), p. 13
  3. a et b (en) International Religious Freedom Report for 2014. Cameroon (Département d'État des États-Unis)
  4. (en) DeLancey, « Protestantism », Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, op. cit., p. 318
  5. Anne Dentan, « Lotin a Samé et la Native Baptist Church. Chronique de la première Église au Cameroun », in Genève-Afrique, vol. 28, no 2, 1990, p. 36-64
  6. (en) DeLancey, « Basel Mission Society », Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, op. cit., p. 318
  7. Mélanie Soiron Fallut, « Les Églises de réveil au Cameroun », in Les églises de réveil en Afrique centrale et leurs impacts sur l’équilibre du pouvoir et la stabilité des États : les cas du Cameroun, du Gabon et de la République du Congo, Ministère de la Défense – Délégation aux Affaires stratégiques, juillet 2012, p. 24-36, à télécharger
  8. « Nouveaux christianismes (5/5) : des « églises portatives » pour lutter contre les sorciers », Le Monde Afrique, 8 juillet 2015 [1]
  9. Catalogue Yvert&Tellier, no 739

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-René Brutsch, « Les débuts du christianisme au Cameroun », in Études Camerounaises, no 33-34, septembre-décembre 1951
  • Jean-René Brutsch, Brève histoire de l'évangélisation du pays Bamiléké, au Cameroun, janvier 1957, 5 p.
  • Jean-René Brutsch, Cameroun protestant : 7 causeries à la radio, 1959-1960, 43 p.
  • Jean-René Brutsch, Des Églises camerounaises dans l'épreuve, s. d., texte envoyé au Semeur vaudois le 6 mars 1961, 3 p.
  • Samuel Efoua Mbozo'o, La mission presbytérienne américaine et les mutations religieuses et sociales chez les peuples du Sud-Cameroun : 1919-1939, Université Jean Moulin, Lyon, 1981, 473 p. (thèse de 3e cycle)
  • Thomas Ekollo, Mémoires d'un pasteur camerounais (1920-1996) (préparation du manuscrit et avant-propos par Marc Spindler), Karthala, Paris, Clé, Yaoundé, 2003, 196 p. (ISBN 2-84586-418-3)
  • Jean-François Médard « Les Églises protestantes au Cameroun, entre tradition autoritaire et ethnicité », in François Constantin et Christian Coulon, Religion et transition démocratique en Afrique, Karthala, Paris, 1997 p. 189-220 (ISBN 2-86537-752-0)
  • Jean-Paul Messina et Jaap van Slageren, Histoire du christianisme au Cameroun, des origines à nos jours, Karthala Editions, (ISBN 9782811139957, lire en ligne)
  • Louis Ngongo, Histoire des forces religieuses au Cameroun : de la Première guerre mondiale à l'Indépendance, 1916-1955, Karthala, 1982, 298 p. (ISBN 2-86537-054-2) (texte remanié d'une thèse)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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