Laurent Casanova

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Laurent Casanova
Fonctions
Député de Seine-et-Marne
1945-1958
Gouvernement GPRF
IVe République
Groupe politique communiste
Ministre des Anciens combattants et victimes de guerre
-
Gouvernement Gouvernement Félix Gouin
Gouvernement Georges Bidault (1)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Souk Ahras (Algérie française)
Date de décès (à 65 ans)
Lieu de décès Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique Parti communiste français
Conjoint Danielle Casanova
Claudine Chomat
Profession homme politique
Résidence Paris

Laurent Casanova, né le à Souk Ahras (Algérie française), mort le à Paris (14e arrondissement), est un homme politique et résistant français. Marié à Danielle Casanova avant guerre, il a été député communiste de Seine-et-Marne de 1945 à 1958. Il fut ministre des Anciens combattants et victimes de guerre en 1946. Responsable du secteur des intellectuels communistes durant la guerre froide, il est en 1961, avec Marcel Servin, Maurice Kriegel-Valrimont, Jean Pronteau et Claudine Chomat, sa deuxième épouse, au centre de l'Affaire Servin-Casanova, dernière grande « purge stalinienne » au sein de la direction du PCF.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

D'origine corse, né en Algérie fils d'un cheminot employé aux chemins de fer algérien[1], Laurent Casanova passe son enfance et son adolescence en Algérie. Après des études secondaires à Bône grâce à une bourse, il rejoint Paris en 1927, pour y suivre des études universitaires en droit, qu'il achève en 1930 avec une licence.

Il adhère au Parti communiste français en 1929, sous l'influence de sa future épouse, Danielle Casanova, qu'il a rencontrée à l'Union fédérale des étudiants. À partir de 1933, il devient permanent du parti, puis entre dans l’appareil clandestin du PCF dont il assure la direction à partir de 1934, sous le contrôle de Maurice Thorez.

À partir de 1936, ses fonctions dans l'appareil communiste sont assez peu précises. Il travaille en étroite collaboration avec Maurice Thorez, dont il passe pour être l'un de ses secrétaires, et s'installe au siège du parti. Mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier, il s’évade, reprend contact avec le parti par l'intermédiaire de Claudine Chomat en mars 1942[2] et travaille d'abord au sein de la résistance communiste avec Pierre Villon. Il entre ensuite au Comité Militaire National des FTP, dont le chef, Charles Tillon pense en faire le représentant à l’Assemblée consultative provisoire[3] en 1944, mais il ne parvient jamais à Alger. À la Libération il est finalement délégué à cette assemblée par le Front national (novembre 1944-août 1945), puis il est élu député de Seine-et-Marne aux deux Assemblées nationales constituantes, puis à l'Assemblée nationale dans laquelle il siège pendant toute la durée de la IVe République (1946-1958). Il est ministre des Anciens combattants et des Victimes de guerre dans les gouvernements provisoires de Félix Gouin et de Georges Bidault du 26 janvier au 16 décembre 1946.

Il devient membre titulaire du Comité central en juillet 1945, puis suppléant au Bureau politique en juin 1947 et enfin titulaire en juin 1954, à l'occasion du XIIIe Congrès du PCF.

Chargé des relations avec les intellectuels, il défend la ligne soviétique « pure et dure », et soutient les thèses du « généticien » soviétique Lyssenko, importées depuis Moscou[4]. Il s'oppose cependant à l'extrémisme dont Auguste Lecœur fut accusé plus tard, et qui avait peu ou prou les mêmes responsabilités que lui dans le parti, sur l'affaire[5] de la publication par Les Lettres françaises d'un portrait de Staline par Picasso peu conforme aux règles du « réalisme socialiste ». En 1954, il participe à l'exclusion de Lecœur après avoir largement soutenu celles d' André Marty et de Charles Tillon, qu'il remplace d'ailleurs en 1952 à la direction du Mouvement de la paix, au sein duquel il représente le PCF.

Après les révélations du XXe Congrès du PCUS, Casanova devient représentatif au sein des instances dirigeantes du PCF d'un courant favorable à un changement de style et de pensée. Il a le soutien de Khrouchtchev et obtient le prix Lénine international pour la paix en 1960. Maurice Thorez parvient à bloquer cet « aggiornamento » et élimine Casanova des instances dirigeantes[6] en mai 1961, ainsi que Marcel Servin, Maurice Kriegel-Valrimont, Jean Pronteau et Claudine Chomat (XVIe Congrès du PCF).

Article détaillé : Affaire Servin-Casanova.

Après son exclusion des instances dirigeantes du parti, il n'intervient plus publiquement, tout en conservant sa carte d'adhérent jusqu'à sa mort.

Vie maritale[modifier | modifier le code]

Il a épousé Danielle Casanova (Vincentella Perini) qui est morte à Auschwitz, puis Claudine Chomat qu'il avait également connue avant-guerre aux jeunesses communistes.

Publications[modifier | modifier le code]

  • L'armée de demain (éléments d'une politique française de reconstruction militaire, discours prononcé au Xe congrès national du Parti communiste français, Paris, 26-30 juin 1945), Paris, Éditions France D'abord, 1945.
  • Le Communisme, la pensée et l'art (XIe Congrès national du Parti Communiste Français, Strasbourg, 25-26-27-28 juin 1947), Éditions du Parti communiste français, 1947.
  • Pourquoi je suis communiste, Paris, Éditions du Parti communiste français, 1947.
  • Union pour la défense de la Paix, Paris, France nouvelle, 1949.
  • Le Parti communiste, les intellectuels et la Nation, Paris, Éditions sociales, 1949.
  • Responsabilité de l'intellectuel communiste, Paris, Éditions de la Nouvelle Critique, 1949.
  • Comment en finir avec la guerre d'Algérie ? (intervention à l'Assemblée nationale le 20 mars 1957), Paris, Éditions Poissonnière, 1957.

Participation à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Préface à Science bourgeoise et science prolétarienne, Paris, Éditions de la Nouvelle Critique, 1950.
  • Conclusion à Les marxistes répondent à leurs critiques catholiques, Paris, Éditions sociales, coll. « Problèmes », 1957.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de biographie consacrée à Laurent Casanova, et contrairement à de nombreux « dissidents » de toutes époques il n'a, semble-t-il, pas laissé de témoignage personnel. Outre les ouvrages cités en notes, on trouve par contre de nombreuses références à son propos, de l'ordre du témoignage historicisé, dans les ouvrages suivants :

  • Philippe Robrieux, Maurice Thorez, vie secrète et publique, Fayard, Paris, 1975
  • Philippe Robrieux, Histoire intérieure du Parti communiste français, Fayard, 4 volumes, 1980-1984 (T.2, p. 499-503 et T.4, notice « Laurent Casanova » p. 126-127).
  • Dominique Desanti, Les Staliniens. Une expérience politique (1944-1956), Paris, Fayard, 1975.
  • Annie Kriegel, Ce que j'ai cru comprendre, éditions Robert Laffont, Paris, 1991

Pour situer son activité de responsable des intellectuels communistes :

  • David Caute, Le communisme et les intellectuels français 1914-1964, 1964 (trad. 1967, Gallimard)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice « Laurent Casanova », par Claude Pennetier, in Le Maitron en ligne. Essentiel
  2. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, Tome 2, p.500
  3. Charles Tillon, On chantait rouge, Robert Laffont, 1977, pp. 367-368
  4. Jeannine Verdès-Leroux, Au service du Parti. Le Parti communiste, les intellectuels et la culture (1944-1956), Fayard-éditions de Minuit, 1983. Voir aussi, Marcel Prenant, Toute une vie à gauche, éditions Encre, Paris, 1980, pp. 291-310, « L'affaire Lyssenko »
  5. Pierre Daix, Tout mon temps, mémoires, Fayard, 2001, pp. 335 et suiv. : « Le portrait de Staline et les arcanes de Moscou »
  6. Michel Dreyfus, PCF, crises et dissidences, coll. « Questions au XXe S », éditions Complexe, 1990, pp. 131-140, L'affaire Servin-Casanova

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]