Bernaville

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Bernaville
La croix de pierre sur son socle en escalier et l'église.
La croix de pierre sur son socle en escalier et l'église.
Blason de Bernaville
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Doullens
Intercommunalité Communauté de communes du Bernavillois
Maire
Mandat
Gérard de Saint-Riquier
2014-2020
Code postal 80370
Code commune 80086
Démographie
Gentilé Bernavillois
Population
municipale
1 097 hab. (2014)
Densité 63 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 07′ 56″ nord, 2° 09′ 52″ est
Altitude Min. 94 m
Max. 158 m
Superficie 17,34 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Somme

Voir sur la carte administrative de la Somme
City locator 14.svg
Bernaville

Géolocalisation sur la carte : Somme

Voir sur la carte topographique de la Somme
City locator 14.svg
Bernaville

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Bernaville

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Bernaville

Bernaville est une commune française, située dans le département de la Somme et la région Hauts-de-France.

Les habitants de Bernaville s'appellent les Bernavillois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bernaville est une commune située dans le département de la Somme (région Picarde). Sa superficie est de 17,4 km2. Bernaville se situe géographiquement à une altitude de 148 mètres environ.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Dès 1160, le cartulaire de Saint-Martin-aux-Jumeaux nous livre Novavilla mais aussi Bernardi villa[1].

Ce bourg qui, au Moyen Âge, eut une certaine importance, est désigné en latin sous le nom de Bernardi Villa, en souvenir de son origine, attendu qu’il eut pour fondateur Bernard, seigneur de Saint-Valery qui, vers l’an 1174, fit construire un château fort.

Cotenvillers correspond à la déformation de Constantvillers, inspiré de Constant, un personnage lié à l'endroit[2].

Pour Vacquerie, le nom du lieu doit être lié à vaccaria, utilisé de 1160 à 1220, vacherie, étable à vaches[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'’histoire du château fort ne présente aucun fait majeur. Il n'en reste rien sinon çà et là quelques pierres de fondation.

L’évêque d’Amiens, en 1160, autorise Simon, prieur d’Epécamps « de construire une chapelle à Bernaville et d’y détacher un prêtre pour la desservir ». (Le prieuré d’Epécamps tout proche de Bernaville était alors à cette époque très important). Cette chapelle va s’agrandir au cours des siècles mais la vétusté venant, il est décidé la construction d’une nouvelle église qui a été ouverte au culte le 4 avril 1886.

Comme tant de villes ou villages de France, Bernaville, au cours de son histoire, passe aux mains de plusieurs nobles familles : Les Dreux, Craon, Soissons, Créquy, Neuville, Le fournier de Wargemont, de Brossard de Monthue.

En l'an 1247, Jean de Dreux hérite la seigneurie de Bernaville de sa mère et octroie aux bourgeois de la ville un droit de 'commune' et aux maieurs et eschevins, une partie de ses droits de justice.

L'année 1817, pour le village est une année de misère, des souscriptions sont étendues afin de venir en aide aux ouvriers.

Les habitants de la commune ont, tout au long des siècles, cultivé cette terre arable ayant pour souche une bonne couche d'argile ou de terre glaise qui retient bien l'humidité tant nécessaire aux cultures, avec amour et acharnement, leurs lopins de terre… en tant que laboureurs, manouvriers, journaliers, etc.

Charte de la commune de Bernaville

Au mois de septembre 1247, Jean Ier, comte de Dreux et de Braine, seigneur de Saint-Valery, accorda aux habitants de Bernaville une charte de commune qui fut confirmée par Charles VI au mois de décembre 1397 Cette charte qui comprend 41 articles est conforme à celle de Domart, sauf les articles1, 2, 3, 5, 3g et 41. Elle est inspirée, comme cette dernière, par la charte de Saint-Quentin. D’après l’article 1er, c’est le bailli et non le prévost et le vicomte qui jugent, conjointement avec le maire et les échevins, les individus qui ont assailli une maison. Ceux qui se rendent coupables de coups et blessures ayant entraîné l’effusion de sang doivent payer au seigneur sept sous et demi ; si le sang ne se montre que trois jours après que les coups auront été portés, l’amende sera de 22 sous et demi et le tiers de cette amende appartiendra au vicomte. Celui qui frappe un juré, mais sans le blesser jusqu’au sang doit cinq sous d’amende au seigneur et au vicomte et 15 sous à la ville. Les procès relatifs aux héritages appartenant à des francs-hommes seront jugés par la cour du seigneur, si les héritages sont situés dans la banlieue et, par le saigneur s’ils sont situés dans la ville. Le maire et les échevins assisteront au jugement. L’article 41 détermine le nombre de corvées qui sont dues au seigneur.

Lettres, du mois de novembre 1514, par lesquelles Louis XII accorde des foires et marchés aux bestiaux aux habitants de Bernaville, et l’autorisation de construire de balles ou d’établir des étaux 

« Louys, par la grâce de Dieu, roy de France savoir faisons à tous présens et advenir, nous avons receu l’humble supplicacion de nos chers et bien aimez les maieurs et eschevins, mammians et habitans de Bernaville, contenant que la dite ville de Bernaville est une belle ville, bien peuplée, assise et située en bon pays fertile et opulent, abondant en blez et aultres biens croissans à l’environ de la dite ville, par laquelle ville passent beaucoup de gens marchands et aultres allans et venans en divers lieux de nostre royaume et ailleurs en aultres pays estranges, à cause de quoy, et pour le bien utilité de la chose publique de la dite ville et des habitans des lieux circonvoisins, seroit besoing y avoir quatre foires l’an et ung marché chaque semaine…
Nous inclinans libéralement à la supplicacion et requeste des habitans, créons, ordonnons et establissons les quatre foires l’an et ung marché chacune semaine aux jours et à la manière qui s’esnsuit : C’est assavoir – La 1re desdites foires le XIIIe jour de mars. –la seconde, le Ve jour de juillet. –La 3e, le XIIIe jour d’octobre et la 4e, le XIe jour de décembre. Et le marché aux jours de vendredy chacune semaine, pour icelles foires et marchés estre dorénavant et ce tousiours, perpétuellement tenus et entretenus et que iceulx jours de foires et jours de marché on puisse vendre, acheter et marchander toutes sortes de marchandises licites et honnestes, et que les dits habitans, ensembles les dits marchans et aultres fréquentans les dites foires et marchés puissent joyr de telz et semblables privilèges, franchises et libertez qui joissent et ont accoutumé joyr ceulx des aultres foires et marchés des villes et villaiges d’environ, pourveu que à quatre lieues à la ronde de la dite ville de Bernaville n’y ait aux dits jours aucune foire et marché »
[3]

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1874, la famille Petit d'abord établie à Méru (Oise) où elle travaillait la nacre depuis Colbert, s'installe à Bernaville ; elle y installe un atelier de fabrication de boutons de nacre. Cette entreprise emploie en 1906, 25 ouvriers boutonnier et 41 en 1911). La nacre provenait de coquillages de l’hémisphère sud et la découpe se faisait avec des machines à l’emporte-pièce. L'entreprise fonctionne toujours de nos jours. Seulement la nacre a été remplacée par d'autres matériaux adaptés à la demande actuelle.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En septembre 1944, l'occupant allemand arrête six résistants locaux, les torture et les fusille à Abbeville[4].

En 1985, la commune de Vacquerie fusionne avec Bernaville[5]. Auparavant, Vacquerie avait ses propres registres paroissiaux et d'état civil.

Dans les années 1975, on comptait environ une vingtaine d’exploitations agricoles pour la plupart de petite taille ; au début du XXIe siècle, on n'en dénombre plus que sept.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune, située dans l'arrondissement d'Abbeville, était historiquement le chef-lieu du canton de Bernaville. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, la commune fait désormais partie du canton de Doullens.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Bernaville fait partie de la communauté de communes du Bernavillois depuis 2000.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[6]
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1929 1940 Édouard Brandicourt    
1940 1944 Rémy Patte    
1944 1983 Maurice Crépin   Conseiller général de Bernaville (1951 → 1976)
1983 1995 Jacques Patte    
1995 2001 Etienne Cailleux    
mars 2001 mai 2015 Laurent Somon[7], [8] UMP Vétérinaire
Conseiller général de Bernaville (2001 → 2015)
Conseiller départemental de Doullens (2015 → )
Président de la CC du Bernavillois (2008 → )
Démissionnaire à la suite de son élection comme président du Conseil départemental.
mai 2015[9] en cours Gérard de Saint-Riquier    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[11],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 097 habitants, en augmentation de 1,39 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
947 984 837 1 060 1 066 1 102 1 085 1 208 1 127
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 109 1 115 1 109 1 011 1 000 962 905 878 913
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
864 851 849 759 720 734 743 732 754
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
799 794 880 853 910 996 981 1 105 1 097
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Bernaville est la 8 949e ville[Quand ?] au classement des communes de France ayant le plus d'habitants[réf. nécessaire].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Oratoire vers Vacquerie.
  • Église.
  • La croix « gauloise » située au centre du village servait de rond-point à la circulation jusque vers 2005. L'aménagement des chaussées et des trottoirs permet désormais de mieux la protéger des dangers que peuvent représenter pour elle les véhicules. Cette croix, d'après J.-P. Michilsen, devait faire office de croix de marché.
  • À proximité de Bernaville, à côté de la chapelle de Cottenvillers, on remarque un petit monticule boisé. Ce « tumulus » ou « motte » de Bernaville a-t-il joué un rôle d'oratoire au carrefour de ces bois ? Les travaux sur le sujet sont assez imprécis. Les uns disent aujourd'hui que des fouilles n'ont jamais rien trouvé ; ce que démentent deux documents, dont l'un de 1852 qui affirme que des armes, des urnes et des ossements y ont été découverts, leur origine serait celtique. Mais rien ne permet de conclure que l'utilisation originelle de la « motte » était funéraire, comme c'est souvent le cas avec les dolmens.
  • La chapelle de Cottenvillers. Placée sous les protections de la Vierge et saint Maur. L'édifice témoigne de la présence d'un prieuré du XIIe siècle, lié à l'abbaye de Saint-Germer, abandonné avant la révolution[2],[14].
  • Chapelle Notre-Dame de Grâce, couverte d'ardoises, en brique, entièrement rénovée en 2000[2].
  • Chapelle Notre-Dame de Bon Secours, au milieu du village, mise en valeur par des illuminations lors des fêtes de fin d'année[2].
  • Oratoire de 1989, près de la résidence de la Chapelle. La chapelle Notre-Dame de la Bonne Mort a été détruite en 1970 pour redresser un virage[2].
  • Oratoire à Vacquerie, de 1965. Édifié en mémoire d'un jeune de 18 ans, victime d'un accident de circulation[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Bernaville Blason D'azur à trois coquillages d'argent ; au chef d'azur chargé de trois bandes d'or et à la bordure de gueules.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Joy (1919 - 2009), pianiste, née à Bernaville. Le 24 mars 2012 la grande salle de la salle des Loisirs de Bernaville a été nommée "Salle de Geneviève-Joy", en présence d'Henri Dutilleux[15].
  • L'abbé Lefèvre, historien, a écrit : Bernaville et ses environs. L'ouvrage, paru en 1897 et réimprimé en 1990, est une véritable source de renseignements et de faits historiques. Il comporte 264 pages.
  • Jean Crépin (1er septembre 1908 - 4 mai 1996), officier général français, né à Bernaville.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Boyenval, René Debrie, René Vaillant - Répertoire des Noms de Famille de la Somme en 1849, éd. Éklitra (Amiens, 1972), 232 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Garnier, Dictionnaire topographique du département de la Somme. - Tome 1 : de Aaron-le-Fontaine à Luzière-lès-Conty, p. 107, vue 57/269, Archives départementales de la Somme, Amiens.
  2. a, b, c, d, e, f et g André Guerville, Chapelles et oratoires en Pays de Somme, Abbeville, imp. Frédéric Paillart, coll. « Richesses en Somme », 4e trimestre 2003, 302 p., p. 126 (ASIN B000WR15W8).
  3. Sources : Archives d’Abbeville – Liasse intitulé « Foires et marchés francs.
  4. Le « Courrier picard », édition d'Abbeville, Le souvenir des résistants fusillés honoré, 1er septembre 2016, p. 19.
  5. « Commune de Bernaville (80086) », Code officiel géographique, INSEE (consulté le 12 juin 2016).
  6. « Page GeneaWiki de Bernaville ».
  7. Réélu pour le mandat 2014-2020 : Le maire sortant a été réélu au terme des élections municipales de 2008. Source : Quotidien Le Courrier picard - édition Région d'Amiens du 5 avril 2008.
  8. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014).
  9. Éric Sara, « Bernaville: Gérard de Saint Riquier succède à Laurent Somon comme maire : Mardi soir, il n’y avait qu’un seul candidat à se présenter à la succession de Laurent Somon, contraint de laisser son fauteuil de maire », Le Courrier picard, édition de Doullens,‎ , p. 11 (lire en ligne).
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  14. Ouvrage collectif : Les sanctuaires de la Sainte Vierge dans le diocèse d'Amiens.
  15. « Lettre d'information de la commune de Bernaville "Bern@ville point.com" de juillet 2012 (p.14) ».

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bernaville et ses environs, Abbé Lefèvre, 1897, reprint 1990, 264 p.