Ailly-sur-Somme

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Ailly-sur-Somme
Gare d'Ailly.
Gare d'Ailly.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Ailly-sur-Somme
Intercommunalité Communauté de communes à l'Ouest d'Amiens
Maire
Mandat
Catherine Bénédini
2014-2020
Code postal 80470
Code commune 80011
Démographie
Population
municipale
3 048 hab. (2014)
Densité 202 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 55′ 38″ nord, 2° 11′ 41″ est
Altitude Min. 12 m – Max. 117 m
Superficie 15,06 km2
Localisation

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Ailly-sur-Somme

Ailly-sur-Somme est une commune française, située dans le département de la Somme en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bourg se trouvant à l'ouest de la ville d'Amiens, Ailly-sur-Somme voisine le village de Saint-Sauveur, plus au nord, sur l'autre rive du fleuve.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Ailly-sur-Somme
Breilly La Chaussée-Tirancourt et Saint-Sauveur
Breilly et
Picquigny
Ailly-sur-Somme Dreuil-lès-Amiens
Bovelles Ferrières Saveuse

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • 1843-1845 : création sur les bords de la Somme de la filature de lin Bocquet, Cohin & Cie sur une propriété d'Alexandre Dehesdin.
  • 11 juillet 1906 : accident ferroviaire.

L'accident ferroviaire de 1906[modifier | modifier le code]

Source (texte et photo) : "En Picardie - La Somme autrefois", de Jacques BÉAL (Éditions Horvath, 1982)

L'orage de ce jour-là eut un effet salutaire. 300 ouvriers d'une usine de Saint-Sauveur attendaient dans leur atelier, à l'heure de la sortie, une accalmie. Ce contretemps leur évita de se trouver massés comme ils en avaient l'habitude, le long du passage à niveau à l'heure où passait, comme chaque jour, à 90 à l'heure, le Calais-Bâle.

Le chef de gare entendit un coup de tonnerre suivi d'un énorme fracas. La marquise de la gare vola en éclats. Au milieu d'un mélange d'eau, de verre pilé, de boue, le préposé au chemin de fer aperçut une locomotive gisant sur son bas-flanc contre un mur de la gare à demi-écroulé. Le 1273 avait tamponné l'arrière d'un train chargé de briques. La pluie n'empêcha pas la curiosité. Les secours s'organisèrent. Des voitures éventrées, disloquées, sortait, hagard, hébété, une quarantaine de voyageurs tout surpris d'être encore en vie. Il n'y eut que trois blessés légers. Seules les briques rouges réduites en poudre, mêlées à l'eau, donnaient à cet accident une couleur tragique.

Accident de 1906 relaté par la presse de l'époque[modifier | modifier le code]

____ Extrait du Progrès de la Somme du 12 juillet 1906 ____
Le Progrès de la Somme

Tamponnement à Ailly-sur-Somme

Le Rapide Calais-Bâle tamponne un train de marchandises. -
Cinq blessés. - Dégâts énormes
.

« Le train rapide Calais-Bâle a coupé en deux un train de marchandises, en manœuvres, en gare d'Ailly-sur-Somme ; il y a de nombreux blessés. ». Telle était la laconique autant que grave nouvelle qui nous parvenait hier soir.

Confirmée à la gare du Nord, cette dépêche ne pouvait nous être plus expliquée, et aussitôt nous envoyions un de nos collaborateurs sur les lieux de l'accident, qui aurait pu dégénérer en catastrophe, sans des circonstances heureuses, comme (on) le verra plus loin.

À Ailly-sur-Somme

À notre arrivée à Ailly-sur-Somme, le spectacle est effrayant.

La gare est en partie démolie, la marquise a disparu, les sémaphores sont renversés, les remises de pompes et les dépendances de la gare n'existent plus.

Locomotives, fourgons, wagons sont en travers des voies, totalement obstruées et elles-mêmes arrachées.

Tout cela éclairé par des lampes puissantes qui projettent sur tous ces débris des lueurs tragiques.

Un va et vient continuel d'hommes d'équipe, d'employés, agitant leurs lanternes ou leurs signaux ne contribue pas peu à rendre le spectacle fantastique, pendant que les voyageurs qu'on transborde, errent éperdus à travers les débris des trains tamponnés.

Une foule énorme de curieux se presse le long des barrières du chemin de fer, celles qui ont été épargnées, et tout ce monde est maintenu à grand peine par les gardes, les gendarmes et les pompiers d'Ailly-sur-Somme.

Le tamponnement

Comme bien on pense, dans le désarroi qui a suivi le tamponnement, les renseignements sont difficiles à recueillir, les commentaires cependant vont leur train, et il nous faudrait des colonnes pour les rapporter ici.

Prenons donc la version qui nous en a été donnée par un des premiers témoins de l'accident.

Il était 6 heures du soir, l'orage qui venait d'éclater battait son plein, et peu de monde était dehors, pour cette raison justement.

Tout à coup un bruit formidable se fit entendre et la gare d'Ailly-sur-Somme disparut sous un épais nuage de fumée.

En même temps des cris se faisaient entendre, des appels « Au secours ! » partaient de la gare.

Les voisins, MM. Gabriel ESTAGNOL, BATTEUX, le chef de gare M. MATHAN, etc. accoururent et se rendirent compte de ce qui s'était produit.

Le Calais-Bâle avait tamponné un train de marchandises en manœuvres, demeuré on ne sait encore pourquoi sur la voie et les deux convois s'étaient télescopés.

La locomotive du rapide était culbutée sur la voie montante, pendant que la machine du train de marchandises tombait de l'autre côté. Wagons et fourgons se disloquaient et l'un d'eux entrait dans les dépendances de la gare, pendant qu'un wanon-couloir, formant bélier, démolissait une maison inhabitée, située à la sortie du passage à niveau d'Ailly à Saint-Sauveur. La marquise de la gare arrachée ainsi que les sémaphores venaient barrer le passage à niveau qui, de ce fait, se trouve absolument bouché.

Les secours

Aussitôt la population d'Ailly-sur-Somme, dont le dévouement est au-dessus de tout éloge se portèrent à la gare, M. BATTEUX, commandant des pompiers, fit battre "la générale" rappelant ses hommes, les gardes champêtres BATTEUX d'Ailly, ORIAL de Saint-Sauveur, PARIS d'Argœuves, etc., organisèrent le service d'ordre ; les gendarmes de Picquigny descendirent au galop et on s'occupa des blessés.

Le chauffeur du rapide était assez grièvement blessé, il avait l'épaule fracturée, des voyageurs, la plupart des Anglais, étaient contusionnés. On les transporta dans les maisons voisines, où ils reçurent les premiers soins de M. le docteur CHEVALIER d'Argœuves, aidé de M. GUÉRIN, pharmacien à Ailly.

Pendant ce temps, un train de secours partait d'Amiens, amenant du matériel, une équipe d'ouvriers, des docteurs, des ingénieurs et des inspecteurs. Tous se multiplièrent et parvinrent à ramener le calme.

Il ne pouvait plus être question de circulation de trains et un service de transbordement dut être opéré en deçà et au-delà de la gare d'Ailly-sur-Somme.

Là encore les pompiers d'Ailly-sur-Somme furent superbes, ils aidaient les voyageurs à traverser les voies encombrées de débris et les guidaient jusqu'à leur train, soutenant les femmes et portant les enfants.

Les communications téléphoniques ou télégraphiques étaient interrompues par suite du bris des poteaux, c'est ce qui explique le peu de renseignements arrivés à Amiens, dans la soirée.

Les causes de l'accident

Quelles sont les causes de cet accident et où sont les responsabilités ? Nous savons qu'une enquête a été ouverte sur le champ, mais on comprendra notre réserve sur ce point, encore mal éclairci.

Quoi qu'il en soit, il semble extraordinaire qu'un train ait pu rester sur une voie, comme celle de Paris-Calais, au moment du passage d'un rapide.

Le déblaiement

Quand nous quittons Ailly-sur-Somme, à 10 h et demi du soir, les ouvriers de la Compagnie se dépensent en efforts surhumains pour déblayer les voies. C'est un travail qui durera plusieurs jours étant donné l'état pitoyable des lieux du tamponnement.

De toutes les communes voisines, les curieux sont venus en grand nombre et ils suivent avec intérêt ces travaux peu communs.

Les dernières nouvelles reçues sur les blessés sont bonnes. Aucun n'est en danger actuellement. Inutile d'ajouter que la nouvelle de ce tamponnement a jeté à Amiens une émotion très vive.

Nous avons rencontré, à Ailly-sur-Somme, nombre de nos concitoyens qui accouraient aux renseignements, ayant des parents ou des amis partis dans le Calais-Bâle.

Signalons encore ce détail :

Tous les soirs, les 200 ou 300 ouvriers de St-Sauveur attendent, devant le passage à niveau, le passage de l'express. Or, ce soir, le mauvais temps leur avait fait retarder leur départ. Grâce à ce contre-temps, l'accident n'a pas été horrible.

On ne peut songer sans frémir à l'hécatombe qui se serait produite si les monstres de fer étaient venus tomber sur les barrières garnies d'ouvriers.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1947 1981 Daniel Tabary PCF Conseiller général du canton de Picquigny (1964-1970)
1981 1983 Jean-Pierre Roger   1er adjoint, remplace le maire
1983 1989 Serge François    
mars 1989 mars 2014 Francis Fouquet[1]    
mars 2014[2] en cours
(au 5 mai 2014)
Catherine Bénédini    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 3 048 habitants, en diminution de -4,39 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
378 407 429 477 506 510 526 562 711
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
786 917 929 932 1 103 1 190 1 339 1 413 1 584
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 978 2 101 2 162 2 364 2 218 2 145 1 946 1 841 2 179
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
2 195 2 368 4 157 3 972 3 505 3 322 3 164 3 126 3 048
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006 [6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • James Drummond Carmichaël [1817-1875], industriel originaire de Dundee en Écosse, il devient directeur de la filature mécanique de lin Bocquet, Cohin & Cie en 1845. Il y installe le filage du jute dès cette date puis le tissage mécanique à partir de 1868.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Ailly-sur-Somme.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De gueules aux deux branches d'alisier d'argent passées en sautoir, au chef échiqueté d'azur et d'argent de trois tires.

Sports[modifier | modifier le code]

  • En football, le club de l'US Ailly-Sur-Somme fondé en 1899 évolue en CFA2 (Championnat de France Amateur 2).

Les matchs ont lieu au stade Nicolas-Coupé, aussi appelé "stade du Bas" ou "stade municipal". Un stade qui comporte une belle tribune de places assises aux couleurs du club (bleu et noir), ainsi qu'un terrain synthétique pour les entraînements et un terrain de Beach-Soccer.

  • Le handball est le 2e sport phare de la commune. Les handballeurs s'entraînent et jouent leur match au nouveau gymnase, le gymnase Serge-Domart situé à côté du Stade Aimé-Merchez.
  • le twirling baton médaille de bronze au championnat de France.
  • Tennis avec le TCAS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • "Répertoire des Noms de Famille de la Somme en 1849" - René BOYENVAL, René DEBRIE, René VAILLANT
232 pages, Éditions ÉKLITRA (Amiens, 1972)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. , Président de la communauté de communes« Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ (consulté le 12 juillet 2008)
  2. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 2 avril 2014, p. 22.
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .