Pont-Remy

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Pont-Remy
Pont-Remy
L'église Saint-Pierre et l'écluse.
Blason de Pont-Remy
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Abbeville
Canton Rue
Intercommunalité Communauté de communes du Ponthieu-Marquenterre
Maire
Mandat
Annie Roucoux
2014 – 2020
Code postal 80580
Code commune 80635
Démographie
Gentilé Pont-rémois
Population
municipale
1 470 hab. (2015 en augmentation de 3,45 % par rapport à 2010)
Densité 148 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 03′ 17″ nord, 1° 54′ 13″ est
Altitude Min. 6 m
Max. 109 m
Superficie 9,93 km2
Localisation

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Pont-Remy est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dotée d'une gare et de quais sur les rives du fleuve, la commune s'est formée de chaque côté du pont qui permet de franchir la Somme et tout au long de la route départementale 901, dite rue de Paris.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Pontus remigi (le pont des rameurs) est à l'origine du nom de l'agglomération[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pont-Remy, au tout début du XXe siècle. La carte postale indique qu'un port est aménagé sur la Somme.

Un atelier de bouilleur de sel datant de l'âge du fer final a été découvert lors des fouilles réalisées avant les travaux pour la création de l'A16.

Pont-Remy a été le témoin de la dernière campagne de la guerre des Gaules conduite par Jules César.

En 1127, Gauthier de Tyrel, prince de Poix, implante une fondation prieurale dépendant de l'abbaye du Bec d'Halluin.

Les seigneurs portant le nom de Pont Remy avaient le titre de vicomte et aussi de vicomte d'Abbeville par voie héréditaire. Ils figuraient parmi les plus importants seigneurs picards.

Le , lors de la chevauchée, les troupes anglaises d'Édouard III tentent de prendre Pont-Remy pour franchir la Somme mais elles sont repoussées par les troupes françaises de Charles de Beaumont et Jean de Luxembourg (roi de Bohème).

Le , la gare de Pont-Remy fut le théâtre de l'arrestation mouvementée de la « bande à Jacob », un trio d'anarchistes (Alexandre Marius Jacob, Pélissard, Félix Bour) au cours de laquelle l'agent Anquier trouva la mort[2].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1989 en cours
(au 6 mai 2014)
Annie Roucoux PS Réélue pour le mandat 2014-2020[3]

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Lors du dévoilement du palmarès, à Amiens-Mégacité, pour les assises régionales du concours des villes et villages fleuris, le 5 novembre 2015, la ville obtient directement deux fleurs pour ses efforts en matière d'environnement[4]. En 2018, la troisième fleur est obtenue[5].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[7].

En 2015, la commune comptait 1 470 habitants[Note 1], en augmentation de 3,45 % par rapport à 2010 (Somme : +0,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
7928238818839189531 2701 5161 500
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5281 6451 7771 9902 0321 8951 4291 4261 602
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 9032 1332 0821 8971 9811 7781 7941 6161 607
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 5691 5471 4061 3111 3951 4001 5101 4291 466
2015 - - - - - - - -
1 470--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La communauté de communes du Haut-Clocher a construit l'école intercommunale Robert-Mallet à Pont-Remy. Cette entité accueille, entre autres, les enfants d'âge scolaire primaire de la localité[10].

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Autrefois, le village a vécu essentiellement de l'agriculture, mais aussi de ses nombreux moulins à eau et de ses carrières souterraines de craie qui vont contribuer à la construction de la collégiale d'Abbeville, Saint-Gilles et des fontaines publiques d'Amiens.

Une autre activité fut prépondérante le halage des gribannes sur le fleuve Somme. Un important courant rendait nécessaire l'appoint d'un attelage de près de 60 haleurs. Cette obligation fut l'objet d'un rançonnage de leur part, qui prit fin avec la Révolution.

Il faut attendre le début du XIXe siècle pour que se développent les premières manufactures qui vont utiliser la force hydraulique du fleuve.

En 1830, Vaysson implante sa filature de laine (500 emplois).
  Liénard, filature de chanvre, tissage de voiles (900 emplois).
  Compagnie Linière filature de lin, tissage de linges fins (1 600 emplois).
  Rachat par Saint Frères en 1890, tissage de toile à sac, filature de jute qui fermera ses portes en 1933 : 473 licenciements (principalement des femmes) ; fermeture du tissage en mai 1954, reclassement dans les autres usines.
  Usine Linet, traitement du phosphate de chaux : création en 1934, fermeture en 1988.
  En 1971, installation des Ets Huret, fleuron de l'industrie cycliste (dérailleurs) des années 1960/1970, fermeture fin 1989.
  1993 : La société TDI Groupe Vulcain réoccupe les lieux ; elle est spécialisée dans le négoce de visserie, boulonnerie et éléments de fixation pour toutes industries.

  SA GERVOIS Spécialiste du tricot métallique, fabrication d'articles en fils , chaines, ressorts.

D'autres entreprises ont vu le jour, gite, centre commercial ou industries.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Clocher de Saint-Pierre.
Château de Pont-Remy.
  • Château, forteresse médiévale réaménagée au XIXe siècle dans le style néo-flamboyant[11].
    Sa position sur un petit îlot lui a permis de résister aux Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Des personnages célèbres s'y sont arrêtés notamment la seconde épouse de François Ier, Éléonore, et Marie Stuart.
Un peu plus tard, Henri II s'y arrêtera, tout comme Henri IV avant de rejoindre Abbeville, et enfin le cardinal de Richelieu.
La seigneurie passe en propriété aux de Waencourt qui luttent contre les Anglo-bourguignons. Siège du château par Philippe de Bourbon duc de Bourgogne.
Propriété de la puissante famille de Créquy, le château passa par alliance dans celle de Blanchefort de Créquy puis dans celle de La Trémoille. Il est vendu en 1720 à Michel Robert Le Peletier des Forts, ancêtre du révolutionnaire le Peletier de Saint-Fargeau dont la fille le vendra en 1817 au comte du Maisniel de Liercourt. Ce dernier fera entièrement restaurer l'édifice en le dotant d'un étonnant et précoce style néo-gothique flamboyant. À la mort de sa descendante, la comtesse de Coux en 1955, le château sombre dans une longue période d'abandon jusqu'à ce qu'il soit inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques et racheté par un propriétaire désireux de le remettre en valeur.
Malheureusement, tout restera à l'état de projet et après une longue période d'abandon, le bâtiment fragilisé voit une partie de la grosse tour préservée du XVe siècle s'effondrer. Il a été détruit par un incendie en août 2012[12].
Le , la commune achète l'ensemble à Michel de Monicault, le dernier propriétaire. La municipalité envisage d’y créer un parc, au milieu duquel les ruines de l’ancienne forteresse médiévale seront consolidées et valorisées[13].
Intérieur gaulois à Arebona.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr PontRemy (Somme).svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

d'argent au chef de gueules.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henry Séné (1889-1961), artiste peintre né à Pont-Remy. Grand voyageur (Maroc, Congo, Brésil, Pérou, Bolivie), il dirigea l'atelier de peinture de l'École des beaux-arts de La Paz. Il obtint de nombreux prix et récompenses. Son œuvre est conservée dans les musées d'Amiens, Dijon, Honfleur, Paris et Montevideo.
  • Jean l'Aveugle de Luxembourg (1296-1346), comte, cité par Dante Alighieri comme dernier chevalier du Moyen Âge, victorieux à Pont-Remy, en alliance avec le roi de France contre les Anglais.
  • Michel Le Pelletier de Saint Fargeau dont la famille a été propriétaire du château de Pont-Remy dès 1720, représentant la noblesse aux États-Généraux rejoint le tiers-état et vote la mort du roi. Considéré comme régicide, il est assassiné par Nicolas de Pâris.

La Convention le désigne comme 1er martyr de la Révolution, lui attribue des obsèques nationales et dépose ses cendres au Panthéon. Sa fille Suzanne, déclarée première pupille de la Nation, viendra habiter au château de Pont-Remy.

  • Pierre Coffe, garçon coiffeur, le père de Jean-Pierre Coffe. Mobilisé en 1937, il meurt au combat, le , à Pont-Remy.
  • Le grand-père et le père du peintre Alfred Manessier (1911-1993) : Alphonse Manessier (1849-1923), tailleur puis traceur de pierre, et son deuxième fils Nestor Manessier (1884-1936) sont nés à Pont-Remy. La commune pont-rémoise a rendu un bel « Hommage à Manessier », le 11 juin 2016, à l'occasion de la pose de deux plaques : l'une pour nommer « Square Alfred Manessier » l'espace vert situé entre la mairie et l'église ; l'autre sur la maison où habitaient les grands-parents de l'artiste, sise 17 rue Roger-Salengro (anciennement rue Basse). Les deux enfants du peintre ont offert à la Municipalité, deux œuvres de jeunesse de Manessier, peintes à l'huile sur le motif dans le village alors qu'il n'était âgé que de 13 et de 14 ans.
  • Henri Dècle (1939-2012), né à Pont-Remy, il fut maire et professeur des écoles de plusieurs villes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Dulphy, le Courrier picard, édition d'Abbeville, , p. 11.
  2. Cf. Abbeville d'autrefois, p. 75, et Alexandre Jacob, « Pourquoi j'ai cambriolé », sur Infokiosques, éditions turbulentes, (consulté en janvier 2007)
  3. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 9 avril 2014, p. 12.
  4. Palmarès de villes et villages fleuris de Picardie maritime, le « Courrier picard », édition Picardie maritime, 7 novembre 2015, p. 8.
  5. Le « Courrier picard », Trois années pour trois fleurs, édition Picardie maritime, 14 novembre 2018, p. 14.
  6. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  7. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  10. Jacques Dulphy, « Pont-Remy - La commune confirme sa volonté de rejoindre l'Abbevillois », le Courrier picard, édition Picardie maritime, 4 novembre 2015, p. 12.
  11. « Le Château de Pont-Remy », notice no PA00125670, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. A. B., « PONT-REMY Un incendie dévaste le château », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne)
  13. « Pont-Remy, Le château est acheté », Le Courrier picard,‎ (lire en ligne)
  14. « La Filature Tissage Saint Frères », notice no IA00076617, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Ouvrages[modifier | modifier le code]