Débaptisation

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L'acte formel de défection de l'Église catholique (latin actus formalis defectionis ab Ecclesia catholica), familièrement appelé « débaptisation », consistait entre 1983 et 2009 en un acte officiel d'abandon de l’Église catholique par un apostat, résultant en la suppression de son nom des registres paroissiaux et en l'obtention par l'apostat d'une déclaration écrite par les autorités ecclésiastiques reconnaissant formellement sa défection. Cette démarche administrative concernait toute personne attendant une reconnaissance officielle par l'Église de sa défection pour une quelconque raison notamment afin de ne plus être comptabilisée par celle-ci lors du recensement de ses fidèles.

L'acte formel de défection de l'Église catholique était une formalisation de l'apostasie.

La lettre apostolique en forme de motu proprio Omnium in mentem promulguée le 26 octobre 2009 par le pape Benoît XVI modifiant le Code de Droit Canonique a rendu cet acte ainsi que la procédure permettant de l'obtenir obsolètes. Il n'existe, par conséquent, plus de moyen officiel d'obtenir de reconnaissance d'apostasie de la part de l'Église catholique depuis cette date[1],[2],[3],[4].

Motivations[modifier | modifier le code]

L'acte formel de défection de l'Église catholique pouvait être une forme de protestation visant à désavouer des prises de positions de responsables religieux [5].

Par exemple, suite aux déclarations du pape Jean-Paul II en 1996 qualifiant la France de « fille aînée de l'Église », certains Français ont demandé leur radiation des registres baptismaux, refusant d'être comptabilisés comme catholiques[6].

Plus récemment, les prises de positions controversées de Benoît XVI vis-à-vis de la sexualité ou les autres religions[réf. nécessaire], ainsi que le dialogue avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X ou les affaires de pédophilie dans l'Église catholique ont provoqué de nouvelles vagues de procédures d'actes formel de défection de l'Église catholique de baptisés tenant à s'en démarquer[6],[7].

Certains chrétiens désirent être radiés des registres de leur Église d'origine lorsqu'ils rejoignent une autre Église chrétienne, même si cette dernière n'exige pas une telle démarche.

Cette démarche, qui peut être entreprise individuellement, que l'on ait été baptisé selon le rite catholique, anglican, protestant ou orthodoxe, est aussi encouragée entre autres par des organisations anticléricales ou libertaires ainsi que par le mouvement raëlien[6].

Modalités[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne l'Église catholique romaine, la demande peut s'effectuer par courrier adressé au curé actuel de la paroisse où a eu lieu le baptême ainsi qu'à l'évêché dont dépend cette paroisse, le curé et l'évêque concernés envoyant alors une attestation confirmative. Les services de l'évêque portent, en outre, dans le Registre des Archives de Catholicité, la mention de l'apostasie. En Belgique, la pratique est plutôt d'adresser une lettre au vicariat général du lieu de résidence[8].

En général l'Église catholique se contente d'apposer une mention d'apostasie en marge du registre de baptême, sans supprimer le nom du registre[9]. La cour d'appel de Caen a validé cette pratique[10].

Conséquences religieuses[modifier | modifier le code]

Du point de vue de la confession catholique, cette démarche administrative constitue un acte grave d'apostasie, de schisme ou d'hérésie selon le cas[9].

Le sacrement du baptême est considéré comme indélébile par les Églises[11]. Un apostat qui reviendrait à la foi chrétienne ne sera pas « rebaptisé » s'il a une fois été baptisé validement (quelle que soit l'Église ou la communauté religieuse dans laquelle le baptême a été conféré).

Cela n'empêche pas qu'une Église puisse attacher certains effets à une telle démarche administrative. Ainsi, le can. 1117 du Code de droit canon de l'Église catholique romaine assimilait, jusqu'en 2009[12], au non-catholique le catholique ayant quitté l'Église catholique par un acte formel en ce qui concerne les conditions de forme du mariage.

S'excluant de lui-même de la communauté ecclésiale dans laquelle il a été baptisé, l'apostat ne bénéficie logiquement plus des sacrements de cette Église (notamment eucharistie), ne peut être parrain ou marraine ni de baptême ni de confirmation et ne peut plus bénéficier d'obsèques religieuses. Quant au mariage canonique, celui « de la personne qui a rejeté notoirement la foi catholique » (can. 1071 § 1 n° 4 du Code de droit canon) avec un catholique en pleine communion avec son Église est autorisé selon les mêmes critères que ceux applicables à tout non-catholique (can. 1071 § 2[13] du même Code).

Conséquences civiles[modifier | modifier le code]

En France, cette démarche est sans incidence civile, dès lors que le lien d'appartenance lui-même n'a aucune valeur légale aux yeux de l'État. Il n'en serait autrement que dans le cas d'affiliation formelle à une association cultuelle (ce qui est pratiqué par certaines Églises protestantes).

Dans certains autres pays comme l'Allemagne, l'Autriche et les pays scandinaves ou dans de nombreux cantons suisses, cependant, le statut de fidèle a des conséquences juridiques (obligation juridique de contribution financière, notamment, parfois via la fiscalité). La manière de « quitter » les Églises ou autres entités religieuses est alors réglée par la loi afin de garantir la liberté religieuse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]