Déterminisme

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Le déterminisme est une notion philosophique selon laquelle chaque événement, en vertu du principe de causalité, est déterminée par les événements passés conformément aux lois de la nature.

En physique, cette idée se traduit par la notion de système déterministe, c’est-à-dire un système soumis à une dynamique qui associe à chaque condition initiale un et un seul état final.

On parle également de système déterministe en automatique pour désigner un système pour lequel les mêmes entrées produisent toujours exactement les mêmes sorties, par opposition à un système stochastique pour lequel les mêmes entrées peuvent produire différentes sorties.

Le mathématicien, astronome et physicien français Pierre-Simon de Laplace a formulé l’hypothèse d’un déterminisme universel en vertu duquel les lois de la physique faisaient que, pour un état donné de l’univers, une seule évolution de celui-ci était possible et que celle-ci était, du moins en théorie, prédictible. Peu d’idées ont suscité autant de débats, à la fois scientifiques et philosophiques, le déterminisme étant, pour les uns, l’idéal vers lequel devait tendre la science tandis que, pour les autres, il était un repoussoir ou une image fallacieuse de la réalité. Cette page propose un panorama de ces questions.

Étymologie et histoire[modifier | modifier le code]

Le terme déterminisme apparaît tout d’abord sous sa forme allemande, determinismus, à la fin du XVIII, il s’agit soit d’un dérivé direct du verbe determinieren (déterminer), soit d’une abréviation de praedeterminismus (prédéterminé)[1]. Il est utilisé alors dans le contexte du débat entre la thèse de la liberté de la volonté et celle de sa détermination par des raisons antérieures[2].

Pierre-Simon de Laplace, dans son Essai philosophique sur les probabilités n'emploie pas le terme "déterminisme", il fait par contre explicitement référence au "principe de la raison suffisante", "aux actions que l'on juge indifférentes" et à Leibniz, ce qui le rattache aux débats qui ont vu apparaître le mot dans la langue allemande.

En Français, le terme apparaît dans le Dictionnaire des sciences philosophiques, de 1844. La notice « déterminisme » se contente de renvoyer à « fatalité », « liberté » et « Leibniz ». On trouve à l’article « liberté », rédigé par Émile Saisset, cette définition :

« les deux systèmes du déterminisme et de la liberté d’indifférence, systèmes contradictoires dont le dernier suppose que l’homme peut se déterminer sans motifs, l’autre que les motifs déterminent invinciblement la volonté »[3]

L’introduction du terme « déterminisme » dans le vocabulaire scientifique est due à Claude Bernard, dans l’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, en 1865 :

Claude Bernard (1813-1878) a introduit le terme "déterminisme" dans le vocabulaire scientifique.

§ V. — Il y a un déterminisme absolu dans les conditions d’existence des phénomènes naturels, aussi bien dans les corps vivants que dans les corps bruts. Il faut admettre comme un axiome expérimental que chez les êtres vivants aussi bien que dans les corps bruts les conditions d’existence de tout phénomène sont déterminées d’une manière absolue. Ce qui veut dire en d’autres termes que la condition d’un phénomène une fois connue et remplie, le phénomène doit se reproduire toujours et nécessairement, à la volonté de l’expérimentateur. La négation de cette proposition ne serait rien autre chose que la négation de la science même. En effet, la science n’étant que le déterminé et le déterminable, on doit forcément admettre comme axiome que dans des conditions identiques, tout phénomène est identique et qu’aussitôt que les conditions ne sont plus les mêmes, le phénomène cesse d’être identique. […] Or c’est à l’aide de l’expérimentation seule, ainsi que nous l’avons souvent répété, que nous pouvons arriver, dans les phénomènes des corps vivants, comme dans ceux des corps bruts, à la connaissance des conditions qui règlent ces phénomènes et nous permettent ensuite de les maîtriser[4].

Pour Claude Bernard, le déterminisme est la condition de la compréhension scientifique et de l’étude expérimentale de la nature, il a soin de distinguer cet usage du terme de celui qui a pu en être fait en philosophie où il est, pour lui, synonyme de négation du libre arbitre ou de « fatalisme »[5]. Le principe de déterminisme se résume alors à « l'affirmation de la loi, partout, toujours »[6].

À partir du moment où le terme « déterminisme » est disponible dans la langue, il devient possible de distinguer, comme le fait Claude Bernard, celui-ci du «fatalisme » ou du « destin ». Généralement, on considère que ce qui est caractéristique du déterminisme, c'est l'idée selon laquelle la nécessité de ce qui advient est conditionnée par ce qui s'est passé et non pas absolue, alors que l'idée de fatalité ou de destin impliquerait que, quoi que l'on fasse, les choses se produisent comme il était écrit qu'elles devaient advenir[1]. Auparavant cette distinction n'était pas faite et il arrivait que les auteurs du XVIIIe emploient la notion de « fatalité » pour désigner la détermination causale des événements[7],[8].

Le déterminisme universel de Laplace[modifier | modifier le code]

L'Essai philosophique sur les probabilités Pierre-Simon de Laplace est la référence à laquelle se rattachent tous ceux qui traitent de la question du déterminisme. Pourtant, pas plus qu’il n’a créé le mot, Laplace n’est l’inventeur de l’idée de déterminisme universel. On trouve dans l’article « Fortuit » de l'Encyclopédie rédigé par D’Alembert les intuitions qui seront développées 57 ans plus tard par son disciple[9] :

Supposez un événement de plus ou de moins dans le monde, ou même un seul changement dans les circonstances d’un événement, tous les autres se ressentiront de cette altération légère, comme une montre toute entière se ressent de la plus petite altération essuyée par une des roues. [...] Supposons mille mondes existant à-la-fois, tous semblables à celui-ci, et gouvernés par conséquent par les mêmes lois ; tout s’y passerait absolument de même. Les hommes en vertu de ces lois feraient aux mêmes instants les mêmes actions dans chacun de ces mondes ; et une intelligence différente du Créateur qui verrait à-la-fois tous ces mondes si semblables, en prendrait les habitants pour des automates, quoiqu’ils n’en fussent pas, et que chacun d’eux au-dedans de lui-même fût assuré du contraire[10].

L’idée était vraisemblablement en circulation dans le milieu encyclopédiste, puisqu’elle se retrouve aussi sous la plume de baron d'Holbach dans son Système de la nature[11] :

Dans un tourbillon de poussière qu'élève un vent impétueux ; quelque confus qu'il paraisse à nos yeux, dans la plus affreuse tempête excitée par des vents opposés qui soulèvent les flots, il n'y a pas une seule molécule de poussière ou d'eau qui soit placée au hasard, qui n'ait sa cause suffisante pour occuper le lieu où elle se trouve, et qui n'agisse rigoureusement de la manière dont elle doit agir. Un géomètre qui connaîtrait exactement les différentes forces qui agissent dans ces deux cas, et les propriétés des molécules qui sont mues, démontrerait que, d'après les causes données, chaque molécule agit précisément comme elle doit agir, et ne peut agir autrement qu'elle ne fait[12].

Pierre-Simon Laplace (1749-1827)

Le mérite du texte de Laplace est d’avoir condensé, en quelques phrases, la logique du raisonnement causal et de l’avoir associée à une expérience de pensée qui lui donne une signification intuitive, semblable à la formulation d’un problème de mécanique, et qui est passée à la postérité sous le nom de Démon de Laplace :

Les événements actuels ont, avec les précédents, une liaison fondée sur le principe évident, qu’une chose ne peut pas commencer d’être, sans une cause qui la produise. Cet axiome, connu sous le nom de principe de la raison suffisante, s’étend aux actions mêmes que l’on juge indifférentes. La volonté la plus libre ne peut sans un motif déterminant, leur donner naissance ; car si toutes les circonstances de deux positions étant exactement semblables, elle agissait dans l’une et s’abstenait d’agir dans l’autre, son choix serait un effet sans cause : elle serait alors, dit Leibnitz, le hasard aveugle des épicuriens. L’opinion contraire est une illusion de l’esprit qui, perdant de vue les raisons fugitives du choix de la volonté dans les choses indifférentes, se persuade qu’elle s’est déterminée d’elle-même et sans motifs. Nous devons donc envisager l’état présent de l’univers, comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé, serait présent à ses yeux. L’esprit humain offre, dans la perfection qu’il a su donner à l’Astronomie, une faible esquisse de cette intelligence. Ses découvertes en Mécanique et en Géométrie, jointes à celle de la pesanteur universelle, l’ont mis à portée de comprendre dans les mêmes expressions analytiques, les états passés et futurs du système du monde[13].

La thèse du déterminisme universel repose donc sur les assertions suivantes :

  • Le principe de raison suffisante, utilisé de façon rigoureuse et systématique, implique la nécessité de chaque événement. Si une même série d’antécédents pouvait se reproduire exactement et ne pas engendrer la même conséquence, cette différence serait un effet sans cause (l’idée était déjà dans le texte de D’Alembert).
  • Laplace opère ensuite une réduction de cette nécessité à la seule causalité physique, puisque « l’intelligence » n’a à considérer que les forces et les positions des corps pour prédire l’avenir, il n’est plus question des « raisons fugitives » et des « motifs » des choix. Cela est généralement compris comme l’adhésion à un physicalisme réductionniste, encore que la théorie de l’harmonie préétablie de Leibniz pourrait conduire au même résultat.
  • Cette causalité physique peut prendre la forme d’un calcul, semblable à ceux que la mécanique newtonnienne nous a fait découvrir. Alors que D'Holbach évoquait encore une approche géométrique, Laplace, conformément à la reformulation analytique de la mécanique, parle d'analyse.
  • Ce calcul est réversible, l'ordre du temps peut y être renversé. Puisqu’une série de cause ne peut produire qu’un seul et unique effet, cet effet unique ne peut avoir été produit que par une seule série de causes (argument déjà présent chez d'Alembert[14]). La raison suffisante implique la symétrie dans le temps des lois de la nature.
  • Le calcul, pour être effectif, doit intégrer le plus infime détail des choses et la totalité des mouvements de l'univers, la nature comme un tout doit pouvoir être prise pour objet de connaissance. Comme l'avaient fait remarquer D'Alembert et D'Holbach, les moindres variations ont des répercussions sur l'évolution de l'ensemble du système. De plus, comme cela sera développé par Cournot, si un ensemble d’objets obéissant à des lois déterministes est perturbé par l'irruption d'objets extérieurs eux-mêmes déterminés, le résultat de cette rencontre apparaîtra comme un hasard pour une "intelligence" qui n'aurait considéré que le premier système[15]. Un déterminisme local ne pourrait pas être rigoureusement déterministe, il ne le serait que de façon approchée et provisoire.

En conclusion, Laplace n'affirme pas qu'il sera un jour possible à l'intelligence humaine de prédire l'avenir, par contre, celui-ci n'en est pas moins parfaitement déterminé par des lois comparables à celles que nous fait connaître la physique. Pour cette raison, nous pouvons avoir recours aux probabilités pour approcher ces mécanismes, selon les méthodes exposées dans la suite de l'Essai philosophique sur les probabilités, notamment celles fondées sur l'approche inductive.

Le déterminisme en physique[modifier | modifier le code]

Mécanique classique[modifier | modifier le code]

Isaac Newton (1642-1727) par G. Kneller (1689)

Le déterminisme est souvent présenté comme l’aboutissement de la mécanique newtonienne, ce qui est source de confusions : on tend alors à considérer que tout ce qui est explicable par la mécanique classique est déterministe et que, réciproquement, toute théorie non-classique est une réfutation du déterminisme. Or les choses ne sont pas aussi simples, si le déterminisme a sans doute été l’idéal de beaucoup de savants, notamment au XIXe, il faut distinguer entre, d’un côté, les croyances et les espérances des scientifiques dont l’étude relève de l’histoire des sciences ou des idées et, d’un autre côté, ce que la mécanique classique permet effectivement d’affirmer, ce qui relève alors de la physique ou de l’épistémologie.

La mécanique newtonienne peut être qualifiée de déterminisme dans la mesure où ses lois permettent de décrire le mouvement d’une particule de matière selon une équation différentielle (Principe fondamental de la dynamique), or le théorème de Cauchy-Lipschitz établit que de telles équations, sous certaines conditions, ont une et une seule solution. Ainsi, dans un système physique soumis à de telles lois d'évolution, les mêmes les conditions initiales produisent les mêmes effets (position et quantité de mouvement). L’hypothèse de Laplace pourrait être interprétée rétrospectivement (puisqu’elle a été formulée avant la démonstrations du théorème de Cauchy-Lipschitz) comme affirmant que l’univers, dans sa totalité et dans ses moindres détails, peut être considéré comme un système physique de ce type[16].

Il reste toutefois des écarts entre ce qui peut être déduit de la physique classique et ce que postule Laplace. Il est possible d’imaginer des systèmes physiques obéissant à la mécanique newtonienne qui, pourtant, violent les conditions du déterminisme laplacien[17]. Il s’agit notamment du cas des objets ayant une vitesse infinie (possibles en mécanique classique non relativiste) qui enfreignent la condition de réversibilité des prévisions[18]. De même, le dôme de Norton semble indiquer qu’un mouvement sans cause est possible dans le cadre newtonien, toutefois son interprétation reste sujette à controverse.

Le chaos déterministe[modifier | modifier le code]

Les formalisations mathématiques de la mécaniques classique ont fondé le caractère déterministe de ses lois, c’est-à-dire qu’elles garantissent (sous certaines conditions) qu’il n’existe qu’une seule évolution possible pour un ensemble donné de conditions initiales. On serait tenté d’aller plus loin et d’en conclure qu’elles nous permettent aussi de connaître, de prédire, cet état final. Un des grands mérites de Newton avait été de retrouver, à partir de ses axiomes, les lois de Kepler, ce faisant il avait apporté une solution au problème à deux corps (par exemple une planète gravitant autour du soleil). Toutefois, il s’avérait beaucoup plus difficile d’intégrer davantage de corps, par exemple les autres planètes ou leurs satellites, comme avaient essayé de la faire D’Alembert et Laplace, et de donner une méthode pour résoudre un problème à n-corps.

Les travaux de Poincaré sur le sujet l’ont amené à mettre en lumière le phénomène que l’on appelle aujourd’hui de sensibilités aux conditions initiales qui implique de nuancer l’idéal déterministe laplacien :

Une cause très petite, qui nous échappe, détermine un effet considérable que nous ne pouvons pas ne pas voir, et alors nous disons que cet effet est dû au hasard. Si nous connaissions exactement les lois de la nature et la situation de l'univers à l'instant initial, nous pourrions prédire exactement la situation de ce même univers à un instant ultérieur. Mais, lors même que les lois naturelles n'auraient plus de secret pour nous, nous ne pourrions connaître la situation qu'approximativement. Si cela nous permet de prévoir la situation ultérieure avec la même approximation, c'est tout ce qu'il nous faut, nous disons que le phénomène a été prévu, qu'il est régi par des lois ; mais il n'en est pas toujours ainsi, il peut arriver que de petites différences dans les conditions initiales en engendrent de très grandes dans les phénomènes finaux ; une petite erreur sur les premières produirait une erreur énorme sur les derniers. La prédiction devient impossible et nous avons le phénomène fortuit[19].

Un Billard de Sinaï montre qu'un système dynamique déterministe avec seulement deux degrés de liberté peut produire un phénomène chaotique.

Poincaré, à aucun moment, ne remet en question le caractère déterministe des mécanismes naturels, il ne fait que reprendre le thème, déjà présent dans les textes de D'Alembert et Laplace, des effets des infimes détails. Par contre, il affirme que ces petites variations dans les conditions initiales peuvent entraîner des variations considérables dans l’évolution du système, ce qui rend celle-ci de fait imprédictible. La stabilité système solaire n'est pas établie au-delà d'une dizaine de millions d'années par exemple[20]. Cette idée a été popularisée, à la suite des travaux de Lorenz, sous le nom d'effet papillon. Une branche des mathématiques a été créée pour modéliser de tels systèmes, la théorie du chaos.

Contrairement à ce que l'on a pu affirmer, l'utilisation en physique de la théorie du chaos ne va pas à l'encontre de l'idée de déterminisme, elle s'applique à des systèmes dynamiques rigoureusement déterministes. Le contraire du chaos n’est pas le déterminisme mais le prédictible, un système déterministe peut-être imprédictible (« chaotique ») si un certain nombre de ses variables sont inconnues ou trop imprécises.

Pour reproduire une expérience dans les mêmes conditions, la sensibilité aux conditions initiales d'un système dynamique déterministe impose une précision infinie afin d'aboutir strictement aux mêmes effets. Ceci est impossible en raison de la précision limitée des ordinateurs (par exemple, en météorologie) et des mesures expérimentales (impossibilité de connaître des grandeurs comme la position avec une précision infinie), un « chaos » émerge. Dès lors, il faut mobiliser d'autres outils théoriques que ceux du déterminisme pour décrire l'évolution d'un tel système, cela n'est pas incompatible avec l'adhésion à une conception rigoureusement déterministe de la nature, mais cela remet en question la pertinence de celle-ci en tant que modèle unique d'explication scientifique.

Structures dissipatives et flèche du temps[modifier | modifier le code]

Il existe une théorie physique frontalement opposée à l'idée de déterminisme, il s'agit de celle des systèmes dissipatifs due à Ilya Prigogine. Celle-ci traite de systèmes thermodynamiques ouverts et éloignés de l’équilibre, l’illustration le plus simple étant les cellules de convection de Bénard.

Cellules de convection de Bénard

Tout d’abord, de tels systèmes présentent des propriétés émergentes qui ne se laissent pas expliquer selon un modèle déterministe, par exemple, il est impossible de prédire l’apparition des cellules de Bénard en intégrant le mouvement de chaque molécule composant le liquide, par contre, une fois la structure des cellules de convection acquise par le système, celle-ci va avoir une influence sur le mouvement des éléments qui le composent. Prigogine parle de comportement d’auto-organisation[21].

L’apport scientifique de Prigogine a été de montrer, notamment à partir du modèle d’autocatalyse surnommé Brusselator, que l’évolution de tels systèmes n’obéissait pas à une loi linéaire, prévisible, de petites fluctuations pouvant entraîner des brisures de symétrie spatiales, tout à fait comparables aux attracteurs étudiés dans la théorie du chaos[22]. Ces systèmes se comportent comme, si arrivés dans certaines conditions, ils étaient face à une bifurcation et pouvaient y effectuer un « choix » non déterminé, l’enchaînement de ces « choix » finissant par écrire une histoire qui n’est pas déductible des conditions initiales du système[23].

À partir de ce constat, Prigogine a développé la notion de « flèche du temps », c’est-à-dire l’idée selon laquelle les mécanismes physiques ne seraient pas tous réversibles, comme le supposait le déterminisme, qu’il existerait un cours orienté des évènements. De plus, à la différence de l’accroissement de l’entropie tel qu’il a été reformulé par Boltzmann, cet ordre temporel ne tendrait pas forcément à une uniformisation, il permettrait de comprendre, loin de l’équilibre, l’auto-organisation et l’apparition de la vie. Pour cette raison, Prigogine a pu rapprocher sa conception du temps de la notion bergsonienne d’évolution créatrice[24].

Peut-on alors en conclure que le modèle théorique de Prigogine équivaut à une réfutation du déterminisme ? Tout d’abord, comme dans le cas des autres phénomènes chaotiques, l’impossibilité de prédire l’apparition des structures dissipatives n’implique pas qu’elles ne soient pas le résultat de mécanismes déterministes qui, invisibles pour nous, seraient accessibles au démon de Laplace. De ce fait, celui-ci pourrait toujours prévoir l’histoire de l’univers même si, à la différence de ce qu’affirmait Laplace, il utiliserait pour ses calculs des outils théoriques d’une nature tout à fait différente de ceux que nous devons mettre en œuvre. Là encore, imprédictibilité ne vaut pas indétermination. De plus, la question de la flèche du temps n’est pas aussi tranchée que le laisse entendre Prigogine : la réversibilité des lois classiques n’implique pas qu’il n’existe aucun phénomènes irréversible dans la nature, elle équivaut simplement à asserter la symétrie des lois de la nature dans le temps, la question de savoir comment s’articulent symétrie et irréversibilité restant encore ouverte[25].

Au final, l’anti-déterminisme de Prigogine a le mérite d’avoir apporté à la thermodynamique des modèles théoriques permettant de décrire des phénomènes pour lesquels l’approche déterministe était stérile. D’autre part, il a montré, illustré et popularisé l’idée qu’une autre philosophie scientifique de la nature était possible. Il faut être attentif, par contre, au fait qu’il n’a pas toujours contribué à éclaircir le débat en donnant une conception très englobante du déterminisme qui y intègre des assertions qui en sont logiquement indépendantes.

Physique quantique[modifier | modifier le code]

La physique quantique est souvent présentée comme contredisant le déterminisme. Cela n’est pas tout à fait exact, on trouve dans cette théorie des éléments en faveur et en défaveur du déterminisme, l’interprétation à donner à cette discordance, quant à elle, ne fait pas l’objet d’un consensus chez les physiciens.

L'incompatibilité du déterminisme et de la théorie quantique est liée à l'indéterminisme fondamental de la réduction du paquet d'onde, ou de la fonction d'onde. Tout objet quantique se trouve typiquement dans un état superposé, par exemple, en même temps, l'état "mort" et "vivant" du Chat de Schrödinger. Plus généralement, les paramètres physiques comme la position, la vitesse, ou le spin d'un objet quantique ne sont pas connus ni connaissables avant que l'objet soit mesuré : la fonction d'onde de l'objet donne une distribution de valeurs de ces paramètres, avec des probabilités différentes, et leur valeur précise n'est connue que si on mesure spécifiquement ce paramètre. C'est ce que l'on nomme la "réduction du paquet d'onde", et la valeur résultante de la mesure est - selon l'interprétation de Copenhague - fondamentalement imprédictible et aléatoire[26].

Ce point a été l'objet de débats intenses car on pourrait estimer que la valeur précise d'un paramètre pourrait être prédite si on connait toutes les variables décrivant le système quantique, et que l'indéterminisme n'est qu'apparent, dû à la non-connaissance de variables cachées. C'est notamment la position défendue par Albert Einstein, avec sa fameuse phrase « Dieu ne joue pas aux dés ». La théorie de De Broglie-Bohm constitue aujourd'hui une alternative déterministe à la théorie quantique standard, elle le fait néanmoins en renonçant au principe de localité, ce qui soulève de sérieuses questions quant à la causalité en physique. Le débat n'est toujours pas complètement clos, mais plus les recherches théoriques sur la mécanique quantique avancent, plus la possibilité que de telles variables existent se réduit, et le consensus est que la réduction du paquet d'onde est fondamentalement indéterministe.

Il serait néanmoins faux d’en conclure que la théorie quantique est complètement indéterministe. L'équation de Schrödinger qui commande l'évolution dynamique du paquet d'onde est, elle, parfaitement déterministe. Ce qui signifie que l'évolution des probabilités des valeurs des paramètres est déterministe. L'articulation entre l'évolution déterministe de la fonction d'onde et le caractère fondamentalement aléatoire de son effondrement est mal comprise et constitue le problème de la mesure quantique.

La théorie de la décohérence tente de clarifier cette articulation. Elle montre que les indéterminations et aléas aux échelles microscopiques se compensent en quelque sorte quand de nombreux objets quantiques sont en interaction, ce qui est la cas aux échelles macroscopiques, laissant une physique macroscopique aux équations déterministes[27].

Mathématiques et autres sciences formelles[modifier | modifier le code]

Théorie des systèmes dynamiques[modifier | modifier le code]

La théorie des systèmes dynamiques désigne couramment la branche des mathématiques qui s'efforce d'étudier les propriétés d'un système dynamique. Cette recherche active se développe à la frontière de la topologie, de l'analyse, de la géométrie, de la théorie de la mesure et des probabilités. Un système physique conservatif est déterministe si et seulement si la dynamique du système associe à chaque condition initiale un et un seul état final .

Théorie de la calculabilité[modifier | modifier le code]

Le déterminisme comme notion mathématique vit le jour avec la formalisation des mathématiques à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle et devint une notion centrale de la calculabilité avec l'apparition de la théorie des automates au milieu du XXe siècle. L'apparition de l'informatique quantique à la fin du XXe siècle et celle de la conception forte de la thèse de Church-Turing, baptisée thèse de Church–Turing–Deutsch, permet de concevoir une synthèse entre le déterminisme calculatoire et le déterminisme physique promus par l'école de la physique numérique dont la proposition « it from bit » est devenu l'emblème.

Automatique[modifier | modifier le code]

En automatique, les systèmes déterministes forment une classe de systèmes qui, à une suite d'événements entrants, produisent une suite d'événements sortants, toujours la même et selon un ordre déterminé par l’ordre des événements entrants.

Sciences humaines et sociales[modifier | modifier le code]

La notion de déterminisme physique a fait l’objet d’élaborations théoriques et de prolongements dans les sciences formelles (analyse, topologie, informatique). Elle est aussi revenue à son domaine d’origine, à savoir l’explication des phénomènes humaines, selon des modalités plus complexes :

  • Pour des auteurs de la fin du XIXe et du début du XXe, comme Freud et Durkheim, l’idée de déterminisme est conçue comme un gage de scientificité dans l’élaboration de leur discipline.
  • Par la suite, le déterminisme est perçu davantage comme un repoussoir, il est synonyme d’approche réductionniste négligeant la spécificité des comportements humains (déterminisme biologique, déterminisme social). Il convient de se montrer prudent avec ces usages de la notion où elle est davantage utilisée comme un épouvantail que développée pour elle-même[28].

Le déterminisme biologique[modifier | modifier le code]

Le biologisme, appelé aussi déterminisme biologique, est un modèle théorique selon lequel les conditions naturelles et organiques de la vie et de son évolution (gènes, hormones, neurotransmetteurs, lois néodarwiniennes) sont la base de la réalité physique et spirituelle de l'homme et de la société. Le déterminisme biologique se pose aujourd'hui essentiellement en termes de déterminisme génétique (en).

Le déterminisme géographique[modifier | modifier le code]

Chez les géographes, le déterminisme géographique n'est pas une hypothèse revendiquée, mais plutôt une accusation lancée par des auteurs se réclamant du possibilisme à l'encontre de thèses négligeant selon eux les facteurs sociaux par rapport aux facteurs naturels.

Le déterminisme technologique[modifier | modifier le code]

Le déterminisme technologique est un courant de pensée par lequel « on suppose que le changement technique est un facteur indépendant de la société. D'une part, le changement technique est autonome [...]. D'autre part, un changement technique provoque un changement social »[29].

Le déterminisme en sociologie[modifier | modifier le code]

L'introduction de la notion de déterminisme en sociologie s'est faite en deux temps. Tout d'abord, Durkheim, à la suite de Claude Bernard, en a fait une règle méthodologique fondamentale nécessaire pour garantir le caractère scientifique de la Sociologie:

Émile Durkheim (1858-1917) fait du déterminisme la condition de l'étude scientifique de la société.

Pour qu'il pût y avoir une science véritable des faits sociaux, il fallait qu'on fût arrivé à voir dans les sociétés des réalités comparables à celles qui constituent les autres règnes ; à comprendre qu'elles ont une nature que nous ne pouvons changer arbitrairement et des lois qui dérivent nécessairement de cette nature. La sociologie ne pouvait naître que si l’idée déterministe, fortement établie dans les sciences physiques et naturelles, était enfin étendue à l’ordre social[30].

Dès lors que l'on a posé que les faits sociaux pouvaient être traités objectivement, l'explication en sociologie consiste, pour Durkheim, à établir des rapports de causalité entre-eux selon une méthode comparative ou "d'expérimentation indirecte"[31].

Par la suite, le terme de déterminisme social a été employé pour désigner le concept selon lequel les pensées et les comportements des humains résulteraient d'une contrainte sociale qui s'exerce sur eux, la plupart du temps sans que ceux-ci en aient conscience[32]. En conséquence, l'individu ne choisirait pas son action, il serait contraint de la réaliser sous le poids de la société[33]. Il faut toutefois être attentif au fait que les auteurs que l'on qualifie de déterministes en ce second sens (Durkheim, Bourdieu) ne reprennent pas à leur compte une telle caractérisation des phénomènes sociaux[34].

Le déterminisme en psychanalyse[modifier | modifier le code]

Sigmund Freud, dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, a clairement posé le déterminisme psychique en principe de sa théorie :

Freud (1856-1939) pose le déterminisme psychique inconscient comme principe de la psychanalyse.

Incapable de m'en sortir, je m'accrochai à un principe dont la légitimité scientifique a été démontré plus tard par mon ami C.G. Jung et ses élèves à Zurich. (Il est parfois précieux d'avoir des principes !) C'est celui du déterminisme psychique, en la rigueur duquel j'avais la foi la plus absolue. Je ne pouvais me figurer qu'une idée surgissant spontanément dans la conscience d'un malade, surtout une idée éveillée par la concentration de son attention, pût être tout à fait arbitraire et sans rapport avec la représentation oubliée que nous voulions retrouver[35].

La psychanalyse repose sur l'idée d’un déterminisme inconscient de la vie psychique, des idées et des actes : une idée qui se présente à l'esprit ou un acte ne sont pas arbitraires, ils ont un antécédent, un sens, une cause que l'exploration de l'inconscient peut permettre de mettre au jour. Selon Sigmund Freud, ce déterminisme psychique « exclut toute forme de hasard et de non-sens » intérieur (Freud récuse formellement tout « hasard intérieur » et affirme que seul le superstitieux croit au hasard intérieur). Freud en donne de multiples illustrations dans toute son œuvre, et particulièrement dans Psychopathologie de la vie quotidienne.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Les stoïciens ont une conception déterministe du monde et pensent que l'intégralité de l'Univers actuel est le résultat de la succession rationnelle de l'ensemble des causes et de leurs conséquences depuis son apparition. L'ordre dans lequel s'organise le monde est inéluctable (les événements actuels sont le résultat des causes qui les précèdent, résultant elles-mêmes de causes antérieures, etc.) et rationnel, conditionné uniquement par les lois scientifiques qui le régissent.[réf. nécessaire]

Le principe de causalité lié au déterminisme suppose l'identité des causes, ce qui n'est possible, en toute rigueur, que dans certains cas, comme une modélisation mathématique, et non en physique où l'on ne peut parler que de causes semblables (ou pseudo-identiques), ce qui suffit pour les constructeurs et l'industrie en général, mais non pour les phénomènes fortement sensibles aux conditions initiales (voir en particulier les cas mis en évidence par la théorie du chaos). [réf. souhaitée]

Le déterminisme ne doit pas être confondu avec l'idée de prédestination des jansénistes ou de Blaise Pascal, qui est une idée purement théologique, concernant d'ailleurs moins la série des événements que le salut ou la réprobation de l'âme après la mort. [réf. souhaitée]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, t. I, Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-044512-8, 978-2-13-044512-8 et 2-13-044513-6, OCLC 42841469, lire en ligne), « Déterminisme »
  2. Voir notamment Kant dans, La Religion dans les limites de la seule Raison (1792), première partie, remarque générale, note, traduction André Tremesaygues de 1913 sur Wikisource
  3. Ad. Franck (dir.), Dictionnaire des sciences philosophiques, (lire en ligne)
  4. Claude Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, Flammarion, (ISBN 2-08-081137-1 et 978-2-08-081137-0, OCLC 417192047, lire en ligne), partie II, chap. I §V
  5. Claude Bernard, Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux, Paris, Baillière, (réimpr. 1966), p. 55-56. :

    « Lorsque Leibnitz [sic] disait : « L’âme humaine est un automate spirituel, » il formulait le déterminisme philosophique. Cette doctrine soutient que les phénomènes de l’âme, comme les phénomène de l’univers, sont rigoureusement déterminés par la série des phénomènes antécédents, inclinations, jugements, pensées, désirs, prévalence du plus fort motif, par lesquels l’âme est entraînée. C’est la négation de la liberté humaine, l’affirmation du fatalisme. »

  6. Claude Bernard, Leçons sur les phénomènes de la vie communs aux animaux et aux végétaux, Paris, Baillière, 1878 (réimpr. 1966), p. 62.
  7. Voir par exemple l'abbé Morellet dans l'article "fatalité" de Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1780) de D'Alembert et Diderot.
  8. Relevé par Michel Paty, « La notion de déterminisme en physique et ses limites » (p.7) publié dans Laurence Viennot (dir.) et Claude Debru (dir.), Enquête sur le concept de causalité, PUF, (ISBN 2-13-053591-7, 978-2-13-053591-1 et 2-13-053591-7, OCLC 417282107, lire en ligne), p. 86.
  9. Là encore relevé par Michel Paty, « La notion de déterminisme en physique et ses limites » (p.8) publié dans Laurence Viennot (dir.) et Claude Debru (dir.), Enquête sur le concept de causalité, PUF, (ISBN 2-13-053591-7, 978-2-13-053591-1 et 2-13-053591-7, OCLC 417282107, lire en ligne), p. 87.
  10. D'Alembert article « Fortuit » dans D'Alembert et Diderot (éd.), Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, tome 7 (1757).
  11. François Pépin, « Hasard et déterminisme », Pour la science, no 385,‎ (lire en ligne)
  12. Paul Thiry d’Holbach, Système de la nature, (lire en ligne), chap. IV, p. 52-51
  13. Pierre-Simon Laplace, Essai philosophique sur les probabilités, Paris, Bachelier, (1re éd. 1814) (lire en ligne), De la probabilité
  14. D'Alembert article « Fortuit » dans D'Alembert et Diderot (éd.), Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, tome 7 (1757) :

    « Quand même il y aurait des événements sans effet, si ces événements n’eussent pas existé, ce qui leur a donné naissance n’eût pas existé non plus ; la cause qui les a produits n’eût donc pas été exactement telle qu’elle est, ni par conséquent la cause de cette cause, et ainsi en remontant. »

  15. Antoine Augustin Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique, Paris, Hachette, (1re éd. 1851) (lire en ligne), chap. III
  16. Amy Dahan-Dalmédico, Karine Chemla, Pierre Arnoux, Jean-Luc Chabert et G. Israël, Chaos et déterminisme, Ed. du Seuil, (ISBN 2-02-015182-0 et 978-2-02-015182-5, OCLC 27123789, lire en ligne), « Histoire du principe du déterminisme et ses rencontres avec les mathématiques », p.260
  17. (en) John Earman, A primer on determinism, D. Reidel Pub. Co., (ISBN 90-277-2240-4, 978-90-277-2240-9 et 90-277-2241-2, OCLC 13859390, lire en ligne)
  18. (en) Hoefer, Carl, « "Causal Determinism" », The Stanford Encyclopedia of Philosophy,‎ (spring 2016 edition) (lire en ligne)
  19. Henri Poincaré, Science et méthode, Paris, Flammarion, (lire en ligne), chap. I, §4 (« Le hasard »)
  20. Quand le chaos détruira le système solaire…
  21. I. Prigogine, La nouvelle alliance : métamorphose de la science, Gallimard, (ISBN 2-07-032324-2 et 978-2-07-032324-1, OCLC 300154208, lire en ligne), partie II, chap. V (« Les trois stades de la thermodynamique. 3. La thermodynamique non linéaire. »)
  22. I. Prigogine, La nouvelle alliance : métamorphose de la science, Gallimard, (ISBN 2-07-032324-2 et 978-2-07-032324-1, OCLC 300154208, lire en ligne), « Les trois stades de la thermodynamique § 5 Au delà du seuil d'instabilité chimique »
  23. I. Prigogine, La nouvelle alliance : métamorphose de la science, Gallimard, (ISBN 2-07-032324-2 et 978-2-07-032324-1, OCLC 300154208, lire en ligne), partie II, chap. V (« Les trois stades de la thermodynamique. 6. Histoire et bifurcations. »)
  24. Voir notamment la conférence donnée par Prigogine le 24 septembre 1993 au Musée de la Civilisation à Québec, "Temps à devenir, à propos de l'histoire du temps", réédité par Clinamen, Genève, 2016, à lire en ligne.
  25. Etienne Klein, Les tactiques de Chronos, Flammarion, (ISBN 2-08-210091-X, 978-2-08-210091-5 et 2-08-080105-8, OCLC 319826502, lire en ligne), chap. XV (« Le temps fait-il flèche de tout bois ? »)
  26. Michel Paty, « La notion de déterminisme en physique et ses limites » p. 19
  27. Roland Omnès Les Indispensables de la mécanique quantique Odile Jacob 2006, p. 172
  28. Ronan Le Roux et Arnaud Saint-Martin, « Situations du déterminisme en sciences humaines et sociales », Socio Lire en ligne, 6 | 2016, mis en ligne le 11 mai 2016, consulté le 01 mai 2021. Lire en ligne
  29. Dominique Vinck, Sociologie des sciences, Paris, A. Colin, coll. « "U" / Sociologie », , 292 p. (ISBN 978-2-200-21522-4, OCLC 469513540), p 232.
  30. Émile Durkheim, Textes, Editions de Minuit, (ISBN 2-7073-0074-8, 978-2-7073-0074-4 et 2-7073-0075-6, OCLC 2137825, lire en ligne), « La sociologie », p. 109
  31. Emile Durkheim, Les Règles de la méthode sociologique, Flammarion, (ISBN 2-08-081198-3 et 978-2-08-081198-1, OCLC 36240840, lire en ligne), « Règles relatives à l'administration de la preuve »
  32. Dollo, Christine (1962-....). et Parayre, Sandrine., Lexique de sociologie, (ISBN 978-2-247-16219-2 et 2-247-16219-3), (OCLC 985467865)
  33. Serge Paugam, Les 100 mots de la sociologie, Presses universitaires de France, (ISBN 978-2-13-057405-7 et 2-13-057405-X, OCLC 652490454, lire en ligne)
  34. Voir par exemple P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Editions de Minuit, 1987, p. 19.
  35. Sigmund Freud et Samuel Jankélévitch, Cinq leçons sur la psychanalyse ; (suivi de) Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique, Payot, (ISBN 2-228-89408-7 et 978-2-228-89408-1, OCLC 401431671, lire en ligne), « Troisième leçon »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Ouvrages sur le sujet

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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