Karlfried Graf Dürckheim

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Karlfried Graf Dürckheim
Portrait de Karlfried Graf Dürckheim
Le baron de Dürckheim lors d'une promenade matinale avec Swami Prabhupada à Francfort (1974).
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
à TodtmoosVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université Christian Albrecht de KielVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Diplomate, psychothérapeute (d), philosophe, professeur d'université (d) et psychologueVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de Wrocław et université de LeipzigVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Karl Friedrich Alfred Heinrich Ferdinand Maria Graf Eckbrecht von Dürckheim-Montmartin ( à Munich - à Todtmoos en Forêt-Noire) est un diplomate, un psychothérapeute et un philosophe allemand initié à l'école du Zen Rinzai où il pratiqua notamment le Kyūdō avec le maître Kenran Umeji.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir fréquenté le Realgymnasium (lycée moderne) à Coblence et Weimar, Graf Dürckheim participe à la Première Guerre mondiale en tant qu’officier du régiment royal d’infanterie de Bavière.

En 1919, il commence par étudier l’économie politique allemande, puis se réoriente en philosophie et psychologie. En 1923, il prépare une thèse de doctorat sur la transformation de l’Être (les formes de l'expérience vécue) et la psychologie analytique de situation. En 1927, il devient assistant à l’université de Leipzig, où il termine en 1930 son doctorat. À partir de 1931, Dürckheim est professeur de psychologie, à Breslau puis à Kiel. Il doit quitter l'enseignement quand il est découvert que sa grand-mère était juive.

En novembre 1933, Dürckheim signe la Profession de foi des professeurs nationaux-socialistes envers Adolf Hitler, et fait un passage en Sturmabteilung (SA).

En 1935, il est engagé par le Ministère des affaires étrangères pour lequel il effectue différentes missions, notamment en Afrique du Sud, puis en Angleterre. En 1937 il est chargé de mission culturelle au Japon, où il demeure jusqu'en 1947, pour étudier les bases spirituelles de l'éducation japonaise. Il effectue ensuite des recherches sur les fondements de l’éducation japonaise et le bouddhisme zen. Il fréquente Daisetz Teitaro Suzuki (1870-1966).

Graf Dürkeim adhère à une conception militariste du bouddhisme zen (Arahitogami), et organise la diffusion au Japon de la propagande nazie. En 1942, il publie en japonais à Tōkyō un livre intitulé Nouvelle Allemagne - esprit allemand.

En octobre 1945, il est arrêté par les Américains. Pendant son emprisonnement qui va durer seize mois, à la Prison de Sugamo, il pratique le zazen, notamment au travers de l'art du tir à l'arc.

Dürckheim revient en Allemagne seulement en 1947. Il suit une analyse didactique auprès de Leonhard Seif (de).

Il met au point les bases spirituelles de sa « thérapie initiatique », partiellement influencée par la notion de renaissance spirituelle de Julius Evola. Avec Marie Hippius, il conçoit, construit et aménage, à Rütte, près de Todtmoos, en Forêt-Noire, un « Centre de formation et de rencontres de psychologie existentielle »[1], qui est également une école de thérapie initiatique, de psychothérapie existentielle et de psychologie transpersonnelle (Roberto Assagioli, Stanislav Grof).

Tout comme Hugo Enomiya-Lassalle, Dürckheim contribue à répandre le mouvement Zen en Allemagne. Son travail a une dimension spirituelle et psychologique centrée sur la découverte de notre connexion à l’Être, au delà de l'égo.

Il rencontre Alan Watts (1915-1973) en 1958.

Conception de l'homme et de la transcendance[modifier | modifier le code]

Dürckheim développe une conception de l'homme intégrant spiritualité et ancrage corporel. Derrière l'homme existentiel, il s'agit de se connecter à notre Être Essentiel, à la part de divin en nous.

La personne humaine intègre quatre composantes : 

  • la liberté (j'ai le choix de travailler ma connexion au divin ou de m'en détourner), 
  • la relation (je ne peux exister indépendamment des autres humains, du reste de la création, de mon ancrage dans le cosmos),
  • la capacité à rendre grâce (l'homme est appelé à bénir son existence terrestre et à exprimer sa gratitude pour ce don qu'est la vie),
  •  le développement continu (le chemin de développement personnel n'est jamais terminé : il est sans limite).

La tradition zen lui a permis de souligner l'importance de notre incarnation, le lien avec notre dimension corporelle. Nous ne pouvons évoluer vers notre Être essentiel qu'en acceptant notre connexion « vers le haut », notre relation au divin, à l'Esprit, mais aussi notre incarnation, notre lien à travers notre corps vers la création, vers le cosmos et la nature.

Dürckheim envisage quatre moyens d'être en relation avec le numineux, le divin[1] :

  • le contact avec la grande nature, par exemple en nous laissant toucher par le silence d'une balade en forêt,
  • la rencontre avec l'art, que ce soit lorsque nous lâchons prise pour nous exprimer artistiquement, ou lorsque nous nous laissons toucher par la beauté d'une œuvre, quel que soit le sens au travers duquel nous nous connectons à elle (les sons d'une musique, la vue d'une peinture, d'une danse, le goût d'un met,...)
  • la rencontre érotique, la caresse, le contact charnel qui nous transcende
  • le culte religieux, l'action de prière.

Dürckheim, en droite ligne de la tradition zen insiste sur l'absence d' effort volontaire conscient dans la rencontre avec le divin. C'est le lâcher prise qui permet à l'Esprit de nous pénétrer et non un effort conscient qui est toujours piloté par l'être existentiel, l'égo, et fait obstacle à la rencontre avec la grâce.

En France, l'Église Catholique Orthodoxe des Gaules fait largement référence à l'œuvre de Dürkheim dans ses enseignements. En langue française, Jacques Castermane prolonge son oeuvre notamment au travers d'un centre établi dans la Drôme [2].

Au centre installé à Rütte, sa méthodologie d'accès à notre nature profonde s'appuie sur quatre piliers :

  • le travail du corps,
  • la psychologie des profondeurs,
  • la méditation et
  • l'expression artistique.

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Japon et la culture du silence, Le Courrier du Livre, 1949 (ISBN 3-502-64150-1)
  • Sous le signe de la grande expérience, 1951
  • Hara, centre vital de l’homme, Le Courrier du Livre, 1954 (ISBN 2-7029-0059-3)
  • Erlebnis und Wandlung, 1956
  • Le zen et nous, Le Courrier du Livre, 1961 (ISBN 2-7029-0020-8)
  • Le quotidien comme exercice, 1961
  • Méditer, pourquoi et comment ? Vers la vie initiatique, Le Courrier du Livre, 1976 (ISBN 2-7029-0064-X)
  • Le Maître intérieur, Le Courrier du Livre,1980 (ISBN 2-7029-0105-0) (notice BnF no FRBNF34680534)
  • L'esprit guide, entretiens avec Franz Woerly, Albin Michel, Paris, 1984
  • La percée de l’Être ou les étapes de la maturité, 1986
  • Le don de la grâce, 1988
  • Le centre de l'être, propos recueillis par Jacques Castermane, Albin Michel, Paris, 1993 (ISBN 978-2-2260-6090-7)
  • Dialogue sur le chemin initiatique, entretiens avec Alphonse Goettmann, Albin Michel, Paris, 1993 (ISBN 978-2-2261-0842-5)
  • L'expérience de la transcendance, Albin Michel, 1994
  • Chemin de vie, Éditions de La Table Ronde, 1997 (ISBN 2-7103-0774-X)
  • L'homme et sa double origine, Albin Michel, 1996
  • Merveilleux chat et autres récits zen, Le Courrier du Livre, 2004

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karlfried Graf Dürckheim et Karl Schnelting, Der Weg ist das Ziel, coll. « Témoins du siècle », ed. Göttingen, Lamuv (1992).
  • Jacques Castermane, Comment peut-on être zen ?, le Relié, Gordes, 2009, 176 p. (ISBN 978-2-35490-032-8)
  • Maryline Darbellay, Karlfried G. Dürckheim : une rencontre entre l'Orient et l'Occident : écarts et convergences avec le christianisme, L'Harmattan, 2007, 367 p. (ISBN 978-2-296-04522-4)
  • Gerhard Wehr, Karlfried Graf Dürckheim. Une vie sous le signe de la transformation, Paris, Albin Michel, 1997, (ISBN 2-226-09461-X) Munich (1988).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le chemin est le but, entretien avec Karlfried Graf Dürckheim - 3e millénaire - Spiritualité - Connaissance de soi - Non-dualité - Méditation », 3e millénaire - Spiritualité - Connaissance de soi - Non-dualité - Méditation,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]