Gilles Perrault

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Gilles Perrault, de son vrai nom Jacques Peyroles, est un écrivain et journaliste français, né le à Paris. Il a utilisé le pseudonyme de Gil Perrault pour ses premiers romans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un avocat d'affaires et d'une mère, Germaine Peyroles, qui sera députée du Mouvement républicain populaire, Jacques Peyroles fait des études à l'Institut d'études politiques de Paris, devient avocat et exerce comme tel pendant cinq ans. Il effectue son service militaire dans un régiment de parachutistes en Algérie.

Après le succès de son essai Les Parachutistes, inspiré par son service militaire en Algérie, il devient journaliste et fait des reportages sur l'Inde de Nehru, les Jeux olympiques à Tokyo et les problèmes des noirs aux États-Unis.

Il fait ensuite des recherches approfondies sur des aspects peu connus de la Seconde Guerre mondiale, surtout de l'espionnage et de la résistance. Entre 1956 et 1961, il fait paraître, sous le pseudonyme de Gil Perreault, une douzaine de romans d'aventures, mâtinés d'espionnage pour la collection populaire La Chouette. Le meilleur du lot, Dynamite, le récit d'une révolte dans un pays d'Amérique de Sud, sera réédité dans J'ai lu. En 1964, il publie un ouvrage autrement sérieux avec Le Secret du jour J qui obtient un prix du Comité d'action de la Résistance et connaît d'excellentes ventes à l'étranger. Suit L'Orchestre rouge (1967) avec un égal succès.

En 1969, Perrault publie un roman d'espionnage original, Le Dossier 51. Avec Michel Deville, il participe au scénario de l'adaptation cinématographique de ce texte. Le film sort en 1978.

Politiquement, il sympathise avec l'extrême-gauche, côtoie des trotskistes, et s'affirme « communiste »[1]. Selon le journaliste Christian Chardon, il aurait adhéré au Parti communiste à partir de 1978[2], après avoir été au Parti socialiste, ce que l'intéressé confirme lors d'une émission de radio en mars 1979[3].

En 1978, il fait paraître Le Pull-over rouge, une enquête sur l'affaire Christian Ranucci sur la culpabilité duquel il émet plusieurs doutes. Il suit l'affaire avec ses /livres en 1995, 2004 et 2006. En 1990, il est condamné, à la suite d'une plainte pour diffamation déposée par les policiers ayant mené l'enquête, à verser 40 000 francs de dommages et intérêts à chaque plaignant, peine confirmée en Cour de cassation et majorée à hauteur de 70 000 francs par policier diffamé[4]. En 2008, il est de nouveau condamné pour diffamation envers les policiers dans le cadre de ses écrits sur l'affaire Ranucci (notamment son troisième livre sur l'affaire, L'Ombre de Christian Ranucci, paru en 2006) à verser 5 000 euros à chacun des quatre policiers diffamés[5], jugement confirmé en appel en 2009 et majoré à hauteur de 10 000 euros pour chaque plaignant[6].

Notre ami le roi en 1990 décrit et condamne le régime de torture d'Hassan II, à cette époque roi du Maroc, contre ceux qui avaient tenté un putsch contre lui.

La trilogie Le Secret du Roi, L'Ombre de la Bastille et La Revanche américaine, centrée sur le parcours de Charles-François de Broglie, forme un récit vivant des évolutions de la politique étrangère de Louis XV de 1740 à 1785 et révèle l'organisation du Secret du Roi, ancêtre de nos services de renseignement modernes.

Son livre Le Garçon aux yeux gris a été adapté par André Téchiné pour le film Les égarés.

Ses mémoires sont publiés en trois volumes entre 1995 et 2004.

Gilles Perrault est l'un des membres fondateurs, avec le chanteur Renaud, du Collectif Ça suffat comme ci, qui lance en 1989 l'appel de la Bastille pour l'abolition de la dette du Tiers Monde, qui a recueilli des centaines de signatures. Gilles Perrault est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Dans les années 1990, il est particulièrement actif dans la lutte contre le Front national. Il avance alors au quotidien Libération : « Un adversaire, ça se combat. Mais un ennemi comme Le Pen, ça s'extermine. » Un temps, puis : « ça s'extermine, politiquement »[1]. Il participe à la fondation du mouvement Ras l'front, mouvement dont il s'éloignera en 1996 à la suite de querelles avec Didier Daeninckx et les milieux de la Ligue communiste révolutionnaire : « Je suis désormais inscrit à l'ANPE de la militance. »

Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité[7]. Il s'implique régulièrement aux côtés de l'association, et cosigne en 2012 un appel aux candidats à l'élection présidentielle leur demandant de s'engager à déposer un projet de loi pour légaliser l'euthanasie[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Note : Les douze premiers romans sont tous parus dans la collection La Chouette sous le pseudonyme Gil Perrault.
  • Jamais deux sans trois (1956)
  • Trois as (1957)
  • Les Aventures du pétrole (1957)
    • I. Le Sahara brûle
    • II. Ballade au soleil
    • III. La Bombe
  • C'était le bon temps (1957)
  • La Main rouge (1960)
  • Le Faux Frère (1960)
  • La Grande Soif (1960)
  • Si tu vas à Cuba (1960)
  • Dynamite (1961) (réédition signée Gilles Perrault dans J'ai lu, « policier »no 49, 1966)
  • Furie (1961)
  • Les Parachutistes (1961, Seuil ; 1997, Arléa ; 2006, Fayard)
  • Casanova. Textes choisis dans les Mémoires (1963, J'ai Lu)
  • Le livre noir du capitalisme (1998, Le Temps des Cerises)
  • Le Secret du jour J (1964, Fayard ; J'ai lu n°A134/135)
  • L'Orchestre rouge (1964, Fayard)
  • Le Dossier 51 (1969, Fayard), adapté au cinéma par Michel Deville en 1978
  • Du service secret au gouvernement invisible (1970, Paris: Le Pavillon)
  • L'Erreur (1971, Fayard)
  • Le Grand Jour 6 juin 1944 (1974, J.C. Lattès; 1994)
  • La Longue Traque (1975, J.C. Lattès; Livre de Poche)
  • Le Pull-over rouge (1978, Ramsay), adapté au cinéma par Michel Drach en 1979
  • Les Gens d'ici (1981, Ramsay)
  • Un homme à part (1984, Barrault)
  • Taupes rouges contre S.S. (1986, Paris: Messidor)
  • Le dérapage (1987, Mercure de France ; 1989, Folio)
  • Paris sous l'Occupation (1987, Belfond) (photos)
  • L'Orchestre rouge. Édition revue et augmentée (1989, Fayard)
  • Notre ami le roi (1990, Gallimard ; 1992, Folio)
  • Le Secret du Roi (1992-1996)
    • 1. La Passion polonaise (1992, Fayard ; Livre de Poche)
    • 2. L'Ombre de la Bastille (1993, Fayard)
    • 3. La Revanche américaine (1996, Fayard)
  • Les Sanglots longs (1995, Fayard)
  • Christian Ranucci: vingt ans après (1995, Julliard) (avec Héloïse Mathon, Jean-François Le Forsonney, Daniel Soulez Larivière, Jean-Denis Bredin)
  • Souvenirs (1995-2008)
    • 1. Les Jardins de l'Observatoire (1995, Fayard ; 1996, Le Livre de poche)
    • 2. Go! (2002, Fayard)
    • 3. Checkpoint Charlie (2008, Fayard)
  • Le goût du secret. Entrtetien avec Jean-Maurice de Montremy (1997, Arléa)
  • Lettres aux deux juges françaises décorées de la Cruz de Honor de la Orden de San Raimundo de Peñafort (1999, Fayard)
  • La maison (2001-2004)
    • 1. Le Garçon aux yeux gris (2001, Fayard), adapté au cinéma par André Téchiné sous le titre Les Égarés en 2003
    • 2. L'Homme au bout du rouleau (2004, Fayard ; Le Livre de poche)
    • 3. La Jeune femme triste (2004, Fayard)
  • Les Vacances de l'Oberleutnant von La Rochelle (2002, Fayard)
  • Le soldat perdu (2003, Agnès Viennot)
  • Le Déshonneur de Valéry Giscard d'Estaing (2004, Fayard)
  • L'Ombre de Christian Ranucci (2006, Fayard)
  • Les deux Français… et d'autres récits (2010, Fayard) (ISBN 978-2-213-65516-1)
  • Dictionnaire amoureux de la Résistance (2014, Plon/Fayard)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]